‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 4 sur 95 · IV · texte numérisé non relu

IV

tt COBRESPONDANCE

Bremcn, S mai IS13» sepc heam cl demie du soir.

Je Tiens d^étre informé que le bataillon du 111* d^in£anterie légère que j*avais laissé à Rothembourg vient de recevoir Tordre d'en partir. Cet ordie ne peut être qu*un malentendu, puisque ce bataillon est là par mon ordre, et que ce point est Irès-important à conserver. J*envoie Tordre à ce bataillon de rester à Rotbembourg et de presser Tachèvement des travaux du fort. Je vous fais passer copie du rapport de Tofficier d'étatmajor qui avait accompagné le bataillon du â5' à Uelzen. Il doit y avoir certainement de Texagération dans ce rapport. Le général Czemichef ne doit pas être à Bleckède sous le nez du général Dumonceau.

Il ne faïut pas que ce général dissémine ses forces. Donnezlui Tordre de marcher sur Tendroit où le débarquement se serait effectué, en appuyant son mouvement par la division Dufour, en laissant à Haarbourg ce qui est nécessaire pour la garde du fort.

Je ne doute pas que tout ceci ne soit la suite de ces petits débarquements qui ont eu lieu après le départ du général Sébastian!, qui avait retiré ses postes de dessus TElbe beaucoup trop tôt, à en juger par vos rapports; mais cet état de choses a dû nécessairement changer depuis que le général Dumonceau a eu Tordre positif d'occuper Brackède. Au surplus, si Tennemi effectuait un passage sur notre droite, il ne faudrait pas hésiter à marcher sur lui, avec toutes vos forces, en laissant toutefois un bataillon pour garder le château de Haarbourg et un à Lunebourg. A la première nouvelle de votre marche, je me porterai sur Rotbembourg avec tout ce que j'aurai de disponible. Il me parait que le général Dumonceau a rappelé le bataillon qui était à Delzen; je vous prie de me donner des détails à cet égard. Ce bataillon appuyant ma droite ne pouvait être compromis, et certes des forces majeures ne se porteront pas sur Uelzen, tant que nous occuperons avec de grandes forces Lunebourg.

Bremen, 9 mai 1813, dix heures du soir.

Je viens de recevoir une lettre datée de Borna, du 5 mai, qui, sans donner d'autres détails sur la bataille du 2, me dit que ce jour l'Empereur a remporté dans les plaines de Lutzen une victoire complète sur les deux armées commandées par Tempereur de Russie et le roi de Prusse en personne ; que Tennemi a été culbuté sur tous les points, qu'il a laissé le champ de bataille couvert de ses morts, qu'il est en pleine déroute, et que nous poursuivons nos succès.

Son Altesse me fait connaître aussi que le général Sébastiaui, avec toute sa cavalerie et la division Puthod, reçoit l'ordre de se réunir au prince de la Moskowa '.

Par ce mouvement, toute notre droite va se trouver à découvert. C'est donc une raison de plus pour occuper Brackède et envoyer fréquemment à Bleckède. Il faut que le général Dumonceau ait la plus grande surveillance de ce côté, qu'il envoie des émissaires à tous les maires dans la direction et jusqu'à Dahlembourg, pour qu'ils s'informent exactement de tous les mouvements que ferait l'ennemi.

Au surplus, cet état de choses ne peut pas durer plus longtemps. Je suppose que TEmpereur, à l'heure qu'il est, doit être sur l'Elbe, et des corps auront bientôt débouché par Wittenberg et Torgau.

Quant à votre expédition de l'île de Wilhelmsbourg, je ne puis trop vous recommander de bien observer ce que voudra faire l'ennemi. Vous savez qu'il a de nombreux moyens de passage; il faut surtout bien se défier des marées descendantes, car le flot porte naturellement sur l'île.

Au surplus, votre expérience me rassure, et je sais que vous êtes pénétré du danger qu'il y aurait d'exposer nos jeunes gens à une échauCFourée qui les frapperait facilement au

* Voir plus haut la relation de la bataille de Lutzca et une note relative 'u mouvement» qui avaient suivi, notamment au rappel du général Sébastûni lor Wittenberg.

moral, et dont on aurait de la peine à les faire revenir. Je vous invite, dans tous les cas, si vous vous aperceviez que l'ennemi fût dans l'intention de revenir s'établir dans cette île, à l'évacuer et à en retirer l'artillerie. Maintenant que nous en connaissons le chemin, il serait plus circonspect.

