AU GOUVERNEUR DE HAMBOURG
Hamm, le 4 août.
11 est possible que l'armistice soit dénoncé le 10 août et que les hostilités recommencent le 15 ou le 16 : il est donc urgent de profiter du temps qui nous reste, pour faire faire les travaux de la place les plus pressés. Voici ceux qui me paraissent les plus importants à terminer :
1" Achever le réduit del'Alster. Il faut faire pousser la coupure jusqu'au pied du talus du rempart, au bord de la courtine du bastion ultérieur.
2* Faire évacuer par les habitants tous les bâtiments qui se trouvent dans ce bastion et qui sont exclusivement destinés à la garnison du réduit.
Faire abattre tous les arbres qui se trouvent dans la rue, ao ) bas du rempart qui aboutit au Dammthor, à la distance de \ 150 pas, et les faire transporter dans ce réduit.
Armer complètement et approvisionner les bouches à feu \ ' qui se trouvent dans le bastion à 300 coups.
Il faut réserver exclusivement le moulin pour le sen'icede ; la garnison. Il ne devra y avoir qu'un meunier en fait d'habitant, et le bâtiment du moulin servirait au logement du commandant de la troupe et du commandant du réduit. Il £aut faire un règlement pour le transport des grains au moulin et rapporter les farines.
A dater du 15 août, le réduit devra être fermé de jour comme de nuit. Il faut faire un règlement et tenir sévèrement .; à son exécution, déterminer les heures des distributions, { celles où les corvées devront rentrer et les permissions que Ton pourra donner à la garnison. Il faut qu*il y ait toujours les deux tiersde présents ; ainsi il ne pourra jamais y avoir d'absente, y compris les corvées. On pourra relever cette garnison une ] ou deux fois par mois. ;
Il faut qu'il y ait dans ce réduit un approvisionnement d^ 15 jours pour une garnison de 800 hommes, en biscuit, eaU' de-vie, légumes et viande salée.
Le 10 août, il faudra faire retirer toutes les embarcation^ qui se trouvent dans le Binnenalster, sans exception, et \e^ attacher fortement entre les bastions Ferdinandus et David ^ On enfermera, sous la surveillance de la douane, les rames, le^ gouvernails et tout ce qui sert à conduire ces embarcations^
Je fais la même recommandation pour le réduit de TElbe, formé des bastions Gasparus, Albertus, et du Hornwerck, pour la quantité d'hommes que j'ai fixée par ma lettre d'hier du chef d'état-major. Il faut que pour le 10 août il n*y ait plus un seul habitant.
Même ordre pour le moulin à vent qui se trouvera enfermé dans le réduit que pour celui de TAlster. Il faut qu'il y ait dans l'un et l'autre réduit une garnison fixe de canonniers que l'on pourra relever également une ou deux fois par mois.
Il faut que dans chaque réduit on exerce les deux tiers des
soldats une heure ou deux par jour au canonnade, en choisissant les hommes les plus propres à cet exercice.
Il faut prendre des mesures pour assurer Teau.
Il faut lier la batterie qui est au bord de TElbe au bas du Hormverck, avec la place.
Il ne devra point y avoir d'habitant entre la batterie et le bastion Albertus. Je vous recommande de faire exécuter pour le 10 la mesure dont il est question dans la lettre du 17 juillet pour le placement des douanes sur les ponts qui sont entre le port et TAlster, et ne laisser aucune espèce d'embarcation dans le canal mentionné dans cette même lettre.
Je vous recommande aussi les insti*uctions données pour le placement des différents approvisionnements de sié{;e, et entre autres des bestiaux.
II est important aussi que le colonel Deponthon fasse commencer les batteries pour assurer la communication entre Hambourg et Haarbourg dans les points qu'il a reconnus. Il faut l'inviter aussi à reconnaître des points qu'il sera important de retrancher sur leNorder Elbe, en remontant jusqu'à la pointe de l'ile de Moorwerder. 11 me paraît surtout essentiel de faire une bonne batterie à cette pointe qui est la séparation du Sorder Elbe avec le Sùder Elbe.
P. S. — Il faut inviter le colonel Deponthon à bien reconnaître le bastion Bartholdus, le Bouchof et le Theerof pour en faire un 3* réduit, puisqu'il est très-important de mettre l'arsenal à l'abri d'un coup de main ou d'une tentative de la part delà canaille.
11 serait important que le bastion Sébastien fût fermé et que le magasin à poudre fût enfermé ; mais on travaillera à cela immédiatement après l'achèvement des deux premiers réduits.
Hambourg, 5 »oAl 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 3^, où elle daigne me faire connaître les importants succès que le duc de Dal-
£W CORRESPOXDANCE
matie vient d^obtenir sur lord Wellington. Je me suis empress de donner de la publicité à cette nouvelle et de la transmetti à M. le baron Alquier. Elle détruira TefFet des nouvelles qu les Anglais avaient répandues sur les affaires d'Espagne *.
Les communications entre Héligoland et le Ilolstein soi trés-firéquentes, malgré les ordres du Roi. Les rapports journ liers de Guxhawen font connaître que la fraude des denré coloniales entre Héligoland et le Holstein se fait avec ui grande activité et publicité.
Je transmets exactement ces rapports au major général. 1 sont confirmés par les agents envoyés dans le Holstein. J'e voie avec lui trois numéros du Courrier de Londres,
Hambourg, 5 aoiit 1813.
Sire, j'ai l'honneur d'envoyer à Votre Majesté un rapp< de M. Jousselin, ingénieur en chef des ponts et chaussées département des Bouches-de-l'Elbe, sur les travaux qu'il ii faire pour établir de tous les temps la communication en Hambourg et Haarbourg.
Le 25 août, les communications seront établies, et à mo d'une grande tempête, on pourra pa.sser dans tous les ten avec une très-grande rapidité. Deux grands bacs faits à ne
' Les affoircs (l*E8pa{;ne continuaient à aller fort mal dans le printempj: 1813. Les armées françaises, avec le roi Joseph et le marcclial Jourdan, aval étéoblî{;cesde se replier sur le nord, suivies par les An{jlais qui bientôt livrai et gafi^aient la bataille de Vittoria. A la réception de ces nouvelles en pic Saxe, Napoléon, qui était importuné des affaires d*Ei(pa{;ne et qui ne trou' * plus le temps de s'en occuper, s'était montré fort irrité contre tout le mon contre son frère Josepb, contre le maréchal Jourdan. Il avait aussitôt venir le maréchal Soult qui commandait la vieille {;arde à Bautzen, et il Ta char{;é de se rendre en Espagne comme lieutenant de l'Empereur avec commandement de toute l'armée. Le maréchal Soult, cjui avait ordi*e de s'arrêter à Paris que douze heures, s'était rendu sur les Pyrénées, où il c arrivé après le 15 juillet, et il a%ait en effet forcé les Anglais à un mou ment rétrograde. Malheureusement ces succès peu décisifs n'étaient momentanés, et si Napoléon se hâtait de les annoncer, c'est qu'il en a besoin pour les négociations de Prague qui n'étaient pas encore rompues.
