AU COMIWISS. EXTR. DES GYGLADES SEPT.. ETC
VOUS vouliez bien faire part de ces observations à S. E. Monsieur Tambassadeur de S. M. à Constantinople.
Nous adressons la même prière à Messieurs vos collègues.
Egine, -- janvier 1830.
Nous vous transmettons ci-jointe la copie de l'office que nous venons d'adresser aux agents des Puissances alliées accre'dite's auprès du gouvernement.
Vous verrez par sa teneur les éclaircissements que nous demandons sur l'instruction re'serve'e qui est parvenue à notre connaissance , et que probablement vous n'ignorez pas. Vous la trouverez néanmoins annexée à la pre'sente.
Le gouvernement désire que vous soyez instruit des démarches qu'il fait pour procurer une heure plus tôt à la marine nationale les moyens de sortir de son inaction.
C'est avec infiniment de peine qu'il a observé dans l'instruction réservée l'offre d'un pavillon étranger, qui semble être faite à la marine grecque.
456 DE NAUPLie. FÉVAIER 1880.
Ce moyen en est un sans doute ; mais nous le coDsidérons comme fatal, et nous aimons à espérer qu'aucun de vos concitoyens n'y aura recours.
Nous touchons au terme de nos longues incertitudes, et ce n'est pas assurément dans le moment actuel que la marine grecque sede'couragera. Elle doit au contraire, par un dernier effort, se mettre à même de recueillir le fruit de tous ses nobles et ge'ne'reux sacrifices. Le gouvernement l'aidera. Il lui en ofire une preuve aujourd'hui, et il ne tardera pas à lui en donner de nouvelles.
. , 27 janvier ^^^ Nauplie, — ^r— : — 1830.
^ 8 février
Je suis de retour ici depuis avant-hier. Les mauvais temps m'ont cloue à Egine.^ C'est en luttant avec la saison, qui est très-^e'vère cette année, que j'ai enfin bien avance l'organisation des troupes à Salamine.
Six bataillons sont déjà organises. Ils ont prête seiment le 20, et je leur ai remis les drapeaux. M. Métaxas va arriver ici; mon frère Augustin viendra aussi sous peu de jours, et nous tâcherons de re'unir tous nos efforts pour mettre enfin un peu d'ordre dans cette partie importante du service. Il restera beaucoup à faire encore. Nous travaillerons, s'il plaît à Dieu, selon le
AU GENERAL GOLOCOTRONIS. 457
plan dont je vous ai parle, et votre fils Genneos nous aidera.
Je viens de le voir. Il m'a pre'sente' aussi le porteur de votre lettre, l'un de vos braves démoge'rontes de Caritena. Je ne vous re'pèterai pas en grand de'tail tout ce que je leur ai dit relativement aux nouvelles du jour; mais je de'sire néanmoins vous en dire quelque chose, pour que vous puissiez à votre tour éclairer les hommes de bien qui vous entourent.
On nous annonce que le prince Le'opold de Cobourg est nomme souverain de la Grèce.
On m'écrit de Paris, en date du 31 décembre, que la France et l'Angleterre ont fait d'un commun accord cette proposition à la Russie, et qu'on attendait ses re'ponses.
Des personnes de distinction, qui nous portent un ve'ritable et sincère inte'rêt, m'annoncent en même temps que les cours alliées mettent un grand prix à ce que la tranquillité se conserve en Grèce, et à ce que je travaille encore moi-même à l'accomplissement des mesures qui doivent lui assurer un sort honorable.
Pour me donner une nouvelle preuve de leur confiance, les cours de France et de Russie vont m'envoyer conjointement un petit subside mensuel pour trois mois , espérant que dans cet intervalle l'emprunt sera conclu et les affaires de la Grèce terminées. Si ce secours provisoire ne tarde pas à arriver, nous vivrons en attendant, et puis nous verrons.
Si, comme nous Tespërons, les mesures que les Puis* sances vont prendre se trouvent conformes à la justice et à nos vœux, tout le monde tiendra à honneur de contribuer à leur accomplissement, et moi le premier. Dans le cas contraire nous ferons notice devoir, et en le remplissant d*une manière légale et régulière, nous n'aurons rien à nous reprocher. Nulle responsabilité ne pèsera sur nous. Nous garantirons, autant qu'il dépendra de nous, les droits et les intérêts de la patrie, et Dieu fera le reste.
Mais pour atteindre ce grand but il faut que la nation reste tranquille, et qu'elle agisse par l'organe légitime de ses autorités constituées, le gouvernement, le sénat et le congrès national. Tels sont ses organes ; si elle en brise l'un ou l'autre, tout rentre dans l'anarchie et le désordre. Alors les intrigants auront beau jeu ; ils feront comme autrefois, mais les résultats seront différents.
