‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 40 sur 65 · AUX AMIRAUX CODRINGTON , DE RIGNT, ETC · texte numérisé non relu

AUX AMIRAUX CODRINGTON , DE RIGNT, ETC

côtes de la mer Noire , s'e'taient arrête's dans leurs positions , et que les musulmans accouraient de tous côtes pour se soumettre, et pour jouir de la tranquillité que leur garantissait la modération des vainqueurs. Le ge'nëral Diëbitch et son quartier gëne'ral se trouvaient toujours à Ândrinople; mais les plénipotentiaires des deux parties belligérantes e'taient re'unis à Rodosto. Les négociations avançaient; et les plénipotentiaires turcs ayant d'avance reçu Tordre de souscrire aux conditions que S. M. Tempereur de Russie jugerait devoir imposer à la Porte , on espérait que le traité de paix allait être définitivement conclu et signé.

' . 30 août

Lgme, — r— 1829.

" 12 septembre

Nous avons Thonneur de transmettre ci-jointe à Vos Excellences une copie de Tacte par lequel le congrès national a créé Tordre du Sauveur, pour que les difFérents insignes en fussent offerts aux défenseurs de la Grèce, de cette terre jadis de liberté, naguère d'esclavage, et pour laquelle vos glorieux travaux sont des gages certains de restauration.

288 d'ÉGINB. — ' SEPTEMBRE 18^9.

Nous aurions vivement désire' de pouvoir vous corn-* muniquer en même temps les statuts de Tordre ; mais devant avoir égard aux dispositions de Tarticle additionnel du décret susmentionné , il nous a été impossible de nous occuper dans ce moment de leur rédaction. Nous nous bornerons par conséquent à vous indiquer ici les dispositions générales dont Vos Excellences aimeront sans doute à être informées, et qui se trouveront dans les statuts.

L'ordre du Sauveur est civil et militaire. Les membres en seront divisés en quatre classes. La loi en fixera le nombre quant aux indigènes. Celui des étrangers sera illimité pour chacune des quatre classes. La fête de Tordre, la nomination et la promotion des chevaliers auront lieu chaque année le 6 (18) août.

Les insignes seront d'après le modèle ci-joint et la note explicative qui Taccompagne. Ceux de la première classe que nous sommes heureux de vous offrir, Monsieur le maréchal (ou Monsieur Tamiral), seront portés de la manière suivante.

Le cordon auquel sera suspendue une grande croix en or sur un fond en émail blanc , passera de Tépaule droite au côté gauche. La plaque sera fixée sur la poitrine du côté gauche.

Les chevaliers de la seconde classe porteront la croix en sautoir au cou, et la plaque sur le côté droit. Cette croix est en or avec un fond en émail blanc. Ceux de la troisième portent la même croix en sautoir au cou

AUX AMIHAUX CODRiNGTON, DE RIGNY, ETC. 289

mais sans plaque. La quatrième classe porte la simple croix à la boutonnière.

Désirant nous conformer strictement aux volonte's du congrès en ce qui concerne la distribution de cette décoration, nous venons vous prier, Monsieur le maréchal (ou Monsieur Famiral), de nous communiquer la liste des officiers et des employés qui sous vos ordres ont servi la Grèce, et auxquels vous jugeriez équitable que le gouvernement of&ît ce témoignage de la reconnaissance nationale. Vous mettriez le comble à votre obligeance, s'il vous plaisait de nous indiquer en même temps les différentes classes dans lesquelles ces officiei^s ou ces employés devraient être admis.

Il nous reste un vœu à former, et nous aimons à né pas douter de l'accueil favorable dont Thonorera votre auguste souverain : c'est que S. M. daigne vous permettre d'accepter ce faible mais sincère hommage d'une nation pauvre, qui tâche de s'acquitter ainsi d'une partie de la dette de reconnaissance qu'elle a contractée envers ses bienfaiteurs.

C'est sur la réponse qu'il plaira à Vos Excellences de £aire à la présente communication, que nous nous empresserons de vous faire parvenir les insignes de l'ordre, ainsi que les brevets nécessaires.

290 d'é<;ine. — septembre 1829.

,% . 30 août ^^^^

Lgine, —- r— 1829.

° 12 septembre

Nous venons d'apprendre avec infiniment de surprise et de peine que , malgré les demandes réite'rees de la commission des finances , vous n'avez pas rendu compte jusqu'ici de votre administration financière.

li n'y a pas de motif qui puisse justifier à nos yeux un retard semblable. Aucune a£Paire ne touche de plus près à rhonneur et à la responsabilité d'un employé public, que celle qui concerne le maniement des deniers de l'état. Aussi nous avons été jusqu'ici dans la ferme persuasion, que tous nos commissaires extraordinaires et nos gouverneurs provisoires avaient rendu compte chaque mois à la commission des finances, des fonds dont ils étaient dépositaires, et des revirements qu'ils auraient exécutés.

