COR II ES POND ANGE
Il me parait important aussi que le roi de Westphal; envoie des forces commandées par des personnes siires, i qu'il communique avec le général Vandamme.
Si le gouvernement westphalien ne prend promptcment di mesures dans le pays de Brunswick et de Hanovre, pot arrêter l'esprit de sédition, il éclatera de manière à nous dor ner beaucoup d'embarras pour les subsistances et les con muuLcations. L'exemple de Lunebourg prouve que des gei influents par leur fortune et leur rang sont les directeurs d ces séditions.
J'ai annoncé à Votre Altesse Impériale que je n'avais p» traduit à une commission militaire le porteur de la lettre d ïettenborn et l'un des cliefs d'insurrection du pays de Brunîwick, parce qu'il faisait des révélations. J'en adresse ci-joir une expédition parce qu'elles seront nécessaires au gouverne ment de Westphalie, à qui je pense que Votre Altesse Impt riale les communiquera; elles sont également nécessaires notre gouvernement, parce qu'elles font connaître les insur rections de Hambourg. J'ai cbargé le général Montbrun d faire connaître notre mouvement au général Vandamme; cel était d'autant plus nécessaire que pour se lier avec nous, portait de ses troupes en avant entre le Weser et l'Elbe comme Votre Altesse Impériale le verra par la correspon dance ci-jointe.
Je vous prie. Monseigneur, de me faire connaître d'avanc quelle sera ma direction, afin que je prenne des mesure pour faire assurer des subsistances, chose très-difficile. Et î Ton n'a pas eu de prévoyance à cet effet, vous éprouverez le plus grandes difficultés dans vos mouvements; les hommes e les chevaux pourront en souffrir.
Salxwedel, 9 avril 1813, sept heures du soir.
Le mouvement des troupes que j'ai annoncé à Votre Altesi est maintenant terminé. Le corps de cavalerie du génér
Seiiastiani est à Salzwedel et Wustrow, ainsi que le général Putliod, à l'exception de 500 chevaux détachés avec le g;énéral Montbrunet 3 bataillons à Uelzen.
A minuit, j'avais des partis de cavalerie à Schnackenbourg et devant Domitz; il n'y avait rien de nouveau. Seulement 50 Cosaques se disposaient à passer l'Elbe à Domitz, au moment de l'arrivée de nos partis; ils sont sortis de leurs barques.
Hier, après midi, quelques centaines d'hommes d'infanterie ont voulu passer l'Klbe au bac de Zollenspicker. Un détachement d'iutanterie qui était à Hope s'y est opposé. Il a laissé avancer l'ennemi jusqu'à une très-petite portée et a fait une décharge qui en a blessé beaucoup. Ils se sont ensuite retirés en confusion sur l'autre rive.
Tous les rapports confirment qu'il se fait des préparatifs de passage à Domitz, Lenzen et Lauenbourg.
J*attends les ordres de Votre Altesse Impériale. Il est d'autant plus instant que je les reçoive, qu'il n'y a pas de doute que sous quarante-huit heures les communications seront coupées par des partis ennemis qui passeront du côté de Werben etTangermiinde, puisque tout le pays se trouve découvert par le mouvement du général Poinsot.
Le passage de Tennemi à Dessau marque une bien grande présomption, puisqu'il avait à redouter qu'on débouchât de Magdebourg sur ses derrières, lorsqu'une partie de ses forces eut été engagée sur la rive gauche.
11 paratt qu'il compte gêner beaucoup tous nos mouvements, en portant tous les habitants à nous refuser des subsistances, et c'est une chose à laquelle il faut donner une grande attention. La première ville qui refusera d'obtempérer à nos réquisitions, il hut la traiter militairement.
J ai reçu trois ou quatre rapports des maires sur les bords de l'Elbe entre Dannenberg et Schnackenbourg, qui font connaître que des partis ennemis sont venus leur défendre, sous peine de mort, d'obtempérer à aucune de nos réquisitions.
Il me semble que la position que j'aurai à prendre et celle que je prendrai sous quarante-huit heures si je ne reçois pas <ie nouveaux ordres, sera de diriger à Celle le corps qui est à
36 CORBESPOXDANCE
Velzeiïy et d'aller à Gifliom avec tout ce que j'ai ici, occupai! Worâfeld. Alors tous les établissements de cavalerie serou couverte, ou aura le temps de les évacuer; et en supposai! que Votre Altesse Impériale, comme elle on a le projet, s'éta blis»e sur l'OcLer, je Manque >a gauche avec les troupes di général Vaiidamme.
Je me permettrai d'ajouter que si l'intention de l'Empereu est que vous évitiez un engagement général, ce que le mouve ment de MagdeLourg f<iit supposer, il faut foire le plus tù |>ossible votre mouvement sur l'Ocker; car, avec un ennem qui a une cavalerie bien supérieure, on ne peut se flatter d pouvoir défendre le terrain pied à pied, et l'on se trouverai entraîné malgré soi dans une affaire générale et dans un* mauvaise position.