IsoDt placés pour le passage du grand bras de TEIbe du côté de
Hamboui^y et deux autres sur le bras du côté de (laarbourg. Chacun de ces bacs peut porter 70 chevaux et jusqu'à 4 à 500 hommes d'in£Einterie sans chevaux.
Il faut sept minutes à la mer haute, par conséquent moins dans les autres moments; mettant sept à huit minutes pour le retirer, pour le placement des hommes ou des che- Taux, on pourra passer par quart d'heure 140 chevaux, et en hommes d'infanterie au moins 800. Si Ton était dans le cas de bire un mouvement d'armée, on emploierait exclusivement les bacs pour passer les chevaux et les voitures, et des embarcations particulières pour passer l'infanterie. Ainsi, dans les vingt-quatre heures, on pourrait passer un corps de troupes de 30 à 40,000 hommes avec tout son attirail, en y mettant de Tordre. Le pont est plus élevé que les plus hautes eaux connues.
On ne sait ce qu'il y a de plus à louer de la promptitude avec lequel le pont a été construit, ou de sa solidité et beauté. Cet ouvrage fait l'étonnement de tout le monde.
Il est de mon devoir, Sire, de réclamer pour son auteur, M. Jousselin, une marque de la satisfaction de Votre Majesté. Cet ingénieur joint à un grand mérite une grande volonté. Il ne connait pas d'obstacles. Il a fallu toutes ces qualités réunies pour surmonter tous ceux qu'il a eu à éprouver, soit pour la route, soit pour ce nouveau travail. Il est du petit nombre de ceux qui sont restés à leur poste : il a toujours suivi les troupes, et à défaut d'officier du génie, il a été employé très-utilement et a fait preuve d'un excellent esprit. Je demande à Votre Majesté la décoration de la Légion d'honneur. Cette communication est d'autant plus importante que même dans cette saison, les communications entre Haarbourg et Ham-^ bourg étaient souvent impossibles; des troupes, à raison des vents, étaient quelquefois trois à quatre jours sans pouvoir passer, et un passage considérable de troupes de toutes armes ne pouvait se faire avec la célérité qu'exigent les opérations de guerre.
252 COHRESPONDAMCË
Hambouq;, 5 aoùi 1813.
Sire, par sa lettre du 27 juillet, Votre Majesté remarque que la ville de Hambourg n'a encore payé sur les dix premier» millions que 6,214,000 francs.
Les rentrées ont éprouvé des retaitls : les derniers arrangements en sont cause. Les mesures que M. le comte de Chaban m'a proposées pour demander un second sixième lui font espérer que dans le délai de quinze jours, les 3,785,000 francs seront rentrés.
Déjà les versements ont commencé. Je prie Votre Majesté de vouloir bien avoir égard aux obser>'ations que j'ai eu Tbonneur de lui adresser sur l'insuffisance des 6 millions de centimes de guerre, pour les dépenses des troupes et des travaux, sur la nécessité d'autoriser M. le comte de Cbaban à toucber les fonds provenant de la 32* division militaire pour poun'oir à toutes les dépenses qu'a ordonnées Votre Majesté. Il faudra aussi des fonds pour payer les cbevaux que le gouvernement danois doit livrer.
Je prie Votre Majesté de me faire connaître ses intentions à cet égard.
On me rend compte que le gouvernement danois adonné des ordres pour empécber la sortie des chevaux achetés pour le gouvernement français sur, des marchés du général Bourcier. Les premiers éclaircissements que j'ai fait prendre me donnent lieu de croire que tout ceci n^est qu'un malentendu qui va être levé. J'en écris toutefois à M. le baron Alquier.
Je n'ai pas encore reçu l'avis de cet ambassadeur que l'arrangement qu'il est chargé de conclure avec le gouverneur danois pour la livraison de 1,000 chevaux ait été conclu. Je lui ai envoyé, suivant les ordres de Votre Majesté, un officier de cavalerie. Déjà les hommes de cavalerie démontés pour recevoir les chevaux que le Danemark doit livrer, commencent à arriver.
Haroboarg, 5 aolt 1813'.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 31 juillet, où elle daigne me faire connaître qu'il est parti le même jour de Mayence pour Hambourg, par Wesel, une compagnie d'artillerie à cheval. Je dois vous observer. Sire, que pour l'organisation de l'artillerie destinée au 13* corps et la 50* division, il n'y a que deux compagnies d'artillerie à cheval affectées, une pour le 13* corps, et l'autre pour la 50* division. Ces deux compagnies d'artillerie à cheval sont déjà ici, savoir la 4* du 5* et la 4* du 1". La dernière est arrivée avec une batterie, il y a sept ou huit jours.
Je dois cette observation à Votre Majesté afin que s'il est dans ses intentions qu'il n'y ait que 2 compagnies d'artillerie à cheval, on donne une autre destination à celle qui est partie de Mavence le 31.
Vous me recommandez. Sire, dans cette même lettre de veiller aux mouvements de toutes les troupes, afin que les hostilités venant à recommencer, rien ne soit compromis. Je ne négligerai rien pour prévenir ces événements; mais je dois, pour les éviter, observer à Votre Majesté que par les ordres qu'elle m'a donnés le 26 juillet, de prendre sur la rive droite une position offensive pour contenir l'armée suédoise et tout ce que l'ennemi a dans le Mecklembourg, et l'empêcher de se porter sur Berlin à la rencontre de l'armée que Votre Majesté se propose d'y diriger en cas d'hostilités, — et de me tenir prêt à suivre le mouvement de l'ennemi et à l'attaquer s'il a des forces inférieures, et à cet effet de n'avoir que quelques détachements sur l'Elbe, de manière qu'on puisse les replier promptement au moment de la reprise des hostilités, afin que toutes les troupes soient réunies, — je dois, dis-je, observer à
* L*Empereur était parti de Dresde le 25 juillet et était le 27 à Mayence, où rimpératrice était rendue de son côté, et où il passait quelques jours pen- <lant la prolongation de Tarmistice. Le 4 août, il était revenu à Dresde.
Votre Majesté qu'en retirant pour le 15 août la partie des troupes du 13* corps établies entre Werben et Ilaarbourg, il est à craindre que des partis ennemis ne passent TEIbe entre Magdebourg et Haarbourg, et aidés du mauvais esprit qu'on ne peut se dissimuler qui existe dans la Westphalie, ne détruisent les convois ou ne dispersent les petits détachements. II me paraîtrait nécessaire, Sire, de laisser sur la rive gauche : 1* les petits postes retranchés qui existent sur les bords de l'Elbe, entre Magdebourg et Haarbourç, et avoir environ 2,000 hommes d'in&nterie, une batterie d'artillerie, 200 à 300 chevaux à la hauteur de Lauenbourg, pour secourir ceux de ces postes qui seraient attaqués. J'observe que, dans quelques-uns de ces postes, il y a des pièces de 3, et qu'ils sont tous mis en état de n'avoir rien à craindre d'une attaque de cavalerie. Il faudra à l'ennemi pour les attaquer, de l'infanterie, un peu d'artillerie. Je prie Votre Majesté de me faire connaître ses intentions à cet égard.