Ainsi que je vous l'ai dit à diverses reprises, les Grecs ne sont pas seuls , et leurs affaires ne peuvent se régler qu'avec l'intervention des Puissances européennes. Je ne doute pas du bon esprit du peuple, et des hommes qui, comme vous, ont fait toujours preuve d'un véritable et sincère patriotisme. J'y puise ia conviction que la nation traversera cette dernière crise d'une manière honorable, et qu'elle atteindra enfin le but de tant de sacrifices et d'efforts. De mon côté je tiendrai à honneur de l'aider, et je ne reculerai devant aucune difficulté.
J'ai accepté la place qu'elle s'est plu à me confier^
A M. RAIKO. 459
non pour la place même , mais pour travailler à sa restauration et à son indépendance. Si les souverains allies jugent que cette restauration et que cette indépendance ne peuvent se concilier que par le moyen d'un prince e'tranger qui sera appelé à gouverner la Grèce par luimême et par ses héritiers et successeurs, je serai le premier à reconnaître ce prince dans des formes légales, c'est-à-dire lorsque j'aurai recueilli l'opinion et les votes de la nation.
La nation à son tour ne s'y refusera pas, lorsqu'elle aura la garantie que le nouveau prince la gouvernera dans l'unique but d'assurer l'indépendance de tous et les di^oits que chacun a acquis au prix de son sang et de tant d'autres sacrifices. En voulant le but, il faut aussi vouloir les moyens.
Telle est mon opinion sur cette grande question, et je vous en fais part, pour que, si vous la partagez, vous puissiez à votre tour la faire connaître aux personnes qui ont droit à votre confiance.
2Î janyicr ^ Nauplîe, — 77—: — 1830.
8 février
Mon cher Kaiko, Vos lettres du 18 me sont arrivées quelques heures après que je vous avais expédié la mienne
d*ayant<hier. Elles m'ont cherché à Salamine, et c'est pour cela qu'elles ont tardé à m'arriver.
Votre entretien avec Zaïmis est très-intéressant , et j'approuve en tout point l'esprit sage qui caractérise vos réponses. Si en eflfet il veut demeurer tranquille à Fatras, il nous prouvera que les petites passions ne l'aveuglent pas au point de méconnaître ses véritables intérêts, c'est-à-dire ses devoirs. Quelles que soient les belles espérances dont ses amis le bercent, quelle que soit l'élévation à laquelle il aspire, grâce k la nouvelle royauté, il doit avoir assez de bon sens pour reconnaître qu'en in-« trigant aujourd'hui il se coupe volontairement la route par laquelle un citoyen tel que M. Zaïmis doit prendre une attitude honorable dans un ordre de choses queU conque.
M. Zaïmis, ainsi que tous ses amis, doivent bien se persuader que je ne serai pas étranger aux mesures par lesquelles les Puissances voudront terminer les affaires de la Grèce. Si je tenais plus que je ne le fais aux flatteries de ce bas monde , je leur dirais qu'à cette heure j'ai en main les preuves les plus authentiques de la confiance que me témoignent les cabinets, et celle même dont s'est empressé de m' honorer le prince Léopold, qu'on dit maintenant désigné pour être souverain de la Grèce.
J'ai des lettres de Paris d'une date très-fraîche, par lesquelles on me témoigne le prix que les cabinets attachent non-seulement aux services que j'ai rendus à la Grèce, mais encore à ceux que je lui rendrai, en contri-
A M. AAIKO. 461
buant en temps et lieu à la conclusion et à Texécution des arrangements relatif à cet état.
Ce qui donne quelque poids a ces dispositions bienveillantes à mon égard, cest la décision que le cabinet des Tuileries vient de prendre, conjointement avec Tambassadeur de Russie. Ces deux cours m*enverront des subsides pour trois mois, dans la conviction qu à l'expiration de ce terme l'emprunt sera conclu et les affaires de la Grèce terminées.
En partant de là un autre homme aurait fait sonner haut ces communications, et il aurait ainsi fait perdre la boussole aux intrigants. Je prends un autre parti : je ne dis rien, et je les laisse faire, sans toutefois les abandonner à leur délire. Nous devons leur donner de bons conseils, et le meilleur de tous c est de les engager à se tenir tranquilles; sans cela il se feront beaucoup de tort et pour le présent et pour l'avenir.
Le jour où je connaîtrai officiellement les décisions des trois cabinets, je les ferai à mon tour connaître à la nation , et c'est toujours elle qui dans les formes légales prononcera. Je vous ai dit encore que c'est par une marche régulière et légale que la nation peut dans cette grave conjoncture garantir ses plus chers intérêts; hors de là elle ne peut trouver que déshonneur et esclavage.
