‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 12 sur 95 · IV · texte numérisé non relu

IV

à Paris des approvisionnements qui vous ont été ordonnés et que Ton croit faits.

Je vous recommande beaucoup le sel, puisque si ces événements avaient eu réellement lieu, les partis ennemis ne tarderaient pas à inonder la rive gauche.

Je finis par vous faire observer que je porte ici les choses au pire et sans autre nouvelle que des bulletins de Tennemi, qui sont toujours exagérés, souvent faux, et qui ne sont peutêtre que des ruses de guerre.

Je vous ai recommandé avant mon départ de ne pas laisser manquer de fonds pour les différents travaux ; j'espère qu'ils auront été poussés avec la même activité, et que les fonds ont été fournis régulièrement.

RalKebourg, 4 septembre 1813.

Je ne connaissais les événements de Berlin que par les refations ennemies; ta lettre du 31 août m'a prouvé qu'ils étaient bien exagérés, puisque tu étais en état de reprendre l'offensive. L'ennemi ne t'ayant pas suivi, il est à présumer qu'il aura fait un fort détachement de ce côté-ci. Les rapports me l'annoncent; il pourrait au moins le faire, et dès lors j'étais à Schwerin bien en l'air. J'ai pris la forte position de la Stecknitz et de Ratzebourg. Ma course sur Schwerin nous a fait le plus grand bien. Différentes petites affaires, où nous avons eu l'avantage, ont aguerri les soldats, et il y a maintenant beaucoup d'ensemble ; j'ai été aussi satisfait des Danois. J'ai profité de mon séjour pour lever de bons chevaux dans le Mecklembourg, et toute notre artillerie est à 6 chevaux. Je suis donc parfaite^ ment en mesure, et aussitôt que j'aurai appris que tu as repiif Toffensive, je marcherai en avant '.

' Napoléon, mécontent des opérations du maréchal Oudinot, le rappelait av commandement de deux divisions de la jeune garde à Dresde et le remplaçait sur ces entrefaites par le prince de la Moskowa, qui était chargé de défendre TElbe entre Magdeboui*g et Torgau, avec mission de tenir tête aux Suédois. Ney, quoique ayant quelques avantages sur les Suédois, n'était pas plus hen-

Fais-moi conaaitre tes mouvements par le général Lemarois ou par des officiers que tu m'enverras en poste. Écris-moi en chiflFre, en ne te servant pas de Taucien, qui est tombé au pouvoir de Tennemi ; tu as dû en recevoir un autre ; d'ailleurs, tu as le petit.

RaUeboui^, 8 septembre 1813.

Votre dévouement pour notre souverain et Testime que je TOUS porte me font un devoir de vous parler avec la plus grande confiance.

Vous connaissez toute Timportance politique et militaire que TEmpereur attache à Hambourg. Les approvisionnements de siège qui ont été faits pour une garnison de 10,000 hommes, Tont été plutôt dans la supposition d'un blocus que d'un siège. Hais il faut prévoir le cas où des événements malheureux dans le haut Elbe et du côté de Berlin permettraient à Tennemi d'envoyer des forces majeures contre le corps d'armée et dés lors m'obligeraient à me replier sur Hambourg.

Je serai même obligé à cette démarche, si, par suite de cette supposition, l'ennemi portait un corps de troupes assez considérable sur la rive gauche, afin de pouvoir marcher, soit en débouchant par Haarbourg ou par Hope, contre ce corps de troupes; comme j'agirai autour de Hambourg sur l'une et lautre rive, ce serait donc Hambourg qui devrait m'appro visionner de toutes les manières en vivres et fourrages.

