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242 d'argos. — AOUT 1829.
une seule et même catégorie, et il serait par conse'quent très-difficile, pour ne pas dire impossible, de faire droit à toutes en adoptant un principe ge'ne'ral.
Parmi elles il en est qui sont élevées contre des actes ^e piraterie proprement dits, et je ne crois pas que le gouvernement grec puisse se considérer comme responsable pour ces actes. D'autres sont élevées contre les sentences des tribunaux. Or je ne crois pas non plus ^ue le gouvernement et rassemblée nationale puissent annuler en général et sans examen préalable toutes les sentences des dits tribunaux.
Ces considérations m'ont porté à m'abstenir de faire au congrès aucune communication spéciale à cet égard, et à me réserver de prendre plus tard en considération ces grands intérêts de concert avec vous. Messieurs; nous conviendrons alors, je Tespère, des mesures au moyen desquelles le gouvernement grec s'eflforcera de satisfaire aux réclamations fondées en justice, et que les divers gouvernements auront recommandées aux agents accrédités auprès de lui.
Quant aux moyens de solder les indemnités qui seront reconnues être dues, ceux que le congrès met à la disposition du gouvernement pour les nationaux pourront être également employés à Tégard des étrangers.
J'aime à penser que par cette explication vous pourrez maintenant répondre à toutes les observations qui pourraient vous être adressées sur les décrets d'indemnités qui ont motivé votre lettre du 12 courant.
Au GÉNÉRAL SCHNEIDF.R. 243
. 31 juillet ^^
° 12 aoul
Je viens de recevoir des nouvelles de Paris en date du 4 juillet. M. le maréchal Maison a eu aussi la bonté de me donner de nouveaux témoignages de Tintérêt qu il porte à la Grèce. Il me fait espérer que le roi daignera consentir à toutes les demandes que j'ai pris la liberté d'adresser à son ministère, par rapport à l'organisation de nos troupes régulières.
La réponse que j'ai donnée à la sommation qui m'avait été faite , afin de lever les blocus et de retirer nos troupes de la Grèce continentale, a été jugée favorablement, attendu qu'il n'a jamais été convenu à la conférence de Londres d'autoriser une sommation semblable.
Les nouvelles qui sont annvées ici de Constantinople, en date du 26 août (7 septembre), portent que les Russes marchent en deux colonnes sur Andrinople et sur les Quarante-Eglises, qu'Erzéroum est en leur pouvoir, et que Treliisonde est bombardée. J'ai lu le hatti-schérif, par lequel le sultan annonce que l'ennemi approche de la capitale, et, appelle les musulmans à une levée en masse.
Votre Excellence aura peut-être déjà reçu tous ces détails ; mais je profite du retour du courrier pour les lui donner moi-même.
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Quant à la recommandation que vous voulez bien m'a- •dresser en faveur du fils de M. De'me'trius, je ne puis encore rien promettre. Jusqu'ici je n'ai encore reçu que des informations très -incomplètes, relativement à la manière dont M. de Saint-Le'ger compte remplir la mission philanthropique que S. M. T. C. a daigne lui confier. Mon intervention n'a jamais ëtë demandée à ce sujet; mais vous pouvez être assure', Monsieur le ge'nëral, que si par la suite j'ai des propositions à faire, voti'e î-ecommande' ne sera certainement pas oublie'.
Àrffos, -- août 1829.
Je m^einpfesse de re'pondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'e'crire en date du 11.
M. Dutrône, qui aura l'honneur de vous présenter ces lignes , est charge' de vous remettre les orphelins qui doivent leur liberté' à la munificence du roi voire auguste souverain. Vous allez les mener en France, et ils ne reverront sans doute leur sol natal que lorsque, grâce aux bienfaits du roi, ils y apporteront des connaissances utiles, et qui plus est, des moeurs épurées.
Pour ce qui est de la démarche concernant les familles qui occupent le premier rang dans ce pays, je
AU STRATARQUK YPSILANTIS. 245.
me réserve de suivre les conseils de S. E. le ministre de la marine dans un moment plus opportun.