C'est dans cette pensée que j'adresserai sous peu de jours une circulaire aux gouverneurs et aux commissaires extraordinaires, afin qu'ils puissent éclairer les citoyens qui les environnent. Vous pouvez en attendant, mon cher
Raiko, faire pari à M. Âxiotis du contenu de la présente que je dicte à la hâte. Vous pouvez même en &ire le sujet de vos entretiens avec M. Zaïmis, sans toutefois avoirTair d'en être chargé. Je crois comme vous que l'apparition d'un bâtiment de guerre dans vos parages serait utile. Je vais en écrire à Tamirai; mais je doute qu il ait dans ce moment un bâtiment qu'il puisse ou veuille mettre en commission. A tout événement, dès que l'Alexandre Newski sera ici, comme ce vaisseau m'est destine, je lui donnerai peut-être moi-même la commission d'aller jeter l'ancre devant Patras. Les nouvelles que vous me donnerez influeront par la suite sur ce que j'aurai à faire à ce sujet. Quant à ma tournée, je dois encore l'ajourner jusqu'à la mi-février, si ce n'est jusqu a la fin. J'ai trop d'affaires à débrouiller ici , pour espérer d'en être quitte plus tôt. Mon frère va quitter Lépante, et viendra vous voir. Il m'apportera aussi de vos nouvelles.
^. ,. 28 jonTier ^^^^ Nauplie, ^ ;:, . — 1830.
* 9 feyrier
Le gouvernement grec s'est empressé de mettre en liberté tous les prisonniers turcs qui se trouvaient en son pouvoir, et autant que ses moyens le lui ont permis, il a tâché d'apporter tous les adoucissements possibles à leur situation.
Au moment où, par rintervention bienfaisante des cours alliées , le sort de la Grèce va être décidé , le gouvernement croit de son devoir d'invoquer leur sollicitude chrétienne en faveur des Hellènes qui gémissent encore dans lesclavage. D'après Vétat ci-joint , et le rapport que nous avons reçu en dernier lieu, et dont nous annexons ici un extrait , des milliers de ces innocentes victimes se trouvent reléguées dans l'Asie mineure, et au delà du mont Taurus. Nous aimons à espérer, Messieurs les résidents ^ que vous voudrez bien appuyer de vos bons offices cette communication auprès de LL. £E. les ambassadeurs à Constantinople.
Leurs démarches seront sans doute couronnées du succès le plus complet, et ils auront la douce satisÊiction d'avoir contribué a la délivrance de tant d'infortunés.
Nous exprimons les mêmes vœux a Messieurs vos collègues.
cA^Vu/,
- ,. 28 janvier ^^^ Nauphe, --— — : — 1830.
^ 9 février
Les agents consulaires des Puissances européennes prétendent jouir des immunités et privilèges que leur accordaient sous le régime musulman les traités stipulés entre
464 DE NAUPLUE. — FÉVRIER 1830.
la Porte ottomane et leurs souverains. Cest de ce principe que dérivent toutes les discussions désagréables qu'ils élèvent à chaque occasion , oîi des affaires les mettent en contact avec l'administration locale.
Nous avons désiré aller au-devant de toute discussion de ce genre, en aplanissant les difficultés par les voies de la conciliation, sans préjuger toutefois par aucun antécédent la question grave de droit.
Sans manquer à ses devoirs, le gouvernement ne pourrait dans aucun cas admettre le principe qu invoquent les agents étrangers, en se fondant sur des traités convenus avec la Porte ottomane. D'autre part les relations du gouvernement grec avec les Puissances européennes n'étant pas encore définies, nul acte n'ayant établi les conditions auxquelles les agents consulaires exerceront leurs fonctions en Grèce, il serait difficile, pour ne pas dire impossible, d'aplanir selon le droit les difficultés qui peuvent survenir dans des affaires qui sont du ressort de ces derniers. Cependant ces affaires ne peuvent pas rester en suspens, sans apporter un grave préjudice aux intérêts du pays.
Dans cet état de choses, le gouvernement depuis 1828 s'est efforcé^ ainsi que nous l'avons dit plus haut, de satisfaire en toute occurrence les dits agents, en convenant avec eux de termes moyens propres à rendre possible Texpédition des affaires en question d'après la justice. Mais l'expérience nous prouvant tous les jours que fadoption de ces termes moyens rencontre souvent sur les lieux
des obstacles qu*il n'est pas en votre pouvoir, Messieurs, de vaincre, nous vous engageons à suivre dans des circonstances semblables les directions que nous allons vous tracer»
Dans toute affaire qui sera du ressort des agents consulaires étrangers dans votre juridiction, vous tâcherez avant tout d'aplanir les difficultés, et de faire en sorte que la justice puisse avoir lieu, en procédant d'un commun accord avec les dits agents étrangers. Lorsque cette conciliation deviendra impossible, vous nous exposerez le fait, et vous attendrez des directions ultérieures.
Nous ne doutons pas que les agents consulaires ne reçoivent, de la part de Messieurs les résidents accrédités auprès du gouvernement, des directions analogues aux présentes.
- ,. 28 janvier Nouplie, -— TT—: — 1830.
