‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 5 sur 95 · IV · texte numérisé non relu

IV

98 COBRES POND ANGE

Cet appareil de forces ne pourrait être que très-utile pour Texécution des ordres de Sa Majesté renfermés dans votre lettre chiffrée.

Bremen, 11 mai 1813.

J'ai lu le rapport du major qui est à Winsen, d'où l'on pourrait supposer que l'ennemi se retire sur TOder, puisqu'il a brûlé les bacs qui étaient sur la rive droite.

Par ce même rapport, je vois que cet officier s'est procuré quelques embarcations. Il faut tâcher la nuit d'envoyer enlever des habitants pour avoir des nouvelles positives.

Vous ne devez rien négliger pour avoir des informations par Altona. Que sont devenus les Suédois qui étaient à Rostock, Wismar et Schwerin?

Je ne doute point que vous ayez donné l'ordre au général Fezensac de laisser des troupes pour garder les forts de Cuxhawen et du Phare. Il faut donner des ordres à M. Vinachc pour y faire travailler et les mettre à l'abri d'un coup de main.

Pour communiquer promptement, il faut organiser entre Cuxhawen et Ilaarbourg un service de messagers du pays à cheval, de trois lieues en trois lieues. Les rapports que vous fera le commandant de Cuxhawen devront être numérotés.

Je vous réitère. Monsieur le général, la demande de me faire connaître la quantité d'effets de campement qui vous sont encore nécessaires par bataillon. Je vous observe qu'à l'avenir tous les détachements qui passeront ici y seront pourvus d'effets de campement; ainsi, il ne s'agit que des présents.

Bremco, 11 mai 1813, quatre heures et demie de raprès-midt.

J'ai reçu votre lettre du 10, à onze heures et demie du soir, et les rapports qui y étaient joints du général Dumonceau, du

DU MAHÉCIIAL DAVOUT. — 1813. 99

général Osten et du prince de Reuss, ainsi que la copie de la lettre étrange du colonel danois et votre réponse.

J'ai envoyé ces deux pièces à TEmpereur, ainsi que votre lettre, convaincu que Sa Majesté ne pourra qu'approuver Totre réponse.

Depuis ma lettre de ce matin où je vous faisais connaître que j en avais reçu une du major général du 8, de Nossen, en chiJFre, que je ne pouvais expliquer, j'ai reçu ce chiffre par an courrier qui était en retard.

Je vois par les ordres que me fait donner l'Empereur qu'il est dans son intention que nous occupions promptement Hambourg; ainsi, tout ce que vous avez fait jusqu'à présent est par^tement conforme à ses desseins.

J*ai fait partir aujourd'hui pour Haarbourg le bataillon du 3' d'infanterie de ligne qui est très-bien exercé. J'envoie des ordres pour que les deux compagnies du 19* qui sont à Bothembourg, en partent demain avec les quatre bouches à feu pour se rendre à Haarbourg. Le bataillon du 29* qui est à Verden reçoit la même destination, et successivement toutes les compagnies des divisions Dumonceau et Dufour, à mesure qu'elles auront tiré à la cible et reçu des effets de campement. La lettre du major général me prévenait que probablement on entrerait à Dresde le 9 et qu'on continuait le succès. Il annonçait aussi que le prince de la Moskowa allait passer l'Elbe pour se porter sur Berlin. Je suppose, d'après les expressions de la lettre de Son Altesse Sérénissime, que c'est le 8 ou le 9 qu'il aura fait ce mouvement '. Ainsi, il n'y aura pas un moment à perdre pour faire les dispositions nécessaires afin de vous rendre maître de Hambourg. La vérifeble attaque devra se faire par l'ile de Wilhelmsbourg. Il faut en même temps en faire faire une à Zollenspicker par les troupes du

' CcH le mouvement de Ney sur Berlin dont il est question plu9 haut, et •pi, dans les calculs de Napoléon, devait avoir pour effet do hâter la reprise àt Hambour{^. Le 13 mai, TEmpercur écrivait au {général Bourcier, comman- ^nt les dépôts de cavalerie à Hanovre : « ...Je vais incessamment être à Min, ce qui mettra le prince d^Eckmiihl à même de rentrer à Hambourg, àt tranquilliser toute la 32* division, et de vous rendre le» moyens d'accélérer In remontes... • (Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 290.)

général Dumonceau. Il y emploiera les bâtiments qu'il a réunis à Lunebourg; maitre de cet endroit, il pourra s'y retrancher, les localités y prêtent beaucoup.

Si vous recevez des députations des magistrats de Hambourg, il faut exiger qu'on n'évacue aucune pièce de canon ni munitions, et qu'aucune des troupes appelées légions hanséatiques ne sorte de la ville.