Le congrès national étant à la veille de terminer ses. travaux , je trouve à peine le temps de vous exprimer toute la reconnaissance que m'inspire Toffi^e généreuse que vous voulez bien me faire. J'en profiterai, quand même vous seriez rentre' en France. Vous me permettrez alors de vous adresser la lettre que j'e'crirai à S. E. le ministre de la marine.
Argos, -- aoûl 1829.
Nous avons reçu vos rapports en date du 27, ainsi que les diflferentes adresses de la part des capitaines.
Nous nous empressons de vous repondre, et nous sommes bien aises de pouvoir vous mettre à même de faire sentir, tant aux capitaines qu'aux soldats qui servent sous vos ordres , combien le gouvernement est invariable dans l'intention de leur assurer un sort et de les rendre par conséquent des citoyens paisibles.
Vous trouverez ci-joints deux de'crets que le congrès national vient de sanctionner sur notre proposition. Le premier concerne les indemnite's qui ont e'té votées par le congrès de Tre'zène en faveur de la garnison de Mesçolonghi et du corps de Karaïskakis. L'autre renferme
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les bases d'après lesquelles le gouvernement procédera aux améliorations que Texpérience aura démontré nécessaires dans les troupes.
Le congrès devait adopter les principes généraux, et il les a adoptés. Le gouvernement doit en faire l'application , et il la fera du moment qu'il aura à sa disposition les ressources pécuniaires que d'autres décrets Fautorisent à se procurer par un emprunt à l'étranger. Jusque-là le gouvernepaent, nous vous le répétons, tiendra exactement parole quant au paiement des arrérages; mais ce sacrifice doit nous sortir des abus, des malversations et du désordre, dont l'armée et la nation ont risqué et risquent encore de devenir les victimes.
Argos, -- aoûx 1821.
Nous allions vous expédier la dépêche ci-jointe, lorsque nous avons reçu votre rapport en date du 29.
Nous ne vous dissimulons ni la peine ni l'indignation que nous fait éprouver la continuation des intrigues et des mensonges, par lesquels quelques misérables troublent l'esprit du soldat, et mettent le désordre dans l'armée.
Tout ce qu'on a fait croire au soldat sur la pi^éférence accordée aux troupes de Lépante, et sur le n^ode
AU STRATARQUE YPSILANTIS. 241
et le temps de paiement des différents corps est coobplëtement faux. Ce qui jettera quelque jour à vos yeux sur les menées infômes dont on vous environne, ce sont les copies de deux lettres que nous vous envoyons cijointes.
Nous sommes si fatigues de ces intrigues, leurs conséquences peuvent être si fimestes à Tarmée et à la nation , que nous vous autorisons à déclarer aux meneurs de la manière la plus positive que, s'ils ne rentrent pas dans la ligne de leurs devoirs, nous serons forcés de prendre des mesures sévères qui trancheront le mal dans sa racine.
Le membre du commissariat pour Tarmée se rendra dans peu de jours au quartier général, pour procéder au paiement des arrérages.
Nous vous le répétons pour la dernière fois : le sacrifice que fera le gouvernement dans la circonstance présente , dépasse tous ses moyens ; mais il le fait dans l'irrévocable résolution de mettre un terme aux intrlr gués et aux malversations.
S^ ^/é, ^ ^àa^aiûfe^e ^yi/^ife^/^.
Argos, -—août 1829.
J'attache un si vif intérêt à n avoir rien sur la conscience, que malgré les affaires qui m'accablent et ne me
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laissent guère le temps de respirer, j'ajouterai aux dëpè^
ches que vous recevez aujourd'hui ce peu de mots.
Sachez donc que M. le général Schneider a été le pre-^ mier k me signaler les désordres de Tannée. Sachez aussi que pour s assurer que ces désordres avaient cessé à Lépan te, il y a envoyé une frégate avec des troupes. Cette expédition s est bornée k une inspection, et elle est retournée à Modon.