La prudence veut qu'on profite pour prendre une lign* raisonnée, du temps où Ton n'est pas pressé. Celle de FOcke est raisonnée, car il est peu vraisemblable que l'ennemi osù se mettre entre Magdebourg et nous ; elle est raisonnée, ca nous couvrons réellement le pays de Hanovre, puisque le boi pays est sur la rive gauche de FAIIer et de l'Ocker, et qu< sur la rive droite ce ne sont que des bruyères et un pav inculte; elle est encore raisonnée en ce qu'on a sa droite appuyée au Hartz, et que sur ce point, on couvre Casse!; je h suppose couvert du côté d'Erfurt par les troupes de la Grandi Armée qui ont passé le Rhin à Mayence '.
Brohme, 12 avril 1813, dix heures du matiu.
Mon aide de camp Beaumont, qui était porteur d'une lettr< dont je joins ici le duplicata, n'est point encore de retour.
* Dans l*or{;aniiindon préliminaire des forces françaises telle que l'avai adoptée Napoléon, il y avait en effet l'armée dite de TElbe qui restait encor soas le commandement du prince Eugène, et Tarmée dite du Mein, don TEmperear allait prendre le commandement. Tout ceci était d'ailleui's provi soîre, en attendant la jonction de toutes les forces et la fusion de Tarmcc d l*£lbe dans la Grande Armée. Le moment venu, le prince Eugène allait ètr renvoyé en Italie.
Ainsi que je vous l'ai annoncé, Monseigneur, je commence mon mouvement sur Gifhorn. Je ferai sortir cette nuit les dernières troupes de Salzwedel. L'ennemi s'est présenté sur la route de Lukow, des partis de cavalerie seulement. Comme cette route est très-facile à garder, étant bordée de marais, il s'est retiré.
Quelque temps après, il s'est présenté sur la route de Bruns- \tick. Les communications ont été momentanément interrompues. Le général Sébastiani, en étant informé, les a rétablies.
Le général Maurin a dû occuper hier Celle avec 2,000 et quelques cents hommes d'infanterie, 500 chevaux et 4 pièces de canon. L'ennemi n'a que des landwehr depuis le Hawell>er{j, rivière qui se jette dans l'Elbe, vis-à-vis de Werben. L'officier du régiment de Waldeck, pris devant Danzig le 2 février, et qui s'est échappé le 28 mars, dit que les Russes avaient peu de monde devant cette place et soufFraient beaucoup des maladies. Il y avait aussi, surtout parmi les habitants, des maladies dans la place.
Le général Rapp pouvait s'étendre à huit lieues sur la rive gauche de la Vistule, et il avait fait ramasser beaucoup de subsistances dans les villages.
J'ai reçu des nouvelles du général Maurin, de Celle, qui m'annonce qu'il n'a paru à Uelzen que des partis de Cosaques qui sont venus s'assurer que les postes étaient évacués.
A l'instant, je reçois des rapports d'Uelzen, qui annoncent qu*un millier de chevaux y est entré. On les disait suivis par de l'infanterie. L'arrière-garde a efFectué son mouvement et est arrivée à sept heures du matin à Rohrberg; elle viendra couchera Brohme; elle n'a pas été suivie. Le général de cavalerie Gérard croit que l'ennemi s'est jeté sur la rive gauche du côté d'Uelzen. Je vais continuer ma marche sur Gifhorn, où je serai ce soir.
Il est peu vraisemblable que l'ennemi ait maintenant des forces considérables en infanterie. On peut évaluer sa cavalerie, y compris celle de Tettenborn, à 4 à 5,000 chevaux. Je manœuvrerai pour couvrir les paysde Brunswick et de Hanovre.
 l'instant arrive mon aide de camp Beaumont, qui m'ap-
porte la dépêche de Votre Altesse Impériale, du 11 avril, k, cinq heures du matin. Son contenu ne peut que me confirmer dans le mouvement que je fais sur Gifhorn et Celle.
Gifhorn, 13 avril 1813, huit heures du matin.
J'ai riionneur d'adresser à Votre Altesse Impériale un rapport du général Maurin.
J'ai répondu à ce général que les nouvelles qu'on lui donnait me paraissent dénuées de fondement pour le moment; que si la position de Celle était mauvaise, et que l'ennemi se portât sur lui avec de l'infanterie et de l'artillerie, ce n'était pas là qu'il devait tenir, mais en arriére de Celle, sur la route de Hanovre, parce qu'il y a là des positions où Ton peut tenir avec peu de monde, à cause des hois et marais qui hordent la route, et que d'ailleurs, si l'ennemi se portait en force sur lui, je ne tarderais pas à l'appuyer. L'ennemi n'a montré hier que très-peu de monde sur la route de Salzwedel. Nul émissaire n'a pu pénétrer à Uelzen; l'ennemi y est entré le 11 à midi, en annonçant qu'un corps suédois le suivait. Cette nouvelle me parait prématurée; mais il est probable qu'un peu plus tôt ou un peu plus tard elle se réalisera, et que le corps qui est sur votre gauche sera assez considérable. C'est un nouveau motif qui appuie les réflexions contenues dans ma lettre du 9 sur la position à prendre dans l'état actuel des choses. S'il arrivait un échec un peu grave à la division Puthod et au général Sébastiani, Tennemi serait à Hanovre et Brunswick avant Votre Altesse Impériale et y mettrait tout en combustion, et si ce mouvement était combiné avec le général Wittgenstein, ma position deviendrait très-difficile.