Par sa lettre du 19, Votre Majesté me dit que, s'il en est besoin, il faudra tout négliger pour concentrer mes forces sur la rive droite en m^appuyant sur Hambourg; que quand même l'ennemi passerait l'Elbe entre Hambourg et Magdebourg, cela ne devrait avoir aucune influence sur moi, que l'armée aurait toujours derrière soi Hambourg et le Holstein, et que par cette position sur la rive droite, je conserverais l'offensive, quand même l'ennemi serait sur la rive gauche. En prenant à la lettre cette instruction, je devrai, pour le 15 août, replier tous les détachements qui existent sur la rive gauche et faire rentrer ici les pièces de 3 que j'ai placées dans difiFérents postes retranchés sur les bords de TElbe.
L'ennemi a depuis Werben jusqu'à Lauenbourg une grande quantité de moyens de passage; autant il serait facile d'empêcher les partis ennemis de passer entre Lauenbourg et Haarbourg, puisqu'en repassant les embarcations qui restent dans l'intervalle des vieux forts, on rendrait impossible aux postes ennemis le passage de l'Elbe, — autant il est impossible d'empêcher les passages de l'ennemi entre Magdebourg
etLauenbourg, Tennemi ayant sur la rive droite des moyens de passage très-considérables.
J'attends sur ces observations les derniers oitlres de Votre Majesté *.
Hambourg, 5 aoAt 1813.
Sire, depuis ma lettre écrite, j'ai reçu de M. le baron Alquier et du colonel Meunier que j'ai envoyé à Copenhague pour suivre les détails de la fourniture des 10,000 chevaux, les lettres dont copies sont ci-jointes. Votre Majesté verra qu'au 1" août, il n'y avait encore rien de commencé, pour l'exécution de la convention, de ce qui concerne cette fourniture, et que M. le baron Alquier regarde comme presque impossible qu'elle puisse être efiFectuée pour le 1" septembre, ainsi que l'a demandé Votre Majesté.
J'apprends à Tinstant que les marchands de chevaux qui avaient des marchés pour nous en livrer ne peuvent plus en tirer du Holstein à raison des défenses faites. Les autorités locales ont transmis des réclamations à leur gouvernement. J'espère que sous trois jours ces difficultés seront levées; en attendant, cela nous fait perdre un temps précieux et retarde nos remontes.
Hambourf;, 6 août 1813.
Sire, j'ai l'honneur d'informer Votre Majesté que la totalité des bouches à feu dont elle a ordonné l'envoi pour l'armement de Hambourg et de Haarbourg est arrivée, ainsi que les 5/6 de la poudre et des projectiles. Les affûts qui ont été envoyés sont presque tous hors d'état de service; mais l'arsenal
* On trouvera plus loin une réponse de TEmpcrcur ù ccuc lettre.
étant dans une g;rande activité, on a déjà fait tous ceux nécessaires pour l'armement de la place.
160 bouches à feu sont déjà en batterie à Hambourg, montées sur des affûts neufs ou réparés à neuf; toutes peuvent y être en vingt-quatre heures en cas de nécessité, les travaux du génie étant assez avancés pour cela ; dans huit à dix jours, la totalité sera en batterie.
Je fais connaître à Votre Majesté que Tarsenal de Hambourg, où il régne une grande activité, qui est parfaitement organisé et où il y a une grande abondance de matériaux, peut être maintenant utilisé pour la Grande Armée. Les ouvriers de la ville qu'on y emploie ont été organisés en compagnie, mais ils ne reçoivent, bien entendu, d'autre solde que le prix des travaux qu'ils font.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, le 6 août 1813.
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse que par les rapports qui me sont parvenus du commandant de la côte, il parait que la flottille de l'ennemi est toujours au même mouillage dans la Kugelbak et en face d'Ottemdorf, qu'elle n'a fait aucune nouvelle tentative dans la journée du 4 au 5 de ce mois, sur les difiFérents forts que nous avons sur la côte et dans la Jahde.
Les rapports qui me sont parvenus du côté de Lubeck m^annoncent que tout est tranquille dans ces parages, soit de la part des avant-postes ennemis, soit de la part des habitants, depuis l'enlèvement que j'ai fait de 5 à 600 mauvais sujets que j'ai fait transporter dans l'tle de Wilhelmsbourg. La meilleure harmonie règne entre les troupes danoises et françaises à Lubeck. Mes avant-postes du côté de Bergedorf et des maisons retranchées que j'ai le long de l'Elbe jusqu'à Werben, m'annoncent qu'il ne s'est rien passé de nouveau du 5 au 6.
J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Altesse le rapport
du commandant d'AItona, qui m'annonce le passage d'une flotte ennemie avec des troupes de débarquement à bord, Tenant de la mer du Noitl dans la Baltique.
Les divers rapports des déserteurs et prisonniers bourgeois rendus par Tennemi s'accordent à dire que les Suédois sont à Wismar et Rostock. (Leur nombre n'est pas parlEaitement connu, mais parait être de 20 à 22,000 hommes.) Il y a dans le Heckembourg et le long de l'Elbe jusqu'à Domitz les légions lansëate, britannique, mecklembourgeoise, et le corps composé de déserteurs dont la force parait être de 8 à 9,000 hommes. Le prince royal a déjà passé une revue avec le général Walmoden, à Goldberg, et doit en passer une seconde à Grabow ; mais rien n'indique du mouvement dans les Suédois qu'il commande.
Hambourg, 7 aoAt 1813.
Sire, j'ai envoyé aujourd'hui à Son Altesse le major géné- ^ le résultat de la revue de rigueur passée dans les premiers jours d'août, conformément aux intentions de Votre Majesté.
J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Majesté un état indiquant ce qu'il y aura le 6 août en présents sous les armes ^ans le 13' corps et la 50* division.
Votre Majesté verra dans cet état, à la 4* colonne, les renseignements qu'elle m'a demandés par sa lettre du 23 juillet Sur le 28* chasseurs.
La livraison de chevaux éprouve de grandes difficultés, depuis que les autorités danoises ont défendu la sortie des chevaux du Holstein, d'où l'on pouvait en tirer 200 par jour par le moyen des marchés avant cette défense.
Hambourg, le 8 août 1813.
J'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 5, et qui m'a été remise par un de ses officiers d'ordonnance*.
II partira le 10 août et rapportera à Votre Majesté tous les états et renseignements qu'elle demande, à l'exception de la situation de chacune des divisions, et de celle du corps danois que je lui ai envoyée hier.
Ainsi que Votre Majesté me le prescrit, j'aurai le 15, en avaut de Hambourg, les 3* et 40* divisions et le corps danois.
Le prince de Hesse m'a dit aujourd'hui qu'on lui avait annoncé de Copenhague le traité; il doit m'écrire officiellement, et je prendrai des mesures avec lui pour passer la revue de son corps.
' L*Empcrcur au maréclial Davout. — « Dresde, 5 août 1813. Mon cousin, Tarinifitice sera dénonce le 10; les liodtilics commenceront le 16. Je crois TOUS en avoir déj^ prévenu. Il est important que vous n'ayez rien en marche, après le 16, de Mayencc à Hambourj; et de Hambourg; à Mayence, et de bien veiller à votre lîpnc d'étape de We^el à Il.iinhourg, aBii qu'il n*v ait rien àe pris par les partisans.