Nous vous laissons juger de la douleur que nous a fait éprouver la connaissance d'un fait si scandaleux, et qui compromet à un si haut point la confiance que le gouvernement s'est plu à vous témoigner. Il vous a placés , Messieurs, à la direction des a£Paires d'un département, et il a eu l'intention de vous signaler comme un modèle de conduite à tous les citoyens qui vous entou-

rent. Nous vous le demandons, avons-nous atteint ce grand but?

Dans les habitudes malheureuses dont le passe a laisse rhe'rîtage à ce pays, les fonctionnaires publics ne se croient peut-être pas dans la stricte obligation de rendre un compte exact de leur administration , et le public juge que c'est de cette manière que le gouvernement procure à ses employe's les moyens de faire fortune. Et en effet comment le gouvernement peut-il contrôler une administration d'une année ou de plusieurs mois, et comment en la contrôlant pourra-t-il sauver les intérêts de la caisse publique, s'il n'a pas su empêcher ses propres fonctionnaires d'y porter atteinte? Il se peut qu'ils l'aient fait involontairement; mais le mal n'en existe pas moins, et le remède sera difficile, pour ne pas dire impossible.

Nous croyons vous en avoir dit assez, pour vous donner la mesure de l'importance que nous attachons à ce que vous envoyiez, à la re'ception des pre'sentes et sans retard ultérieur, vos comptes à la commission des finances. Vous n'êtes pas les seuls auxquels nous adressions une si pénible invitation; plusieurs de vos collègues sont dans le même cas.

^2 d'ÉGINE. SEPTEMBRE 1829.

Egîne, -— septembre 1829.

Par ma communication du 17 mai dernier, je vous ai envoyé' le compte des dépenses que j'avais faites pour le gouvernement jusqu'à cette époque , et par suite desquelles je me trouvais accrédite auprès de la caisse publique pour 54,047 piastres d'Espagne.

Je vous envoie, Messieurs, aujourd'hui le compte des dépenses que j'ai faites pour le gouvernement depuis lors jusqu'à ce jour, accompagné des pièces probantes, et duquel il résulte que j'ai dépensé 8,583 colonnates.

Dans cette somme sont comprises 5,000 colonnates que j*ai avancées à M. l'amiral comte Heyden, à compte de ce que lui doit le commissariat de la marine, pour la cession des subsistances et autres objets, que l'amiral lui a faite. Vous voudrez bien par conséquent en informer le membre du commissariat pour la marine , afin qu'il en prenne note.

Si vous avez examiné les comptes de M. Betzos et les quittances données par M. le capitaine Epentchin , vous aurez vu que pour solde de ce compte , M. le capitaine Epentchin se trouve dépositaire de 4,719 piastres d'Espagne que je retiens sur la somme des 8,583 que vous me devez.

A M. FABRIGUETTE. 293

Vous me devez en outre 2,210 piasti^es sur la somme (le 13,680 piastres que vous avez prise de la fre'gate l'Emmanuel , d'après Tordre que je vous ai transmis le 9; juillet.

Vous devez par conséquent m'accre'diter pour 6,074 piastres, lesquelles, jointes aux 54,047, font le total de 60,121 piastres fortes d'Espagne.

Je désire , Messieurs , que vous continuiez à porter les dépenses pour Forphanotrophe à mon del)it; mais je vous engage à m' envoyer l'extrait de mon compte courant , réglé au 3 1 août dernier.

Pour ce qui est des 5,000 piastres que nous devons à S. E. M. de Ribeaupierre, je tacherai de trouver le moyen de lui faire parvenir cette somme par votre entremise, et je vous en préviendrai.

/^ S^^mee jUancaiJe en. ^yw^atee.

£gine> -— septembre t82a.

J'ai reçu de M. Dutrône communication de la lettre par laquelle,, en répondant à l'appel qu'il vient de faire à votre obligeance , vous voulez bien mettre vos bons offices à sa disposition ou à la mienne , pour les renseiments nécessaires au gouvernement dans l'établissement du grand livre de la dette publique. Permettez que ce

294 DÉGiNE. -r- SEPrEMfinC 1829.

soit moi qui profite de oe nouvel effet de votre zèle phiihellënique.

Convaincu que Ton ne pouvait pas trop s'empresser de recueillir les documents qui doivent guider dans l'organisation de cette branche de Tadministi^ation financière, j'ai de'jà fait ce qui dépendait de moi pour m'en procurer, et je n'ai pas^ nëgUgé de x^' adresser à votre digne et ancien ami M. Firino. Mais je ne vous en serai pas moins oblige, si de votre côte vous voulez bien prendre la peine de rechercher ceux que vous croirez pouvoir obtenir*

Non-seulement je craindrais, comme vous le faites ^ Monsieur, que cette institution ne piarùt ui[ie introduction aux assignats , mais je désire qu'en Grèce on ne puisse employer le grand livre que pour faciliter l'acquit des dettes déjà légalement liquidées, sans qu'il soit possible de le faire servir à en contracter de nouvelles. S'il fallait donc en inscrire jamais , cela ne devrait pouvoir se faire qu'en vertu d'une loi.