Je dois rappeler encore à Votre Altesse Impériale le contenu de mes deux lettres du 9 sur la 32* division militaire. Votre Altesse Impériale ne m'a j>as encore écrit un seul mot à ce sujet, que je lui ai rappelé plusieurs fois; et cependant, rien ne me
fait connaître que Sa Majesté ait changé d'intention à cet éjjard ^ Il y a un objet sur lequel je prie Votre Altesse Impériale d'appeler rattention du roi de Westphalie. Tous les sous-préfel5 restent dans leurs sous-préfectures à Tarrivée de Tennemi et obéissent non-seulement à ses différents ordres sous le rapport des subsistances, ce qui ne tire pas à conséquence, mais encore à tous les ordres pour Tinsurrection , et accélèrent par là ses différentes mesures, qui sans cela seraient bien plus embarrassantes pour Tennemi.
Il est de l'intérêt du roi de Westphalie et de notre souverain que les autorités, et notamment les préfets et sous-préfets, se retirent en enlevant leurs papiers à l'approche de Tennemi. J ai cru devoir emmener celui de Salzvvedel , ayant des raisons de croire à ses mauvaises intentions.
' Non-seulement Napoléon n\ivaic pas modifié ses insti*uctions au sujet de ^ mûtsion du prince d'Eckmuhl, mais il les confirmait au contraire, et d'une Buni^re plus expresse, dans une lettre datée de Saint-Cloud, 11 avril, par i^^ollc il annonçait au prince Euf[ène son prochain départ.
L'Empereur au Vice-Roi. — « Saint-CIoud, 11 avril 1813. Mon fils, îl est probable que je serai du 20 au 22 avec 200,000 hommes à Erfurt. Je ne sais P» bien ce que tous ferez. Manœuvrez en conséquence, et faites en sorte 1^^ j'aie mes communications avec vous assurées
■ Comme je n'ai encore que votre lettre du 6, où je vois que vous êtes
^ Magdebourj;, si jamais vous ju{;iez convenable de quitter Maj^debourj;, laissez *^ corps du duc de Bellunc pour en former la garnison, et surtout laissez le pnnre d'Eckmiih] dans la 32* division. Vous trouverez ci-joint mon décret ^f 1 organisation de cette 32* division. Faites connaître au prince d'Eckmiihl l^'il a tous les pouvoirs; il commande le général Vandamme; il doit dans ^ les cas défendre Hanovre, Bremen et la 32* division. Les vingt-huit uataillons que doit avoir le général Vandamme, et qui forment la 2* et la *'* division de la Grande Armée, arrivent tous les jours. Bientôt les bataillons <p> doivent former la 3* et la 6* se mettront en marche pour Wesel. laissez K Commandement de tout cela au prince d^Eckmiihl, dont le but sera con- Kamment de défendre à tout événement l'Elbe, le Weser et la Hollande. Le g^fral Lemarois est à Wesel, où il recueille la 3* et la 6* division, et en cas <i^nnemeni il s'enfermerait dans Wesel.
• Avec le corps d'observation de l'Elbe, le 11« et toute la cavalerie qu'il ^ott« sera possible, tenez-vous en liaison avec moi et en mesure d'exécuter '« manœuvres que je vous indiquerai. Procurez-vous quatre jours de pain, ^intenez-vous en avant de Magdebourg tant que vous pourrez, et surtout ^nmoniquez-moi exactement toutes les nouvelles que vous aurez de l'ennemi. "** que je serai arrivé à Erfurt, nos communications naturelles se feront dernère la Saale. » {Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 182.)
iM) CORRESPONDANCE
Ginioni, 13 avril 1813.
Les dépenses considérables que j'ai été forcé de faire depuis mon départ de Thorn me mettent dans la nécessité d'entretenir un instant Votre Altesse Impériale du manque de fonds où je me trouve.
Indépendamment des 10,000 francs que je reçois par mois, j'ai pris 50,000 francs dans ma dotation de Pologne. Cette somme a été entièrement absorbée par les dépenses considérables où j'ai été entraîné, tant en frais de voyag;e et d'espionnage qu'en missions d'officiers. Tant que j'ai pu tirer des fonds •de mes dotations, je les ai consacrées au service de l'Empereur; mais maintenant qu'il m'est impossible de rien recevoir de Pologne et de Westphalie, je ne puis plus y faire face. Je suis dans l'obligation de prier Votre Altesse Impériale de vouloir bien mettre à ma disposition une somme de 20,000 francs. Je la prie d'être bien persuadée que la nécessité peut seule me laire tenir ce langage.
Gidiora, le 14 avril 1813, midi et demi.
J'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse Impériale le rapport du général Maurin.