Je vais envover des résen-es de munitions d'infanterie et d'artillerie à Rothembourg. Quand on aura besoin de les remplacer, on s'adressera au commandant du fort.

Bremen, 9 mai 1813.

Je ne puis mieux répondre à la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 7 mai, qu'en lui adressant des extraits des lettres que j'ai écrites et fait écrire au général Bourcier pour qu'il prit des informations sur tout ce qui s'est passé à Hanovre à l'approche des partis ennemis. Je lui prescris de faire passer ces renseignements à Votre Majesté.

L'ordre de faire arrêter les individus qui, par leur conduite, justifieraient les soupçons qu'on a contre eux, doit être donné par tout chef militaire, en temps de guen*e, dans quelques pays qu'il se trouve, surtout, lorsqu'il s'agit de soupçons de Tespèce de ceux-là, c'est-à-dire d'avoir des communications avec l'ennemi et de trahir les troupes françaises qui s'y trouvent.

Le général Bourcier a eu plusieurs postes enlevés par la trahison des habitants qui ont conduit l'ennemi, et sur la déclaration des autorités que 8,000 hommes d'infanterie russe avaient passé à Verden, que l'on avait évacué Celle. Ces faux rapports sont des trahisons qui compromettent la vie et Thonneur des officiers et des soldats.

Enfin, pour répondre à Votre Majesté, je pourrais lui observer que l'Empereur n'a point révoqué les décrets pour renvoyer à des commissions militaires, composées seulement d'officiers français, tous délits commis par des habitants envers ses soldats ou ses alliés, et Votre Majesté sait que pour

n'avoir pas tenu rigoureusement cette conduite, il y a dix-huit mois, à Tépoque des troubles de Brunswick, j'ai été fortement improuvé par l'Empereur qui à cette occasion a renouvelé son décret.

Maintenant, Sire, après ces explications, permettez-moi de vous citer des faits qui sont parfaitement à votre connaissance. Le Vice-Roi m'a fait partir de Magdebourg le 6 mars, pour marcher contre des troupes ennemies qui avaient passé l'Elbe du côté de Werben. Partout j'ai trouvé que nos ennemis avaient été accueillis avec enthousiasme, et que la cocarde westphalienne avait été foulée aux pieds et remplacée par la cocanle prussienne, par les habitants et par quelques autorités; mais aucun habitant n'ayant trempé ses mains dans le sang français, je n'ai fait aucun exemple de sévérité. Je me suis borné à en faire informer les autorités supérieures westphaliennes.

Un nommé ***, de Brunswick, a été arrêté porteur d'une lettre du général Tettenborn au général Czernichef, et signalé par cette lettre comme chef d'insurrection du pays de Brunswick. Cet homme a été remis à un officier de gendarmerie westphalien, et conduit à Cassel avec ses déclarations. Des lettres écrites par des sujets westphaliens, ne parlant que de révoltes contre les Français, que de troubles dans le pays, annonçant la défaite du Vice-Roi et la prise de quelques forts de Magdebourg; enfin des' lettres écrites par des hommes qui ne respiraient que la destruction des Français, ont été, quoique nous nous trouvassions dans le paysjet au milieu de ces mêmes individus, envoyées par mon chef d'état-major au général Bongars.

11 me semble que le contenu de cette lettre prouvera à ^otre Majesté qu'elle a eu des informations bien erronées; il ne me reste qu'à la prier, dans le cas où elle aurait entretenu Sa Majesté l'Empereur et Roi mon maître des plaintes qu'elle croyait avoir à faire contre moi, de vouloir bien lui communiquer ces explications, ne voulant pas l'entretenir sans cela de ces détails qui ne pourraient que lui être pénibles. Votre Majesté voudra bien observer que lorsque j'écrivais

d'une manière aussi modérée au général Bourcier, elle n^avait non-seulement pas de troupes à Hanovre, mais même point de gendarmes.