9 février
Le gouvernement espère que les domaines qu'il vient d'hypothéquer à la banque engageront les capitalistes nationaux et étrangers à y placer des fonds considérables. Son intention est d'en employer la plus grande partie en faveur de la marine. Les navires d'Hydra, de Spetzia et de Psara dépérissent chaque jour davantage, et leurs propriétaires manquent de moyens suffisants pour les ré-
parer. Or ces mêmes propriétaires sont ceux qui ont porte de grands sacrifices pour le service de Tëtat , sacrifices que tous les congrès, et notamment celui d'Argos , ont reconnus et appréciés, en arrêtant quune juste indemnité serait accordée à la marine nationale.
Pour hâter, autant qu il peut dépendre de nous, cet acte de justice, lequel est en même temps une mesure urgente et salutaire pour Tétat, nous avons nommé dans votre sein une commission chargée de nous &ire un rapport sur les travaux de la commission mixte qui a proposé la liquidation des comptes avec les îles.
Nous engageons maintenant ceux de vos collègues, auxquels nous avons confié ce travail important, à s en occuper immédiatement. Ils prendront en considération les comptes présentés par chacune de ces îles, et nous proposeront avant tout, et dans le plus court délai possible, dans quelle proportion une première indemnité devrait leur être accordée. Nous aimons a espérer que la banque, aidée un peu par les économies de la caisse, pourra disposer à cet effet, dans le courant du mois de février, de 50,000 talaris. Nous désirons connaître dans quelle proportion cette somme pourrait être distribuée aux communautés d'Hydra, de Spetzia et de Psara. Cette proportion une fois établie , il sera facile de déterminer les mesures ultérieures, par lesquelles la répartition de cette première indemnité sera faite aux ayants droit, à condition toutefois qu ils s'engagent à l'employer pour la réparation de leurs bâtiments.
A M. RÂMPHOS. 467
Nous ne nous dissimulons pas que la somme de 50,000 talaris est bien modique , en comparaison des besoins et des réclamations légitimes de notre marine. Mais si, comme nous en avons Fespoir, les ressources de la banque et celles que nous procurera Temprunt viennent accroître nos moyens pécuniaires ^ le gouvernement s empressera alors d'exécuter en entier les dispositions du quinzième décret du congrès d'Argos.
ae /a ^yfù^c^te,
Nauplie, -- février 1830.
Je réponds a votre lettre du 25. Je vous sais gré des informations que vous me donnez.
Les bruits qu'on répand ne sont pas des mensonges ni de pures inventions. Il est d'abord connu que, depuis le mois de mars de Tannée dernière, les cours alliées avaient décidé en principe qu* un prince étranger serait le chef du gouvernement grec. Il est notoire en second lieu qu'elles se sont occupe'es et s'occupent maintenant d'arrangements, au moyen desquels les dispositions du protocole du 22 mars, plus ou moins modifiées, seront exécutées. Il n'y a donc rien d'étrange ni d'ëtonnant qu on s'entretienne en Europe et en Grèce du nouveau chef de ce pays.
468 DE NAUPLIC. -— FÉVRIER 1830.
On me mande de Paris, par les lettres du 5 janvier que le brick le Volage m'a apportées, qu'on attendait d'un instant à Vautre les décisions définitives de la conférence de Londres. Lorsque ces décisions seront connues, il Ceiudra encore quelque temps pour savoir ce qu en pense et ce qu en fait le sultan. Enfin lorsque le sultan y aura consenti, il faudra encore voir comment les arrangements qui en dépendent pourront devenir obligatoires pour les Grecs.
Or pourquoi s étonner que quelques pauvres Êiiseurs d'intrigues profitent de cet état de choses pour s'étourdir, et pour tâcher d'étourdir ceux de leurs concitoyens sur lesquels ils peuvent avoir quelque influence.
Ce que les hommes de sens et d'honneur doivent se dire et dire aux autres, c'est que dans la crise actuelle le salut de la Grèce dépend de l'attitude dans laquelle elle se placera , pour attendre les communications que les cours lui feront.
Quelle est-elle cette attitude? C'est celle qu'elle a maintenant. La nation a un gouvernement légal et légitime. Ce gouvernement a ses conseillers^ c'est le sénat; et l'un et l'autre dépendent d une autorité supérieure, qui est le congrès.
Les décisions qui concernent Vavenir de la nation, seront communiquées au gouvernement. Si elles sont conformes aux vœux que la nalion a déjà exprimés, elle y adhérera, et tout sera heureusement fini. Dans le cas contraire, elle ne fera point d'opposition ; mais elle représen-
A M. RAMPHOS. 469
tera avec vérité ce qu'il est en son pouvoir d'adopter. Les cours alliées Técouteront, et dans leur justice elles en décideront.
Toute autre marche serait illégale et révolutionnaire, et mènerait la nation droit a sa perte.