Hier soir et ce matin une reconnaissance de quelques centaines de chevaux s'est présentée à nos avant-postes du côte de Gifhom ; ils se sont retirés après quelques coups de fusil. Je viens seulement de recevoir la lettre du général Monthion, du 12, datée d'AchkersIeben, annonçant le mouvement pré^ sumé du général York sur Halle.
Ce général ajoute que Votre Altesse Impériale pense que dans la position où je suis à Salzwedel, elle n'a pas, pour le moment, d'ordre à me donner.
Si j'étais resté dans cette position, les partis ennemis
"aient maintenant à Brunswick, puisque certainement ils "aient passé du côté de Werben; au surplus, j*avais annoncé otre Altesse Impériale mon mouvement sur Gifhorn. Je occuper Celle par le général Maurin avec un régiment fenterie, 4 bouches à feu et 500 chevaux. Dans cette tion, quoique TAIIer soit un petit obstacle, je n'en couvre moins Brunswick et Hanovre.
? joins à ma dépêche la déclaration d'un officier de deck qui s'est échappé dernièrement de Kœnigsberg. es nouvelles qu'il donne de Danzig et de plusieurs autres es sont favoi'ables.
»i envoyé un aide de camp pour faire descendre et jire, s'il rencontrait des obstacles, tous les moyens de âge qui existent entre Niembourg et Bremen. )i reçu des nouvelles du général Yandamme, datées de nen du 10 courant : il annonçait que la tranquillité se ^lissait.
GifhorD, le 15 avril 1813, uoe heure du matin.
î reçois votre lettre d'Achkersleben du 13 avril, où vous mandez que vous apprenez par hasard et avec étonnet mon mouvement sur Gifhorn, m'ayant écrit que dans as d'un mouvement rétrograde, je devais vous rejoindre l'Aller ou TOcker, que rien n'annonce que j'aie en ma ence un ennemi considérable, que, dans ce cas, vous iz étonné que je ne vous en eusse pas informé directet, et que dans le cas contraire, je n'eusse pas dû prendre iative dans ce mouvement. Je vous avoue. Monseigneur, le contenu de cette lettre m'a peiné. Je me bornerai, • vous expliquer ce que j'ai dû éprouver, à vous rappeler aits '.
I c«t facile de démêler, à travers ces contradictions d*état-major, que les cments du maréchal étaient beaucoup plus militaires et répondaient t à la pensée de l'Empereur que les ordres du V^iee-Roî, qui auraient eu effet de dwrouvrir toute une réjjion ouverte aux partii» ennernis.
Le 9, en me portant sur Salzwedel en vertu de tos ordres bien positifs contenus dans votre lettre du 7, je tous ai fait connaître qu'informé par le {général Poinsot qu^en vertu des ordres de Votre Altesse Impériale, il devait se retirer sur MagdeLourg, et que ce mouvement était nécessité par le passage de l'ennemi à Dessau, je croyais devoir, à moins d'ordres contraires, me porter sous quarante-huit heures sur Gifhorn, parce que, par ce mouvement, un intervalle de 32 lieues de pays dans les points les plus favorables au passage de Tennemi, se trouvait entièrement à découvert, et que le résultat serait d'intercepter toute espèce de communication entre Votre Altesse et moi, en favorisant tous les projets de Tennemi d'insurger le Hanovre et Brunswick, projets dont Votre Altesse Impériale a eu la preuve matérielle par la lettre du général Tettenborn au général Czemichef, que j'ai eu riionneurde lui faire passer. Je prévenais Votre Altesse Impé* riale que dans les quarante-huit heures j'exécuterais ce mouvement; ce temps était suffisant pour recevoir vos ordres. Le II, Votre Altesse Impériale a répondu à ma lettre; mon aide de camp Beau mont m*a rejoint entre Salzwedel et Brohme, et Salzwedel n'a été évacué que le lendemain. Votre réponse ne me donnant aucun ordre contraire, il était évident que Votre Altesse Impériale consentait à ce mouvement, qui seul pouvait maintenir nos communications et couvrir Brunswick et Hanovre, où se trouvaient tous nos précieux établissements de cavalerie. Sans ce mouvement, tout le pays serait maintenant tourmenté par les partis ennemis, puisque toutes les troupes disponibles de Votre Altesse s'étaient portées sur la Saaie, et qu'enfin, ayant une fois quitté l'Elbe pour exécuter vos ordres, et tout le pays depuis Magdebourg, Dannenberg et Schnackenbourg étant dégarni de troupes, il devenait impossible d'empêcher les partis ennemis de passer.
Maintenant, Monseigneur, faites-vous rendre compte de toutes les lettres que m'a écrites le général Monthion, relisez les vôtres, et j'ose croire que vous regretterez votre lettre du 13, qui n'a pu vous échapper que dans un de ces moments où, étant surchargé d'affaires, il est facile d'oublier des ordres
lonnës et de recevoir de fausses impressions. Si je n'avais pas ait ce mouvement, je me serais regardé comme coupable l'après votre lettre, où Votre Altesse, croyant la totalité de armée ennemie passée à Dessau et se portant sur Brunswick, lésirait que je me rapprochasse d'elle avec la division Puthod ?t le 2* corps de réserve de cavalerie, pour prendre part à une iffaire générale sur FOcker, si elle devait enfin avoir lieu.
