‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 3 sur 95 · AU GÉNÉRAL SÉBASTIANI · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL SÉBASTIANI

Rotheniboui^, 29 avril 1813, sept heures d.i soir.

Je reçois votre lettre du 27 avril où je vois que vous n'avez eu connaissance de mon mouvement que par le Vice-Roi; jetais déjà informé que M. Sachelli, officier d'état-major, qui ^ous portait ma réponse, avait été pris près de Hanovre; je ^ous informais de mon mouvement et vous faisais connaître que le 25 je serais à Rothembourg; je suis persuadé que cet officier n'aura pas eu la présence d'esprit de déchirer sa <lépéche, et que l'ennemi aura eu par là connaissance de I ensemble de nos opérations. Notre avant-garde, commandée par le prince de Reuss, a rencontré l'ennemi à trois quarts de lieue de Rothembourg, fort de 1,500 chevaux et 3 pièces <*'artillerie, et l'a repoussé ; le 26, dans l'après-midi, l'ennemi a^aitdéjà repassé l'Elbe dans la plus grande terreur, à Haarbourg, que nous occupons depuis ce moment.

Le Vice-Roi m'a prévenu que vous deviez recevoir l'ordre ^e vous rapprocher de lui ; cependant il est nécessaire pour le oieu du service que nous nous concertions; veuillez bien me ^ire connaitre demain 30, à Tostedt, dans la matinée, l'endrojit

OÙ vous serez, et aussitôt votre réponse, je partirai pour Tendroit que vous m'aurez indiqué. Vous pourriez y ameoer le 28* de chasseurs que vous devez mettre à ma disposition diaprés les ordres du Vice-Roi '.

L'Empereur avait son quartier général le 26 à Weimar; le prince de la Moskowa était à Xaumbourg, et tous les corps d'armée à proximité; fasse le ciel que l'ennemi ait la témérité de recevoir la bataille sur la rive gauche de TElbe ! la campagne serait bientôt finie.

1283. — AU GÉNÉRAL VASDAMME.

Tostrdt, 30aTril 1813, deux heures après midi.

Ne recevant pas de réponse du général Sébastiani aux deux lettres que je lui ai fait passer par duplicata pour lui demander

1 Le marcchaK on le voit, aurait eu (;rand besoin de la cavalerie du général Sébastiani pour défendre le Las Elbe. L'Empereur, qui manquait aussi de caralerie à Tarmée du Mein où il venait d\irriver et où il allait pousser vivement les opérationjt, s*ctait déjà préoccupé de rappeler sur la Grande Armée le (général Sébastiani ; n\iyant que peu de nouvelles de ce qui se passait sur le bas Elbe par suite de Tinterruption des communications, il avait plusieurs fois réitéré ses ordre^t, et, le ^ avril, déjà en pleine action, il écrivait notamment au Vice-lloi qui marchait pour se joindre à lui :

• Weis^enfels, 30 avril, onze heures du soir. Mon fils, ...le {général Sébastiani, avec 14,000 hommes, dont beaucoup de cavalerie, se trouve détaché : où si> trouve-t->il positivement et quel ordre a-t->il? Je vois également que la l'* division du l" corps se trouve également détachée en pure perte : où est-elle et quel ordre a-t-clle? Enfin la division du duc de Bellune se trouve également détachée : où est-elle et quel ordre a-t-elle? 11 n'y a plus per^ sonne devant Magdcbourg. Le général prussien AVolberg, qui s'y trouvait, s'est aussi reployé sur Dessau. Cela me fait donc une force de 14,000 hommes du général Sébastiani, 6,000 hommes de la 1^ division en laissant six bataillons pour Magdebourg, et enfin 8,000 hommes du 2* corps; total, 28,000 hommes, qui sont en pure perte et qui ne se trouveraient pas à la baUiille qui va avoir lieu. Répondez-moi promptement là-dessus.

■ Je ne conçois pas comment vous avez si peu de cavalerie; c'est qu'elle est toujours disséminée à droite et à gauche. Donnez ordre à tout ce qui est M Hanovre, Brunswick, etc., d'en partir sans délai pour vous rejoindre. S'il y avait de la cavalerie ailleurs, envoyez par des courriers extraordinaires l'ordre qu'elle parte également, puisqu'il va y avoir une bataille et qu'il est important d'avoir toute votre cavalerie. » (Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 247-248.)

une entrevue, afin de convenir avec lui d'un ensemble pour remplacement des troupes, et des dispositions à prendre pour empêcher enfin les partis ennemis de repasser TEibe et de venir tourmenter le pays et les troupes, je me détermine à aller à Lunebourg, par Todtglusengen, Neddemhof, Holm, Hanstendt, Garlsdorf, Lismuhlen et Repenstedt. Ce serait en envoyant par ces endroits que vous me feriez donner connaissance des événements extraordinaires qui pourraient arriver. Je compte être de retour demain à Tostedt, de très-bonne heure, et je vous informerai de ce que j'aurai convenu et du parti auquel je m'arrêterai si je n'ai point trouvé le général Sébastiani. En attendant, je vous prie de faire mettre promptement à exécution votre idée de faire armer le fort de Haarbourg, avec l'artillerie et les munitions du cutter pris sur Vennemi. Il faut envoyer des patrouilles en remontant l'Elbe du côté de Hope et établir dans les clochers des guetteui*s pour découvrir tous les mouvements de l'ennemi. Je vous prie. Monsieur le général, d'attendre à Haarbourg de mes nouvelles ; je vous en donnerai de Lunebourg même.

P. S. — Je laisse ici mon aide de camp Hervo, qui vous donnera connaissance des dépêches importantes qui m'arriveraient du côté de Rothembourg et qui m'enverra les vôtres.

Luneboarg, 30 avril 1813, dix heures du soir.

J'ai poussé jusqu'à Lunebourg, où je viens d'arriver. J'y ai trouvé le général Sébastiani, qui se disposait à en paitir demain. Déjà, ses avant-postes ayant été retirés, l'ennemi a &it passer un parti de cavalerie qui était aujourd'hui à Winsen.

Je donne l'ordre au général Dumonceau de se porter demnin * la petite pointe du jour sur Winsen avec 2 ou 3 bataillons et ^pièces de canon, pour en chasser l'ennemi et le forcer à repasser l'Elbe. De mon côté, je ferai partir d'ici, demain à la ^éme heure, un parti de cavalerie que le général Sébastiani Û0U8 laisse pour Winsen.

56 GORRESPOr^DANGE

Le reste de la division du général Dumonceau se rendra à Lunebourg. Je donne Tordre à ce général, lorsqu'il aura forcé Tennemi à repasser TEIbe, d'établir des postes d'observatiou sur TElbe, sur sa droite et sur sa gauche. Je lui recommande de communiquer avec ceux de Haarbourg.

Je suppose que demain vous aurez réuni à Haarbourg, avec Tavant-garde du général Osten, la division Dufour. Je vous prie d'y rester de votre personne jusqu'à ce que vous ayez de mes nouvelles. Il est bon de pousser une petite avant-garde dans la direction de Stade.

Le général Sébastiani ralentira un peu son mouvement pour nous donner le temps de nous établir. Faites-moi passer directement ici vos nouvelles jusqu'à dix heures du matin.

Tosledt, 30 avril 1813, deux heures après midi.

Je vous adresse copie d'une lettre du prince major général au général Carra Saint-Cyr, qui annonce l'arrivée successive à Bremen de 4 compagnies de 470 marins danois chacune.

La première de ces compagnies devait arriver le 5 mai à Hremen, et les autres successivement quarante-huit heures après. Il paraît que ces compagnies arrivent plus tôt.

Il est important que l'on prenne des mesures avec les autorités danoises, n'ayant pas de moyens de transport sur la rive gauche, pour qu'à un signal convenu et au premier avis elles puissent les envoyer chercher sur la rive gauche. Il me semble que ce serait entre Altona et Gluckstadt que l'on pourrait fixer le point de passage. Il y a ordinairement au village danois de Blankenèse beaucoup de bateaux de pèche que l'on pourrait utiliser.