S'il n'y avait pas d'autres approvisionnements que celui de siège, il serait bien vite consommé. Il est donc important, sans perdre de temps, de prendre des mesures pour avoir, indépendamment de l'approvisionnement de siège, des vivres pour 30,000 hommes pendant 7 à 8 mois, et des fourrages pour 5,000 chevaux pendant le même temps. Je sais que vous ne pouvez pas disposer de fonds, puisqu'à peine vous pouvez

reux qu*Oudînot, et il était bientôt obli{;é de suivre le mouyement géuéral de retraite de rarmée française qui commençait.

faire aller le service courant; c'est donc par le moyen des réquisitions en nature que Ton pourra remplir cet objet, à la charge d'en tenir compte sur les contributions arriérées et sur les contributions courantes.

11 me semble qu'il fautpour 30,000 hommes pendant 8 mois environ, 5,000 quintaux de grains; je crois en avoir envoyé 2,000 quintaux de Boitzenbourg; ce serait donc 3,000 quintaux qu'il faudrait faire prendre dans le département des Bouches-de-l'Elbe, mais du côté de Stade, puisque les partisans ennemis empêcheraient vraisemblablement l'effet des autres réquisitions.

Il faudrait pour 5,000 chevaux, à raison de 10 livres envi, ron par ration, 120,000 quintaux.

Il faudra déduire là-dessus les approvisionnements de siège de Hambourg et de Haarbourg.

Le complément sera pris également dans le département des Bouches-de-l'Elbe.

Quant au foin et à la paille, même observation. On pourrait cependant acheter une partie de l'avoine dans le Holstein.

Qnant à la viande sur pied, si je suis dans le cas de me replier sur Hambourg, je me charge d'enlever avec moi ce qui sera nécessaire; mais la grande nécessité de fourrage qu'il faudrait pour nourrir ces bestiaux, exige que dès ce moment vous fassiez saler toute la viande destinée pour l'approvisionnement de siège, La saison oii nous sommes permet, il me semble, la salaison; il faut faire saler la viande sur-le-champ et prendre toutes les précautions pour qu'elle se conserve. Le sel ne vous manque pas.

Je vous donne connaissance par l'extrait d'une lettre que je viens d'écrire au sous-préfet de Lunebourg, du motif que j'ai pris pour en faire transporter le plus possible à Hambourg. J'ai pris ce motif pour laisser ignorer le véritable. Je vous en informe pour que nous ne soyons pas en contradiction.

Une chose essentielle est l'eau-de-vie; on doit en trouver dans le Holstein, pour de l'argent; il faut en acheter.

Je vous observe, Monsieur le comte, qu'il ne faut mettre absolument personne dans la confidence. Lorsque je vous ai

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parlé de faire rassembler des g^rains, vous avez mal à propos [fctiargé un habitant de les acheter dans le Mecklembourg; fioûtes-Ies approvisionner comme pour les expédier sur Magdebourg.

Il doit être très-facile à Hambourg de trouver une grande quantité de personnes pour la salaison : alors vous pourrez la pousser avec activité.

On emploierait, pour transpoiter de Stade tous les grains et fourrages, tous les bateaux qui se trouvent sur le bas Elbe. Je suppose que tous les grains de Tapprovisionnement de siège sont convertis en farine. Je n'ai point parlé des légumes secs; il faut se procurer du riz.

Je vous réitère, Monsieur le comte, de prendre toutes ces mesures sans mettre personne dans la confidence, et en donnant le change autant que possible.

La mesure de faire saler promptement les bestiaux destinés pour Tapprovisionnement de siège est d'autant meilleure que cela nous fait une partie de Tapprovisionnement de fourrage qui sera nécessaire pour les bestiaux que je serai dans le cas d'envoyer à Hambourg, si je dois me replier sur cette place. Je ne parle pas du bois, puisqu'il n'en manque pas dans les environs et dans les (les.

Il y a beaucoup de foin dans les iles, l'essentiel en fait de fourrage est donc de se procurer de l'avoine.

Quant à la mouture des grains, n'en faites pas moudre sur la rive gauche plus loin que Haarbourg, et encore en donnant des grains au fur et à mesure que les farines rentreront; faites moudre le reste en Holstein.

Ratzebourg, 14 teplembre 1813.