L*aniour de mes devoirs, mon dévouement sans bornes
pour mon souverain, seront, dans toutes les circonstances de
ma vie, ma seule règle, et j'y sacrifierai tout. J'ose croire que
l'Empereur en aura une nouvelle preuve, si Votre Altesse
Impériale lui donne connaissance de sa correspondance, et de
celle du général Monthion avec moi dans ces derniers temps.
Je profite de cette circonstance pour rappeler. Monseigneur,
les différentes lettres par lesquelles je réclamais à Votre
Altesse Impériale les instructions pour le commandement que
Sa Majesté m'a confié dans la 32* division militaire, et dont le
prince de Neufchàtel m'a donné avis par sa lettre du 29 mars,
en me faisant connaître que Votre Altesse Impériale me ferait
passer des instructions à cet égard; toutes mes lettres à ce
sujet sont restées sans réponse. Je joins à cette dépêche le
dernier rapport du général Maurin.
Je vais établir une colonne mobile entre Celle et Gifhorn, pour empêcher les partis ennemis de passer la rivière. Sans ma présence ici, les parcs d'artillerie venant de Magdebourg, passant par Brunswick et se dirigeant par Minden seraient bien à découvert, et seraient enlevés par les partis ennemis, lui se sont montrés plusieurs fois dans la journée à nos avantpostes, mais ils étaient très-faibles.
GîFhorn, 16 avril 1813, quatre heures du roaiiu.
Hier après midi, ayant vu l'ennemi établir des postes de ^î^valerie sur la route d'Uelzen en avant de nos avant-postes, J3i feit faire une reconnaissance. Le général Sébastiani est
parti avec 2 bataillons, 200 chevaux et 3 bouches à feu.
J'ai recommandé de pousser vivement les avant-postes ennemis, de manière à faire des prisonniers; cela nous a bien rëussi. L'ennemi a été charjjé vigoureusement, on en a sabré une vingtaine, TofBcier commandant le détachement et un Cosaque ont été pris. Je vous envoie les déclarations de ces deux prisonniers; celle de TofBcier est bien importante en ce qu'elle annonce que le 28 mars Kutusof avec son armée était encore à Kalisz, Barclay de Tolly à Glogau, qui n'était pas assiégé, et que rien n'annonçait encore un mouvement. Il paraîtrait qu'il n'y a dans ce pays-ci que les corps de paitisaas de Czernichef, Tettenborn, Dornberg et Beckendorf. Je le ferai interroger de nouveau et le ferai partir ensuite pour le quartier général. Je prie Votre Altesse Impériale de me faire connaître si elle peut se passer du corps que je commande, parce que, m'éloignant d'ici, il ne faut plus compter sur lui, puisque nos communications seront certainement interceptées par des partis; il serait même bon que le général Dubois, qui est à Brunswick, se mit en mesure pour couvrir cette place contre les partis ennemis, qui d'ailleurs ne seraient pas considérables.
J'adresse à Votre Altesse Impériale une lettre que je reçois du général Vandamme. Mon intention était de vous demander de la cavalerie pour ce général; je vous prie de mettre à sa disposition la cavalerie disponible qui peut se trouver avec le général Dombrowski, et même ce qui peut exister avec le colonel Gobrecht; cela est d'autant plus nécessaire qu'il parait qu'il aura affaire bientôt avec une expédition anglaise.
J'ai ordonné au général Maurin, qui est à Celle, de faire une reconnaissance sur les routes d'Uelzen et de Lunebourg.
La division Puthod n'a que huit caissons de munitions d'in« fanterie, ce qui est insuffisant.
Je prie Votre Altesse Impériale d'en faire diriger 10 à 12 sur Brunswick, où je les ferai prendre.
Cifhorn, 17 avril 1813.
Je viens de recevoir les deux lettres de Votre Altesse Impériale du 16 avril.
Eo remettant au général Sébastiani les instructions pour son commandement^ j*ai reçu du général Maurin de Celle la dépêche dont copie est ci-jointe.
11 n'y a pas de doute que ce général a été dupe des nouvelles répandues par les malveillants, et que les 8,000 hommes arrivés à Verden ne soient de l'invention de ces misérables. D'où viendraient-ils? Le général Vandamme, dans une lettre du 10, ne me parlait que des 1,000 chevaux du général Tetlenbom et des 500 chasseurs de Hambourg.
L'officier russe pris ne fait connaître que les partis de Czernichet'. Tout reproche ne remédiant à rien, je fais connaître au général Maurin qu'il doit exécuter les oixlres du général Sébastiani, qui lui prescrit de se reporter sur Celle.
Demain, le général Sébastiani fera, avec 7 bataillons, toute sa cavalerie et 18 bouches à feu, une forte reconnaissance sur la route d'Uelzen, en faisant garder fortement Gifhorn, qui est susceptible de défense.