Telles sont les vérite's dont les citoyens éclairés doivent se pénétrer, et dès qu'ils en seront convaincus eux-mêmes, ils doivent tâcher d'en convaincre ceux qui pourraient se laisser égarer par des insinuations perfides.
Vous pouvez être assuré, et vous pouvez aussi assurer les hommes qui vous écoutent, que je ferai mon devoir, et que je ne reculerai devant aucune difficulté.
Je ne dis pas pour cela que je travaillerai dans le but de conserver la place que j'occupe. Je ne Tai acceptée que pour contribuer à Tindépendance de la Grèce. Du moment que j'aurai la conviction que cette restauration, que cette indépendance ne peuvent être garanties pouir l'avenir qu'au moyen d'un prince étranger, qui deviendra le chef du gouvernement, je serai le premier a reconnaître ce prince et à le servir, parce qu'en servant le prince je servirai la patrie, qui ne pourra être sauvée que par lui.
Dans ce cas cependant je ne me laisserai conduire ni par des paroles, ni par des espérances vagues; mais je chercherai avant tout à avoir des garanties de fait. C'est à me les procurer que tendent mes efforts. Du moment que j'aurai ces garanties, la nation les aura aussi, et alors elle pourra encore bénir son gouvernement actuel , et les
470 DE NAUPLIE. Fl':VKlER 1830.
peines qu'il se sera données pour justifier la confiance dont elle Thonore.
Informé comme vous létes maintenant de toute ma pensée sur ces graves questions, vous pouvez vous tranquilliser, et tranquilliser en mcme temps les personnes qui viennent vous consulter. En re'sumé, les provinces doivent se tenir dans la plus complète tranquillité, et laisser au gouvernement le soin de remplir ses devoirs. Il les remplira par la suite, comme il Ta fait jusqu'ici^ et Dieu ne nous abandonnera pas.
En attendant, que les fermiers paient ce qu ils doivent au trésor, et que chacun s occupe de ses affaires^ ce sera autant de gagné.
Vous recevrez sous peu de nouveaux règlements sur la banque, et j'espère aussi de nouvelles mesures concernant les revenus publics pour Tannée prochaine, c est-a-dirc pour le mois de mars^ Tous mes efforts tendent à soulager le peuple du double fléau des fermiers et des percepteurs. Je désire aussi modifier F impôt de la triple dîme. Si les magistrats qui doivent y coope'rer me secondent , nous y réussirons à la pleine satisfaction des communea çt dçs braves et bons agriculteurs.
Nauplie, — février 1830,
J*ai sous les yeux, mon cher Eynard, vos lettres du 2 et du 30 décembre, ainsi que celle du 5 janvier.
Vous recevrez aujourd'hui, avec le duplicata de ma dernière expédition , une lettre d'office qui répond aux vôtres de dernière date. Je vais ajouter ici quelques observations, qui vous prouveront encore mieux combien les services que vous avez rendus à ce pays ont contribué a le sauver pour le présent et peut-être même pour Tavenir.
Ainsi que je vous Fai dit, le paiement des arrérages a absorbé les 500,000 francs des subsides arriérés français et les 700,000 que vous avez envoye's. Les troupes légères, organisées sous T inspection de M, le colonel Gérard, noua promettent en peu de temps un résultat satisfaisant. Il se peut que nous fassions de ces nouveaux bataillons autant de soldats réguliers. G est à quoi le gouvernement travaille. Mais pour conserver Tespoir du succès, il doit pouvoir payer ces mêmes, bataillons régulièrement. Gest vous dire en d'autres termes que le secours de 1,200,000 francs, dont la Grèce est redevable a votre active sollicitude, produira un double résultat. La tranquillité intérieure sera maintenue, et les progrès graduels de l'organisation militaire ne seront pas arrêtés*