Envoyez un officier intelligent, avec le moins de bruit possible, se concerter avec les autorités danoises. Elles doivent être intéressées à garder le secret.

Donnez l'instruction verbale à cet officier de prendre des informations sur la quantité et l'espèce de troupes qui sont à

Hambourg, sur les travaux qui s'y font et sur l'armée suédoise dont on parle depuis si longtemps. £n quoi consiste-t-elle? où est-elle? Il faut que cet officier montre la plus grande confiance aux Danois, mais recommandez-lui d'être tout yeux et tout oreilles. Se battent-ils, oui ou non, et sérieusement, contre les Anglais? Ont-ils des réunions de troupes, et où sontelles?

Je dirigerai les marins danois suivant les arrangements qui auront été pris avec les autorités. Bien entendu que Tofficier passera avec son uniforme, mais il faut qu'il y mette beaucoup de discrétion.

11 faut que cet] officier s'adresse à M — je ne mets pas

son nom, car je ne me le rappelle pas bien, et je crains de l'estropier; c'était le commandant militaire d'Altona, du temps que j'étais à Hambourg, — et qu'il ne parle absolument qu'à lui, parce que je pense que c'est lui qui a toute la confiance de son souverain et qu'il la mérite. S'il ne s'y trouvait pas, il prendrait des informations sur celui qui est à la tète de la marine danoise. Cet officier, du reste, parlera de la position des armées au 26, de l'arrivée de l'Empereur, des 64 bataillons qui, sous huit jours, seront ici, et des 100 bouches à feu. Qu'il débite toutes ces vérités naturellement et sans jactance ; il est bon que le Danemark ait de bonnes informations.

1286. — AU VlCE-ROl D'ITALIE.

Ijunebourg, l**" mai 1813» dix heures du malin.

Le mouvement du général Sébastiani sur Lunebourg devait commencer le 24; la lettre que le général Monthion m'a écrite ^e la part de Votre Altesse Impériale pour m'informer de ce Diouvement et de ce que je devais faire pour le seconder est ^n retard de vingt-quatre heures, elle ne m'est parvenue que 1* 29. Si je ne m'étais mis en mouvement, sur l'avis que le E^néral Sébastiani m'en avait donné, je n'eusse jamais été à ^mps pour le seconder. Je fais cette observation à Votre Alte$se Impériale parce qu'elle sentira les inconvénients qui

58 corbesponda:«ce

pourraient résulter d'un retard dans FarriTée des ordres.

Je dois aussi Caire à Votre Altesse Impériale des observations sur sa lettre où elle me parle de la compagnie d'artillerie que j'ai amenée et des dispositions que j'ai prises pour en or^nlser une.

Je TOUS répète. Monseigneur, que le parc que j*ai trouvé à Minden se sauvait sur Wesel. Informé que le général Yandamme n'avait pour toute artillerie que deux pièces de 3 et de 4, j'eusse certainement manqué à mes devoirs si je n'eusse Eait l'impossible pour procurer aux trente et quelques divisions qui déjà étaient sur le Weser, une artillerie suffisante. L'artillerie qu'organise le général Jouffroy à Wesel n'est encore que sur le papier. Le 30 seulement il est arrivé une première batterie de 8 bouclies à feu venant de Wesel, et le général JouCFroy m'annonce qu'il attend des chevaux pour organiser d'autres batteries. Nous n'aurions donc de disponible que 10 bouches à feu, et encore depuis vingt-quatre heures. Tous ces l>ataillons, sans restriction, sont composés de recrues pleines de bonne volonté ; mais si on les menait contre de l'artillerie ennemie sans en avoir, on détruirait pour jamais leur moral, et l'on s'exposerait à de grands malheurs. Enfin, j'ai tellement la conviction que j'ai fait mon devoir, que si c'était à recommencer, je me croirais coupable de ne pas agir encore de même. Les 800 chevaux que j'ai Fait lever dans ce pays commencent déjà à rentrer. Les 150 demandés à Minden ont été déjà fournis. Les autres se livrent journellement à Osnabruck.

Je dois. Monseigneur, vous réitérer mes obser^'ations sur l'insuffisance de la cavalerie que vous laissez sur ce point : elle consiste, par vos nouvelles dispositions, dans le 28* de chasseurs, mais Votre Altesse Impériale ignorait peut-être que la force de ce régiment ne se monte qu'à 100 chevaux. Le général Sébastiani en a avec lui 50; les autres 50, il les fait venir de Gifhorn, et ils seront rendus après-demain ici. Le 17' de lanciers polonais n'a que 200 chevaux de disponibles; encore a-t-il fallu mettre tous les ouvriers de Bremen en réquisition et prendre des mesures extraordinaires. Les

200 autres chevaux ne pourront être prêts que dans huit jours. Toute la cavalerie, dans ce pays, consiste donc en 500 chevaux. Votre Altesse Impériale m'avait annoncé, dans le principe, une brigade de 800 chevaux qui serait sous peu portée à 1,200. La différence est de 700.

Le général Sébastiani commence son mouvement sur Salz- \redel. Lunebourg sera occupé par la division Dumonceau. Le reste des troupes occupera Haarbourg et tout le cours de TElbe jusqu'à son embouchure, et opérera le désarmement du pays où rinsurrection était organisée. L^ennemi, après Téloignement du général Sébastiani, est venu encore tourmenter le pays de Brunswick. Si j'avais de la cavalerie, j'empêcherais ces mouvements. Le général Bourcier a des chevaux de disponibles à Hanovre. Je prie Votre Altesse Impériale de les mettre à ma disposition.

L'ennemi, ainsi que j'en ai rendu compte, a voulu détendre le château de Haarbourg; une compagnie du 152* l'a enlevé et culbuté l'ennemi. Cette compagnie a enlevé un cutter armé de 12 bouches à feu et 2 péniches. Les équipages se sont sauvés dans des embarcations. On utilisera les pièces d'artillerie pour armer le château de Haarbourg.

Haarbourg, 2 mai 1813.

J'ai reçu vos différentes lettres du 1" mai, les rapports qui y étaient joints, ainsi que les gazettes. J'ai laissé au général Dumonceau une instruction qu'il doit vous communiquer.

Un des bataillons qui étaient à Niembourg est en marche aujourd'hui pour se rendre à Ueizen, où il sera demain ou après. L'autre bataillon, le 7* d'infanterie légère, doit partir aujourd'hui de Rothembourg pour se porter à Lunebourg. Knfin, les détachements et compagnies isolées de la division Dumonceau qui étaient à Bremen sont en marche pour la J^goindre. Ce bataillon va donc avoir, y compris le bataillon dCelzen, 12 bataillons à sa disposition.

La batterie d'artillerie de la division Dufour est arrivée à Tostedt avec Tescorte; elle vous rejoindra probablement dans la matinée.

Le point qu'occupe le général Dumonceau est le plus délicat, et il le deviendra encore davanta{][e, lorsque le générai Sébastiani aura quitté Salzwedel. 11 faut envoyer à Lunebourg la majeure partie de votre cavalerie ; puisque le 28* de chasseurs n'est que de 100 chevaux, il faut lui en envoyer encore 100 autres.

Suivant un rapport du général Beurmann, il y a 100 chevaux de disponibles. J'ai donné l'ordre de les envoyer à Zewen. Le préfet des Bouches-de-l'Elbe s'y rend aussi. Ils attendront là que vous leur fassiez connaître où ils doivent aller. 11 conviendrait que ce fût à Bremersworde, parce qu'ils seront plus au centre. II est convenable aussi que le préfet n'y soit pas seul et qu'il y ait des troupes. Je vous prie de le seconder dans l'exécution des différents ordres que je lui ai donnés, et pour effectuer le désarmement des habitants.

Le sous-préfet de Lunebourg doit être parti pour Lunebourg. Veuillez renouveler au général Dumonceau la recommandation de le seconder. 11 est important de dissoudre toutes les autorités que l'ennemi avait établies. C'est en rétablissant les autorités françaises qu'on atteindra ce but.