« Je vous ai déjà mandé de réunir toutes vos troupes disponibles^ ainsi que les Danois, de manière à avoir un rorpîs de 30,000 bommes en avant àe Hambourg pour prendre l'offensivt» sur rcnnemi. Mon intention est de faire marcbcr 60,000 hommes par Luckau sur Berlin, ce qui avec votre corps fera j près de 100,000 bommes. On dit que le prince royal commande le corps àe \ Biilow. Son premier soin sera sûrement de défendre Berlin. Le duc de Reggio ) y sera le troisième jour après l'expiration de Tarmistice. Faites diversion de ^ bonne bcurc avec votre armée, en menaçant de vous porter sur le Mecklem- f bour{; et sur Berlin. Répondez-moi à cela par mon officier d'ordonnance, et cnvovez-moi par lui : i^ la situation de l'artillerie de campagne; S"* la situation > de l'artillene de siège et de son armement; 3® la situation de toutes les fort»- ; fications; 4° la situation de chacune de vos divisions; 5' la situation àes ; remontes, barnacbemcnts; 6° la situation du corps danois; 7' U situation àe | la marine, etc. Enfin faites-moi connaitre ce que tout cela aura d'accroisse' l ment, ainsi que la position au 17 août. Il ne faut pas s*arrèter à de petites considérations. Il faut éviter un écbec; et, en ayant l'air d'envoyer de^ colonnes mobiles sur les rives de.i!£lbe, à l'expiration de l'armistice, que too^ cela soit replié sur Hambourg, afin de centraliser vos forces.
■ Si Cuxbawen est en état de défense, il faut Tarmer et y mettre une garnison. Faites-moi savoir par mon officier d'ordonnance quels sont les poster que TOUS oc«upcz. • (Correspondance de Napoléon, t. XKVI, p. 6, 7.)
Ainsi, le 15, j'aurai, à moins d'ordres contraires, évacué toute la rive gauche. Néanmoins, de Werben à Hambourg, de deux en deux lieues, il y a des petits postes assez bien retranchés, qui seront autant de refuges pour les partis ennemis. Leur destruction demanderait trop de temps et ferait tout de suite connaître à Tennemi que Ton abandonne la rive gauche. Les rapports sur les mouvements de Tennemi sont contradictoires ; tous ceux que j'ai reçus jusqu'ici annoncent un mouvement du côté de Berlin. Le général Lemarois m'écrit d'un autre côté, de Magdebourg, qu'il descend l'Elbe et doit se rencontrer à Fehrbellin.
Un convoi anglais vient de passer le Belt; on a cru apercevoir des troupes de débarquement dessus; ce sont probablement celles annoncées dans les papiers anglais.
Je me propose de laisser à Guxhawen, dont les forts ont été assez bien réparés, et dans ceux sur la côte du Weser et de la Jahde, un bataillon de 33* léger fort de 400 à 450 hommes, qui sera chargé de cette défense avec les Danois.
Les forts de Trawemûnde qui n'avaient pas été endommagés par l'ennemi viennent de Tétre par le mauvais temps ; il parait qu'il y a eu des avaries majeures; cependant, comme ils sont à l'abri d'un coup de main, j'y laisserai les douaniers de Lubeck, 200 hommes d'infanterie française et des Danois, à moins que Votre Majesté n'en ordonne autrement, et Lubeck sera évacué le 15.
J'ai ordonné qu'on réunît sous la protection du fort les bateaux nécessaires pour donner à la garnison, dans le cas où elle y serait forcée, le moyen de se retirer par mer en Holstein. Je donnerai des ordres pour qu'au premier avis d'apparition de partis ennemis en Westplialie, les douaniers qui se trouvent dans les arrondissements de Niembourg et Minden se réunissent dans ces deux villes, qui toutes les deux ont été mises à l'abri d'un parti ennemi.
Minden sur la rive gauche du Weser a une tête de pont que j'ai fait faire dans le temps.
J'adresse à Votre Majesté la traduction de la Gazette de Berlin du 29 juillet.
Hambourg, le 10 août 1813.
J*ai reçu par M. de Laplace, votre officier d'ordonnance, la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le ... de ce mois. J'ai eu l'honneur d'envoyer à Votre Majesté le 7 un état faisant connaître tout ce que j'aurai de troupes ea présents de toutes armes le 16 août.
Le même jour j'ai envoyé à Son Altesse le prince-major g;énéral le résultat de la revue de rigueur passée dans les premiers jours d'août d'après les ordres de Votre Majesté. M. de Laplace emporte avec lui :
I* L'état de situation des troupes sous mes ordres et du corps danois;
2^ L'état de l'armement de la place et le rapport sur les travaux des fortifications et les travaux des ponts et chaussées;
3* L'état de la marine.
M. de Laplace a tout vu par lui-même et est dans le cas de donner à Votre Majesté tous les renseignements qu'elle peut désirer à cet égard.
D'après les ordres de Votre Majesté, j'ai donné l'ordre de réunir toutes les troupes en avant de Hambourg pour le 14. Je laisserai un bataillon pour former la garnison des postes principaux sur la côte, Cuxhawen et Carlsbourg, etc. Je laisse une garnison de 3 compagnies à Trawemùnde. Tout le reste sera réuni pour le 14. Je ferai retirer les postes retranchés que j'ai le long de l'Elbe depuis Werben jusqu'au fort de Hope exclusivement. Ce fort est en état de défense.
Avant de trop m'écarter de Hambourg, je crois qu'il est prudent que je reconnaisse mieux la position de l'ennemi. Les rapports sont contradictoires. Les Danois prétendent que les Suédois se rapprochent des frontières ; d'autres rapports disent que le 6 ils sont partis de Wismar et de Rostock, pour se porter sur Warnow et Dômitz, et qu'il doit se faire un grand mouvement de troupes du côté de Fehrbellin ; d'autres rap»
ports, en confirmant ceux-ci, disent que les troupes qui faisaient ce mouvement ont reçu contre-ordre. Je joins ici la déclaration d'un homme qui en faisant connaître le mouvement des Suédois, annonce le débarquement de troupes venant de r Angleterre.
J'adresse à Votre Majesté copie d'une lettre que je viens de recevoir de M. le baron Alquier, qui fait connaître que les livraisons vont commencer. En attendant, les chevaux que nos fournisseurs tiraient du Holstein ne passent pas ; cela suspend nos remontes jusqu'à la décision du gouvernement danois, qui, j'espère, lèvera les difficultés.
J'adresse à Votre Majesté copie du Courrier de Londres. Les journaux anglais arrivent assez régulièrement à Altona d'Héligoland. Ce que le Courrier de Londres dit de la contrebande qui se fait avec le Holstein n'est que trop vrai : elle est très-active.
Hambourg, 11 août 1818.
Je reçois la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 8 '. Par mes précédentes et les comptes que j'ai
* L*erapereur au maréclial Daroat. — « Dresde, 8 août 1813. Mon cousin, je reçois votre lettre du 5 août. Je me suis fait rendre compte de ce qui est relatif à vos compagnies d'artillerie achevai; vous devez effectivement n*en avoir que deux.