Je me rends sans perdre de temps à Minden, où doit se trouver le général Dumonceau. Je prendrai la majeure partie de ses troupes, et avec la brigade de cavalerie du général Beyermann, que Votre Altesse met à ma disposition, et suivant les Douvelles, puis avec ce qu'il y aura de disponible de la division Dombrowski, je me porterai sur le bas Elbe, en me concertant avec le général Sébastiani.
Un major qui, contre les ordres du général Sébastiani, a été faire ce matin une reconnaissance sur la route d'Uelzen, avec 100 chevaux, s'est laissé envelopper par l'ennemi. Il a eu un officier et 26 hommes pris et un tué. La perte de l'ennemi Q est presque rien : on ne connaît que deux hommes tués dont nous avons les chevaux.
Gifhnrn, 17 ATril 1813.
Sur la demande que je Hs à Votre Altesse Impériale, lors de mon départ de Magdebourg pour me porter sur le bas Elbe, Votre Altesse fit partir le général Gérard pour me rejoindre, dans la supposition que Tennemi avait passé TEIbe avec des forces supérieures, et qu'on serait dans le cas d'employer les dix bataillons du I*' corps, dont je lui aurais confié le commandement si le cas était arrivé ; mais l'occasion ne s'en étant pas présentée, le général Gérard est resté avec moi sans avoir eu occasion d'être employé. Il n'en a pas moins donné de nouvelles preuves de son ardeur, de son zèle et de son grand dévouement à l'Empereur. Il n'y avait pas une petite reconnaissance où il ne s'exposât. Le bien du service exigeant cependant qu'un officier de son mérite fut employé plus utilement, je l'ai invité à se rendre prés de Votre Altesse Impériale pour prendre ses ordres.
Je profite de son départ pour vous renouveler, Monseigneur, le vœu que je forme de le voir employé dans le commandement qui me sera confié à l'organisation générale de l'armée. La connaissance que j'ai de sa valeur, de son zèle et de son dévouement à l'Empereur, me fait attacber un grand prix à voir le général Gérard servir avec moi.
MÎDdcD, 21 avril 1813.
Mon aide de camp Beaumont m'a remis votre lettre du 20. Je viens d'en recevoir aussi une du général Sébastian!; il a poussé une reconnaissance sur Uelzen. Il est par\'enu à joindre les Cosaques. Il en a blessé une cinquantaine et pris 8 ou 10. Le général Maurin, de son côté, a réparé sa faute. Il a trouvé 7 ou 800 chevaux en avant de Celle, qu'il a culbutés avec sa cavalerie. Il est entré péle-méle avec l'ennemi dans Celle, où
DU MARECHAL DAVOQT. — 1813. 47
deux Cosaques et deux officiers ont été tués. Il en a blessé une
cinquantaine et £ait prisonniers deux officiers.
Les prisonniers s'accordent à dire qu'il n'y a sur la rive gauche que les partis de Czernichef, Tettenborn et Dornberg. Ces petites affaires font du bien à notre cavalerie en intimidant celle de Tennemi; il s'est retiré dans la direction de Lunebourg.
Je donne l'ordre au général Dumonceau de partir demain de Niembourg avec 5 bataillons et 8 bouches à feu, et de se diriger sur Bremen par la route la plus courte. J'y dirigerai également un ou deux des bataillons qui se trouvent à Minden, ainsi qu'une batterie de 8 bouches à feu qui y arrive demain.
Je vous prie, Monsieur le général, de faire reconnaître en avant de Bremen, sur la rive droite, un camp où Ton pourrait placer 20 bataillons, et de donner tous les ordres nécessaires pour qu'on fasse à Bremen des approvisionnements et des fours pour y confectionner 30 à 40,000 rations par jour.
Il est à désirer que le camp soit à proximité du bois pour (iaire des baraques et de l'eau. S'il ne se trouvait pas d'emplacement convenable sur la rive droite et qu'il s'en trouvât un j>ur la rive gauche, on devrait le prendre de préférence.
Niembourg, 22 avril 1813.
Le général Dumonceau m'a communiqué l'ordre que vous lui aviez fait donner par votre chef d'état-major, qui annonce le mouvement que vous avez fait faire à la division Saint -Cyr et à la division Dufour.
Maintenant que je suis sur les lieux, il faut qu'il ne soit fait ^Qcun mouvement de troupes que par mes ordres, attendu ^u'il y aurait trop d'inconvénients à ce que vous en donnassiez <le votre côté et moi du mien. Dans les circonstances actuelles, feire porter en avant de l'infanterie seule peut avoir les plus g^ves inconvénients, puisque l'ennemi pourrait venir l'atta- <per avec sa nombreuse cavalerie et de Fartillerie. Je désire
donc que vous fassiez rapprocher de Bremen les divisions Saint-Cyr et Dufour, et que vous les placiez dans une position où la cavalerie ennemie ne puisse rien faire.
Le général Dumonceau part demain pour Bremen avec 5 bataillons et 8 bouches à feu.
Dans trois jours une autre batterie de 8 bouches à feu y arrivera. D'ici au l*"* mai, il y aura de réuni à Bremen plus de 30 bouches à feu et 7 à 800 chevaux; alors on pourra agir. Nous profiterons du ' temps pour instruire les troupes, leur faire faire des exercices à feu et à la cible.