472 DK NAUPLIE. FÉVUIER 1830.
Je vous sais gré de m'avoir fait part de ce qu'on dit de Tobstination avec laquelle je persévère à ne pas licencier les Rouméliotes. Ces bandes armées, observe-t-on , épuisent le pays et compromettent à chaque instant sa tranquillité. Rien ne serait plus facile au gouvernement que de signer un décret, par lequel il renverrait du service public tous ces hommes. Mais avant de procéder h un pareil acte, il devrait se demander : Que deviendront-ils? Fort d'une longue expérience chaque Grec de bonne foi vous répondra : Ils deviendront des clephtes dans les montagnes et des pirates sur mer. En effet si la piraterie a cessé depuis mon arrivée, c'est parce que les Olympiens et les Rouméliotes, qui étaient nichés dans les îles de r Archipel, sont venus à Mégare composer les chiliarchies. Les provinces du Pe'loponèse ont commencé à respirer, depuis que les Rouméliotes qui les avaient envahies campent aussi à Mégare, Ces hommes, dont le nombre est d'environ 8,0QQ, n'ont existé depuis quelques années que du métier des armes j pas ui\ d'entre eux ne possède quoi que ce soit, si ce n'est son fusil et ses pistolets. En leur refusant le pain et la petite paie qu'ils reçoivent, le gouvernement pourrait-il les punir, si les arines a la main ils se procuraient d'autres moyens de subr sistance? D'ailleurs pour armer le |)ays et le mettre en état de se garantir de leurs incursions, le gouvernement ferait des dépenses bien supérieures à celle que coûte l'entretien de ces bandes, transformées aujourd'hui en bataillons. Mais il y ^ plus : si la Grèce est à la veille de
voir S accomplir sa restauration et son indépendance, elle le doit uniquement à la bravoure et au dévouement de ces mêmes palicares. Est-ce pour les récompenser des services rendus, que le gouvernement les livrerait volontairement à la misère et au de'sespoîr? Ils sont tous Rouméliotes; donc c'est en Roumélie qu'il se réfugieraient. Serait-il possible alors de maintenir le statu quo actuel, qui subsiste cependant à la satisfaction des Turcs?
Ces observations me semblent répondre victorieusement aux reproches qu'on adresse au gouvernement grec. Au moment où il pourra accorder à ces soldats quelques arpents de terre et quelques piastres pour les défricher, il les licenciera; et ayant eux-mêmes une proprie' té, ils respecteront celle d'autrui. C'est dans cette vue qu est conçu le décret du congrès d'Argos concernant les indemnités, et c est pour exécuter celle mesure salutaire que je sollicite depuis Tannée dernière les ressources de Temprunt.
D'autre part, si la Grèce doit avoir des troupes nationales régulières, ce n'est que de Rouméliotes qu'elle pourra les composer. Mais pour parvenir à ce grand résultat, il fallait procéder par degrés, et c'est par degrés que nous sommes arrivés au point que ce sont les jeunes soldats rouméliotes eux-mêmes qui nous demandent spontanément un fusil à baïonnetle. Je me trompe peutêtre, mais je doute qu'on eut pu entreprendre avec plus d'espoir de succès la guérison d'une des plaies les plus d^^ngereuscs de ce malheureux pays.
Pour épuiser le chapitre des plaintes, je vous dirai un mot des soi-disant personnes qui se tiennent maintenant à Técart. Miaoulis n*est pas de ce nombre. Il n a jamais cessé et ne cessera pas d'être en pleine activité de service. Quant aux autres, leur conduite est peut-être fondée sur Fespoir d'obtenir la faveur et la confiance du nouveau chef de la Grèce. Je leur ai offert dans la nouvelle organisation des places du premier ordre, et ils les ont refusées, au grand contentement du pays, qui m*a souvent reproché de les avoir employés à mon arrivée en Grèce. Sans contredit ce sont des homnies capables, mais voilà tout.
Pour ce qui est de mes frères, ceux qui prétendent que le pays ne les aime pas, ne font que répéter les doléances des Grecs qui ne peuvent pas aujourd'hui comme autrefois se partager les revenus de Tétat. Au reste mes frères me tourmentent pour que je les délivre de la corvée à laquelle ils sont condamnés, et je désire autan^t qu'eux les en délivrer une heure plus tôt.
J'en viens à la grande affaire qui concerne la décision du sort de la Grèce, et aux mesures que les Puissances semblent vouloir arrêter pour exécuter sur les lieux ce dont elles seront convenues.
Les cabinets ont gardé jusqu'ici un profond silence envers le gouvernement grec sur ces deux grandes questions. Si vous avez reçu, comme je Tespère, ma dernière expédition du 25 décembre (6 janvier), vous aurez vu que, par le mémoire que j'ai remis à M. de Ribeaupierre et à ses
collègues, j'ai rempli loyalement tous mes devoirs. Je suis dans Tattente d une réponse. Je persiste à ne pas concevoir la possibilité dun arrangement quelconque, à moins que la Grèce ne soit appelée à prc idre part aux ne'gocia lions. Nous verrons comment tout :eci se débrouillera. Jusquelà tachons de vivre. Je vous r marqué par ma lettre d'office que le Volage nous a apporté 225,000 francs du subside russe, et vos 50,000. Je suis si impatient de vous rendre vos 700,000 francs, que je lâche de me procurer dans Tintérieur toutes les ressources possibles, afin de pouvoir économiser sur les derniers secours que vous nous avez obtenus. Ces ressources consistent d'une part dans la vente de quelques canons de bronze inutiles, et dans les placements que j'espère procurer a la banque. Si ces mesures répondent à mes vœux , je pourrai alors commencer a vous payer. Cependant je vous prie de continuer h solliciter l'envoi en Grèce de la somme totale, et comptez sur l'empressement que je mettrai a tenir parole. Il est entendu que le gouvernement vous bonifiera l'intérêt de 5 pour 100.