Pensez-vous que le général n'ait pas rendu compte k sa cour de ce qui s'est passé a Lépante , et de ce qui se passe chez vous et autour de vous? Quelle peut en être la conséquence? Croira-t-on k Paris, k Londres et à Pétersbourg qu'une armée semblable est en état de garder une frontière, et d'assurer le repos au pays qu'elle est censée défendre? Et si l'on en juge autrement, qu'en adviendra-t-i il? On décidera de deux choses l'une : ou qu'il ùluI garantir la frontière et le pays par dçs troupes étrangères, ou bien qu'il ne feut pas donner a la Grèce une frontière et un pays, dont elle ne peut assurer la prospérité inté^ rieure, ni maintenir les relations pacifiques avec ses yoisins.
Rien ne se passe ici, que les cours alliées ne le sachent. Rien ne se fait, qui ne soit expliqué et commenté par leurs agents avoq^, et par un nombre considérable d'agents non avoués. Ajoutez enfin que nous touchons au moment oii. le sort de la Grèce doit être décidé ^ ou bien que dans ce moment il se décide par la force des armes. Pensez- vous. qu il soit du goût et dans les intérêts detouA
AU STRATARQUE YPSILANTIS. 249
le monde que ce sort se décide conformément aui vœux de la Grèce?
Gomment pourra-t-on s y opposer, si ce n'est en démontrant par le témoignage des faits , que les Grecs sont en état de garder paisiblement une frontière étendue sur le continent, sans avoir le secours d'une force militaire étrangère?
Songez, au nom du Ciel, à tout ceci, et mettez à la raison les imbécilles et les meneurs qui provoquent le désordre et la mutinerie au milieu de vos soldats.
La tactique de ces misérables n'a rien de nouveau. Ils s'efforcent d'accréditer dans l'esprit du soldat l'opinion qu'il y a deux armées, deux che&, et que le gouvernement se sert de ce moyen pour opposer l'un à l'autre.
Gela était de saison lorsque le gouvernement se vautrait dans la fange révolutionnaire, ou pour mieux dire, lorsqu il n'y avait point de gouvernement. Mais ces temps ne sont plus, et ne reviendront plus. Les Grecs ne sont plus seuls en Grèce. Leurs plus grands intérêts sont désormais entre les mains des Puissances alliées, et il ne dépend que de leur conduite de les faire décider selon leurs vœux.
Telles sont les vérités que je me suis donné la peine d'expliquer encore une fois, et pour le dernière fois, aux hommes qui sont ici^ et qui ne cessent pas d'intriguer. Je vous engage à en faire autant auprès de ceux qui vous entourent. Ce devoir rempli, il en adviendra ce que Dieu aura décidé dans sa justice.
Soyez bien assuré qu'à mon âge, et après avoir vécu
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presque deux ans au milieu de ce monde, je ne serai pas la dupe des intrigants, et que je ne souffrirai pas non plus que les hommes d^honneur, le peuple et les soldats en soient les victimes.
J'ai pris mes mesures en conséquence, et j'en prendrai d'autres. Vous devez vous reposer sur cette conviction. Je ne vous répète pas ce que je vous ai dit dans mes deux lettres d'office que vous recevez aujourd'hui. Le soldat sera payé , mais le désordre doit cesser.
Argos, -- août 1829.
Le décret sous le numéro 9 que le congrès vient de me transmettre fixe le traitement du chef de létat.
Par ce même décret le congrès prend en considération le peu que nous avons pu faire en notre particulier, pour prouver que c'est par des sacrifices, et non par des avantages personnels, que les Hellènes peuvent s élever au rang qui leur promet T indépendance nationale et la liberté.
Nous sommes très-heureux qu il nous ait été possible de déposer pour une œuvre aussi sainte les débris de notre modique fortune sur Fautel de la patrie.
