ET DE
GUVILLIER-FLEURY
Le duc et la duchesse d'Aumale, le jeune prince de Gondé, le prince et la princesse de Joinville avaient quitté Alger, le 3 mars 1848, « au milieu du concours volontaire et affectueux de la population et de l'armée ».
Pendant que le Solon, à bord duquel les princes s'étaient embarqués, faisait voile vers l'Angleterre, un décret du gouvernement provisoire avait placé leurs biens sous séquestre; M. Biesta avait été spécialement nommé séquestre de ceux du duc d'Aumale *.
Le 20 mars, le Solon arrivait en vue des côtes d'Angleterre ;
* C'est pendant cette traversée du Solon que, sans perdre de temps, quelqu'un tenta une première mainmise sur les biens du duc d'Aumale : le 14 mars, en effet, par acte d'huissier, « Gharles-Louis- Napoléon Bonaparte, citoyen français résidant à Londres », signifiait à M. Biesta une défense de se dessaisir en d'autres mains que les siennes, des revenus de la forêt de Chantilly dont il revendiquait la propriété comme ayant fait partie de l'apanage de son père le roi Louis.
Cet acte d'huissier est conservé dans les papiers donnés à l'Institut de France par les exécuteurs testamentaires de Mgr le duc d'Aumale.
Les plus sages des conseillers de Louis Bonaparte l'engagèrent à ne pas donner suite à cette revendication. On verra plus loin que, cependant, il y pensa longtemps encore.