BremcD, 9 mai 1813, dix heures du matîo.

Je reçois votre lettre du 8, à deux heures de Taprès-midi. Le général de La Ville passera la revue de tout ce qu'il y a de disponible de cavalerie et la fera partir; il la dirigera sur Haarbourg. Je vous enverrai l'itinéraire et la force. Je vous répète que les compagnies qui rejoignent seront dirigées successivement sur Lunebourg et sur Haarboui^; elles seront pour>'ue$ des effets de campement, et tous les soldats auront été exercés au tir à la cible.

Le 61* arrivera demain. J'ai vu un ofBcicr qui m^a assuré que ce bataillon ne savait même pas charger les armes. Il sera exempt d'exercices pour pousser son instruction avec rapidité. On le fera tirer à la cible, aussitôt que les soldats auront appris à charger leurs armes. J'enverrai au fort de Rothembourg quelques munitions de réserve d'artillerie et d'infanterie pour remplacer celles que vous seriez dans le cas de consommer.

Dites au général Dumonceau de s'adresser au préfet, pour qu'il lui soit fourni par le préfet des chevaux et des harnais, de manière que toutes les voitures d'artillerie soient attelées à 6 chevaux.

Le général Dumonceau a reçu l'ordre positif, et j'ai Jieu de croire qu'il a été exécuté, puisque vous m'avez assuré le lui avoir transmis, d'occuper Brackède et d'avoir des reconnaissances sur Bleckède. S'il a exécuté cet ordre, les partis ennemis seront obligés d'aller passer au loin, et cela mettra toute la forêt de Gortz entre l'ennemi et lui. S'il est à Brackède, il est impossible que l'ennemi se soit porté à Bleckède, puisque les troupes qui fileraient sur la digue l'empêcheraient de se rembarquer. Je vous invite à lui réitérer ces ordres et à tenir la main à ce qu'ils soient exécutés.

Je ne vois point par votre lettre d'où vous écrit M. le général Montesquiou de Fezensac ; il me semble qu'il marche bien lentement.

Par la seconde tentative que vient de faire Tennemi, sur le point dont vous parle le prince de Reuss, il semblerait qu'il veuille attirer votre attention sur ce point, et pendant ce temps-là jeter ses partis tout à fait sur notre droite : c^est une raison de plus pour que le général Dumonceau occupe Brackéde et s'éclaire toujours sur Bleckède. Vous pourriez le renforcer tout de suite de toute la brigade du prince de Reuss, et envoyer deux bataillons du général Dufour remplacer le prince de Reuss*

Le rapport sur le passage de l'ennemi près de Magdebourg est peu vraisemblable, puisque la garnison de cette place est de 36 bataillons : en outre, le général Sébastiani est entre la division du général Dumonceau et ce point.

Recommandez aussi au général Dumonceau de s'éclairer, en envoyant des messagers aux autorités qui sont sur les bords de l'Elbe et dans l'intérieur du pays.

Je reçois à l'instant votre lettre du 8, à huit heures du soir; il faut recommander au général Fezensac d'interdire aux partis ennemis qui occupent les forts du côté de Cuxhawen, toute communication avec la terre. S'il y a moyen d'enlever ces détachements de vive force, il ne doit pas le manquer, et il doit profiter d'un vent favorable qui empêcherait l'ennemi de se mettre en mer.

Je suis bien étonné que le général Dumonceau n'ait pas de nouvelles du général Sébastiani et ne sache pas la direction qu'il a prise.

Chargez le général Dumonceau de dire au sous-préfet d'envoyer à Bremen tout le fer-blanc qui se trouverait à Lunebourg et qui se trouverait propre à la confection des marmites. Faute de matière, cette confection se trouve souvent arrêtée.

Demandez au préfet des Rouches-de-l'Elbe le nombre de ehevaux et de harnais nécessaires pour compléter à 6 chevaux les attelages de toutes vos voitures d'artillerie.

(A onze heures du matin.; Au moment du départ de Testafette, je reçois vos deux lettres du 8 mai. Il faut inviter le sous-préfet de Lunebourg à faire connaître les auteurs de ces nouvelles, car ceux qui les lui ont données doivent avoir eu des communications avec la rive droite ou avoir vu des personnes qui en arrivaient.