Ce que je vous dis dans ma lettre d'office sur M. Howes n'est malheureusement que trop vrai^ mais il est bon d'autre part que nous gardions pour nous seuls les faits qui démentent complètement le beau rapport inséré dans le Courrier. Les philhellènes américains ont fait sans doute de nobles et généreux sacrifices; mais leurs agents en Grèce ont constamment mal compris leur missiop. Cçsl ainsi que vont ordinairement les choses dans<
ce bas inonde. Il faut prendre patience, et ne passe décourager.
Nauplie, — février 1830.
J'ai exactement reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait rhonneur de m'adresser en date du 6 du courant, et qui renfermait T inventaire des livres et des dessins que le ministère de la guerre a bien voulu transmettre à M. le colonel Garnot.
Sous peu de jours je prendrai la liberté de placer sous vos auspices la réponse que je dois a M. de Bourmont. Veuillez en attendant le remercier de Tenvoi qu il vient de nous faire, et qui sera de la plus grande utilité pour r instruction des officiers et des sous-officiers du génie.
Permettez-moi , Monsieur le général , de profiter du courrier de ce jour, pour vous recommander une afiTaire qui n'est pas d un mince intérêt pour nous.
Le brick royal le Volage, entré le 5 janvier en rade de Navarin, m'a apporté une lettre de M. Littardis, receveur général du département du Var, par laquelle il m'annonce avoir déposé sur ce bâtiment 225,000 francs destinés par la cour de Russie au secours de la Grèce, ainsi que 50,000 dont nous sommes redevables à la générosité de M. Eynard.
M'ëtant concerté avec M. le comte de Panin qui est chargé de recevoir la première de ces sommes, j'ose vous prier. Monsieur le général, de faire arriver le Volage a Nauplie, ou si cela n'est guère possible, de garder provisoirement en dépôt largent dont il est porteur, jusqu'à ce que je puisse le feire transporter a Nauplic sur un de nos bâtiments. Je n'ai pas besoin de dire a Votre Excellence que vous rendriez un grand service à ce pays en contribuant à lexécution du premier de ces arrangements, comme étant le plus convenable pour nos pauvres finances.
Nûuplie, -- fëyrier 1830.
Le travail que nous avons demandé au comité chargé d'un rapport sur la révision des actes constitutionnels^ doit donner au gouvernement les notions officielles sur lesquelles il est appelé a baser le sien, conformément aux dispositions des articles 11 et 12 du décret du congrès d'Argos du 2 juillet.
Mais puisque le comité désire connaître les observations que nous avons faites nous-mêmes sur ce sujet important, nous n'hésitons pas a les lui communiquer. Ces observations cependant ne peuvent avoir trait qu'au système d'après lequel il nous semble que le travail du comité pourrait être exécuté avec le plus d'utilité.
Les bases annexées au deuxième décret tracent selon notre opinion le cadre que le comité remplira par Vanalyse des anciens actes constitutionnels.
La pierre angulaire de tout Tédifice social consiste dans la définition positive de ce droit des citoyens que nous appelons droit de suffrage. Il faut par conséquent voir comment ce droit est défini par les constitutions d'Astros, d'Épidaure et de Trézène. En second lieu , il s'agira de chercher dans ces mêmes actes, a quelles conditions et d'après quelles formes la nation accorde ce droit aux Hellènes non indigènes et aux étrangers. Enfin il faudra connaître si ces mêmes actes établissent les conditions auxquelles les citoyens ayant droit de suffrage , seront appelés a l'exercice de ce même droit.
En résumant avec la plus grande exactitude les principes sanctionnés par les susdites constitutions , le comité trouvera ne pouvoir mieux remplir sa commission, qu'en nous communiquant sur cette importante matière les observations que Texpérience lui aura suggérées.
En suivant la même marche, le comité analysera les principes que les actes constitutionnels ont sanctionnés relativement au pouvoir législatif, au pouvoir judiciaire et au pouvoir exécutif.
Il pourrait enfin dans un chapitre supplémentaire, sous le titre de dispositions générales^ résumer tous les autres principes des actes susmentionnés.
Du moment que nous aurons sous les yeux cette analyse, nous ne tarderons pas à demander l'opinion du sé-
nat sur le projet de statut fondamental qui fait l'objet de nos méditations, depuis que la nation nous a fait Thonneur de nous confier la direction de ses plus chers intérêts.
Nauplie, — février 1830.
Par le message que nous avons adressé au sénat en date du 4 (16) du courant, nous avons rempli notre devoir, en indiquant à votre comité la marche que selon notre opinion il devrait suivre, afin d'accélérer avec utilité le travail important de la révision des anciens actes constitutionnels.
Ainsi que nous vous lavons annoncé, nous nous en sommes occupés nous-mêmes, et nous avons reconnu que les constitutions d'Astros, d'Épidaure et de Trézène n'exigent pas que les citoyens soient propriétaires, pour qu ils aient et exercent le droit de suffrage.