J'ai reçu toutes vos réflexions sur ma lettre confidentielle pour faire réunir de grands approvisionnements à Hambourg. Je fais écrire à M. le gouverneur pour qu'aussitôt que la saison le permettra, il fasse saler les trois quarts de la viande sur pied

destinée pour Tapprovisionnement de siège. M' étant fait rendLx^ compte de la quantité de grains et de liquides qui existexit dans les magasins de Lubeck, j'ai donné des ordres pour qu'oA prenne une certaine quantité de grains et de liquides à compC:e sur la contribution de Lubeck. Mon chef d'état-major vous a écrit en détail à cet égard.

Je désire que vous frappiez une réquisition sur les souspréfectures de Lunebourg et de Stade, et sur les communes rurales de Lubeck, de 60,000 quintaux, poids de marc, de grains, les trois quarts froment, plus une réquisition de 30 à 40,000 quintaux sur le département des Bouches-du-Weser, et que tout soit transpoilé dans les magasins de Hambourg, d'ici à la fin de septembre.

Le département des Bouches-du-Weser peut faire une grande partie de ces transports par eau, ainsi que la souspréfecture de Stade. II est nécessaire de frapper aussi une réquisition d'avoine sur les sous-préfectures de Stade, Lunebourg et Lubeck, et le département des Bouches-du-Weser, de manière à en avoir pour 4,000 chevaux pendant six mois, et cela indépendamment des approvisionnements de siège ordonnés. Je sais bien que ce sont de grandes charges pour le pays, mais il ne faut pas voir les localités, lorsqu'il s'agit des intérêts de notre souverain.

Cette avoine devra aussi être rentrée avant la fin de septembre. Faites -moi connaître la répartition que vous ferez. Je veillerai à la faire exécuter dans la sous-préfecture de Lunebourg. Je désire que ces mesures soient prises le plus promptement possible, et que le travail soit fait directement par les préfets et sous-préfets, sans qu'ils mettent leUrs secrétaires dans la confidence.

Je tiens beaucoup. Monsieur le comte, à ce qu'on transporte à Hambourg la presque totalité du sel qui est à Lunebourg, et à ce qu'on n'y laisse que ce qui est nécessaire pour la consommation. Ce sel sera plus en sûreté à Hambourg, où il pourra d'ailleurs être d'une très-grande utilité.

Je vous invite à voir le contre-amiral pour qu'on dispose tous les bâtiments qui peuvent faire la navigation de Ham-

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irg à Lunebourgy afin qu'aussitôt que j'en donnerai Tordre, transports puissent être faits sur-le-champ. Que tout ceci |ioit entre vous et le contre-amiral. Je vous prie de me faire eonnaftre la quantité de sel qui existe déjà à Lunebourg.

Je Yous invite, Monsieur le comte, à faire connaître que mon intention est qu'on ne touche absolument pas, pour le service courant, aux approvisionnements que je fais faire et que j'ordonne.

M79. — AU GÉNÉRAL LEMAROIS.

Raczebourg, 23 septembre 1813.

Je reçois votre lettre du 19, à huit heures du soir, où vous ïne dites que ma dernière était du 9. Je vous ai écrit les 4, 8, 9, 13 et 14. Vous pourrez juger de la quantité de lettres qui auront été interceptées. De mon côté, les lettres que j'ai reçues de vous sont des 1", 2, 4, 6, 7, 10, 11 et 14 septembre. Par la mienne du 14, je vous faisais connaître que l'officier de dragons qui était porteur de celle par laquelle vous m'envoyez le billet chiffré de l'Empereur a été pris à Soltau; c'est Tadjudant-major du 61% qui a passé quelques heures après lui, qui m'en a fait le rapport.

La dernière lettre que j'ai reçue de l'Empereur était du 16 août; ainsi, si, indépendamment du billet chiffré, l'Empereur m'a écrit depuis, tout a été intercepté.

Quant au major général, je n'ai reçu de lui depuis la reprise des hostilités qu'une seule demande d'état de situation; sa lettre était datée de Dresde du 2 septembre.