Puisque vous avez autorisé rétablissement des jeux, je n'y donnerai pas mon approbation, parce que c'est une chose qui n'est pas dans ma manière de voir et contraire aux ordres de TEmpereur que j'ai toujours reçus à Hambourg, il y a deux ans, étant gouverneur général de la 32* division militaire; mais je ne m'y opposerai pas, attendu qu'il ne serait pas convenant que j'allasse contre une décision qu'un de ses généraux a cru devoir prendre.

1306. — AU GÉNÉRAL VASDAMME.

Bremen, 9 mai 1813, une heure après midi.

Je reçois à l'instant votre lettre du 9, à quatre heures et demie du matin, où vous me faites connaître l'heureux résultat de l'attaque que vous avez faite sur l'ile de Wilhelmsbourg.

Je transmets à l'Empereur copie de votre lettre. Alliez à votre vigueur la prévoyance.

Si vous jugez, par les renseignements positifs que vous avez dû obtenir des prisonniers, pouvoir garder l'Ile de Wilhelmsbourg, faites-le; mais réunissez tous les moyens d'embarcation, pour pouvoir faire rembarquer vos troupes si elles étaient attaquées par des forces majeures; faites-les retrancher, et qu'on utilise l'artillerie enlevée à l'ennemi.

L'Ile de Wilhelmsbourg s'approche beaucoup de Hambourg, et le canal qui est entre cette fie et Haarbourg est peu considérable. Tous les bâtiments qui sont dans le port sont, autant que je puis me le rappeler, à portée de fusil de cette île.

Il faut donc établir l'artillerie contre le débouché du port.

Au surplus, comme vous êtes sur les lieux et que vous aurez reconnu les localités, vous ferez pour le mieux, d'après les renseignements que vous aurez obtenus sur les forces de Tennemi.

De Willielmsbourg, il y avait dans le temps une communication avec la maison du péage pour les hommes à pied, établie sur des planches posées sur pilotis. Il y a apparence que Tennemi aura détruit cette communication.

Je donne Tordre au bataillon du 1 !• léger qui est à Rothembourg d'en partir pour se diriger sur Haarl)ourg , et comme il ne faut pas que le point de Rothembourg soit dégarni, les 2 compagnies du 21* qui ont dû y arriver aujourd'hui ont ordre de remplacer ce bataillon. Je ferai remplacer, à leur tour, ces jours-ci, ces deux compagnies par d'autres troupes. Ainsi le bataillon du 11* arrivera demain de bonne heure.

Lorsque vous aurez reçu ma lettre, je ne doute pas que vous n'ayez des informations précises sur les Suédois. Ont-ils continué à se porter sur l'Elbe? Ont-ils rétrogradé, ou se maintiennent-ils dans leur ancienne position?

Je vous prie de me donner des détails sur la conduite des troupes et des officiers, pour les faire mettre à l'ordre et en rendre compte.

Bremcii, 10 mai 1813, onze lieures du maiio.

J'ai lu le rapport que vous fait le général Dumonceau, du 9 mai à neuf heures du matin. 11 doit y avoir du malentendu là dedans. Le bataillon qui de Niembourg a été envoyé à Soltau n'avait pas été mis à la disposition du général Sébastiani. Il a fort bien fait de le rappeler.

Quant au bataillon qui est à Uelzen, s'il ne l'avait pas retiré, je lui en eusse donné l'ordre, sur l'avis que j'ai reçu hier soir et que je vous ai communiqué, que le général Sébastian! rejoignait la Grande Armée.

Je vois avec peine que le général Dumonceau n'a point

exécuté les ordres d'occuper Brackede; il faut que ce point soit occupé, ainsi que GorLz. C'était sur Bleckéde qu*il devait V avoir continuellement des reconnaissances. Il n\ a de Netze à Brackede que deux lieues, et encore moins de Gortz; c'était de ces deux point» que devaient partir les reconnaissances.