Lorsque les 100 chevaux qui doivent se rendre à Zewen y seront établis, il sera bon d'organiser de petites colonnes mobiles, pour en chasser les recruteurs anglais et autres détachements que l'ennemi peut avoir sur la rive gauche de l'Elbe, jusqu'à son embouchure.

La première rébellion qu'on éprouvera devra être sévèrement châtiée. Le premier village où l'on sonnera le tocsin devra être décimé ; que le sonneur soit puni, et que l'on sévisse contre les autres chefs de rébellion.

J'ajouterai, Monsieur le général, aux instructions que j'ai données au général Dumonceau, et dont je vous communique la minute, dans le cas où il ne vous en aurait pas envoyé copie, celle de faire occuper par quelques compagnies d'infanterie de choix Brackède, qui est vis-à-vis Boitzenbourg.

Elles seraient appuyées par un bataillon et 50 chevaux qu'on établirait à Netze. 11 faudrait aussi établir prés d'Artlenbourg de l'infanterie que Ton ferait retrancher. Si Ton ne prend pas ces mesures, Tennemi aura sans cesse des petits partis, dont on ne connaîtra pas la force, qui tourmenteront le pays.

J'ai invité le général Dumonceau à faire faire un petit ouvrage prés de Hope. On a dû y travailler dés hier soir. Il serait bon aussi de mettre Winsen à l'abri d'un coup de main, ce qui est facile ; cet endroit est fermé et entouré de fossés et de marais.

Vous verrez, par l'instruction du général Dumonceau, que j'ai recommandé de faire faire quelques ouvrages au pont sur nimenau, sur la rive droite, près de Bardowick. Il ne faut pas que le général Dumonceau perde un instant, pour condamner trois portes à Lunebourg et faire fermer d'autres petites issues, par où l'on pourrait s'introduire dans la ville; feire faire enfin de petits ouvrages en avant de la porte d'Artleobourg, qui est le front par où l'ennemi pourrait attaquer. Je vous engage à mettre à la disposition du général Dumonceau le chef de bataillon du génie Yinache, pour l'exécution de ces mesures.

Les troupes qui doivent être placées à Blcckcde et vis-à-vis de Lauenbourg doivent être bonnes ; il serait convenable d'y détacher une partie du 152* régiment.

Le général Dumonceau ayant son quartier général à Luneboarg, il faut que les rapports de Winsen et de Hope vous parviennent directement, lorsqu'il y aura quelque chose de nouveau. Cela n'empêchera pas les commandants de faire leurs rapports au général Dumonceau.

Il y a vis-à-vis de Hope un brick que l'on pourrait forcer l'en-

nemi d'abandonner en faisant battre deux pièces dessus, en

embusquant de l'infanterie et faisant tirer des hommes de choix.

L'ennemi occupait encore hier la presqu'île qui est près

de Hope, et où il y avait un fort; cette presqu'île communique

avec la rive gauche par un pont. Il faut le chasser de là et y

établir un poste; mais comme ce poste serait là à portc'e

do feu de la rive droite, on pourrait le mettre à couvert par

un petit retranchement. II est d'autant plus important d'occuper ce poste, qu'on découvre de là toutes les embarcations ennemies et qu'on connaîtra leurs mouvements. Il doit exister aussi un autre brick au-dessus de Hope. II faut faire reconnaître si l'on ne pourrait pas forcer l'ennemi à l'abandonner. Il est inutile de vous dire que sMI y a possibilité de s'emparer de Tile que l'ennemi occupe vis-à-vis de Haarboui^, ce serait augmenter la terreur qui existe dans Hambourg; mais je sais que s'il y avait eu possibilité, cela serait déjà fait.

Vous avez dû vous apercevoir. Monsieur le général, que tous les postes d'infanterie sont établis sans discernement. Ils sont multipliés et placés dans des endroits sans utilité. Ils sont mis en plaine ou sur des routes, quand on pourrait les mettre derrière des haies et des barrières. Prescrivez que tous les postes d'infanterie, même les sentinelles, soient toujours placés derrière un obstacle pour la cavalerie. S'il n'y en a point, on doit en établir, en faisant des tranchées, ou ce qu'on appelle des ouvrages de grand'garde, ou en faisant des abatis autour du poste. Ayant à défendre une route, on met les postes sur la route, au lieu de les placer dans une maison à côté, d'où ils rempliraient mieux l'objet et d'où les soldats tireraient par les fenêtres.

Il faut défendre ce tiraillement inutile qui nous consomme beaucoup de cartouches et qui a aguerri l'ennemi. Lorsqu'il sera bon de lui donner quelques coups de fusil, il faut y employer les bons tireurs et employer les maladroits à charger.

Je compte partir aujourd'hui et me rendre à Bremen, pour y organiser la 32* division et presser l'arrivée de l'artillerie et la confection des effets de campement. En attendant, il faut en faire donner par le pays aux troupes ; comme ces objets ne sont pas portatifs , il faut donner à chaque bataillon une voiture pour leur transport. Je ferai partir par jour de Bremen trois estafettes qui vous porteront vos dépêches et qui passeront par Bothembourg et Tostedt; elles me rapporteront les vôtres en retour.

Je vous prie de vouloir bien faire passer les lettres ci-jointes au général Sébastiani.

Roihemb )ur(«, 2 mai 1818.

Je vous invite à établir un commandant de place à Tostedt. Il serait bon même qu'il y eût quelques hommes pour la police. Ce commandant sera très-utile pour empêcher les détachements et hommes isolés des divisions de s'égarer. A cet effet, Totre chef d'état-major devra lui faire connaître la composition des bataillons de la division Dumonceau , qui est à Lnnebourg, pour qu'il dirige par la route la plus courte ce qui appartiendra à cette division.

Les troupes prendront toujours pour deux jours de subsistances à Rothembourg; mais il serait cependant utile qu'il y eût à Tostedt un petit approvisionnement pour les hommes isolés qui pourraient en avoir besoin. Donnez des ordres à votre commissaire des guerres de s'entendre avec l'ordonnateur Thomas pour les subsistances, afin qu'on vous envoie de Bremen des secours si vous en avez besoin.

La correspondance entre le commissaire des guerres et Tordonnateur se fera par le moyen des estafettes qui iront trois fois par jour à Haarbpurg. Je vais envoyer l'ordre au Utaillon qui esta Niembourg de rejoindre le général Dumonceau; ainsi, ce général aura 13 bataillons, y compris celui d'Uelzen, et suivant les nouvelles que j'aurai de la Grande Année, je me déterminerai à y envoyer un des deux autres.

Tous les détachements sont en marche pour rejoindre leurs divisions respectives. On dirige sur Lunebourg tout ce qui appartient à la division Dumonceau, le reste sur Haarbourg.

Les généraux et les corps étant dans le cas d'avoir une correspondance avec Bremen, adresseront leurs dépêches à Haarbourg, d'où elles partiront par l'estafette. Je donnerai de mon côté des ordres pour qu'on remette au commandant de Bremen toutes les dépêches de ser\'ice pour les généraux, afin qu'il les fasse passer à celui de Haarbourg.

1289. — AU GÉNÉRAL VAXDAMME.

I, 3 nai 1913, à BesT kenm da maiia.

Il n*T a rien de nouveau ici. Tout est très-tranquille. Je riens de recevoir votre lettre du â mai. Faites connaître au général Dumonceau que je vais diriger sur Soltau le bataillon qui était à ^iembourg. Ce bataillon sera le 5 à Soltau. Le général Dumonceau lui enverra des ordres sur sa destination ultérieure. Le préfet des Bouches-de-KElbe ne part que ce matin. Il fiaut le remuer un peu et lui donner un peu plus d'exactitude. Il trouvera sans doute vos ordres à Zewen. Les 100 chevaux sont partis. Je presserai la mise en état de tout ce qu'il y a de disponible.

