‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 41 sur 65 · AU LIEUTENANT PLÉN1P« ET AU STRAT ARQUE · texte numérisé non relu

AU LIEUTENANT PLÉN1P« ET AU STRAT ARQUE

Égine, -- septembre 1829.

Nous vous envoyons ci jointe la copie du décret par lequel nous autorisons le général Trézel , directeur du corps régulier, à établir un camp d'exercice hors de l'enceinte des forteresses.

Ce camp fort de 6 à 800 hommes, tant d'infanterie que de cavalerie et d'artillerie, sera très-probablement établi le 15 du courant, à Mégare ou dans ses environs.

Nous avons autorisé le général à vous en informer directement, et à se tenir en relation avec vous. Nous aimons à vous en instruire nous-mêmes, à Tefifet de prévenir les bruits que les intrigants pourraient à cette occasion faire parvenir à l'armée.

Dès que cette dernière aura reçu ses arrérages, il se peut, si les circonstances le permettent , que nous vous donnions Tordre de lui faire prendre de nouvelles positions, et dans ce cas le camp des troupes régulières pourra devenir d'une utilité majeure.

Il vous est réservé de faire de cette information l'usage que vous jugerez le plus utile.

300 DÉGINE. SEPTEMBRE 1829.

Êginc, — 7 septembre 1829.

Je profite de la poste pour remercier Votre Excellence des lettres qu'elle a bien voulu m' écrire en date du 3 et du 16.

Les nouvelles de France que vous avez eu la complaisance de me communiquer sont bonnes, quoiqu à vous dire vrai , mon général ^ j*aurais appris avec plus de satisfaction que des objets d'habillement et d'équipement pour nos troupes régulières eussent obtenu la préférence.

Le matériel d'artillerie est cependant nécessaire. L'approvisionnement des forteresses de la Morée est sans doute un grand bienfait. Mais n'ayant pas d'ennemi à redouter dans la péninsule , je ne puis le considérer comme aussi grand que le seraient les moyens d'avancer notre organisation militaire; et parmi ces moyens j'aime à compter sur les 500,000 francs qui restent toujours en dépôt à Navarin. Si comme on me l'avait promis, j'avais pu en disposer il y a trois mois, les Rouméliotes auraient reçu tous leurs arrérages, et se seraient enrôlés à cette heure dans les troupes régulières.

Le général Trézel vous dira que le camp d'exercice dont nous avons parlé à Ârgos , va être établi aux environs de Mégare dans peu de jours. J'espère que vous approuverez cette mesure.

Nous marchons toujours dans la même direction , c està-dire sur la ligne du devoir, sans nous laisser décourager par les bruits qu on répand.

Vous n ignorez pas que la diplomatie d'Égine a reçu des nouvelles de Gonstantinople , lesquelles ne laissent pas de doute sur la conclusion de la paix. On dit qu elle a été signée le 14. On ajoute que les affaires de la Grèce seront réglées plus lard et au moyen de négociations. Espérons qu il en sera autrement. Si j'ai des informations qui puissent avoir quelque intérêt pour vous, je ne manquerai pas de vous les transmettre par courrier.

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Egine, -- septembre 1829.

Les habitants de la ville de Nauplie ont mis un empressement scandaleux à retirer les fonds qu ils avaient placés à la banque. Au moment où le gouvernement va faire sa résidence dans leur ville , il est de toute justice qu ils fassent amende honorable. D'ailleurs la ville gagnera beaucoup par la présence du gouvernement, et elle doit par conséquent contribuer dès aujourd'hui à son assainissement. Il faut pour cela qu'elle soit enfin déblayée complètement, et que les rues deviennent praticables. Nous ne consentirons jamais à Êiire supporter les frais de ces tra-

302 d'ÉGINE. SEPTEMBRE 1829.

▼aux à la caisse publique. C'est aux dépens de la ville qu ils doivent se faire.

A cet effet nous vous autorisons à réunir en conseil les démogérontes et les personnes notables dans la classe des propriétaires et des négociants, ainsi que le commandant de la place, et a délibérer avec eux sur les mesures qu il s agira de prendre, pour qu'au moyen d'une taxe équitablement répartie on obtienne en peu de jours les fonds nécessaires à ces dépenses.