L'essentiel est de s'emparer promptement de Hambourg; ainsi faites les arrangements qui rempliront cet objet, en ajoutant : sauf mon approbation^ sans que cependant cette restriction puisse retarder l'occupation. J'ai des raisons pour que dans les arrangements que vous ferez pour l'occupation de Hambourg, vous mettiez : sauf mon approbation.

Mandez-moi si vous avez les cartes de Mecklembourg, parce que je chercherai à m'en procurer pour vous.

Bremen, 12 mai 1813, midi.

Je reçois à l'instant vos deux lettres du 11 à quatre heures après midi et dix heures du soir.

Je vais partir pour Rothembourg, où je serai arrivé lorsque vous recevrez cette lettre.

Les rapports du général Dumonceau que vous m'avez envoyés et qui annoncent que des partis de cavalerie ennemie se seraient portés sur Soltau, me paraissent fort extraordinaires, puisque le prince de la Moskowa a dû passer l'Elbe et se porter sur Berlin. Nous sommes en général trop doux envers ceux qui débitent de telles nouvelles. Il faudrait faire arrêter ces gens-là et les faire punir quand les nouvelles sont fausses. Au reste, j'espère recevoir en route vos rapports qui me donneront des renseignements plus positifs.

Quant à la cavalerie que vous me demandez, il est inutile d'y penser avant quelques jours. Je vous ai envoyé tout ce qu'il y avait de disponible du 9* de lanciers. Quant aux Lithuaniens, ils n'ont ni selles, ni habillement, et quoique je

leur aie £ait donner une somme de 10,000 francs en me rendant solidaire pour eux, cela n^avance pas beaucoup leur affaire, puisqu'ici Ton ne trouve pas d'entrepreneurs et qu'on est obligé de faire travailler soi-même les ouvriers. Je vais lear faire donner 20,000 francs sur mon cautionnement, et j'espère que d'ici à quelques jours ce régiment pourra fournir une centaine d'hommes.

J'ai donné ordre au colonel Gobrecht de s'établir à Bederkesa avec le bataillon du 72% 100 chevaux de son régiment et trois pièces d'artillerie. Il sera chargé de la défense de toutes les côtes de la 32* division militaire. Il aura sous ses ordres le bataillon du 105* qui est à Atens, et qui doit fournir des garnisons aux batteries de la Jabde et du Weser. Enfin je mets dans ses instructions qu'il a tout le commandement depuis la rivière qui passe à Buxlehude jusqu'aux frontières de l'Ems oriental. Il ferait exécuter les ordres des préfets et marcherait au besoin contre l'ennemi. Dans ce cas, il aurait à sa disposition toute la garnison de Bremen. L'expérience qur j'ai des talents, de la vigueur et de l'activité du colonel Gobrecht me donne la certitude que ce commandement est entre bonnes mains.

Je désire que vous me fassiez connaître la quantité des troupes laissées à Guxhawen et Stade, et les mesures qui ont été prises pour réparer les forts et travailler à réarmer les batteries.

Rothembourç, 12 mai 1813, sept heures du soir.

Avant d'arriver à Rothembourg, j'ai reçu votre lettre de ce jour.

Si ce que dit le général Tettenborn est vrai, le Danemark prend bien mal son temps pour nous faire la guerre. Au surplus, tout cela sera éclairci, ainsi que vous l'observez fort bien, d'ici vingt-quatre heures.

Demain, avant le jour, il partira de Rothembourg pour

Ha2iriy>ur;^ le Z* régimfriil de li.^n^e. fort de I.IW Lo Lien iuttrail* et ayax<t îeur? effet? de camj-f zient.

Four LuueLour^. il partira aur^i, demain avant le jour. 250 honiiiiei^ du 30* de li^e et autazit du 57% ainsi que d'autres pet:tr dctacbemeiiL?. d^tXe troufie îfa f*ar Tostedt. ou elK* fer«i la r</U[>e et «e re|H>«era un f-eu. et de la elle continuera >a marche pour rejoindre la division Du monceau à Lunel*ourj.

.Si vous aviez fait (aire un mouvement à cette divi>!on. vou> pourriez envoyer de* ordres en conséquence à ces drlachements à Tostedt ; 3 pièces d'artillerie arriveront avec le 3' de ligne,

J attends des rap[K>rt^ du généra! Beurmann au sujet de sa reconnaissance sur DahlemLourg. 11 est présumaLle qu'on lui en a imposé, et que les partis qui se sont portés sur Soltau sont de ces mille et une inventions de la malveillance.

J'ai été fort satisfait des travaux du fort de Rothemboui^.

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Rothembourg, \t mai 1813.