Si nous nous reportons aux époques où la nation, par des efforts spontanés et unanimes, faisait tout ce qui dépendait d elle pour se procurer limmense bienfait d'un gouvernement légal, nous reconnaîtrons que ses représentants ne pouvaient pas alors fonder le droit de suffrage et son exercice sur la qualité de propriétaire, attendu qu ils auraient privé de la jouissance de ce même droit la grande majorité des citoyens.
Le peuple avait pris les armes. II combattait, et payait de son sang Tespoir de s'affranchir. Pouvait-il par Torgane de ses plénipotentiaires renoncer à cet espoir^ en abandonnant toute participation à la législation? Nous ne le pensons pas. Ses législateurs devaient donc lui conserver alors l'exercice du droit de suffrage, sans y mettre pour condition la qualité de propriétaire. Mais il n en est plus de même aujourd hui. En effet, en statuant sur la sanction et Texercice du droit de suffrage, il ne nous est pas plus permis de considérer pour rien la propriété, que de la prendre pour base exclusive.
Dans le premier cas, ce serait à une masse de prolétaires que les destinées de Tétat seraient confiées. Dans le second elles seraient placées entre les mains de quelques individus qui composent actuellement la classe des propriétaires.
Dans ce cas comme dans l'autre , au lieu de recueillir les avantages qui doivent être les premiers fruits de ses anciennes infortunes et de ses sanglants sacrifices, la nation se verrait condamnée a une longue minorité, qui paralyserait tous les moyens que la Providence lui a donnés pour hâter sa restauration sociale et politique.
Nous nous abstenons de développer ces considérations^ car convaincus comme nous le sommes que la justice appelle tous les citoyens de la Grèce à exercer également le droit de suffrage, vous Têtes aussi sans doute que, pour le faire d'une manière qui soit avantageuse a Tétat, ils doivent avant tout devenir propriétaires.
AU SÉNATé 481
Espérant pouvoir vous communiquer sous peu nos idées sur les statuts constitutionnels dont le congrès d' Argos a pose les bases par son décret du 22 juillet, nous éprouvons le besoin de connaître d'avance votre manière de voir sur la question majeure que nous venons de vous proposer. Cette question une fois résolue, on répartira des propriétés entre les citoyens qui n'en ont point, et dès que ceux-'ci seront propriétaires, la loi qui sanctionnera leur droit politique et en réglera Vexercice ne sera plus une source de dangers. Elle assurera le salut de Tétât; elle aura fait atteindre à la nation le but de tousses efforts.
Pour hâter, autant qu'il peut dépendre de nous, le moment oîi ces résultats seront obtenus, nous nous résumons, cl nous vous demandons votre opinion sur les points suivants :
1**. Le sénat pense-t-il qu il doive être statué sur le droit de suffrage, de manière a ce que la plus essentielle des conditions pour que les citoyens puissent l'exercer soit la propriété?
2^ En se prononçant affirmativement, le sénat partaget-il la conviction oîi nous sommes, que le gouvernement manquerait a la confiance dont Ta honoré le congrès national, s il ne procurait avant tout aux citoyens qui ne possèdent aucune propriété les moyens d'en acquérir?
3\ Dans cette hypothèse le sénat serait-il disposé a concourir avec le gouvernement à la re'daclion d'un décret qui fixerait, 1% le maximum et le minimum des conces-
sions en terres nationales que le gouvernement ferait aux citoyens non-propriétaires? 2*, les conditions auxquelles ces concessions seraient faites? S"", les formes d'après lesquelles elles auraient lieu ?
Un tel acte serait conforme à F esprit de l'article 7 du troisième décret du congrès d'Argos en date du 16 juin; et d'ailleurs cette mesure n'ayant d'autre but que d'assurer, sous la sauvegarde la plus sacrée, une existence politique et indépendante à la grande majorité des citoyens de l'état, il est hors de doute que les représentants de la nation réunis en congrès la sanctionneraient à l'unanimité.
En parlant des citoyens de la Grèce, nous n'excluons ni ceux de nos conationaux non indigènes, qui ont porté les armes pendant la dernière lutte, et qui ont perdu leurs foyers et leur fortune pour prendre une part active k la restauration de la patrie commune, ni ceux des étrangers qui, après avoir servi honorablement la Grèce, se décideraient à s y établir, ni ceux enfin qui voudraient y apporter plus tard leurs connaissances, leurs talents, leur crédit et leurs capitaux.
La loi toutefois déterminerait d'une manière positive et spéciale les conditions auxquelles les citoyens de chacune de ces catégories acquerraient le droit de suffrage et son exercice; elle déterminerait aussi comment ils acquerraient celui de propriété, base du premier.
Nous aimons à espérer que vous nous ferez part de votre opinion sur les questions que nous venons de vous indiquer. De notre côté nous travaillerons à préparer dans