Il faut que Brackéde soit occupé par quelques compagnies qui sV retranchent; elles seront soutenues par des troupes que Ton placerait entre Netze et Brackéde. Le pays entre Gortz et Brackéde est un défilé; TEIbe étant à Brackéde assez éloigné de la digue, surtout à Tembouchure de la Schwarzewasser, il faut y avoir un homme monté, qui viendrait donner connaissance du mouvement de bateaux qui seraient dans la Scb%varzewasser, et faire quelques épaulements où Tinfainterie serait à l'abri du canon de la rive opposée. J*avais indiqué remplacement de ces épaulements lorsque le général Montbrun était à Lunebourg. J'ignore s'ils ont été exécutés.

Bremen, 3 mai 1813.

Le premier transport danois arrive demain à Bremen. L'officier y est déjà envoyé de sa personne. Je lui ai fait connaître que vous aviez envoyé un officier au commandant danois pour convenir de l'endroit où les moyens de passage seront envoyés pour l'embarquement.

J'espère que vous aurez reçu la réponse lorsque le commandant danois, porteur de ma dépêche, arrivera à Haarbourg.

>us donnerez, dans tous les cas, à cet officier les renseigne -

•nts nécessaires pour qu'il puisse passer TElbe et aller

noncer à Altona Tarrivée des transports marins danois.

Cet officier reviendra trouver son chef en marche de Bre-

en sur Stade, pour lui faire connaître toutes les mesures qui

ront été prises.

Le 5, ce transport sera à Zewen, et le 6, en marche sur

ade par Harsefeld.

Le nom du commandant militaire danois en 1811, que

vais oublié, est de HafFner. J'ai remarqué dans le temps qu'il

beaucoup de tenue et d'aplomb. C'est un homme d'honneur

li n'a d'autre mobile, dans sa conduite, que les ordres qu'il

roit de son souverain, et qui n'y substitue pas de petites

issions.

Je désire que vous m'envoyiez tout de suite l'état des batail-

nsqui composent les divisions Dufour et Dumonceau, leurem-

acement actuel et l'état de l'avant-garde, commandée par le*

rnéral Osten. Ces états devront faire connaître l'emplace-

ent de chacun d'eux, ceux qui sont détachés et où ils sont.

Brcmcn, 3 mai 1813.

Un officier danois, envoyé par le commandant du premier ransport, est chargé de vous remettre une lettre de moi, pour ue vous lui donniez les renseignements nécessaires pour se endre à Altona et y annoncer l'arrivée de ce transport. Cet fBcier doit revenir ensuite près de son chef sur la route de »remen à Stade.

Le convoi de marins qui arrive demain partira après-demain t sera le 5 à Zewen.

Il est bien important que nous occupions promptement tout

pays sur la rive gauche de l'Elbe jusqu'à Cuxhawen, afin que préfet des Bouches-de-l'Elbe, qui vient de partir pour Zewen, ►il à même de remettre les administrations et d'organiser îlles que les ennemis avaient établies. 11 n'y a pas quarante-

huit heures que les ennemis levaient encore des contributions dans la partie de ce département située sur la rive droite du Weser.

Je sais que vous manquez de généraux. Je me propode de faire partir demain le général Beurmann pour le mettre à votre disposition; vous pourriez lui donner une colonne mobile d'une cinquantaine de chevaux, un bataillon d'infanterie el 2 pièces de 3 ou de 4, pour parcourir le pays et faire exécutei" les ordres du préfet des Bouches-de-rElbe, avec qui il entrerait en correspondance.

Stade est un point foit important. L'Empereur a ordonné de le fortifier; il faut y avoir une garnison. La ville est environnée d'un bon rempart et de beaucoup d'eau . Il serait fiicile de la mettre promptement à l'abri d'un coup de main. Donnez des ordres au chef de bataillon Yinache de faire faire tout de suite les travaux nécessaires.

Le quartier général du Vice-Roi était le 30 avril à Mersebourg. On assure que nous avons remporté prés de Dessau une victoire dont le résultat serait 4 à 5,000 prisonniers^ tant Russes que Prussiens, et 25 pièces de canon. Mai^ je ne donne cela que comme un on dit du directeur des postes d'Osnabruck '.

Renouvelée au général Dumonceau l'ordre d'exécuter toutes les dispositions que je lui ai prescrites pour réunir à Lunebourg les embarcations. Prenez de semblables mesures pour un pareil rassemblement à Ilaarbourg de tout ce qu'on pourra trouver du côté de la rive gauche de l'Elbe et dans toutes les rivières qui s'y jettent, afin que nous puissions mettre des troupes sur la rive droite dès que la Grande Armée aura passé l'Elbe, et profiter de la terreur que ces succès auront jetçç,

« Le «9 avril, le marlciiai Ney Atëieénim U •aald et le prînçe EugJne la remontant, la jonction de l'armée .lu Mcirt et de I armée de Elbe eta,t faite Le prince de la Moskowa, marchant en tête de 1 armée, avait rencontre le» Buises de Witiincerode h Wci»«enfeU ; il les avait culbute» avec «e« jeune. con.crit» qui voyaient pour la première foi» le feu et avait ouvert la campagne par ce combat violent, quoique a»»ei court, de Wei.»enfel., qui n était que le prélude d'une plu» grande bataille. C'était le bruit de cette première affaire du 89 qui arrivait «ur le ba» Elbe.

DU MARECHAL DAVOUT. — 1813. 6r

Bremen, 8 mai 1813, sept heures du soir.

Je viens d'apprendre qu'un parti de 50 Cosaques se trouve coupe aux environs de Stade et cherche à regaLguer le haut Elbe. Il faut en prévenir le g;énéral Dumonceau et le général que vous dirigerez du côté de Stade, en leur recommandant de se foire informer par les autorités du passage de ces troupes, qu'ils feront poursuivre si elles se présentent à leur portée. Qu'ils donnent aussi des avis aux commandants des troupes qui se trouveraient dans la direction que ce parti prendrait pour qu'on continue à le chasser. Le parti de Beckendorf, qui a paru à Haarbourg, est remonté du côté de Lauenbourg. Domberg a dû recevoir un renfort de 2 à 3,000 hommes. C'est donc notre droite qu'il faut surveiller. Il faut occuper Brackède avec quelques compagnies, les y retrancher et les faire appuyer par des troupes à Gortz. Il faut aussi observer fortement Artlembourg et retrancher les postes d'observation et marcher avec résolution sur l'ennemi, s'il tentait un passage ; le général Dumonceau devra avoir de nuit et de jour des patrouilles à Bleckède, s'assurer où l'ennemi a des moyens de passage et faire observer ces points. Tous les jours il doit exiger des rapports de tous les maires de la rive gauche depuis Brackède exclu, puisqu'il occupe ce point jusqu'à Hiltzacker {ue le général Sébastiani occupe. Il enverra des habitants de Liunebourgporterdes demandes de vivres à ces communes, et )ar leur retour il aura des nouvelles. Cette manière de s'éclaier est bonne, en raison de notre peu de cavalerie.

Je reçois votre lettre du 3. Chargez la colonne qui descend 'Elbe de s'assurer de la destination des transports qui doivent, ['après les rapports qu'on vous a faits, se rendre à l'embou* :hure de l'Elbe.

Recevant plusieurs lettres de vous par jour, je vous prie le recommander à votre secrétaire de mettre toujours l'heure lu départ de la lettre. J'aurai ce soin pour les miennes. Recommandez la même précaution, par la voie de l'ordre, à

tous ceux qui font des rapports. Un homme parti de Ritzbutt annonce que les Anglais ont dû détruire les batteries, ma qu'ils en auraient conservé d'autres où ils ont des gardes.

BremcD, 4 mai 1813.

Je reçois votre lettre du 3 et les rapports qui y étaient joint

Il parait parla conversation de M. de Haffnerque le gouve nement danois est bien ébranlé et sur le point de changer, cela n'est déjà fait. Si rien n'est terminé, il est vraisemblab que les succès décisifs que certainement l'Empereur obtiend sous quelques jours, sauveront ce gouvernement.

Faites connaître à Altona le contenu de la lettre du roi t Westphalie pour ce qui concerne les nouvelles, bien entenc sans parler du projet que l'ennemi aurait de vouloir livr bataille près de Leipzig.