Avec de semblables garanties,, on, n'aura point à craindre de voir cette institution de'géne'i'er en un instrument d'agiotage pour l'autorité', de ruine pour l'e'tat, tandis qu'elle n'a et ne peut avoir pour but légitime que de le secourir.

Telles sont, je n'en puis douter, les vues qui ont guide', la législature à laquelle la Grèce doit le décret institutif du grand livre. C'est donc selon cette direction que nous devrons agir.

A LA COMMISSION DE l'oRPIIANOTROPHE. 295

Lorsque les matériaux dont nous avons besoin seront réunis , si par suite de vos fonctions vous H*avez point effectue' votre projet de venir à Égine, îe crois pouvoir espérer que M. le général Schneider me donnera une nouvelle preuve de T intérêt qu'il porte à la Grèce, en vous autorisant sur ma prière à faire ce voyage.

Je vous envoie ci-jointe une collection d'actes parmi lesquels se trouve le décret institutif du grand livre.

Eigine^ -— septembre 1829.

1 Sf'

L'inspection que j'ai faite aujourd'hui de l'école d'enseignement mutuel de l'orphanotrophe , ainsi que des trois autres écoles d'enseignement supérieur, m'a procuré une véritable satisfaction^ et je m'empresse de vous en témoigner, Messieurs, ma reconnaissance. Je vous engage aussi à la témoigner de ma part aux maîtres et aux élèves.

Il sera fait demain à ces derniers une distribution de raisins ou d'auti^es fruits, en assez grande abondance pour qu'ils en aient pour leurs deux repas.

Je désire que te commissaire extraordinaire des Sporades, occidentales leur déclare, dans la réunion qui a lieu tous les dimanches, que si à une seconde inspection que je ferai sous peu de temps, j'ai lieu, comme je

296 d'eGINE. SEPTEMBRE 1829.

Tespère, d'être satisfait de leurs progrès et de leur conduite, je ferai eu mon particulier quelque sacrifice de plus pour leur procurer de nouveaux moyens d'instruction et d'agrément.

Éçine, — septembre 1829.

Je reçois avec plaisir votre rapport du 4 du courant. Les informations que me donne M. Axiotis me prouvent que l'expédition des troupes a parfaitement justifié notre attente.

Vous recevrez de la part du général Trézel , des communications sur lesquelles je suis bien aise de vous entretenir d'avance. Nous allons établir un camp d'exercice à Mégare. Pour y placer le plus de soldats que nous pouvons , il devient nécessaire de faire une translocation, et de diminuer aussi les garnisons des places. Je n'y vois aucun inconvénient pour Patras, parce que vous en avez le commandemeut , et je trouve dans votre personne toutes les garanties d'ordre et de sécurité. Veuillez donc faciliter de votre côté, autant que cela dépendra de vous , la formation du camp. J'y attache une grande importance, et vous en apprécierez sans doute les motifs.

Les dernières nouvelles qu'ont reçues hier au soir

MM. Dawkins et de Rouen, annoncent d'une manière positive , mais non encore officielle , la conclusion de la paix. On dit qu'elle a e'te' signée le 2 (14). Nous en ignorons jusqu'ici les conditions; mais si avant le départ du courrier j'ai des informations ultérieures, je ne vous les laisserai pas ignorer.

Ëgine^ — septembre 1829.

Je vous envoie ci-joint le décret par lequel le gouvernement vous autorise à faire camper les troupes régulières hors de l'enceinte de Nauplie , ou des autres forteresses où elles se trouvent.

L'emplacement qui, selon mon opinion, serait le plus favorable au pays et aux troupes , serait celui de Mégare ou de ses environs.

Dans le cas oîi vous préfériez cet emplacement, c'est au commissaire extraordinaire dans la Grèce orientale que vous voudrez bien vous adresser directement. Il a reçu éventuellement l'ordre de vous faire devancer par des employés, qui prêteront aux officiers que vous destinerez pour préparer le camp toute l'assistance qui sera en leur pouvoir.

Il est d'un grand intérêt que l'établissement du camp soit considéré par les habitants du pays comme un vérita-

298 DÉGINE. SEPTEMBRE 1829.

ble bienfait, et j'aime à espérer que Feflfet en sera trèssalutaire.

Le décret vous laisse, Monsieur le gênerai , la latitude la plus complète de réunir dans ce camp toutes les troupes dont vous pourrez disposer, sans que toutefois le service des places en souf&e.

Si pour atteindre ce but vous jugiez nécessaire de dispenser les troupes régulières, durant la tenue du camp, de la garnison de Monembasie, il n'y aurait pas de difficulté à la confier aux braves et fidèles marins de Psara ou de Spetzia, sous le commandement d'un de leurs capitaines.

Sur ce point comme sur tout autre, j'attendrai les communications que vous voudrez me faire , et ma réponse ne tardera pas.

J'aime à espérer que le camp sera établi le 15 du courant. J'en informe le lieutenant plénipotentiaire et le stratarque , afin que cette nouvelle ne parvienne pas à Tarmée , accompagnée d'interprétations exagérées ou malveillantes.

Veuillez aussi de votre coté vous mettre en relation directe avec l'un et avec l'autre.

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