Avant d'entrer dans des détails sur ma position, je vous réitère le contenu de ma lettre du 9 que vous avez reçue... J'ai appris avec bien du plaisir l'heureuse arrivée de votre grand convoi de Minden à Magdebourg, et de celui que vous avez expédié de Magdebourg à Leipzig. J'espère que de là, ce dernier aura gagné heureusement sa destination. Ce convoi, de Minden à Magdebourg, m'a donnébeaucoupd'inquiétudes. Étant informé, outre vos lettres, que l'ennemi avait jeté un pont à Domitz,

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pour faire une diversion, f ai fait courir le bruit que je dirigeais par la rive gauche une division de J 0,000 hommeSy 16 bouches à feu, et en réalité je portais sur la rive gauche, à Lunebourg, le général Pecheux avec 5 bataillons et 6 bouches à feu. Ce général avait F ordre de ne pas se porter en avant qu'il n'eût la certitude que F ennemi n avait que quelques faibles partis sur la rive gauche, et qu'il n'avait pas de ponts. Ce général, trompe par de faux rapports, s'est porté sur Gohrde. Par ma lettre du 13 que je vois que vous n'avez pas reçue, je vous informais de ce mouvement par un officier des douanes, que le général Pecheux devait vous envoyer; il n'attendait que votre réponse pour continuer sa marche et se porter à Hitzaker, vis-à-vis de Domitz.

L'ennemi, bien servi dans tous ces pays-ci, a eu connaissance de ses forces. Il a attaqué ce généralle 16, entre midi et uneheure, avec 2 à 3,000 chevaux, 24 bouches à feu, et 12 ou 15 bataillons; l'affaire a duré jusqu'à la nuit. Presque toutes les pièces du général Pecheux ont été démontées. L'ennemi a fait une trentaine de charges sans succès. Le général Pecheux, environné de toutes parts, à l'entrée de la nuit, s'est jeté dans un bois; il a été obligé d'abandonner ses 6 bouches à feu. lia tout ramené, à l'exception des blessés qui n'ont pas pu suivre : lui et ses troupes méritent des éloges. Sa perte en tout ne va pas au delà de 800 hommes, et d'après l'aveu de l'ennemi, la sienne n'est pas moins considérable.

L'ennemi a perdu entre autres le partisan Lutzovv, qui a été blessé moitellement. A la première nouvelle indirecte que j'ai eue de l'engagement du général Pecheux, je me suis porté sur Zarentin, Wittenburg et Boitzenbourg, avec 10 à 12 bataillons et 1,500 chevaux. L'ennemi, informé de ce mouvement, a replié son infanterie et son artillerie sur Dahhembourg. Je suis venu prendre la position de Ratzebourg, où je suis en observation.

Le 22, l'ennemi n'avait que 5 à 600 chevaux du côté de Lunebourg, et par ses petits partis il cherchait à intercepter les courriers et inquiéter le pays.

Je ne puis que faire l'éloge des Danois et de leur chef, le prince de Hesse; ils montrent la meilleure volonté...

Il peut se présenter, mon cher général, telles circonstances où, en nous concertant, nous pourrions rendre service à TEmpereur en profitant des fausses démarches que pourrait faire J'ennemi. II me semble, à en juger par votre lettre du 19, qu'il est en bon train.

Non compris 40 bouches à feu danoises, j'ai 60 bouches à feu bien attelées avec un approvisionnement et demi, et le 13' corps a beaucoup gagné en instruction et ensemble. Il me semble que dans votre position, il ne faut pas compromettre de petits détachements, mais obliger l'ennemi à ne pas mépriser Magdebourg. Vous devez vous organiser, en prenant des chevaux du pays, une bonne artillerie mobile en raison de la force de vos troupes.

Pardon, mon cher général, de ces observations, elles me sont dictées par le bien du service de l'Empereur.

Je vous réitère, mon cher général, la demande de m'écrire toujours en chiffre, même les choses insignifiantes; dans toutes ^*os lettres, il y a des notions qui, étant connues de l'ennemi, deviendraient très-nuisibles.