C'est à Bleckéde qu'est le château dont je vous ai parlé, et d*oii toute la cavalerie du monde ne pourrait pas chasser 100 hommes d'inEanterie, ce château étant entouré d*un fossé très-profond. En l'occupant, on est maître de la di{][ue.

Donnez Tordre positif au général Du monceau de réunir la presque totalité de ses troupes pour marcher sur Tennemi, et de le chasser de Gortz, Netze, Brackede et Bleckéde, et enfin d'exécuter les ordres antérieurs qu*il a reçus, en faisant occuper ces points.

Vous mettrez à sa disposition la hrijjade du prince de Reuss, et vous serez vous-même en mesure de le soutenir avec le reste de vos troupes; bien entendu que le château de Haar* bourg, Hope et Winsen seraient toujours occupés fortement. Le général Dumonceau laisserait tous ses bagages à Lunebourg, sous la garde d'un bataillon.

Il n'y a pas de temps à perdre pour exécuter ces mouvements : les partis ennemis seront forcés de se jeter du côté de Domitz, ce qui nous fera gagner du temps; c'est ce qu'il nous faut. Pendant ce temps, les opérations de l'Empereur auront leur résultat.

Il n'est point vraisemblable que les Suédois, dans les circonstances actuelles, songent à passer l'Elbe, puisqu'ils risqueraient de perdre leur armée. Chargez l'officier que vous enverrez à Altoua de prendre des renseignements sur la position actuelle des Suédois, leur force, etc.

Je vous envoie le Moniteur du 5, qui fait connaître les succès du duc d'Albuféra ; l'officier pourra l'emporter avec lui.

BremeD, 10 mai 1813, onze heures dn roalia.

Je reçois vos lettres du 9 mai.

Vous avez pu voir par mes précédentes que j'ai dû apprendre avec plaisir que vous aviez évacué Tîle de Wilhelmshourg, Tennemi ayant trop de facilités pour vous y attaquer avec des forces majeures.

Cette expédition a été très-heureuse et aura jeté une grande consternation dans Hambourg et dans tout le pays.

Il ne faut pas accepter la neutralité des îles. Vous pouvez envoyer un officiera Âltona près de M. de Haffner, pour lui faire connaître qu^on ne peut point adopter cette proposition de la neutralité des lies; que du reste nous désirons n'être pas dans le cas d'emporter Hambourg de vive force, et que c'est aux habitants sages à prévenir cette extrémité, en faisant leur soumission. Pour les conditions, ils doivent s'en rapporter à la clémence bien connue de l'Empereur.

Notre conduite modérée dans tout le pays entre le Weser et TEIbe doit rassurer les habitants de Hambourg, s'ils n'attendent pas à la dernière extrémité. En résumé, il n'y aura pas de capitulation, mais l'assurance que s'ils chassent l'ennemi de chez eux, ils peuvent compter sur toute la clémence de l'Empereur. Il n'y aurait même pas d'inconvénient à en donner l'assurance par écrit, s'ils apportent les clefs et font leur soumission.

Je vous prie de m'adresser un état des tués et blessés, et de ceux qui seraient tombés au pouvoir de l'ennemi, et de me faire connaître ceux qui se sont particulièrement distingués.

Votre lettre ne dit point positivement si vous avez pu faire transporter à Haarbourg l'artillerie qui a été prise dans l'Ile. Si vous avez les pièces, il faut les mettre dans le fort et me bire connaître les munitions qui seront nécessaires pour leur approvisionnement.

Vous avez dû recevoir le !!• d'infanterie légère; je ferai

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filer successivement sur leurs bataillons les compagnies qui arriveront ici.

Je vais envoyer à Rothembourg, pour commander cette place^ le chef de bataillon Saint-Bias.

C'est à lui qu'on devra s'adresser pour les remplacements de munitions d'infanterie et d'arlillerie. J'ai donné des ordres pour qu'on établisse une réserve dans le fort.

J'ai donné Tordre à ce commandant de faire arrêter le commandant de Tostedt, que je ferai mettre en jugement pour avoir abandonné son poste. 11 sera bon cependant d'avoir là un commandant de place, pour mettre l'ordre et la police dans les logements et le passage des troupes.