Dans ma dépêche d'hier 11, en vous accusant réception de votre chiffre, je vous ai envoyé copie du rapport du général Vandamme sur Hambourg contenant copie de la lettre du colonel danois de Halîner, et de la réponse du général Vandamme.

Je transmets à présent à Votre Altesse les trois nouveaux rapports que j'ai reçus depuis de M. le comte Vandamme. La lettre du général Tettenborn pourrait faire croire que les Danois se disposent à nous faire la guerre. Au reste, tout cela s'cclaircira sous vingt-quatre heures. Ces lettres du général Vandamme m'ont fait prendre le parti d'aller à Haarbourg.

Suivant les rapports du général Dumonceau de Lunebourg, l'ennemi avait jeté de forts partis de cavalerie de Dahlembourg sur Ueizen. J'ai peine à croire à cette nouvelle, surtout depuis que le prince de la Moskovt^a a dû passer l'Elbe.

Les gazettes de Hambourg avaient annoncé la marche des Suédois sur TEIbe. On assure maintenant qu'ils se sont arrêtés et ne continuent pas leur marche.

Je joins ici les dernières gazettes de Hambourg.

l:U7. — AU MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

Haarbourg, 13 mai, ù minuit.

J'ai rhonneur d'adresser à Votre Altesse les derniers rapports du général Yandamme.

Son expédition d'hier sur Tile de Wilhelmsbourg est très- Ulle; il se loue beaucoup de la conduite de ses jeunes troupes.

H est fort heureux que ce général se soit trouvé ici; c'est à '^a présence et à l'élan qu'il a donné à ses troupes qu'on doit ce résultat. Les dispositions pour l'opération de Hambourg î'ont fort bien entendues; j'ai été les voir, et j'ai trouvé qu'elles ne laissaient rien à désirer. La petite flottille est bien organisée, et tous les moyens bien préparés; mais la tergiversation du général Dumonceau force à ajourner l'exécution de l'attaque de Hambourg, jusqu'à ce qu'on ait vu clair à ce qui se passe sur notre droite. Je donne l'ordre positif au général Dumonceau de se porter avec presque toutes ses forces sur Dahlem- '>ourg, où je me rendrai moi-même si les rapports qu'il m'enverra sont dans le même sens que ses précédents; si, ce qui est vraisemblable, ils sont dénués de fondement, je les ferai venir ici pour m'emparer de Hambourg.

La conduite des Danois est inexplicable : il est vraisemblable ^ue dans deux ou trois jours tout ce qui s'est fait sera désavoué parle roi de Danemark. Ce sera un des résultats de la bataille <ie Lutzen. Cependant, voulant sous peu d'heures donner du positif à cet égard, j'ai cru devoir écrire au général danois la lettre dont copie est ci-jointe. Je m'empresserai de transmettre ^ 'Otre Altesse sa réponse '.

C'est encore la saite tic rimhroglio danois qui a été explique plus liaut,

Le général Yandamme m^a prié d^appuyer prés Sa Majesté la demande du grade de général de brigade qu^il forme en faveur de Tadjudant-commandant Revest, son chef d'étatmajor. Il en fait le plus grand éloge depuis qu'il est avec lui.

Je prie Votre Altesse d'assurer à l'Empereur que la meilleure harmonie régnera entre le général Yandamme et moi, que nous ne pensons l'un et l'autre qu'à bien le servir, et que ce motif fera disparaître les petites altercations que nos caractères entiers pourraient occasionner.

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Haarbourg le 15 mai, dix keuret du soir.

Par ma lettre du 13, en vous transmettant copie de la cop^ respondance du général Yandamme sur la conduite dès- Danois, je vous ai adressé copie d'une lettre que j'écrivais aa général Wegener, commandant les forces danoises dans l^ Holstein. Je transmets h Votre Altesse le rapport de mo» aide de camp qui avait été chargé de la remettre et qui a été obligé de faire deux fois le voyage, sans m'apporter de réponse. Malgré l'assurance donnée qu'on devait me l'apporter aujour^ d'hui, je n'ai encore rien reçu à dix heures du soir. Il m^ parait qu'ils veulent gagner du temps pour recevoir lesinstructions de leur gouvernement.

Je n'ai point voulu quitter Haarbourg avant d'avoir un^ réponse positive : si réellement les Danois sont contre nous, la prise de Hambourg exigera qu'on emploie tous les movens*

Le général Yandamme fait réunir ici tous les moyens dt^ transport qu'on peut se procurer dans les différentes île^ qui sont en notre pouvoir. Tous les marins de l'Elbe et di> Weser sont rassemblés et sont destinés à conduire les bâti--' ments : on a de quoi aujourd'hui jeter 2,000 hommes à la fois-

J'ai dirigé le général Dumonceau avec presque toute s^

et qui allait d'ailleurs bientôt 8*éclaîrcir. En attendant, Tincertitude obligeai C^ à de la circonspection.