Toutes les compagnies qui appartiennent aux divisioi Dumonceau et Dufour sont parties, les dernières depuis qu quarante-huit heures. Ainsi elles doivent avoir rejoint maii tenant.

Demandez au prince de Reuss ce que sont devenus c 15 Cosaques dont il a annoncé la prise. J'attends le retour c chef d'escadrons de Castres, mon aide de camp, pour les cart que je vous ai promises. Je vous les ferai passer ce soir c demain.

Il faut que votre commissaire des guerres trouve dans pays de Stade, qui est très-riche, les subsistances nécessair pour vos troupes, le pays de Bremen étant déjà très-su rchar{ et la distance d'ailleurs étant très-grande.

Bremen, 4 mai 1813, huit heures du soir.

Je me suis procuré une carte des trois départements que j vous envoie. Je n'ai rien reçu de vous depuis la lettre qi

contenait copie de celle de M. de Haffner. Je ne puis trop TOUS recommander de m'écrire deux ou trois fois par jour, ne serait-ce que pour dire : 11 n'y a rien de nouveau.

Le premier équipage danois est arrivé aujourd'hui ; il continuera demain sa route sur Stade.

Je TOUS réitère la demande de faire reconnaître Stade et les ouvrages qu'il y aurait à faire pour mettre cette place à l'abri d'an coup de main.

II parait par la déclaration d'un habitant arrivé de Hambourg, que toutes les deux ou trois heures, Tettenbom a des Douvelles de ce qui se passe sur la rive gauche. Il faut que les postes empêchent qui que ce soit d'approcher des bords du fleuve.

Je désire bien apprendre que le général Dumonceau fait occuper Artlenbourg et Brackède. J'espère vous donner demain de bonnes nouvelles de la Grande Armée. Recommandez qu'on se pourvoie de subsistances et qu'on ne soit pas obligé d'en envoyer de Bremen. Le trajet est trop long.

Bremen, 5 mai 1813, dix heures du malia.

Je reçois votre lettre du 4 mai. Veuillez recommander au général Dumonceau de faire mettre sur -chaque barque tout ce qui est nécessaire pour la gouverner et la diriger.

J'ai vu avec peine que le général Dumonceau ne faisait pas occuper Artlenbourg, puisque des reconnaissances ennemies sont venues jusque près de Bardowick. Si nous n'occupons pas les bords de l'Elbe, nous serons constamment tourmentés et dans l'ignorance des mouvements ennemis. On ne saura point si ce sont de simples partis ou des forces qu'il fait passer. Occupant Brackède, il est d'ailleurs indispensable de garder Artlenbourg. Si l'ennemi y avait établi quelques troupes, il faudrait marcher sur lui avec de l'infanterie, de la cavalerie et de l'artillerie pour y établir nos avant-postes et les Ëiire retrancher tout de suite.

rO CORRESPONDANCE

Le sous-prëfet de Lunebourg doit être à son poste, puisque le 2 mai je l'ai rencontré entre Rothembourg et Osterbourg.

Le préfet est parti, ainsi que je vous Taî annoncé, le 3 de Bremen avec les autres sous-préfets, et il a dû arriver le même jour à Zev^en, où vous lui aurez sans doute adressé des ordres.

Recommandez bien au général Dumonceau de faire faire un bon ouvrage sur la rive droite de Tlllmenau à Bardowick, où il serait même bon qu'il eût une bonne partie de ses troupes. Il les ferait bien baraquer pour éviter les maladies.

Je vois de Tinconvénient à ce que nous occupions des lies, attendu que nous n'avons pas assez de moyens d'embarcation et que l'ennemi peut les attaquer facilement avec tous ceux qu'il a à sa disposition.

J'ai fait reconnaître aujourd'hui l'état de la batterie de Garlsbourg. On y a fait assez de dégâts ; mais les pièces peuvent être désenclouées. Je vais donner des ordres pour faire réparer, armer et occuper cette batterie.

Je vous ferai connaître quand les troupes seront venues, pour que la colonne que vous avez du côté de Cuxhaw^en se lie avec cette batterie. Je n'ai point reçu de nouvelles de la Grande Armée; mais il y aura des événements importants sous peu. Le Vice-Roi avait récemment son quartier général près Lutzen, distant de quatre lieues de Leipzig. Le 3 mai, le bruit venait de se répandre à Brunswick que nous avions remporté une grande victoire \

' Le 29 avril, la campagne 8*étaît ouverte par raffaîre de Weîssenfels. Dès le lendemain 30, et le 1*'' mai. Napoléon avait marche sur Lutzen à la rencontre de l'armée russo-prussienne, forte de près de 100,000 hommes, commandée par l'empereur Alexandi-e et le roi de Prusse, qui s'étaient portés , sur la rive gauche de TElbe. Le Bulletin de la Grande Àrme'e, daté de Lutzen, 2 mai, porte :

« ...La position de l'armée française au 2 mai, à neuf heui^es du matin, était la suivante :

• La gauche de l'armée s'appuyait à l'Elster ; elle était formée par le Vice-Roi, ayant sous ses ordres les 5* et 11* corps. Le centre était commandé par le piince de la Moskowa, au village de Raja. L'Empereur avec la jeune et la vieille garde était à Lutzen.

« Le duc de Raguse était nu défilé de Posern, et formait la droite avec ses trois divisions. Enfin le général Bertrand, commandant le 4* corps, marchait pour se rendre à ce défilé. L'ennemi débouchait et passait l'Elster aux ponts

DU MARÉCHAL DAVÔÛT. — Isll H

Par le mouTement du Vice-Roi sur Lutzen, il est évident qoe FEmpereur a sa gauche à Erfurt et qu'il manœuvre sur «De, et il aura fiait passer toute la Grande Armée sur sa droite. ATaffiaire de Mersebourg, on a dû faire 8 ou 900 prisonniers.

et Zwenicaa, Pe{^aa et Zeitz. Sa Majesté, ayant Tespérance de le prévenir son moaTcment et pensant qu*il ne pourrait attaquer que le 3, ordonna Laariston, dont le corps formait Textrémilé de la {jauclie, de se *iir Leipzig, afin de déconceiler les projets de Fennemi et de placer TmmLL française, pour la journée du 3, dans une position toute différente Scelle où les ennemis avaient compte la trouver, et où elle était effcctivele 2, et de porter ainsi de la confusion et du désordre dans leurs

■ A neuf heures du matin. Sa Majesté, ayant entendu une canonnade du

efrté de Leipzig, 8*y porta au galop. L'ennemi défendait le petit village de

Lndeoaa et les ponts en avant de Leipzig. Sa Majesté n'attendait que le

■onent où ces dernières positions seraient enlevées pour mettre en mouve-

toute son armée dans cette direction, la faire pivoter sur Leipzig, passer

la droite de TElster et prendre Tennemi à revers ; mais à <lix heures,

ennemie dchouclia vers Raja, sur plusieurs colonnes d'une noire

profondeur; rhorizon en était obscurci. L'ennemi présentait des forces qui

fvaiiisaient immenses : l'Empereur fit sur-le-champ ses dispositions. Le

Vice-Boi reçut l'ordre de se porter sur la gauche du prince de la Moskovva;

■M fl lui faillait trois heures pour exécuter ce mouvement. Le prince de la

Moikowa prit les armes, et avec ses cinq divisions soutint le combat, qui au

■sit d'une demi-heure devint terrible. Sa Majesté se porta elle-même à la

te de la garde derrière le centre de l'armée, soutenant la droite du prince

« U Moskowa. Le duc de Raguse, avec ses trois divisions, occupait l'extrême

«Qile. Le général Bertrand eut ordre de déboucher sur les derrières de

lannée ennemie, au moment où la ligne se trouvait le plus fortement engagée.

u fortune se plut à couronner du plus brillant succès toutes ces dispositions.