« Il n'y a aucune espèce de doute que l'ennemi dénoncera l'armistice le 10, et que les hostilités commenceront le 16 ou le 17. Vous pouvez donc compter là-dessus. Je vous ai dit de réunir toutes vos troupes sur la rive droite ; cela me parait de la plus (prande nécessité, afin de prendre l'offensive et de tenir un corps é{;al en échec devant vous. Tous les renseif^nements m'apprennent que le prince royal do Suéde commandera dans cette partie et même ù Berlin.
« Je vous ai déjà fait connaître que le duc de Reg{;io avec le {général Vandamme, le général Reynier et le duc de Padoue, ce qui fera une armée de près de 80,000 hommes, débouchera par Luckau et Baruth, le jour de la rupture de l'armistice, pour être en trois ou quatre jours à Berlin. Vous sentez qu'il est nécessaire que toutes les forces qui se trouvent sous les ordres du prince royal, savoir l'armée suédoise, le 3' corps de l'armée prussienne commandé par Biilow, le corps auxiliaire à la solde de l'Angleterre, et enfin la division russe, ne puissent pas se porter tout entières à la rencontre du
rendus au major général, elle aura vu que je m*occupai$ d'exécuter ses intentions, et que tout est en mouvement pour attirer Tattention de Tennemi sur les troupes dont Votre Majesté m'a confié le commandement.
La 3* division forte de 8,000 hommes environ, composée des 15* léger, 48* et 108* de ligne à 4 bataillons chacun, et un bataillon du 44* de ligne., l'autre bataillon de ce régiment n'étant point annoncé, total 13 bataillons, sera demain 12 en entier à Bergedorf et environs, avec une batterie d'artillerie à pied, une batterie d'artillerie à cheval et une batterie dû réserve, total 22 pièces.
Le même jour, les 30* et 61* de ligne de la 40* division qui sont maintenant près de Lunebourg seront à Winsen, près de passer TElbe à Hope, avec une batterie d'artillerie à pied.
corps qui <1cboacliera par Luckau. Il faut les obliger à tenir un corp« àe 30,000 liommea vis-à-vis de vous, et ils se ti'ouveront dans cette obligation s'ils VOU3 voient le 10 prêt à prendre roffcnsive. Le 12, ayez vous-même votre quîirtier général à une lieue en avant de Hambourg ; que les portes <ïc Hambourg soient fermées à tout votre état-major, et que toutes vos troupes^ infanterie, cavalerie et artillerie, soient prêtes à déboucher. Vous déboucbcrci effectivement si vous vous trouvez supérieur, ou vous aurez pris une bonne position qui couvrira Hambourg si Tennemi se trouvait supérieur. Vous anrei soin de poursuivre vivement l'ennemi, afin de menacer les Suédois de leur couper la Pomcranie et de les obliger d'y rentrer.
« Sur cet ordre que jt; vous ai déjà donné plusieurs fois, vous faites l'objeC' tion que l'ennemi pourra donc passer l'Elbe et ravager le pays. Il n'y a p* de remède à cela. Je ne vous crois pas assez égal en cavalerie pour ponroir vous y opposer avec avantage ; mais il faut que, toutes les fois que les parùsans passeront entre Hambourg et Magdebourg, ou entre Magdebourg et Dresde, ils ne trouvent rien à prendre a l'armée, qu'ils ne trouvent à piller que le pays. Je pense qu'il faut replier l'artillerie qui est dans vos différents postes, puisqu'elle pourrait y être compromise... •
L'Empereur entrait ici dans une foule de détails sur la composition des divisions du maréchal, sur ses forces en artillerie, en cavalerie, sur ce qu'il aurait à faire, sur l'accession vraisemblable de l'Autriche à la coalition avec 300,000 hommes, et il terminait ainsi sa lettre : « ...Les circonstances sont fortes ; le rôle que vous avez à remplir est très-actif. Il faut surtout que vous menaciez de bonne heure, afin qu'on ne se tourne pas entièrement contre ce qui débouchera sur Berlin, et qu'on ne vous néglige pas. Je voufl le répète, aussitôt que vous saurez que l'ai'misticc est dénoncé, sortez avec pompe de Hambourg, exigez que tout votre quartier général en parte et que vos troupes soient campées ou cantonnées suivant les maximes de la guerre. • (Correspondance de Napoléon, t. XXVI, p. 13-18.)
DU MABECflAL DAVOUT. — 1813. S03
iC 111* régiment de la même division est à Lubeck avec la atterie d'artillerie à pied. Ce régiment fort de 2,600 hommes I réuni le 15 au reste des troupes prêtes à prendre Toffen-
iCS 2 bataillons du 33* léger faisant partie de cette divily et dont les cadres sont ici, ne sont pas au tiers de leur iplet, à cause de la nouvelle direction qu'on a donnée au lillon de marche qui était dans le duché de Berg, et aussi raison des pertes qu'ont éprouvées les détachements de scrits réfractaires du 131* venant de Tlle de Walcheren. e vais faire évacuer par le 15* tous les postes retranchés étaient entre Hitzacker et Werben; je ne conserverai que X qui sont entre Hitzacker et Hope. Ainsi les 30* et 61*, T^ant les circonstances, passeront l'Elbe à Hope, ou suivront a mouvement par la rive gauche ; mais probablement je ferai passer à Hope, car il est vraisemblable que me porb en avant, l'ennemi en se retirant aura détruit tous les ^ens de passage.
je 13, je ferai porter une partie de la 50* division, à peu s 4,000 hommes, à Bergedorf, avec une batterie d'artillerie levai et l'autre batterie de réserve, total 14 bouches à feu ; sera en tout 52 bouches à feu. 11 me manquera encore deux teries à pied de 16 bouches à feu; le matériel est attendu jours-ci venant de Wesel. Nous avons une partie des che- IX et le reste sous peu de jours.
je corps danois sera réuni demain à Sieck sur la rive ite, à une lieue ou une lieue et demie de la 3* division, sur grande route de Lubeck à Hambourg, à l'exception de 00 hommes, tant infanterie que cavalerie, qui sont à Lu-* ik, et qui feront leur mouvement avec le 111*. je régiment de lanciers polonais est déjà à Bergedorf. Tout qu'il y a de cavalerie disponible sera réuni le 13 avec la livision. J'ai adressé à Votre Majesté, par son officier d'orinance, les états et renseignements qui lui feront connaître quantité d'hommes montés, d'hommes à pied et de hama- (ment qui existent, ja lettre de Votre Majesté me fait bien connaître ses inten-
tions; je ferai de mon mieux pour justifier sa confiance. Tous les ordres pour arrêter les convois avaient déjà été donnés; je les réitère. Mon quartier général est depuis longtemps à une lieue de Hambourg; je serai le 13 avec la 3* division.
J'adresse par ce courrier au major général le rapport d'un intendant du prince de la Moskowa, qui était resté en arrière, malade, pendant la retraite de Moscou, et qui vient d'arriver par le Mecklembourg. Il était parti de Straisund le 8 août, et a passé par Wismar, Bostock et Boitzenbourg. Il n'a pu donner aucun renseignement sur le mouvement des troupes. Il a vu le général Moreau chez le prince de Suède.
1468. — A L'EMPEBEUB ET BOI.
Hambourg, 12 août 1813.
Sire, je reçois la lettre de Votre Majesté du 9, où elle me fait connaître qu'il est vraisemblable que l'ennemi dénoncera l'armistice le 11.