Nous sommes loin de désespérer qu un jour la nation puisse nous les rendre^ mais jusque-là nous nous garde-
ronsbien d'aggraver sa situation financière, en demandant la restitution des sommes que nous avons avancées.
Nous nous garderons de même d'accepter aujourd'hui le traitement qui est offert au chef de létat, et tant que nos moyens particuliers pourront nous suffire, nous nous abstiendrons de toucher aui deniers de Tétat pour nos besoins.
Lorsque nous y serons forcés par Tëpuisement complet de nos ressources , nous aurons recours à la caisse publique, seulement pour lui faire porter les dépenses que nécessite Texercice de nos fonctions.
Nous y avons mis jusqu'ici, et nous y mettrons invariablement, Téconomie la plus stricte; car il nous répugnerait de nous procurer k nous-mêmes les agre'ments delà vie qui supposent Topulence, tandis que nous sommes établis au milieu de ruines, et entourés de populations entières plongées dans la plus grande détresse.
Vous partagez ces sentiments , Messieurs, et vous venez de le prouver^ en servant la nation en qualité de plénipotentiaires, sans recevoir aucun traitement.
Nous aimons à espérer que ceux parmi vous qui s associeront au gouvernement dans l'administration provisoire, ainsi que les autres citoyens qui y seront appelés, reconnaîtront avec nous que, dans les circonstances actuelles, les fonctionnaires publics ne peuvent pas recevoir des traitements en rapport avec le degré' d'élévation de la place qu ils occupent, ni avec les services qu'ils rendent, mais que ces traitements doivent être strictement
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calcules d'après les ressources pécuniaires dont le gouvernement peut disposer.
Argos, — : août 1829.
Votre aide-de-camp est arrivé hier au soir avec vos rapports en date du 2 du courant.
Les dépêches et la lettre particulière que je vous ai adressées avant-hier répondent d'avance k vos observations sur l'état de l'armée. Il me serait difficile d'ajouter quelque chose. Quand même la somme qu'on a envoyée à Phanéroméni serait insuffisante pour faire la solde d'un trimestre, et pour le sUérésion* des mois de mai^ de juin et de juillet, chose qui d'après le calcul paraît incompréhensible, le commissariat aurait demandé au gouvernement un supplément, comme en effet il en a demandé un éventuellement, qui a été aussi envoyé k Phanéroméni.
Mais il y a plus. Sachant que les arrérages vont être soldés dans le courant du mois d'août, et que des mesures ont été prises k cet effet, il est encore incompréhensible que les soldats choisissent ce moment pour se plaindre.
Il ne s'agit pas de petites sommes, et il est connu
* Ration qu*on donnait en argent tous les quinxe jours aux soldats.
AU STRATARQUE TPSlLANTiS. 253
d'ailleurs que le gouvernement ne peut disposer de celles qui sont requises pour la solde de Farmée, que du moment que la frégate russe les aura apportées de Naples. Or cette fre'gate nest pas encore arrivée , quoiqu'on la sache partie de Naples. Elle s est dirigée sur Syra, pour remplir des commissions de Tamiral, et sera probablement a Poros dans peu de jours. C'est dans cette conviction que nous avons annoncé que, dans les premiers jours du mois d'août, les inspecteurs passeraient en revue les différents corps, et qu'ensuite le paiement des arrérages serait fait. Ces ordres vont être expédiés , ainsi que nous Tavons dit dans les précédentes. Le tout sera réglé dans la vue unique de faire cesser ledésordre, et les commissaires du gouvernement se rendront à cet effet à Tarmee. Le compte que nous a rendu le commissariat, en ce qui concerne la qualité de la farine, prouve que par ses derniers envois il a été au delà de tout ce qu'il pouvait faille, pour ne donner lieu à aucune plainte. Il a envoyé de la farine américaine et du biscuit.