Lconemi, qui paraissait certain de la réussite de son entreprise, marchait

posr déborder notre droite et le chemin de Wrissenfels : le général Com-

fiDs, général de bataille du premier mérite, à la tète de la 1^* division du

^ de Raguse, l'arrêta tout court. Les régiments de marine soutinrent plu-

*tvn charges avec sang-froid, et couvrirent le champ de bataille de l'élite

^ la cavalerie ennemie. Mais les grands efforts d'infanterie, d'artillerie et

* cavalerie étaient sur le centre. Quatre des cinq divisions du prince de la

Moskowa étaient déjà engagées. Le village de Raja fut pris et repris plusieurs

foii. Ce village était resté au pouvoir de l'ennemi ; le comte de Lobau dirigea

« {énéral Ricard pour reprendre le village ; il fut repris.

■ La bataille embrassait une ligne de deux lieues, couverte de feu, de '■■lit et de tourbillons de poussière. Le prince de la Moskowa, le général Sodiam, le général Girard, était^nt partout, faisaient face à tout.

■ ...Cependant, on commençait à apercevoir dans le lointain la poussière ^ les premiers feux du corps du général Bertrand. Au même moment, le ^ice-Roi entrait en ligne sur la gauche, et le duc de Tarente attaquait la 'Oerve de l'oinemi et abordait au village où l'ennemi appuyait sa droite.

Bremen, 6 mai 1813, neuf heures et demie du matia.

Je reçois vos deux lettres du 5, à deux heures après midi.

Si le général Dumonceau avait occupé Artlenbourg et Brackède, comme je lui en avais donné Tordre, les courriers du général Sébastiani n'eussent pas été enlevés. Est-ce une estafette du 'général Sébastiani au général Dumonceau, ou une estafette envoyée par le Vice-Roi, qui a été prise? J'aurais désiré avoir ces renseignements pour en informer le Vice-Roi.

Une fois le général Dumonceau établi à Artlenbourg et Brackède, il faut qu'il ait, de jour et de nuit, des patrouilles d'Artlenbourg sur Brackède, de Brackède sur Artlenbourg, de ce dernier endroit surHope, et vice versa, et aussi de Brackède sur Bleckède. Gortz peut même envoyer sur Bleckède.

11 faut recommander à ces patrouilles d'examiner tous les mouvements de l'ennemi sur la rive droite et les endroits où il a des moyens de passage, afin que le général Dumonceau puisse établir des postes d'observation vis-à-vis des endroits où les embarcations sont réunies.

Veuillez écrire au général Dumonceau de placer des offi-

Dans ce moment, l'ennemi redoubla ses crForts sur le centre ; le village de Raja fut emporte de nouveau; notre centre flécliit; quelques bataillons se débandèrent; mais cette valeureuse jeunesse, à la vue de l'Empereur, se rallia en criant : Vii'C VEmpcrtfiir/ Sa Majesté jupea que le moment de crise qui décide du {!;ain ou de la perte des batailles était arrive : il n'y avait plus un moment à perdre. L'Empereur ordonna au duc de Trévise de se porter avec seize batiillons de la jeune {jarde au villa{;e de Kaja, de donner tète baissée, de culbuter l'ennemi, de reprendre le village, et de faire main basse sur tout ce qui s'y trouvait. Au même moment. Sa Majesté ordonna h son aide de camp, le général Drouot, officier d'artillerie de la plus grande distinction, de réunir une batterie de quatre-vingts pièces et de la placer en avant de la vieille garde, qui fut disposée en éclielons comme quatre redoutes, pour soutenir le centre, toute notre cavalerie rangée en bataille derrière. Les généraux Dulauloy, Drouot et Desvaux partirent au galop avec leurs quatrevingts bouches à feu placées en un môme groupe. Le feu devint épouvantable. L'ennemi fléchit de tous côtés. Le duc de Trévise emporta sans coup férir le village de Kaja, culbuta l'ennemi et continua à se porter en avant en battant la charge. Cavalerie, infanterie, artilleiîe de l'ennemi, tout se mit en retraite... » {Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 258-259.)

cicrs avec des longues-vues sur la hauteur qui se trouve dans l'intérieur de la place de Lunebourg, d'où Ton découvre à une très-grande distance. Je suppose que ce général aura fait faire de petits ouvrages en avant du pont de Bardowick.

Réitérez, je vous prie, Tordre que tous les postes, et même les sentinelles, soient établis de manière à être à Tabri des surprises de la cavalerie soit derrière un fossé, une haie ou tel antre obstacle que les chevaux ne puissent franchir.

En 1806, du côté d'Allenstein, tous les jours les sentinelles étaient changées, et la précaution de les bien retrancher a fait qoe nous n^en avons pas perdu une seule.

Veuillez prescrire aux généraux de procurer à leurs troupes par le pays des ustensiles pour faire la soupe, en attendant que les e£Fets de campement aient été fournis, et en cas de mouvement, de les faire transporter sur des voitures. Si cet ordre a été exécuté, les troupes ne doivent point souffrir.

Chargez le sous-préfet de Lunebourg d'envoyer tout le ferblanc qui peut exister à Lunebourg, à Bremen, où il y a une fabrication d'ustensiles de campement. Il fera cet envoi au major Brosset, commandant de la place.

Je vois avec peine que nous n'occupons pas encore Cuxhawen : qu'on y envoie au moins une petite colonne mobile.

Votre demande de faire partir le bataillon du 3* n'est pas admissible, puisqu'alors Bremen se trouverait sans troupes. Je vous ai déjà fait connaître que des mesures étaient prises pour le rétablissement de la batterie de Carlsbourg.

11 faudra prévenir le commandant de la colonne mobile qui ira à Cuxhawen d'établir sa troupe dans le château de Bitzbùttel, où elle sera à l'abri. C'est de là qu'il enverra des patrouilles sur la côte. Je suppose que le phare de Cuxhawen, d'où l'on voit très-loin, existe encore; il sera bon d'y établir des guetteurs. On y découvre Héligoland. Ainsi, vous pourriez être informé de l'apparition des forces qui se montreraient en mer.

Je vais donner des ordres pour que les cent couvertures dont le détachement du 17* de lanciers qui est avec vous a besoin soient envoyées.

Votre lettre du 5, a neuf heures du soir, me parvient à rinstant. Il eût été à désirer qu'au lieu de tirer sur ces cinq hommes, le poste le plus voisin les eût laissés débarquer pour courir ensuite sur eux. On en aurait pris quelques-uns, et Ton aurait eu des nouvelles. Il est même nécessaire de recommander aux généraux de donner cette instruction aux commandants des postes, afin de pouvoir surprendre d'aussi faibles débarquements.

Vous ne m'envoyez plus les gazettes d'Altona et de Hambourg; la communication serait-elle plus difficile? Il est inutile de vous recommander de ne rien négliger pour connaître les mouvements des Russes et des Suédois.

Vous pourriez envoyer à Altona quelqu'un pour annoncer qu'hier 5, le premier transport danois est parti pour Zewen, et que le 6 ou le 7 il sera à Stade, et que le commandant danois a dû faire connaître un signal convenu pour le venir chercher. Par ce moyen, vous auriez des nouvelles. Au reste, dififérez encore cela jusqu'à ce que j'aie reçu des nouvelles de la Grande Armée. L'estafette n'est pas encore arrivée; mais sous deux à trois heures, j'espère vous en donner.

Il faudrait faire armera Stade un petit bâtiment ou péniche, pour tâcher de prendre des bâtiments chargés de sucre qui vont d'HéligoIand à Hambourg.

Je donne l'ordre aux commissaires spéciaux de Haarbourg et Cuxhawen de rejoindre leur poste. Celui de Lauenbourg se rendra à Lunebourg. Comme celui de Cuxhawen est un peu en l'air, il aura la faculté d'aller à Stade quand il le jugera convenable.

Je suppose que le général Dumonceau aura donné des ordres au bataillon qui s'est porté de Niembourg sur Soltau.

Il faut que ce général se mette en communication avec le général Sébastiani par Uelzen, pour savoir s'il évacue Salzwedel. Le général Dumonceau devra donner l'ordre au bataillon qui est à Uelzen de prendre toutes les lettres allant à Lunebourg ou du côté de l'Elbe. Il me les enverra; il ne laissera aller que celles du roi de Westphalie et des ministres.