J'ai informé hier Votre Majesté que je faisais porter aujourd'hui la 3* division avec 22 bouches à feu près de Bergedorf. La 40* a un régiment à Lubeck avec 8 bouches à feu que je retirerai dès que j'apprendrai la reprise des hostilités. Les deux autres régiments de cette division sont réunis avec 8 bouches à feu entre Hope et Lunebourg, avec tous les moyensde passer le fleuve dans peu d'heures à Hope. La partie dont je dispose de la 50* division se porte demain derrière la 3' avec 14 bouches à feu.
Le corps danois est réuni à Sieck, à trois lieues environ de Hambourg, sur la route de Lubeck.
J'ai donné aujourd'hui au général Hogendorp des instructions trés-détaillées sur toutes les dispositions à prendre pour le service de Hambourg, la sûreté de la place et du pont de Wilhelmsbourg, le placement des troupes, etc.
Je me rends à Haarbourg avec les commandants d'artillerie, du génie et de la marine, pour régler définitivement les moyens à prendre pour l'entière sûreté de ce passage, qui
naintenant n*est plus à la merci des vents et des marées.
Par les mouvements que je fais, les intentions de Votre Majesté se trouveront remplies, et Tennemi sera dans la nécessité de m^opposer des forces au moins aussi considérables.
Je vous adresse, Sire, le rapport d'une personne de confiauice. Le 10 août, le camp suédois était à Wismar, et il y tvait des mouvements de troupes sur ces points-ci.
Un baron de Scbel, du pays de Berg, qui était aide de camp du général Damas, est parti de Berlin le 9 avec des passeports prussiens. Le gouverneur de Hambourg l'interroge, et il est averti qu'il sera arrêté s'il est inexact dans ses déclarations. Au peu de questions que je lui ai faites, il m'a assuré qu'il n'avait point vu de mouvement. Il est venu par Fehrbellin et Boitzembourg.
Hambourg, 12 août 1813.
Sire, la fête de l'anniversaire de la naissance de Votre Majesté a été célébrée avec entbousiasme dans cette division ^litaire par tout ce qui porte un cœur français.
J'ai cru devoir la rendre plus auguste en accordant deux
suspensions provisoires d'exécution d'un arrêt criminel rendu
par la cour extraordinaire. J'ai l'honneur de joindre ici les
recours en grâce de ces condamnés, et d'y ajouter la requête
d'un autre malheureux condamné, par les anciens tribunaux
du pays pour une action qualifiée crime alors, et qui ne l'est
plus selon nos lois. J'espère que Votre Majesté trouvera que
ce cas sont susceptibles d'être effacés par sa clémence.
Hambour(», 13 aoilt 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 10. J'ai écrit à Wesel, pour accélérer la marche des ouvriers et des magasins
d'hAhiilenkeatda ^^ cha:»«nrr. Je le< ferai arrêter à Bremen, *i la commaoîcatioa de cette rLUe arec Hamhoarg n'était pas lihre.
Aiiui qae pai en Tbooiiear de rendre compte à Totre Majesté hier §oîr. Jai été Ti^îter HaarU^ar^: les traTanx et les appro- TLiionnemenUde ^îé-^e ^oot tres-aTaiiicés ; ce fort d'ailleurs, en rauoa de^ ÎDondatioa». peaC être cocsùléré comme inattaqoable dans cette «aiioa. Le pont de file de Wi!helmsbooi{ qae J'ai anooDcë deToir être fini poor le 15, est fini; lespremiere« Toitares j passeront demain. La partie do pont que Ton coTk^tmit da côté de Haarboarg sera finie avant la fin du moî.'»; il n'est d'aillear? pa^ indispensable dans cette saison. La communication, au moyen de deux bacs sur chaque bras, n'e^ plus a la merci des marées et des Tents.
J'adre»:^ à Votre )Iajesté une note que m'a remise le consul de Danemark sur les forces que Ton met sons le commande* ment du prince royal de Suéde.
Je n'ai pas encore de nouvelles que le camp de Wismar ait fait un mouvement; par tous les rapports qui me parviennent j'ai lieu de croire qu'une partie de ces troupes me seront opfiosées. Au surplus, nous sommes en mesure. Les divisions, ainsi que j'en ai rendu compte, ont pris position à deux lieues 4'n avant de Hambourg. Je suis avec les troupes.
Hambourg, le 13 moàu
Sire, je reçois à Tinstant les deux lettres de Votre Majesté, du I2y où elle daigne m'informer de la dénonciation de Tarmistice et du commandement qu'elle a donné au général Girard '.
> Par une de ces lettres du 12, TEmperear informait en effet le maréchal qne le {*énéral Girard, qui s*étnit distin{;aé à Lutzen et qui était remis de ses blc««nres, était envoyé à Majjdebouq;, qu*il avait Tordre de manœuvrer avec 15,000 hommes entre Magdebourg, Wittenberg et Berlin, de Aiçon k pouvoir
Par mes lettres précédentes, Votre Majesté a pu voir que j'avais exécuté ses instructions, et que dès le 13 j'étais sorti de Hambourg pour camper près de Bergedorf avec 5,000 hommes et partie de la 50' division.
La 40' était à Lubeck et à Lunebourg. Je la fais venir à Bergedorf. Je laisse seulement un régiment sur la rive gauche pour suivre une marche, et le 17 je me porterai en avant, suivant les circonstances, ou sur Lauenbourg ou sur Ratzebourg.
Gomme toutes les estafettes entre Magdebourg et Hambourg auraient pu être interceptées par les intelligences que Tennemi a dans ce pays, je viens d'établir un service avec des courriers français, placés dans les bois ou des hameaux, sur des chemins détournés. Ce sera par ce moyen que j'écrirai
établir une communication entre le 13* corps de Dnvout et le duc de Regfpo. L'autre lettre était ainsi conçue :
L'Empereur au maréchal Davout. — « Dresde, 12 août 1813. Mon cousm, le major général tous aura annoncé que les ennemis ont dénoncé hier Parmîstice. Les hostilités recommenceront donc le 17. Que votre quartier (général sorte le plus tôt possible de Hambour[;, et ne vous laissez pas masquer par des forces inférieures, et surtout par ce tas de canaille qui ne signifie rien.
« J'ai fait venir le général Vandamme (\ Dresde ; mais le duc de Reggio avec son corps, qui est le 12*, le 4* corps commandé par le général Bertrand, fort de trois divisions, le 7* corps commando par le général Reynier, fort de trois divisions, et le duc de Padoue, fort de trois divisions de cavalerie, ce qui fait une armée de 70 à 80,000 hommes, débouchera, le 18, de Luckau sur Berlin. Vous sentez que ce corps, n'étant qu'à trois journées de Berlin, pressera davantage l'ennemi, et qu'il serait possible qu'il portât toutes ses forces contre lui. Vous devez donc manœuvrer de manière à inquiéter l'ennemi sur sa droite et à vous réunir avec le corps du duc de Reggio sur Berlin. Aussitôt que vous serez éloigné de Haml>ourg, vous aurez une communication sûre avec Magdebourg.
« Le général Lemaroîs a ordre de former une division active pour manœuvrer autour de Magdebourg.