J'ai vu avec plaisir que le général Fezensac a fait occuper les forts près de Cuxhawen; qu'il fasse tout de suite connaître l'artillerie et les munitions nécessaires pour les mettre en état. Donnez des ordres en conséquence au commandant Vinache. Annoncez à M. de IlaflFner que le troisième convoi séjourne ici aujourd'hui et partira demain pour Stade. Le quatrième arrivera demain, séjournera et suivra la même destination. Je suppose que le premier convoi est déjà sur le territoire danois.

Envoyez des ordres pour que toute la prise de denrées coloniales faite à Otterndorf soit amenée à Bremen, sous la conduite d'un détachement de douaniers et quelques soldats, commandés par un officier, qui devra assistera toutes les opérations. Ces denrées seront vendues au profit des capteurs, et le gouvernement aura le sixième de la prise. .

Je vous ai envoyé tout ce qu'il y avait de cavalerie disponible, et à mesure qu'il y aura seulement 25 chevaux de prêts, je les ferai partir. Faites rappeler tout ce qui est avec le général Fezensac et les 100 chevaux du préfet. Une trentaine de chevaux seront suffisants.

DU MARÉCHAL DAVOOT. — 1813. 93

Bremen, 10 mai 1813, sept heures du soir.

J'ai des nouvelles que TEmpereur était le 6 à Waldheim, entre Borna et Dresde, à environ dix lieues de cette capitale. Lavant-garde avait eu une affaire où elle avait fait plus de 800 prisonniers * ; si Ton avait eu une cavalerie plus nombreuse, la campagne serait déjà finie ; mais faisant la guerre avec seulement de rinfanterie, les résultats sont plus lents. J'ai envoyé le chef de bataillon Saint-Bias avec une garnison de 400 hommes, pour commander le fort de Rothembourg, que je regarde comme d'une grande importance et que je vais fortifier. Il détachera 1 officier et 25 hommes à Tostedt pour la police.

Je vous recommande les gazettes de Hambourg et d'Altona. Les dernières que vous m'avez envoyées sont du 5.

Je vous réitère. Monsieur le général, de ne rien négliger pour réunir à Haarbourg le plus de moyens de passage pos- «Me, attendu que quand le temps en sera venu, c'est là le côté vulnérable de Hambourg ; votre expédition de Wilhelmslooiç en est une nouvelle preuve.

PRINCE DE NEUFCHÂTEL, ETC

Bremea, 11 mai 1813, dix heures du maiia.

Monseigneur, je reçois à l'instant le duplicata daté de Hossen, le 8 mai, d'une lettre chiffrée de Votre Altesse qui avait été écrite de 92, 74, 71, 265, le 7 mai, et qui commence par ces mots écrits en lettres : « Je vous ai annoncé 1168, par ma lettre du 5, la victoire complète que l'Empereur a remportée le 2, etc. »

' Le 5 mai, le prince Eugène avait eu effectivement sur la Mulda une afbire avec lea Prussiens , qu'il avait mis en déroute , et avec une arrièrefinie nuse de Miloradowitcb, qui avait perdu 7 ou 800 hommes*

Je n'ai point encore reçu la première expédition de cette lettre.

J'ai rendu compte dans le temps à Sa Majesté que je n'avais pas de chiffre, celui de la dernière campagne étant tombé au pouvoir de Tennemi. Je n'ai qu'un seul chiflFre que j'avais fait avant la dernière campagne, dont je me servais pour correspondre avec les places de l'Oder et de Danzig, lorsque j'étais à Hambourg, ainsi qu'un autre que je fis à Thorn, depuis notre retour, pour correspondre avec les gouverneurs, et dont j'ai donné copie à Son Altesse Impériale le prince vice-roi, qui a dû l'envoyer aux autres commandants de place; mais ni l'un ni l'autre de ces chiffres ne peuvent servir en rien pour comprendre la lettre que je reçois de Votre Altesse, n'en ayant pas reçu d'elle. J'espère qu'il n'en résultera aucun inconvénient majeur pour le service de l'Empereur. Je vous envoie un de mes aides de camp pour réclamer ce chiffre. J'écris en outre à Sa Majesté le roi de Westphalie et au général Vandamme, pour leur demander s'ils en ont reçu un pour cette campagne, les priant de me faire passer celui de la dernière campagne, s'ils n'en ont pas reçu de nouveau ; mais dans le cas que cette lettre de Votre Altesse contiendrait des ordres de mouvement, il y aura seulement une perte de temps de cinq à six jours dans leur exécution, jusqu'à ce que j'aie pu les comprendre.