Je désire, mon cher général, que vous ne perdiez pas un instant pour donner des instructions aux généraux Dufour et Saint-Cyr pour la position qu'ils devront prendre près de Bremen, et pour donner des ordres aux 4" bataillons du général Dumonceau qui sont à Acliim. L'Empereur est arrivé le 18 à Mayence et doit être aujourd'hui à Krfurt. Je $ei*ai demain à Bremen; s'il arrivait quelques ordres à mon adresse, je vous serais obligé d'en prendre connaissance ' .
Bremen, 24 avril 1813.
Le général Sébastiani m'ayant fait connaître qu'il quittait Gifliorn aujourd'hui 2i, pour se porter par Uelzen sur Lunebourg , je compte partir demain 25, pour me porter sur Rothembourg, afin d'appuyer le mouvement de ce général et forcer l'ennemi sur tous les points à repasser l'Elbe. II a dû montrer de l'infanterie et de l'artillerie à Rothembourg; mais jusqu'ici tout cela est peu considérable.
Le rapport du commandant de Blexen annonce que 5 bricks et un cutter sont depuis le 22 avril à la hauteur de Bremen
» Napoléon était en effet arrivé, en <|uarante heure*, non le 18, mais dès le 17, à Mayence, où il passait huit jours à donner des ordres, à compléter autant que possible son organisation. Il n'était à Erfurt que le Î5 avril et de ce côté les opérations allaient s'euRaRer promptemcnt, puisque le 29 le'maréchal JNey était aux prises avec Tennemi à Weissenfcls.
i cinq lieues au-dessous, on aperçoit plusieurs bricks et m très bâtiments moins forts.
même commandant avait aperçu depuis le 22, à dix ) du soir, des feux allumés sur la rive droite, depuis idorf jusqu'à Bremen. Le 21, suivant ses rapports, les is avaient débarqué 500 hommes à Guxhawen, dont cavalerie : ce seraient alors les feux de cette troupe ait attendue à Gestendorf.
jénéral Vandamme marche avec les troupes. Son arrivée )résence ici ont été d'une grande utilité pour le service mpereur. Il y aurait eu de très-grands troubles sans cela. it les gazettes de Hambourg et d'Altona des 20 et 21. l'ous ai exposé, Monseigneur, notre position sous le rt de la cavalerie, et combien il y avait à rabattre de ce 'a été annoncé. Si le général Sébastiani devait se râper de vous , je demanderais qu'il me laissât 7 à 3mmes.
Bremea, 25 avril 1813.
l'honneur de représenter à Votre Altesse Impériale ;st indispensable pour le bien du service qu'il y ait un andant pour Taitillerie destinée aux divisions qui se nt dans la 32* division militaire, et en particulier pour ^orps, pour lequel il n'y a point d'officier de désigné. »pose à Votre Altesse M. le général JoufFroy, dont le : les talents me sont particulièrement connus, et qui té directeur du parc d'artillerie du corps d'armée dont jesté m'avait confié le commandement depuis Ostende. otre Altesse agrée ma proposition, je la prie de faire er un ordre en conséquence au général JoufiFroy. Dans [nier travail du général Sorbier pour la réorganisation tillerie, le général Baltus m'avait été annoncé; mais i dernier état que m'a transmis le duc de Feltre, pern'est nommé.
50 COKI'.ESPONDANCE
Soirum, se aTril 1813, dix heure* du soir.
Au moment où je montais à cheval pour me porter su RothemLourg, afin de seconder le mouvement du généra Séba:$tiani, qui a dû se porter, le 2i, de Gifhorn sur Lune bourg par Uelzen, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 24 à six heures du soir, renfermant les nouvelles des préfet de Magdebourg et de Brunswick. Le premier annonçai que des pièces de siège sont arrivées à Varel, que le 19 10,000 hommes étaient panenus à Domitz, et que Tennem faisait un nouveau pont à Werben. Ces nouvelles. Sire paraissent peu vraisemblables; celle entre autres de Tarrivéi des pièces de siège me parait absurde. Gomment suppose en effet que Tennemi puisse songer à faire le siège d'unt place qu'il ne cerne pas et qui est en communication avei une grande armée? Quoi qu'il en soit, prévenu par le généra Sébastiani que le 24, il quittait Gifhorn pour se porter su: Lunebourg, j'ai regardé comme de mon devoir de secondei son mouvement. Nous sommes entrés aujourd'hui à Rothem bourg. L'avant-garde a trouvé en avant l'ennemi, fort di 1,500 chevaux environ et 3 bouches à feu; celui-ci a èti repoussé et a perdu 50 à 60 hommes. Nous avons eu 2 oi 3 blessés. Notre avant-garde est entrée à huit heures du soi: à Rotliembourg. N'ayant pas de cavalerie, on n'a pu faire di prisonniers.
Si le mouvement du général Sébastiani a eu lieu, demaii nous serons en communication avec lui. Les dernières gazette: de Hambourg, annoncent que le prince de Ponte-Corvo étai arrivé à Stralsund et avait rendu visite, à Rostock, au duc d( Mecklembourg.