• Comme il est probable que l'Autriche est contre nous, les circonstances deviennent fortes. 11 faut que vous mettiez la plus grande activité dans vos opérations. Aussitôt que vous aurez reçu cette lettre, votre corps doit quitter Hambourg et menacer le flanc de l'ennemi. Annoncez l'arrivée d'un corps considérable venant de Wescl. J'ai ordonné au général Lemoine de se porter àMinden avec six batiillons de la 6* division bis, afin d'y former une réserve entre Gassel , Magdebourg et Hambourg » (Correspondance de Napoléon , t. XXVI, p. 31, 32.)
au général Lemarols en chiffres, lorsque ce sera majeur. Je vais faire porter au prince Frédéric de Hesse la lettre de Votre Majesté.
Ojendorf, le 16 aoAt.
J'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fiait l'honneur de m'écrire le 14.
En conséquence des ordres de l'Empereur, je me suis porté avec 30 et quelques mille hommes sur la ligne de démarcation de l'armistice, et je commencerai demain les hostilités. Je ne suis pas encore sur des forces que j'aurai en opposition, les rapports étant contradictoires ; une partie de l'armée sué- ] doise a dû se porter sur Berlin; une division est encore par i
Il a dû y avoir deux débarquements anglais, l'un de troupes allemandes à la solde d'Angleterre, et l'autre de troupes anglaises, dont un régiment de hussards et un régiment de montagnards écossais. Il est arrivé aussi il y a 15 ou 20 jours à Schwerin une légion qu'on dit forte de 6,000 hommes, de déserteurs de la confédération du Rhin. Enfin il y a le corps du général Walmoden et celui de Tettenbom.
Informé, Sire, que l'on supposait à l'ennemi le projet d'envoyer des partis entre le Weser et le Rhin, et même la Hollande, pour y fomenter la révolte, j'ai envoyé le général Lauberdière à Niembourg, en lui donnant le commandement de la ligne du Weser depuis Minden, pour défendre ces trois places qui sont les seuls ponts qui existent sur le Weser depuis Minden : ces places ont été dans le temps mises à l'abri d'un coup de main. Le général Lauberdière se trouve avoir maintenant assez de forces pour cet objet, et l'arrivée du général Lemoine, avec les 6 bataillons qui viennent de Wesel, sera plus que suffisante.
L'arrivée du général Moreau à Stralsund est vraie; un Français dont j'ai envoyé la déclaration à l'Empereur a vu ce gé-
néral dans le cabinet du prince royal de Suède à Straisund \ Je ferai usage du chiffre de Tarmée pour tout ce que j'aurai d'important à faire connaitre à Votre Majesté.
Lauenbourg, le 20 août.
Sire, j'ai retenu l'aide de camp du général Drouot48 heures pour qu'il pût donner à Votre Majesté des renseignements positifs.
Le 16, toutes les troupes étaient réunies sur la Bill, ligne de démarcation. Le 17, de fortes reconnaissances, commandées par les généraux Lallemand et Pécheux, ont été poussées sur MôUen et Lauenbourg.
A Môllen, il y avait un petit parti de Cosaques qui a été surpris : on lui a enlevé 12 chevaux et blessé 8 à 10 hommes.
Le général Pecheux a rencontré de la résistance à Lauenbourg : il a pris position.
Je me suis porté sur ce point le 18.
L'ennemi occupait des redoutes en avant de cette ville. J'ai fait faire une attaque de nuit par le 3* bataillon du 30*, qui a «u un plein succès. Ce bataillon a passé entre les redoutes au milieu de leur feu et s'est avancé en ville sans tirer un coup de fusil. L'attaque a été dirigée par un de mes aides de camp, M. d'Houdetot. Notre perte a été de 4 ou 5 hommes tués et une centaine de blessés, presque tous très-légèrement.
L'ennemi intimidé a profité de l'obscurité pour se sauver dans toutes les directions : on lui a fait une centaine de prisonniers. La perte de l'ennemi a été dans les journées des 18
' Le général Moreau venait en effet d'arriver d'Amérique en Europe, et par une malheureuse inspiration peu digne de «on passé, il s'était rendu au camp des coalisés, où il avait été reqn avec empressement, comme un conseiller écouté, surtout par l'empereur Alexandre. Par une fatalité singulière qui ressemblait k une expiation, il était mortellement blei>sé au camp ennemi peu après, dans la bataille des 26 et 27 août devant Dresde, et à ses derniers moments il aurait, dit-on, exprimé le sentiment de la situation fausse qu'il •'était faite.
et 19 de 50 hommes tués, près de 400 blessés et 100 prisonniers.
Nous avons surpris le pont de la Stecknitz que Tennemi n'a pas eu le temps de brûler. Ils ont détruit celui de Bucben, où se portait le général Loison. Ce général a trouvé sur ce point environ 12 à 1,500 chevaux et 2,000 hommes d'infanterie qui, suivant les rapports, auraient pris la route de Lenzen.
Le pont sera seulement aujourd'hui en état de passer Tartillerie.
Tout le corps dont Votre Majesté m'a confié le commandement, y compris les Danois, marchera aujourd'hui sur Schwerin sur trois colonnes, à peu de distance les unes des autres.
Le corps danois sera la colonne de gauche. L'avant-garde, composée d'un bataillon français, de deux bataillons danois et de la cavalerie danoise, est sous les ordres du général Lallemand.
L'ennemi avait coulé une grande quantité de barques dans la Stecknitz; je les ai fait relever; j'ai donné tous les ordres nécessaires pour faire jeter le pont. Par les ouvrages que l'ennemi avait faits et sa position, Lauenboui^ peut être considéré comme une bonne tète de pont. Ce pont sera couvert sur la rive gauche par des postes retranchés qui existent déjà.
J'ai l'honneur de transmettre à Votre Majesté les renseignements que j'ai sur la force de l'ennemi :
Un corps commandé par le partisan Tettenborn, composé de 3 pulsks de Cosaques, que l'on porte à 1,400 hommes; je trouve cette évaluation exagérée. — 500 chevaux de cavalerie de nouvelles levées, 4,000 hommes d'infanterie, entre autres le corps de Lutzow et 6 bouches à feu : c'étaient ces troupes qui occupaient Laueubourg. — Une division suédoise de 6 à 7,000 hommes qui doit se trouver dans les environs de Mollen; suivant quelques rapports, elle a dû se porter du côté de Schwerin. Le reste du corps suédois, fort de 25 à 30,000 hommes, a dû se diriger sur Oranienbourg, où le prince de Ponte-Cor\'o avait ces jours-ci son quartier général. — 7,000 hommes de troupes anglaises. La garnison de Stralsund a dû être prise sur cette troupe; le reste était à Wismar,
quelque temps. — 8,000 hommes d^une légion russende soldée par TAngleterre et sous les ordres d'un généient aux environs de Scliwerin. Cette évaluation doit agérée. — La légion Iianséatique, cavalerie et infanque Ton portait à 2,000 hommes. Cette troupe était née à Grehé. — Quelques petits corps de volontaires et Mecklembourgeois. L'artillerie est évaluée à 40 ou ches à feu, ce qui est exagéré.
lore s'il existe des postes ennemis sur la rive gauche; au il n'y en a point aux environs de Lauenbourg. Quelns ont essayé de passer : nos postes, les ayant aperçus, poursuivis et les ont forcés à repasser, erai passer à Lauenbourg le corps qui est sur la rive .», commandé par le général Gengoult.