Je finis cette lettre par vous demander une explication sur k post-scriptum de votre lettre du 14, conçu en ces termes :

* Pourquoi m'avez-vous pris, au passage à Hambourg,

* 452,000 francs, envoyés au payeur de Magdebourg? Vous « prenez, moucher prince, tout ce qui vous convient, etc., etc. « Au reste, ce que je vous dis, je l'ai écrit à l'Empereur et au « major général. »

Je vous proteste que ceux qui vous ont fait ce rapport vous en ont imposé. Je n'ai pas retenu ici la plus petite somme destinée pour Magdebourg ou pour Hanovre. Ainsi ce que vous avez écrit à l'Empereur à cet égard, est tout à fait dénué de fondement. Ce n'est pas la première fois que l'on me fait ces . sortes de reproches ; — vérification faite, ils ont toujours été trouvés faux. — Je me suis fait une loi de n'y jamais faire <*ucune réponse, mais j'y réponds en ce moment parce que je connais votre dévouement à l'Empereur, et que je vous sais

incapable de vous rendre récho de pareils mensonges, si l'on ^e vous en avait pas imposé. Vous pouvez donc dire de ma part

Ji

à ceux qui vous ont fait ce rapport, ou qu'ils sont mal informés, ou qu'ils sont des calomniateurs. [

Le porteur de votre lettre du 19 est un homme très-intelli- 1 gent. Je lui ai fait donner une gratification et lui ai promis que s'il vous remettait ma réponse, indépendamment de ses frais de poste, vous lui feriez un don de dix napoléons.

Dans notre course sur Zarentin, on a fait quelques prisonniers, entre autres un comte de Westphalie, un enragé; il a tenu des propos horribles ; il est bien gardé. Cet homme, je crois, a un jugement contre lui en Westphalie; annoncez au préfet cette prise pour qu'il en informe son gouvernement.

Mon intention était de marcher contre le corps suédois, mais il est trop loin, il se retirerait encore comme la dernière fois.

Ratzebourg, 6 novembre 1813 *.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie d'une lettre chiffrée que je viens de recevoir du général Lemarois. J'ai répondu h ce général que s'il trouvait moyen de tirer sur Hambourg, je ferais honneur à ses lettres de change, dés que j'aurais la certitude qu'il a touché les fonds. De mon côté, si je puis trouver à lui faire passer des lettres de change sur Magdebourg, je le ferai, mais je doute de réussir.

Je dois faire connaître succinctement à Votre Majesté l'étal des choses actuelles sur ce point. Vos instructions portaient de ne pas m'inquiéter de ce qui se passerait sur la rive gauche de l'Elbe. La dernière lettre que j'ai de Votre Majesté est du 16 août. Je n'ai reçu aucun ordre du major général; j'ai reçu seulement quelques nominations d'officiere, mais sans lettre d'envoi et sans me faire connaître ni la date, ni le lieu

• Entre cette lettre et la précédente, les événement» les plus f;ravc8 sVtaient pnsitég. Le 14 octobre a%-aît été livrée la terrible bataille de Leipzig qiii avait décidé In retraite définitive de l'armée française et le mouvement général des alliés sur le lUiin. Pendant ce temps le marécbal Davout demeuré seul, livré a lai-mAme, sans communications avec l'Empereur, se disposait à se replier tiur Hambourg, où il allait se défendre à outrance.

de 1 expédition. J'ai adresse dans le temps différents rapports à Votre Majesté et au major général. J'ai la certitude que plusieurs sont parvenus. J'ai été informé qu'on avait laissé encombrer beaucoup d'estafettes à Cassel, et qu'au moment de l'entrée des Russes on avait brûlé toutes les dépêches.