Bremen, 6 mai 1813.

J'ai reçu la lettre que Votre Majesté a bien voulu m'écrire pour m'annoncer la victoire que TEmpereur a remportée le 2, à Lutzen. Le courrier a continué sa route pour porter au général Vandamme la lettre de Votre Majesté. Je me suis empressé de faire connaître aux troupes et aux habitants cette heureuse et importante nouvelle. Par ce début de la campaçnCy tous les projets de nos ennemis se trouvent déjoués. .

J'ai rhonneur d'adresser à Votre Majesté la traduction des derniers journaux d'Altona et de Hambourg, avec prière de les envoyer à l'Empereur. J'ai en effet reçu dans le temps, du Vice-Roi, la lettre dont Son Altesse Impériale a envoyé copie au prince de Neufchàtel, et que l'ennemi a interceptée. L'étonnement que m'a manifesté dans le temps le Vice-Roi sur mon mouvement de Gifhorn était d'autant plus extraoïxlinaire, que je l'ai exécuté en vertu de ses ordres, qui étaient, dès qu'il a appris le passage de l'ennemi à Dessau, de me rapprocher de lui.

J'ai dû, pour exécuter cet ordre, me porter sur Gifhorn, afin de couvrir Brunswick et Hanovre. Étant plus rapproché de TElbe, je n'aurais pu couvrir ces places, puisqu'on avait retiré et fait rentrer à Magdebourg, sans me prévenir, toutes les troupes qui gardaient l'Elbe depuis Werben jusqu'à Magdebourg, et il y avait ainsi 32 lieues de pays à découvert entre le Vice-Roi et le corps détaché que je commandais. Au surplus, toutes ces choses sont des misères, et je ne verrai jamais que le bien du service de l'Empereur et Roi votre auguste frère.

Les nouvelles de Hambourg ont annoncé, il y a quelque temps, que le prince d'Orange avait passé par Stockholm, se rendant à Londres. Les négociants de Hambourg assurent qu'il a un parti considérable en Hollande, et qu'il n'attend, pour éclater, que la présence de ce prince, accompagné de quelques forces anglaises; mais la bataille de Lutzen déjouera tous ces projets.

1298. — AU GÉNÉRAL VASDAMME.

Bremen, 6 mai 1813, six heures du $oir.

Toutes les compagnies appartenant aux divisions Dumonceau et Dufour qui étaient ici sont parties.

Il a dû arriver ici ce soir un bataillon de marche composé de compagnies appartenant à ces divisions. J'en passerai demain la revue. On les fera tirer à la cible, et elles partiront après-demain. Enfin, je passerai demain la revue de tout ce qu'il y a à Bremen, et s'il s'y trouve des détachements appartenant à ces divisions, je les ferai pailir le lendemain.

Mandez-moi si le général Dumonceau a fait passer des ordres au bataillon parti de Niembourg pour Soltau, où il doit rester jusqu'à nouvel ordre de ce général.

J'ai fait partir ce soir 132 marmites et 182 grands bidons. Faites-les distribuer aux corps qui en ont le plus grand besoin, et faites-en donner le reçu au sei'gent accompagnant le convoi.

J'ai rencontré moi-même, en venant à Bremen, une compagnie du 12* qui rejoignait. Je suis sûr d'en avoir vu aussi de plusieurs autres régiments.

Le rapport de l'officier d'artillerie sur les travaux qui se font à Zollenspicker me fait voir qu'un passage sur ce point serait difficile. Faites reconnaître si nous sommes maîtres de tout le cours de l'Ulmenau jusqu'à son embouchure. Je crois que le fort que l'ennemi occupe est sur la rive droite et à l'embouchure même. Si nous étions maîtres de cette rivière, par une nuit obscure, et quand le moment du passage serait arrivé, on pourrait faire descendre toutes les l>arques jusque sur le point reconnu du {>assage. Ce point devrait être entre Haarbourg et Hope. Il serait important de bien faire reconnaître ce pays.

Je vous ai déjà mandé que les ordres étaient donnés pour faire établir la batterie de Carlsboui^. Un de mes aides de camp a été reconnaître les travaux à faire. Les ouvriers nécessaires pour la mettre promptement en état y seront dès demain. On s'occupera aussi de désenclouer les pièces.

Je vous réitère la demande de m'envoyer Tétat, bataillon par bataillon, des effets de campement qui sont encore nécessaires.

Envoyez les ordres à Stade, Lunebourg, Haarbourg, etc., pour que partout on sonne les cloches et Ton fasse les plus grandes réjouissances pour la victoire de Lutzen.

Bremen, 7 mai 1813, sept heures du soir.

Je vous invite à me faire connaître tout de suite ce qui vous manque en chevaux d'artillerie pour mettre toutes vos pièces et caissons à G chevaux.

J'ai lu, dans la Gazette de Hambourg du 4, un article de Wismar en date du 2 mai, ainsi conçu :

« Il est déjà arrivé 12,000 hommes de Tarmée suédoise « qui seront commandés par le prince héréditaire; ces «12,000 hommes sont commandés par M. le baron d'Ad- «lerkreutz, dont Tavant-garde est amvée à Schwérin. Ces «troupes marchent sur l'Elbe à marches forcées. »

Tel est l'extrait de cet article. Je sais bien que très-souvent cette gazette a fait de fausses annonces sur la marche des troupes suédoises. Il est de fait que ces troupes existent en Mecklembourg, il est donc possible que cette nouvelle soit vraie; mais il est vraisemblable que la bataille de Lutzen contrariera cette marche, si elle a eu réellement lieu. Quoi qu'il en soit, il faut recommander au général Du monceau de redoubler de surveillance sur les points d'Artlenbourg et vis-àns de Lauenbourg et de Boitzenbourg, puisque la route de Schwérin débouche par ces points, où l'ennemi possède d'ailleurs beaucoup de moyens de passage. Il est à désirer qu'il puisse envoyer des émissaires dans cette direction. Envoyez de votre coté à Altona, pour avoir des nouvelles. Je suppose que la victoire de Lutzen donnera de la force au Roi. Vous pouvez prendre pour prétexte l'annonce de l'arrivée à Bremen du second transport danois. Cet équipage séjournera

demain 8, et partira le 9 pour Stade par Zewea. Vous donnerez cetavis pour qu'on prenne des mesures pour assurer son passage. 11 fiaudra charger aussi ToHicier que vous enverrez à Altona de s'informer où se trouvent les chefs de partisans Beckendorfy Tettenbom, Czemichef, Domberg, etc.

1300. — AU GÉXÉRAL VANDAMME.

Bcemea, 7 mai 1813.

Nous n^avons rien reçu aujourd'hui de la Grande Armée. J'ai parlé à un courrier parti le 4 de Lutzen, qui m'a dit que le bruit était général que Tennemi était dans une déroute complète. Le 3, TEmpereur avait son quartier général à PegaUy poursuivant Tennemi sur Dresde. Nous occupions Leipzig; une colonne marchait sur Wittenberg \

> Lei cho«e5 se pasMÎent à pou pM aiosî. La bataille de LaUen, dont on a TU plus haut la relation, avait étô cm-meurtrière et jusqu'à un certain point décisive. Les Français avaient perdu 17 on 18^000 hommes, les Russes et les Prussiens en avaient perdu plus de 20,000. Les alliés s'étaient aussitôt mis en retraite, les Prussiens sur Meissen, les Russes sur Dresde, pour repasser TElbe; ils avaient été suivis par des colonnes françaises, autant que le permettait Tin^uffisance de notre cavalerie. La victoire de Tarmée française n*était pas douteuse; un point toutefois restait obscur, au premier moment, pour Napoléon. Il ne savait pas encore si les Prussiens tenteraient de se din|»er sur Berlin pour couvrir leur capiule, ou si les alliés n'allaient pas te replier avec la masse de leur» forces sur la Siléste ; à tout événement, il se disposait à se porter de ^ personne sur Dresde, où il allait arriver le 9 mai, et où il ne devait éprouver que peu de résistance de la part des Russes ; pendant ce temps, il charmait le maréchal Ner, qui venait d*Hre le héros de la journée de Luuen, de se porter sur \Vittenher|; avec une vériuble armée composée de son propre corps, du corps du duc de Bellune, du corps saxon rallié à Toq*au et recv^nstitué s^vos Reynier, des forces du général Sél>astiani, évaluées à iV,000 homme:^ dont 4,000 de cavalerie, et rappelées, on Ta tu, du bas Elbe. Dès le 4 moi, TEmpervur écrivait de Pegau au prince de la Moskowa :

« ...Mon intention est de porter aujimrdlkui mon quartier général 3k Borna pour suivre vivement Tennemi. Là je me déciderai peut'-ètre à me porter sur

rrumr a vous le ^énl ^ébutiani, qui a 14,003 hommes, dont 4,000 de cavalerie : ce qui ne laisserait pas de foire à >Vîttenbefg une trè»4ielle armée.