On débite qu'il y a des Anglais et des Suédois sur la riv< gauche; mais tous ces bruits sont vagues, et je n'y crois pas Pour le moment, j'ose prier Votre Majesté de donner de nouvelles de ma position à l'Empereur et au Vice-Roi.
1279. — AU GÉNÉRAL VANDAMiME.
Rothembourg, 28 avril 1813.
Je viens de recevoir votre lettre du 28 avril. Toutes les compagnies qui viennent d'arriver sont fatiguées. Quelques jours de repos leur sont nécessaires. L'instruction y gagnera, et on les fera tirer à la cible. En outre il est bon, jusqu'à ce que nous ayons vu clair non-seulement sur ce que fera Tennemi, mais aussi sur ce que fera le général Sébastiani, qu'il y ait à Bremen des forces considérables.
Je vous prie, par la première occasion, de chercher à avoir à Haarbourg les diverses gazettes de Hambourg et d'Altona.
Rothembourg, 28 aTril, deux heures après midi.
J ai informé Votre Altesse que pour seconder le mouvement <lu général Sébastiani, je me portais sur Rothembourg. Le gt'néral Vandamme et moi sommes partis avec une partie des divisions Du monceau et Du four et de la division de Haml>ourg, pour nous porter sur cet endroit. Nous y avons trouvé, le 25 au soir, environ 1,500 chevaux et 3 pièces de canon. Ij'avant-garde, commandée par le prince de Reuss, a marché avec beaucoup de résolution, avec de l'infanterie, quelques pièces d'artillerie et seulement 50 hommes de cavalerie. On ^time la perte de Tennemi à 40 ou 50 hommes, par l'effet de notre mousqueterie. Il s'est retiré avec beaucoup de précipi- ^tion jusqu'à Haarbourg, où les derniers hommes ont repassé I Elbe hier après midi.
L'u petit parti que j'ai envoyé hier soir sur Soltau rentre à 'instant. L'ennemi avait évacué ceUe ville deux ou trois weures avant l'arrivée de ce détachement. Les habitants disient que les Russes ont évacué Luncbourg, et que les Groupes du général Sébastiani étaient avant-hier à Uelzen.
J'ai fait donner par différentes voies de mes nouvelles au
général Sébastiani. J'espère que quelques-uns de mes avi loi parrieodroat, et que ce soir ou demain, nous serons ei communication. Ce soir, Haarbourg sera occupé. Nou sommes parrenus à organiser enriron 260 chcTaux. inespéré sous huit à dix jours, en aToir encore autant. Je réitère Votre Altesse la demande que, dans le cas où le général Sébas tiani devrait se rapprocher de tous, il nous soit envové de I caralerie, car sans cela nous ne pourrons pas empêche i*ennemi de jeter des partis dans le pays.
Un rapport annoncerait qu^un logement pour 1,500 Angla serait arrivé à Stade.
Rocbembourig, S9 a^ril 1813.
J^ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait Thonneur (3 m'écrire, pour m'annoncer que FEmpereur était le 26 Weimar et me donner remplacement des corps d'armée L'arrivée de l'Empereur est déjà une bonne victoire. Je im doute pas que sous peu de jours il n\ ait des événements aus^ heureux qu'importants. Voici l'état des choses sur l'Elbe. l# général Sébastiani est arrivé à Lunebourg, le 27. 11 a fore l'ennemi sur tous les points à repasser l'Elbe. Le corps di général Vandamme, que j'ai suivi, a chassé le 25 de Rothembourg, avec beaucoup de vigueur, 1,500 chevaux qui, le 2Ç avaient repassé l'Elbe. Nous occupons Haarbourg, et tout li bas Elbe va être nettoyé.
II y a eu quelques débarquements anglais insignifiants. Noî ennemis ont cherché à agiter le pays. Un M. Decken, anciei ministre hanovrien, est venu d'Angleterre à Hambourg, <établi à Stade une commission qui a cassé toutes les auto rites françaises, a expédié des ordres et répandu avec profusion des proclamations dans le pays. J'ai cru devoir prendn en conséquence les mesures suivantes :
Prévenir les autorités et notables que je ferai punir d< mort tout individu qui exécuterait les ordres de la soi-<lisan
DD MARKCHAL DAVOUT. — 1813. 53
commission de Stade; que toutes les autorités créées par cette soi-disant commission sont dissoutes; que les autorités légitimes doivent rentrer en fonction; qu'en cas d'absence desdites autorités, les conseils municipaux doivent pourvoir à leur remplacement; qu'on ait à m'envoyer dans les vingt-quatre heures, sans les décacheter, tous les ordres, avis ou proclamations provenant de cette soi-disant commission, déclarant que ceux qui manqueraient à l'exécution de ces ordres n'échapperaient pas, parla suite, à la punition de leur trahison. Enfin, j'ai enjoint à toutes les autorités, sous leur responsabilité personnelle, de faire connaître aux commandants militaires les plus voisins de leur résidence tous les embaucheurs ennemis et ceux qui provoqueraient à la rébellion contre l'autorité de Sa Majesté l'empereur Napoléon.