En ce qui concerne les opérations militaires, quand même les informations que donne le pentacosiarquePharmakis seraient fondées, chose que nous n admettons pas , la marche des Turcs n est pas l'affaire d'un jour; et si les informations que nous devons recevoir directement par des agents que nous avons destinés ad hoc^ nous prouvent que les Turcs s'avisent d'entreprendre des mouvements militaires contre nous au moment où Gonstanti-
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nople est cernce de toutes parts , nous ne tarderons pas
à donner des ordres pour que de nouveaux renforts vous
arrivent.
Nous nous occupons de Tarmée et de votre position plus que vous ne pensez^ mais nous nous en occupons dans r intérêt de Tétat, et non dans des vues particulières, et daprès les combinaisons d'une poignée d'intrigants qui troublent Tarmëe, et travaillent sans s* en douter peut-être à sa perte.
Ceci répond à l'observation par laquelle vous finissez votre rapport. Nous nous respectons assez pour ne pas entrer dans des détails ultérieurs.
Argos, — août 1829.
Je vous donnerai une dernière preuve d'amitië, et je répondrai à votre lettre particulière du 2 du courant.
Si je n'avais e'coute' que le sentiment du devoir, je vous aurais renvoyé' votre lettre , en vous faisant engager par un de mes secrétaires à mieux calculer une autre fois la valeur des mots.
Vous vous croyez une puissance que le gouvernement veut démolir par des voies et des moyens indirects et par des perfidies. Il est vrai de dire que vous rejetez ce blâme sur les employés d'un ordre supe'rieur qui entou-
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rent le gouvernement ; mais comme ces employe's sont choisis par moi, c'est sur moi que porte l'injure.
C'est, je vous le re'pète, pour vous donner une dernière preuve d'amitié' que je vous conjure de considérer attentivement ce que vous vous devez à vous-même, ce que vous devez à un gouvernement qui a place entre vos mains le commandement de Tarme'e et qui vous comble de témoignages de confiance , et ce que vous devez enfin à l'armée et à la nation.
Il n'y a pas un des faits sur lesquels portent vos plaintes qui soit exact.
Vous dites qu'on vous a promis un renfort pour enlever Thèbes , et que ce renfort devait se composer des mutins de Le'pante. Citez-moi la lettre d'office ou particulière qui vous a donne' cette assurance , ou pour mieux faire envoyez-m'en la copie.
Vous dites que le gouvernement vous trompe, en vous promettant l'argent qu'il n'envoie pas. Et vous le dites au moment où le même gouvernement fait encore une nouvelle expe'dition de fonds à Pkane'romëni, non pour payer le trimestre et le sitérésion qui sont dus et pour lesquels les fonds envoyés sont plus que suffisants, mais pour qu'il y ait un fonds supplémentaire.
Vous dites qu'on n'a pas encore ordonné la revue pour faire la solde arriérée; mais on n'a pas encore achevé le paiement du trimestre. Et d'ailleurs ces ordres vous arrivent.
Vous vous plaignez enfin de la qualité des subsistan-
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ces, lorsque le commissariat vous a expédie de la fk<-
rîne d* Amérique jet du biscuit.
Je m'arrête ici, parce que j'en ai assez* Je ne dévierai pas pour cela de ma ligne de conduite, et je tiendrai parole. Les arrie're's seront paye's, et le membre du commissariat pour Tarmee se rendra auprès de vous pour re'gler cette immense affaire. Si elle ne se règle pas d'une manière supportable , j'en serai quitte pour toujours. Soyez bien assure que j'ai pris mon parti.
Nous touchons au moment de recevoir de Constantinople ou les nouvelles de la paix ou celles d'une grande catastrophe. Dans le premier cas il ne nous convient pas d'agir au hasard , au risque de nous mal placer et de gâter toutes nos affaires. Dans le second cas aucune de nos opérations ne rencontrera de difficulté' sérieuse.