Depuis les courses des partis ennemis sur la rive gauche, la rentrée des contributions et celle de la contribution extraorjinaire sont devenues presque nulles. M. le comte de Chaban n'a fait connaître ces jours-ci que le service allait manquer, ju'il n'avait plus que 5,000 francs en caisse, qu'il devait conlidérablement et qu'il n'avait d'autres moyens que de prendre es fonds qui étaient dans la banque. Je me suis déterminé à îette mesure, et l'on a trouvé 1 1 millions en lingots, qui au fur ;t à mesure des besoins seront convertis en numéraire, à noins que le commerce ne s'engage à faire les fonds pour le service : je doute qu'il adopte cette proposition. Sans cette nesure, sous huit jours d'ici, tous les travaux de l'artillerie et lu génie seraient suspendus faute de fonds.

Le colonel Deponthon, qui est un officier d'un grand mérite, I fait des travaux immenses h cette place, qui peut être main- ;enant considérée comme forte. En avant du faubourg Saint- Seorges il y a, à 800 toises de la place, une première ligne nue l'ennemi ne pourrait emporter de vive force sans faire des ouvrages. A 400 toises de ce faubourg, le colonel Deponthon a établi une ligne bastionnée qui prend depuis l'Alster jusqu'à l'Elbe, et qui peut être considérée comme terminée, à l'exception du chemin couvert qui n'est pas encore entrepris sur environ la moitié. On fait une estacade qui prend depuis la gauche des ouvrages jusqu'au corps de la place dans l'Alster; elle sera achevée ces jours-ci. Tous les bastions et courtines du corps de place ont été relevés, et cet ouvrage peut être considéré comme terminé. Sur le front d'Altona, entre les rives de l'Alster et de l'Elbe, le chemin couvert est entrepris et va être achevé et palissade. Je fais 40 à 50 blockhaus portatifs qui se démontent, pour mettre dans les places d'armes, ce qui ajoute beaucoup à la force de la place. On va aussi entreprendre ces jours-ci quelques redoutes sur le front

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d'Altoaay à 2 ou 300 toises de la place. Le pont de communication entre Hambourg et Haarbourg est terminé. Cet ouvrage fait le plus grand bonneur à M. Jousselin, ingénieur des ponts; et cbaussées, bomme du plus grand mérite, et pour lequel je réclame les bontés de Votre Majesté.

J'ai ordonné la construction d'un camp retrancbé sur les bauteurs de Haarbourg ; il est déjà très-avancé, et le fort de Haarbourg est fait, à T exception des blindages pour la garnison.

Quant à la position de Tarmée, j'occupe toujours Ratzebourg, ma gauche appuyée à Trawcmùnde, ma droite à Lauenbourg. J'ai maintenant une très-bonne tête de pont h Hope, vis-à-vis de ZoUenspicker. L'ennemi s'est beaucoup renforcé sur ce point par quelques régiments anglais et suédois nouvellement débarqués. On annonce aussi que le corps , du général Tauenzien, qui s'était retiré sur Berlin pour se ] refaire, se porte sur ces points-ci. Il a dû se mettre en marche j le 31 octobre ou le 1" novembre. '

La meilleure barmonie règne entre vos généraux. Je ne puis entre autres trop faire l'éloge du général Loison. Vous j pouvez compter. Sire, que nous rivaliserons tous pour voui | donner des preuves de notre dévouement et de notre fidélité. La meilleure intelligence existe entre les troupes de Votre Majesté et les troupes danoises. Le général en chef, le prince de Uesse, se conduit on ne peut mieux.

Beaucoup d'emplois sont vacants dans les régiments, des mémoires de propositions ont été envoyés au major général et par duplicata au ministre de la guerre. Le major général ne m'a pas répondu à cause des circonstances, et le ministre de la guerre m'a annoncé avoir fait le renvoi à Son Altesse. Ces emplois vacants étant nuisibles au service de Votre Majesté, je la prie de vouloir bien m'autoriser à faire entrer en fonction d'après les mémoires de propositions que me donneront les régiments. Je prie aussi Votre Majesté de vouloir bien accorder un certain nombre de décorations, qui seraient distribuées par des conseils composés de généraux, à ceux des militaires qui auraient fait quelque action brillante.

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