Il serait à désirer qu'indépendamment de ce fonds extraordinaire on pût assurer un revenu fixe pour l'entretien des rues, et pour les dépenses ultérieures consacrées exclusivement à la ville. Le conseil déterminera d* avance la somme extraordinaire qu'il faudrait dépenser immédiatement, et déterminera aussi le mode de perception des revenus locaux destinés à cet objet. L'administration de ce fonds pourrait être confiée à une commission composée du commissaire extraordinaire, du commandant de la place, et de trois citoyens appartenant li différentes classes. Cette même commission aurait la surveillance des travaux.

Vous nous ferez un rapport sur le résultat de vos délibérations, dans le plus court délai possible, afin que nous puissions vous transmettre le décret qui institue cette commission et indique les fonds qu elle aura à administrer. Nous y attachons une grande importance, car nous considérons cette mesure comme une des conditions essentielles de l'établissement du gouvernement k Nauplie.

Égine, -- septembre 1829.

Je serai empresse de me rendre à Tinvitation que vous voulez bien me faire, et j'assisterai demain au Te Deum qui sera chanté dans la cathédrale de cette ville, pour célébrer la conclusion de la paix.

Organe des sentiments dont tous les Hellènes sont pénétrés, j'adresserai dans cette circonstance mes actions de grâces les plus sincères au Dieu tout-puissant, qui a daigné bénir les armes de l'empereur, et mettre un terme a l'effusion du sang et aui innombrables malheurs que la guerre traîne à sa suite. La Grèce jette enfin un regard plein de confiance dans l'avenir. Puisse-t-il, grâce à la justice et à la magnanimité de S. M. L, être conforme aui vœux légitimes de tant de chrétiens, qui espèrent dans sa puissante protection.

En mon particulier il me reste a vous offrir, Monsieur le comte , mes bien vifs remerciements de votre aimable invitation pour demain à cinq heures, et des expressions, sans doute trop flatteuses, dont vous voulez bien l'accompagner.

304 d'ÉGINE. SEPTEMBRE 1829.

Égine^ -- septembre 1829.

Nous ne saurions, Messieurs, vous donner une plus grande preuve de confiance, qu'en vous appelant a remplir les intentions que la nation a exprimées par l organe de ses représentants, dans Tarticle 1*' du troisième décret du 26 juillet.

Le secrétaire d'état vous transmettra un exemplaire des actes par lesquels l'organisation du sénat et du ministère du gouvernement^ de la chambre des comptes et de contrôle, est arrêtée.

Vous entrerez en fonctions immédiatement, et vous nous proposerez les nominations relatives à la ,composition de votre bureau.

Nous ne doutons pas que dans l'exercice de vos fonctions vous n'aurez égard qu'à Tinterêt de l'état, et nous désirons que vous suiviez invariablement ce principe dans la révision des comptes que nous avons remis nous-mêmes à la commission des finances , toutes les fois qu'à cause de notre éloignement de la résidence du gouvernement nous avons été obligés de faire de nos propres fonds des dépenses publiques. Au cas oii vous ayez besoin d'éclaircissements, vous nous appellerez à vous les donner, et nous serons empressés à vous les fournir.

Vous n'ignorez pas que le contrôle ne consiste pas seu-

Au GÉNÉRAL TRÉZEL. 305

lement dans Texamen des comptes et des écritures ou documents qui y sont relatifs, mais aussi dans la vérification du fait. Aucun employé qui a ordonné ou fait des dépenses pour le compte de Tétat, ne doit être déchargé de sa responsabilité, que lorsque la chambre de contrôle aura la preuve que les fonds appliqués à ces dépenses ont été en effet dépensés sans abus ou malversations.

Pour remplir cette partie aussi délicate qu'importante de vos fonctions, nous vous munissons par la présente des pouvoirs dont il est fait mention dans Tarticle ^ ... du décret, et dans le même but nous mettons dès aujourd'hui a votre disposition tous les moyens que vous jugerez devoir demander au gouvernement. Il dépend désormais de vous^ Messieurs, de justifier l'attente du congrès et nos espérances.

liigine, — septembre 1829.

Je suis extrêmement étonné que la diplomatie d'Égine ail jugé convenable de venir vous chercher. Elle aurait dû s'expliquer directement avec moi, et je suis convaincu qu elle aurait partagé mon opinion. En établissant un camp d'exercice à Mégare, le gouvernement ne se propose pas de faire la guerre aux Turcs, mais bien d'exercer ses troupes, et d'offrir en même temps par leur présence

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