Est-ce dans une crise semblable que l'armée, ou pour mieux dire les meneurs, pre'tendent re'gler par leurs combinaisons nos ope'rations militaires? C'est plus que de la démence , que de me croire assez fou pour me soumettre aux volontés d'hommes semblables. Est-ce dans ce moment que ces soi-disant coryphées se croient assez forts pour dicter la loi au gouvernement P Ils se trompent. Je n'ai qu'à parler moi-même aux soldats; et dans tous les cas je n'ai qu'à déclarer que je ne me mêlerai plus de l'armée, puisqu'elle est en révolte. Nous verrons alors ce qu'elle fera.
Je suis loin de vouloir en venir à ces extrémités, et
A M. RAIKO. 257
je f*erai au contraire tout ce qui peut de'pendre de moi pour les pre' venir. Vous en avez une preuve dans la pre'sente lettre ; vous en avez aussi une dans l'envoi que nous avons fait de M. ZacalofF à Phanéroméni ; vous en aurez une enfin dans Texpëdition que nous ferons sous peu de jours des fonds nécessaires pour le paiement des arre'rages*
Argos, -— août 1829.
Par votre rapport sous le numéro 15, j'apprends avec satisfaction que le jour où Ton a hisse le pavillon national sur les forts de Patras a e'ie' un jour de re'jouissance pour la population entière de cette ville. Veuillez m'envoyer le compte des dépenses extraordinaires que vous avez faites dans cette occurrence, pour donner une petite gratification aux soldats de la garnison , et il vous sera payé.
Quant aux équipages des prames, j'ai déjà donné les instructions nécessaires à Monsieur le directeur du corps régulier, et il ne tardera pas à vous transmettre les ordres que vous sollicitez. Le gouvernement vous sait gré d'avoir ajourné pour le moment le projet de commencer les réparations et les bâtisses que vous aviez été au-
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torisë à entreprendre. Vous voudrez bien vous adresser à M. le général Trezel, afin d'obtenir de sa part tous les renseignements qui concernent la direction de ces travaux, qui dorénavant sera confiée plus particulièrement aux officiers du génie.
au 'L^aatrelne'^îe'n/,
Arc^os, — août 1829.
Nous plaçons assez de confiance en vous pour vous donner une commission d'un haut intérêt , et pour être convaincus d'avance que vous vous en acquitterez de manière à justifier notre attente.
Vous trouverez ci-joint le décret qui concerne l'enquête dont nous vous chargeons, ainsi que les ordres que nous notifions à M. Chlados, gouverneur provisoire de Calavrita et de Vostitza.
Vous vous rendrez sur les lieux immédiatement , et vous exécuterez le décret , en donnant une très-courte proclamation , par laquelle vous annoncerez le but de votre mission , et vous appellerez les citoyens qui auraient des plaintes à porter à se présenter en toute confiance devant vous.
Vous n'ignorez pas que ces provinces ont été de tout temps troublées par l'esprit de parti, et qu'elles le sont
INSTRUCTIONS A M. AIMIAN. 259
encore. Vous n'ignorez pas non plus que sous le régime musulman Tesprit de parti et T intrigue n'avaient pour objet que de faire de'placer sans cesse les fonctionnaires publics. Il se peut que ce même esprit et ces mêmes habitudes aient motive' les plaintes portées contre M. Clilados. Vous devez par conséquent porter une attention scrupuleuse dans l'examen dont vous êtes chargé , afin de constater les faits par des témoignages irrécusables.
L'inculpation la plus grave est celle de prévarication. A en croire toutes les dépositions, on dirait que M. Chlados n'a eu en vue durant son administi^ation que d'accumuler à son profit de l'argent, aux dépens peut-être de la justice et de l'honneur du gouvernement.
Nous sommes loin cependant d'arrêter aucune opinion à cet égard, et nous attendons le résultat de l'enquête pour en former une.
Dès que vous aurez achevé l'enquête (et vous tâcherez que ce soit dans le plus court espace de temps possible), vous vous rendrez auprès de nous, et nous déférerons alors à une commission de juger de cette affaire , en admettant M. Chlados à se justifier. Jusque-là il se retirera à Nauplie.
Vous recevrez pour frais de votre voyage et de votre séjour 1,500 piastres.