J'ai prié le roi de Westphalie, que j'ai toujours tenu au courant de ma position, de la faire connattre.

Nous occupons toute la rive gauche depuis l'embouchure de l'Elbe. L'ennemi a évacué le 8, à notre approche, les forts près de Guxhawen, dont nous nous sommes emparés. Ces forts sont détruits, en ce qui concerne la défense du côté de la mer; on travaille à les remettre en état; l'ennemi a enlevé les canons.

Le 9, le général Vandamme attaqua les îles qui sont entre Haarbourg et Hambourg, notamment l'ile de Wilhelmsbourg, où nous avons fait 150 prisonniers et pris 8 bouches à feu; l'ennemi a perdu 2 ou 300 hommes en tués et blessés. Notre perte en tués et blessés n'a pas été au delà de 60 hommes;

cette opération a jeté la consternation dans Hambourg, Le 9, l'ennemi ayant réuni des forces supérieures pour reprendre cette île, et l'ayant fait attaquer, le général Vandamme a fait replier les troupes avec ordre et sans perte, et a fait enclouer les pièces qui avaient été prises.

Je joins à cette lettre le rapport du général Vandamme qui rend compte de ces opérations, pendant lesquelles M. de Haffner, commandant militaire d'Altona, s'est présenté comme parlementaire chargé par son souverain de solliciter la neutralisation de ces fies, et que Hambourg, qui est enclavé entièrement avec Altona, ne soit pas enlevé de vive force '.

J'ai fait connaître au général Vandamme que nous ne pouvions pas accepter la neutralisation des fies. Je l'ai chargé d'en informer M. de HaflFner, en ajoutant que nous ne demandions pas mieux que de ne pas enlever Hambourg de vive force, mais qu'il allait pour cela que les habitants fissent leur soumission, s'en remettant à la clémence de Sa Majesté l'Empereur et Roi, et qu'ils chassent les étrangers de chez eux sans

' Le marcclinl, cLing cette période, parle assez souvent, on a pu le rcmarcpier, du Danemark et de l'agent danois, M. de Haffner. Le roi de Danemark, depuis le commencement de 1813, se trouvait dans une situation critique et auez difficile à définir, entouré qu'il était de sollicitations de TAnf^leterre, de la Russie, de la Prusse, et môme un peu plus tard de l'AutricYie, qui le pressaient d*abord de se séparer de la France, puis de se joindre aux alliés. Serré de toutes parts, menacé de perdre la Norwége, promise à Bernadotte comme prix de son alliance, il s*était adressé en honnête homme à Napoléon, dont il était jusque-lu Tallié, pour lui demander en quelque sorte l'autorisation de négocier sa paix particulière, et Napoléon s'était prêté h cette étranf;e combinaison ; il avait même renvoyé au Roi, pour lui faciliter la neutralité, un certain nombre de marins danois qui servaient sur la flotte française, et dont le maréchal fait mention. Le roi de Danemark s'efforçait donc d'observer une sorte de neutralité, tout en né{;ociant sa paix avec les alliés, particulièrement avec l'Anfjleterre, et il avait occupé Altona. Il avait de la peine à se maintenir dans cette position aussi ambi{;uë que délicate; mais la bataille de Lutzen arrivant sur ces entrefaites, les exigences démesurées de l'Anf^lcterrc, qui lui demandait avant tout l'abandon de la Norwé{;e, l'imminence de la reprise de Hambouq; par les Français, tout cela le ramenait vers Napoléon, avec qui il allait renouveler son traité d'alliance, et en attendant il se bornait h. tâcher de sauvef>arder Hambourg contre les conséquences d'une attaque de vive force. C'est à cette situation fort compliquée que le maréchal fait allusion ici, en se montrant d'ailleurs, comme on voit, très-décidé à réserver sa liberté >ur les conditions de la reddition de Hambourg.

attendre à la dernière extrémité. On dit que le Sénat est disposé à implorer la clémence de l'Empereur.

