‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 14 sur 95 · SUR LE SIÈGE ET LA DÉFENSE DE HAMBOURG · texte numérisé non relu

SUR LE SIÈGE ET LA DÉFENSE DE HAMBOURG

...Le 12 août, Tennemi dénonça Tarmistice, les hostilités devaient recommencer le 17 : l'Autriche nous avait déclaré la guerre. Voici les dispositions qui furent prises par Napoléon, le plan général de la campagne et le rôle que devait y jouer le maréchal prince d'Eckmùhl avec le 13* corps.

L'intention de l'Empereur n'était pas de garder tout l'Elbe: Tennemi avait trop de mauvaises troupes dont il faisait peu de cas pour les affaires générales et qu'il savait lancer en partisans pour piller, faire insurger les pays et prendre les détachements et les convois. On prit donc le moyen de ne rien avoir en route pour ne rien perdre jusqu'à ce que les premiers quinze jours eussent donné une couleur aux affaires. On donna des ordres à Magdebourg, à Wesel, à Bremeh, pour qu'à la reprise des hostilités on n'expédiât plus aucun convoi d'hommes, d'artillerie, d'effets d'équipement ou argent; on envoya des officiers de tous les côtés pour faire replier tou5 les petits postes et pour que le 17 il n'y eût rien en route et rien de compromis. Les mêmes ordres furent donnés à Osnabruck, Hanovre et Cassel. On pressa par tous les moyens possibles la rentrée de tout ce qui était en route de tous côtés, pour venir organiser et compléter le 13' corps d'armée.

L'Autriche, qui venait de se déclarer contre nous, avait 300,000 hommes sur pied; elle envoyait 120,000 hommes sur Dresde, 30,000 hommes contre la Bavière et 50,000 hommes contre le Vice-Roi qui était à Laybach. Cela donnait un grand accroissement de forces aux alliés; mais Napoléon, que les succès de Lutzen et de Bautzen avaient relevé dans Topinion, croyait se trouver en mesure de faire face à tout, sans se dissimuler que les circonstances étaient fortes.

Son premier projet était de porter brusquement sur Berlin, par Luckau et Baruth, les corps des généraux Vandamme,

Reynier et du maréchal Oudinot, duc de Reggio ; il comptait quaprés une bonne bataille^ ces trois corps montant à 80,000 hommes, et dont le commandement serait confié à ce dernier, on pourrait arriver en quatre jours à Berlin, éparpiller la landwehr, désarmer la landsturm et désorganiser Imsurrection allemande.

Lorsque ces résultats eussent été obtenus, et ils pouvaient rétre suivant les probabilités de la guerre par une seule victoire, le maréchal prince d'Eckmùhl devait prendre le corps du général Yandamme, le réunir au sien et poursuivre les Suédois en se portant sur Stettin.

Napoléon aurait rappelé à lui les corps du duc de Reggio et du général Reynier, pour se renforcer contre la grande armée russe et autrichienne, ou bien si la fortune avait favorisé ses armes dans les premières affaires, il devait poursuivre ses avantages en Bohême et laisser au maréchal prince d'Eckmiihl tous ces corps dont on a parlé pour débloquer Stettin et Custrin, menacer de débloquer Danzig et obliger les Russes à y courir en toute diligence et à se détacher des Autrichiens. Le maréchal prince d*Ëckmùhl devait réunir en avant de Hambourg 30,000 hommes, les Danois compris. Il devait laisser ^,000 hommes de garnison pour la place de Hambourg et un détachement de 3,000 hommes d'infanterie, 1,000 chevaux et 5 ou 6 pièces d'artillerie légère, pour manœuvrer entre Haarbourg et Werben, pouvant ou se replier sur Haarbourg, ou, si nous avions poussé Tennemi, passer TElbe à Domitz et venir nous rejoindre.

L'objet principal du 13* corps dans les premiers moments était de tenir devant lui en échec assez de monde pour que le comte de Walmoden et le corps des Suédois ne pussent pas courir à Berlin et se joindre au prince royal de Suède. Il fallait surtout menacer de bonne heure de se porter dans le Mecklembourg et de couper le corps suédois de la Poméranie, si Ton avait eu des succès à Berlir avec des forces imposantes et des troupes aguerries par leurs derniers succès. On verra plus tard combien le rappel du corps du général Yandamme près de Napoléon, et

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la victoire du prince royal de Suède, dérangèrent tout ce

plan.