18 ci le 19, nous étions encore à Lubeck; il y avait es détachements de cavalerie danoise.
1474. — AU GÉNÉRAL LEMAROIS.
Schwcrin, 22 août 1813.
reçu votre lettre sans date, à laquelle était jointe le t de votre commissaire général de police. Nous avons r un petit engagement contre près de 2,000 chevaux, ît que les troupes anglaises dertiièrement débarquées, [ue le petit corps suédois, doivent être sur mon flanc î. Nous n'avons pas vu d'infanterie, mais les généraux 3den, Tettenborn, Dornberg et un autre étaient prèle vais continuer ma marche. Je n'écris pas à TKmpeinsi, mon cher général, donnez ces détails à Sa Majesté.
Schwerin, 29 août 1813.
1 croire les bulletins que l'ennemi nous a fait passer, j rions eu des revers du côté de Berlin ; s'ils se confir-
272 CORRESPOJNDANCE
ment, je ne pourrais sans compromettre Hambourg, continuer ma marche, ayant bien assez de forces pour les troupes ennemies qui sont dans ces contrées, mais n'en ayant pas assez pour m'approcher des corps d'armée qui sont près de Berlin '.
1 Les évcneinents étaient en effet peu favorables et allaient s'aggraver encore. Voici ce qui se passait : au lendemain de Lutzen (2 mai), Napoléon, on Ta tu, avait décidé aussitôt d'envoyer une partie de son armée droit sur Berlin, et il avait chargé le maréchal Ney, prince de la Moskowa, de cette opération. Le mouvement s'était trouvé momentanément suspendu par suite de la nécessite de rappeler Ney pour concourir h la bataille de Bautzen (21 mai); il avait été plus nalurellcment encore interrompu par l'armistice; mais Napoléon n'y avait pas renoncé au cas d'une repnse des hostilités, et à l'approche de l'expiration de Tarmisiice, il avait chargé le maréchal Oudinot, duc de Keggio, de reprendre la marche sur Berlin avec son corps, le 12', le 7* corps de Reynier, composé de la division française Durutte et de deux divisions saxonnes, le 4* corps de Bertrand, composé de la division française Morand, la division italienne Fontanelli, et une division wurlemborgeoise, — plus le corps de cavalerie de réserve du duc de Padoue, fort de 6,000 honimos : au total de 60 à 70,000 hommes. Dans la pensée de Napoléon, le maréchal Dav( ut, en s'avançantsur le Mecklembourg, comme il en avait l'ordre et comme il le faisait effectivement, devait concourir au succès du mouvement sur Berlin. iNLilheureusement, on n'avait au camp français fjue dos idées peu exactes sur les forces du prince royal de Suède, Bernadotle, généralissime d(*s coalisés dans le Nord. En réalité. Berna* dotte, défalcation faite de 20,000 hommes qu'il laissait opposés h Davout, et des troupes qu'il affectait nu blocus des places, disposait encore pour couvrir Berlin, d'une armée de plus de 80,000 hommes, composée du corps suédois, d'un corps russe, des corps prussiens Bulow et Tauenzien. C'est à ces forces considérables que le maréchal Oudinot avait affaire. Le 18 août, dès l'expiration de l'armistice , il avait ses corps réunis à Baruth et se mettait en marche. Le 21, il était devantTrebbin,où il refoulait vivement les corps de Bulow et de Tauenzien. L(" 23, il Gross-Beeren, le corps de Reynier essuyait un échec par suite d'une débandade des Saxons. Le mouvement se trouvait arrêté; on était au 24 août.
L'écliec, quoique exagéré par l'ennemi, était réel. Il aurait été, toutefois, facile à rép.irer et largctnt^nt C(»mpensé par l'éclatante victoire que l'Empereur remportait pn^sque aussitôt, les 26 et 27 août, devant Dresde, sur les armées coalisées de l'Autriche, de la Russie et de la Prusse, qui se voyaient obligées de battre en retraite à travers les montagnes de la Bohème. Mais, par une fatalité de plus, trois jours après, le 30 août, le général Vandamme, chargé de poursuivre l'ennemi dans sa retraite en Bohême, se trouvait lui-même enveloppé à Kulm, blessé et pris avec une partie de son corps. Ainsi en peu de jours, du 20 au 30 août, se pressaient tous ces événements : l'échec de Gross- Beeren, sur la route de Berlin, la grande victoire de Dresde, la catastrophe de Kulm. Le maréchal Davout, au moment où il écrivait la lettre ci-dessus, ne connaissait que les revers des corps d'Oudinot, et encore ne les connaissait-il que vaguement par les relations ennemies ; mais en homme prévoyant, il entrevoyait la nécessité de s'arrêter, peut-être de se replier bientôt sur Hambourg, et il prenait toutes ses précautions.
Ainsi, dans le cas où les nouvelles seraient vraies, je compte, dans quelques jours, aller prendre une position moins en Tair que celle que j'ai et qui serait sur la Stecknitz, ayant ma droite à Lauenbourg et ma gauche à Lubeck. Là, il faut que Tennemi renforce considérablement ses troupes qui me font face, pour m'obliger à quitter cette position qui couvre Hambourg et le Holstein; mais enfin, si Tennemi détachait contre moi beaucoup de troupes, après avoir bien disputé ce terrain et m'étre bien assuré de la supériorité de Tennemi, je serais dans le cas de me replier sur Hambourg. Il faut prévoir cette position; ainsi, réunissez à Hambourg le plus possible d'avoine, tenez la main à ce que tous les approvisionnements de siège ordonnés, soit à Hambourg, soit à Haarbourg, en fourrage, viande salée, etc., y soient promptement complétés.
Faites convertir en farine autant de grains que vous pourrez, soit pour la population, soit pour la troupe. Assurez-vous que les boulangers aient six mois d'approvisionnement d'avance. , On a trouvé à Boitzenbourg, chez des négociants, une grande quantité de grains dont j'ai ordonné Texpédition sur Hambourg; 4 à 5,000 sacs de 240 kilos le sac sont déjà en route, et j'espère qu'on en expédiera encore une plus grande quantité. Faites convertir cela en farine.
II serait aussi très-important de faire rentrer une grande quantité de paille et de fourrage, car si je suis obligé à ce mouvement, je réunirai une grande quantité de bestiaux, pour les diriger sur Hambourg. Hier, je vous ai recommandé de foire venir à Hambourg, de Lunebourg, une grande quantité de sacs, sachant bien que vous en aviez une assez grande quantité ; mais je trouve qu'on ne peut en avoir trop, parce qu'on serait dans le cas de faire beaucoup de salaisons.
Faites presser aussi l'achèvement de la manutention qui doit être construite dans le bastion qui est près de l'arsenal ; qu'on n'oublie pas non plus l'approvisionnement de bois. Tout ceci. Monsieur le comte, est pour vous seul. Il ne faut laisser deviner à qui que ce soit le contenu de cette lettre.
Pour donner un prétexte aux différentes mesures qui y sont prescrites, vous pouvez dire que c'est afin de rendre compte