J'ai passé ce matin la revue de tout ce qu'il y a de troupes iBremen; il ne s'y trouve que quelques compagnies appartenant aux divisions Dumonceau et Dufour, qui sont arrivées hier. Plusieurs soldats n'avaient pas tiré à la cible, on va les tûre tirer, et sous quarante-huit heures on les mettra en marche avec des effets de campement. On en donnera aussi ce soir aux deux compagnies du 21% qui se mettront en marche demain. Ces deux compagnies sont ici depuis quelque temps, j'ai été assez satisfait de leur instruction.

Veuillez donner les ordres les plus précis pour que tous les malades soient dirigés sur Bremen, ainsi que les hommes isolés. Ceux de chaque division et de chaque corps logeront au quartier.

Il faut que le général de division envoie un officier pour diriger ces dépôts. C'est le meilleur moyen de conserver les hommes. On me fera connaître l'officier qui aura été désigné. Je n'ai rien reçu aujourd'hui. Je vous renouvelle la prière de m'écrire toujours, quand même il n'y aurait rien de nouveau.

D'après la revue que j'ai passée, les troupes ci-après désignées sont parties le 2 mai de Bremen, pour rejoindre leur corps à Haarbourg : 2 compagnies du 33" de ligne, formant 243 hommes ; 2 compagnies du 48* de ligne, formant 264 hommes; 1 bataillon du 12*; I bataillon du 108*.

Je reçois à l'instant votre lettre du 6, à huit heures et demie du soir. Je vois avec bien du plaisir que les jeunes soldats se sont bien comportés dans le débarquement que Temiemi a tenté. Faites sonner les cloches et faire partout

tAà me permettrait, «uîvant les rcnfleî(înement« ultérieurs que je recevrais, on de m'en tenir à l*Elbe ou de déboucher par Wittenbeq; et de me porter immédiatement sur Berlin. Mai* je ne puis pas encore fixer mes idées sur ceb, parce que je ne connais pas exactement la situation de votre corps^ bitet-moi-la bien connaître. Vous êtes celui qui avez le plus souffert. Je Too* prie de donner ordre aussi qu'on ramasse les fusils sur le champ de bataille... » (Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 264.)

Le maréchal Davout, dans la lettre ci-dessus, fait évidemment allusion à ce mouvement qu'il ne connabsait encore qu'imparfaitement et qui ne devait pat d'ailleurs être exécuté jusqu'au bout, au moins par le maréchal Ney, puisque celuî-d allait être bientôt rappelé à la gauche de la Grande Armée^ poor prendre part à une nouvelle bataille.

des réjouissances. Sont-ce des troupes russes ou hambourgeoises qui avaient tenté le débarquement?

Vous me dites que tout confirme que les forces ennemies dans Wilbemsbourg ne s'élèvent qu'à 5 ou 600 bommes. Je suppose qu'il y a un zéro de trop.

1301. AU GEISÉRAL VANDAMME.

Bremeii, 8 mai 1813, oaze heures du malin.

J'ai reçu vos quatre lettres du 7 à différentes beures. C'est le manque de fonds qui a arrêté le reste de l'organisation du 17*. Je viens d'en faire donner sous ma propre caution. J'espère que sous une buitaine de jours tout sera prêt.

Je n'entends point parler du préfet des Boucbes-de-l'Elbe. Puisqu'il y a garnison à Stade, il faut qu'il s'y fixe. 11 est parti avec 100 chevaux, qu'il serait bon d'utiliser du côté de Lunebourg.

Je n'ai point du tout entendu parler des hommes dont il est question dans votre lettre pour des jeux publics. Si ce sont des jeux de cartes, l'expérience m'a prouvé qu'ils ne valent rien, et qu'il n'existe que de mauvais rassemblements où de bons officiers se perdent.

Recommandez au général Dumonceau de faire occuper de jour le port de Brackéde par quelques hommes de cavalerie, .et d'y envoyer la nuit des patrouilles d'infanterie qui partiraient de Gortz ou Netze. Du château de Brackéde, on peut voir au loin de l'autre côté.

Recommandez aussi au général Dumonceau d'avoir des postes d'obser\'ation vis-à-vis de tous les lieux où sont réunis tous les moyens de passage de l'ennemi. Demandez-lui où ils sont, en quelle quantité, etc. Je suppose qu'il doit y en avoir beaucoup de réunis à Boitzenbourg, à l'embouchure de la Schwarzewasser, rivière qui viefit du Mecklembourg. Il faut avoir là un poste d'observation qui devra être étabU dans un petit bois ou dans un endroit propre à éviter d'être vu.

En général on ne pourrait trop répéter aux officiers des

avant-postes et grandes gardes de s'établir de manière que ni leurs postes, ni leurs sentinelles ne soient aperçus, et de varier rétablissement de leurs postes de nuit et de jour.

Le général Dumonceau ne nous a pas encore donné des nouvelles du général Sébastiani. Est-il à Salz^\edel? Occupe-t-il Hitzacker? Le général Dumonceau a-t-il envoyé des ordres au bataillon qui, de Niembourg, a été dirigé sur Soltau, pour y être à la disposition du général Sébastiani?

2 compagnies du 21* sont parties ce matin pour le rejoindre ; 2 du 61* partiront demain; 2 autres du 17* après-demain; et 2 du 30* ou 15* après-demain. Toutes ces compagnies seront pourvues d^effet de campement.

Je n'ai point encore reçu de détails officiels du quartier général. Je viens de parler au courrier qui a quitté le quartier général de Tintendance à Pegau, le 4.

L^Empereur était ce jour-là à Borna, continuant à poursuivre vivement l'ennemi. Ce courrier m'a dit avoir parcouru le champ de bataille, où il a bien vu 5 Prussiens pour un Français. C'est l'infanterie et l'artillerie qui ont tout fait. Notre cavalerie n'a presque pas donné. Celle de l'ennemi a beaucoup souffert, ayant fait différentes charges sans succès sur notre infanterie et notre artillerie.

Le prince de Mecklembourg-Strélitz, beau-frère du roi de Prasse, a été tué et enterré à Lutzen. On dit qu'un fils du roi de Prusse a été blessé.

La jonction était faite avec les Saxons à Torgau. La veille de la bataille, le duc d'Istrie a été tué d'un coup de canon. C'est une très-grande perte. Ce maréchal était un très-bon général de cavalerie et bien dévoué '.

Enfin la bataille avait été gagnée bien complètement, et TOUS savez qu'on n'est pas dans le cas de faire à l'Empereur le reproche qu^on faisait à Annibal, de savoir vaincre, mais de ne pas profiter de la victoire.

' Le 1*' mai, en effet, âann la marche sur Lutzen, le maréchal Bessièrcit, m d'Utrie, avait été tué, d*un coup de canon perdu, pendant qu'il ob^tTuit les mouvements de l'ennemi. Cette perte avait vivement affecté TEmpc- '^^1 <[Qi laissait échapper ce mot : • La mort s'approche de nous ! •

Page 1