Quant aux dispositions qui regardaient spécialement le 13* corps, elles se trouvèrent exécutées lors de la dénonciation de l'armistice, et le 15 août 1813 on se trouva dans la position suivante :

La ville de Hambourg était à peu près en état de défense; \ l'enceinte principale était relevée, et les remparts garnis ■ d'artillerie; on travaillait avec la plus grande activité à tous les immenses ouvrages entrepris par le génie militaire et les ponts et chaussées, pour tout le système de défense de Hambourg, Haarbourg, leurs communications et les postes en dépendant; on travaillait sans relâche dans les arsenaux de terre et de marine; l'approvisionnement de la ville se complétait pour une garnison de 8,000 hommes; Stade, Bremen, Lubeck, Trawemiinde, Cuxhawen et tous les postes, forts et batteries du Weser, de la Jahde et des côtes, avaient été réparés, armés, approvisionnés et mis à l'abri d'un coup de main.

Les autorités civiles et militaires de Hambourg, tout 1^ monde était à son poste.

Les généraux et officiers manquants dans le corps d'armée étaient arrivés, et les régiments réunis; on avait désarmé les habitants, établi une bonne police, et organisé la confection des habillements et équipements, le service des vivres de manière à avoir des farines ou du biscuit pour un mois, pour toute l'armée, et à moins de grands désastres dans l'armée principale, on pourrait être sans inquiétude sur la 32* division militaire, le Weser et la Hollande.

Le maréchal avait réuni en avant de Hambourg tout ce qu'il y avait de disponible dans le 13* corps. L'e£Fectif de l'armée, les Danois compris, se montait à 43,000 hommes. On laissa 8,000 hommes à Hambourg et Haarbourg, 3,000 hommes dans le reste de la 32* division militaire, et 5,000 hommes aux hôpitaux; ainsi nous entrâmes en campagne avec 27,000 hommes.

Le général Thiebault, commandant la 40' division, avaitquitté

Lnbeck et son territoire, et s'était concentré à Oldelslohe.

Le général Loison, avec la 3* division, était à Bergedorf et Hirschtenberg.

Le général Vichery, avec la 50', était campé à SchifiFbeck.

Une colonne de 3,000 hommes aux ordres du général Pecheux, qui venait d'arriver à Parmée, tenait Lunebonrg et Winsen, se liait avec nous par Artlenburg et surveillait par des petits postes tout le haut Elbe jusqu'à Bleckède.

Le prince Frédéric de Hesse, commandant le corps auxiliaire danois, était cantonné à Sick.

Le maréchal partit de Hambourg le 16 août et porta son quartier général à Hogendorf. Les opérations commencèrent le 17 ; on poussa deux reconnaissances. Tune au delà de la Bille, par Trittau, pour reconnaître les mouvements et la force de Tennemi sur Schwartzembeck et Môllen, et l'autre pour reconnaître tout le pays entre la Bille et la Stecknitz.

Les postes sur la rive gauche devaient veiller aux mouvements que cette reconnaissance devait occasionner dans les troupes qui occupaient Lauenbourg; on occupait avec la cavalerie les routes de Lubeck et Ratzebourg; le quartier général était à Witzhawen. Sur notre gauche on trouva l'ennemi à Trittau, et l'on prit position en face de lui. Sur notre droite le général Pecheux, qui avait réuni ses troupes, passé l'Elbe à Zollenspicker, et était clian;é de la reconnaissance sur ce point, trouva l'ennemi en avant de Lauenbourg, occupant un camp retranché sur les hauteurs de la Stecknitz, la gauche à TElbe et fortifié de quatre redoutes. Les bois coupés dans les forêts des environs indiquaient que les ouvrages étaient palissades et piquetés.

Le 18 août, la 3* division du général Loison et la cavalerie légère du général Lallemand furent portées à Schwartzembeck ; la 40* division du général Thiêbault se porta sur Griinow, avec la cavalerie du général Wattier.

Le corps danois resta en position à Sick.

Dans ces manœuvres, nous eûmes de légers combats avec une égale perte des deux côtés; la nôtre, plus exactement x^nnue, se montait à 150 blessés; les chefs furent contents de

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