AU PRINCE GUILLAUME DE PRUSSE
Jai développé à M. le baron de Scharnhorst mon opinion à cet égard, et je ne doute point qu'il ne la soumette à Votre Altesse Royale avec la sagacité et le zèle qui le caractérisent.
Cet officier distingué vous fera en même temps connaître, Monseigneur, notre situation actuelle, ainsi que les effi)rts que nous n'avons cessé de faire , pour conserver au milieu des difficultés les plus graves Tespoir tout entier d'un avenir honorable.
Tous les éléments d'organisation militaire que Votre Altesse Royale contribuera par sa puissante influence à faire accorder à ce pays , pour le mettre à même de recueillir quelque fruit de ses immenses sacrifices, seront accueillis comme un véritable bienfait, et attireront sur elle et sur son auguste famille les bénédictions de l'Étemel.
La lutte que nous soutenons ici. Monseigneur, n'est point ordinaire. Quelle qu'en soit l'issue, M. le baron de Scharnhorst pourra attester à Votre Altesse Royale le haut prix que j'attache à justifier l'opinion qu'elle daigne avoir de moi , et l'empressement que je mettrai à répondre sous tous les rapports à sa bienveillante confiance.
Au milieu de la crise où nous nous trouvons ici, il ne m'a pas encore été possible, à mon très-grand regret, d'utiliser comme je le désire vivement les talents et la bonne volonté du baron de Scharnhorst. Mais dans l'espoir que cette crise touchera bientôt heureusement à
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son tei^me, je Tai engage à s'occuper de la langue du pays, et je lui faciliterai tous les moyens d'en connaître la situation, afin de le mettre à même de coopérer, si Ton nous en laisse le temps, à notre salut d*une manière digne de ses capacités, du nom illustre qu'il porte, et de l'intérêt que lui accorde si justement Votre Altesse Royale.
J'ai vu avec plaisir le jeune P. Cantacuzène, et il me sera infiniment agréable d'utiliser l'insti^ction qu'il doit aux bienfaits du roi.
Je ne saurais finir cette lettre sans assurer Votre Altesse Royale que les souvenirs qu'elle daigne me rappeler sont gravés bien profondément dans mon cœur , et que ma gi^atitude s'accroît encore des assurances flatteuses que Votre Altesse Royale a bien voulu me donner à cette occasion.
Egine, -- féyrîcr 1829^.
Ainsi que je Tavais pressenti au moment d'expédier a Votre Excellence la lettre que j*ai eu l'honneur de lui écrire en date du 29 janvier (10 février ), ma santé et la saison rigoureuse me retiennent encore ici^ et }e n'ose pa» me flatter de pouvoir entreprendre mon petit voyage avant la fin du mois. Votre Excellence ne doute pas, j'espère, des regrets que me feraient éprouver ces contrarié-
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tés, si elles me priTaient du plaisir de vous voir à Modon, et qu en conséquence des ordres de votre auguste maître, vous ftissiez déjà sur votre départ. Dans ce cas il ne me resterait qu'a compter sur la complaisance, avec laquelle il vous plairait de tne Ëiire connaître toutes les mesures que vous auriez jugé convenable de prendre , afin de donner suite aui intentions bienveillantes, qui vous portent à offrir au gouvernement grec les moyens d'asseoir sur une base solide Inorganisation de ses troupes régulières.
Vous pouvez être assuré d'avance. Monsieur le marquis, que je m'empresserai de me concerter en tous points avec M. le colonel Trézel, que j'aime à considérer comme le chef auquel Votre Excellence confiera le commandement des troupes françaises qui resteront en Grèce.
Je partage complètement votre opinion en ce qui concerne la place de Coron. Du moment que vous vous déciderez, Monsieur le général, à y mettre une garnison française, veuillel en faire prévenir directement M. le colonel Heideck. Il formera de la garnison grecque de cette place le noyau de celles qui devront, dans cette hypothèse, occuper Patras et le château de Morée.
Je n'entre dans aucun détail aujourd'hui, ni sur cette affaire ni sur les autres intérêts qui ont fait l'objet de notre correspondance , parce que j'espère toujours ^ Monsieur le marquis^ que vous ne partirez pas de sitôt, et que j'aurai encore la satisfaction de m'entretenir avec vous du bien immense que vous avez fait, et que vous fierez encore h la Grèce.
36 d'ÉGINE. FÉVRIER 1829.
Son gouvernement vous adresse Thommage de sa reconnaissance par M. Tamiral Mîaoulis. Il aurait désiré témoigner à Votre Excellence et à Tarmée les sentiments de gratitude dont la nation est profondément pénétrée, d'une manière plus analogue aux bienfaits dont elle est Tobjet. Mais il n'est pas en son pouvoir d'accomplir ce vœu dans ce moment. Ce n est qu un acte du congrès national qui peut lui en accorder les moyens. Il les obtiendra sans doute, et il lui sera très-agréable alors de. s acquitter de ce devoir envers votre souverain et envers Tarmée.
Kgine, — fëTrîcr 1829.
Nous avons reçu votre lettre du 26 janvier, ainsi que le plan de la nouvelle ville de Patras. Nous ne saurions assez vous témoigner notre reconnaissance de toutes les peines que vous vous êtes données pour remplir cette tâche, au milieu de touteà les difficultés et de toutes les privations qui vous environnent. L'idée que vous avez eue de joindre aux débris de l'ancienne ville le plan de la nouvelle, est très-heureuse, et nous l'approuvons entièrement.
Nous approuvons de même votre plan; mais nous devons vous faire observer que les dimensions nous sem-