Suivant le rapport du général Dumonceau, qui est à Lunebourg, Fennemi aurait passé du côté de Domitz et de Bleckède, depuis le départ du général Sébastiani de ces contrées. Une partie de cette division se porte sur Dalilembourg et Bleckède. N'ayant pas plus de 4 à 500 chevaux, on ne peut empêcher Tennemi, avec les nombreux moyens de passage qu'il a, de passer sur ma droite. Au reste, il est très-vraisemblable que la victoire de Lutzen va décider leur retraite sur l'Oder. Nous faisons faire quelques travaux à Lunebourg et au château de Haarbourg. J'ai fait occuper et réparer les batteries de Blexen et de Carlsbourg. Stade serait susc'eptible aussi d'être mis en état de défense; mais nous n'avons qu'un ofBcier du génie pour tous ces travaux.

J'écris au général Sorbier, au sujet de notre artillerie, dont l'organisation est bien en retard ; pour la faciliter, j'ai fait lever 600 chevaux qui sont maintenant réunis.

Les généraux Du monceau et Du four sont venus sans aucun effet de campement. J'ai écrit à ce sujet au ministre directeur; mais en attendant l'arrivée de ces objets, j'en fais confectionner ici. Sous quatre à cinq jours nous aurons à peu près la moitié de ce qu'il nous faut.

Parmi les prisonniers faits, il s'en trouvait un de la légion allemande venu d'Angleterre. Il a déclaré qu'ils n'étaient venus qu'au nombre de 450 hommes, mais avec des effets de campement pour 18,000 hommes.

J'ai fait lever dans la 32' division 600 chevaux de trait, pour hâter l'organisation de notre artillerie que le manque de chevaux retaixlait; ils se livraient à Osnabruck.

J'avais écrit au général Jouffroy, à Wesel, de diriger sur ce point le matériel et le personnel, en canonniers et soldats du train, de trois batteries; mais le général Lemarois vient de défendre la sortie d'un seul canonnier de Wesel, et nous renvoie au ministre de la guerre pour l'organisation de notre artillerie; il en résulte que maintenant j'ignore quand elle sera terminée.

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Bremen, 11 mai 1813.

11 y avait à peine deux heures que mon aide de camp était parti, pour vous porter une lettre dans laquelle je vous faisais la demande du chiffre, que le courrier est arrivé et m'a remis la dépêche qui le contenait en date du...

Je vous envoie duplicata de la lettre dont mon aide de camp était porteur, pour tout ce qui n'est pas relatif au chiffre, et copie des pièces qui y étaient jointes.

Ce chiffre est très-clair, et la lettre était bien précise, et tout a été bien déchiffré. J'exécuterai à la lettre les intentions de Sa Majesté.

L'Empereur aura pu voir, par les dispositions prises par le général Yandamme, que tout était préparé pour l'exécution de ses intentions.

Pour armer Hambourg, Lubeck et tous les forts dont l'ennemi a enlevé l'artillerie, il est nécessaire que le ministre dirige sur Bremen une grande quantité de bouches à feu et de maaitions. Je compte qu'il faudra bien une centaine de pièces en fer pour le réarmement de Lubeck, des côtes et de l'fle de Wilhemsbourg, et des canonniers en proportion \

11 est indispensable aussi que l'on envoie des officiers du génie et une couple de compagnies de sapeurs; nous n'avons qu'un seul officier du génie, M. le chef de bataillon Vinache. Je dirige sur l'Elbe tout ce qui appartient aux divisions Dumonceau et Dufour. Je ne laisserai ici qu'une faible garnison de 12 à 1,500 hommes.

Depuis quelque temps il arrive à Wesel les bataillons des 3* et 6* divisions des 1" et 2* corps. Le général Lcmarois pourrait envoyer les deux tiers de cette troupe sur le Weser.

* L'Emperear s'était déjà préoccupe de la mise en défense et de Farme- "^^t de Hambour^r, une fois qu'on y serait rentré. On verra plus loin ses iiuinictions plus détaillées et plus précises sur ce point.

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