DU MARECHAL DÂVOUT. — 1813. 105

lirision sur Dahlembourg et même jusqu'à Dannenberg[, s'il est

nécessaire, pour forcer les partis ennemis qui sont sur la rive

gauche et qui avaient été jusque près de Brunswick, à repasser

TElbe. Ces partis se sont répandus dans le pays immédiatement

après le départ du général Sébastiani; ils ont enlevé environ

l^ douaniers qui se rendaient sans aucune précaution de

Lunebourg à Minden; ils étaient dans des voitures et ont été

>urpris.

En se portant sur Cuxhawen, on a pris un très-riche bâtiment de commerce, venant de Londres pour Hambourg; on e^ime à plus de 2 millions le chargement qui consiste en café, sucre, indigo et en marchandises manufacturées.

Je prie Votre Altesse de demander à TEmpereur ses ordres ^w ces marchandises manufacturées, et s'il faut, comme auparavant, les faire brûler. Toute la cargaison est déjà transportée à Bremen. On a pris les registres de bord, les noms des négociants sont connus ; par nos lois ils peuvent être condamnés à une amende de trois fois la valeur de la cargaison ; ainsi ce serait 6 millions.

Les travaux pour mettre à couvert d'un coup de main les forts près de Cuxhawen se poursuivent avec activité ; dans la nuit du 13 l'ennemi a fait une vive fusillade qui n'a point arrêté les travaux et qui n'a blessé personne.

Je réitère ma demande d'avoir au moins une compagnie de sapeurs et des ofBciers du génie : il n'existe ici, pour le corps d'armée et la 32* division militaire, que le chef de bataillon Vinache. Je m'en réfère d'ailleurs aux différentes demandes que j'ai faites d'artillerie et de personnel.

Par l'occupation de l'île de Wilhelmsbourg, nous sommes ri près de Hambourg que les balles arrivent dans l'île. Des l>atteries d'obusiers sont établies; on s'en servira contre la ^ille quand on fera passer des troupes par le Billwerder.

106 CORUESPOîSDANCE

1319. — AU M.UOR GÉNÉRAL DE LA GRxVNDE ARMÉE

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Haarboiirg, 16 mai 1813, ciuq heures du soir.

Monseigneur, j'ai Tlionneur d'adresser à Votre Altesse la lettre que je reçois à Tinstant du général danois. Il élude de s'expliquer sur la question positive qui lui a été faite; il attend des ordres du Roi. D'après les derniers événements, il est vraisemblable que le Roi désavouera tout ce qui s'est fait. Je ne suis pas éloigné de croire que les habitants fassent leur acte de soumission. Le langage de tous ceux qui arrivent de Hambourg me porte à le croire. En attendant, toutes les dispositions se font pour exécuter les ordres de l'Empereur, et sous quarante-huit heures, à moins d'événements extraordinaires, les troupes passeront par la rive droite pour attaquer Hambourg.

Une lettre du général Dumonceau, écrite de Dahlembourg hier 15, à huit heures du soir, annonce qu'il n'a rencontré qu'une vingtaine de Cosaques, et qu'il parait que depuis trois jours l'infanterie et la cavalerie qui étaient de ce côté-ci ont repassé l'Elbe.

Les partis ennemis ont profité du mouvement du général Dumonceau, qui a dégan^i les postes du côté d'Artlenbourg, pour effectuer leur passage; ils se sont montrés du côté de Winsen. On ne peut empêcher cela, tant que nous ne serons pas sur l'autre rive, ayant si peu de cavalerie.

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Haarbourg, 17 mai 1813.

Monseigneur, j'ai Thonneur de faire l'envoi à Votre Altesse d'un état de propositions de M. le général Vandamme en taveur de divers officiers et militaires qui se sont fait remarquer dans les différentes petites affaires qui ont eu lieu sur la

rive gauche de TElbe et dans les divers passages des bras de

ce fleuve, pour occuper les îles dont nous sommes maîtres.

Je ne puis qu'approuver de pareilles demandes, quoique

ces opéi'ations n'aient pas beaucoup d'éclat. Qu'on considère

la jeunesse de nos soldats et les difficultés qu'il y a à surmonter

pour passer, avec peu de moyens, un grand fleuve, on verra

qu'il a fallu beaucoup de bravoure. Je prie Votre Altesse

de recommander aux bontés et aux grâces de l'Empereur

les différents individus compris dans cet état.

Ilaarbourj, 17 mai 1813.

Le général Dumonceau me faisant connaître, par ses derniers rapports, que l'ennemi a repassé l'Elbe du côté de DomitZjje lui ai donné l'ordre de se rapprocher de Lunebourg et Je faire repasser l'Elbe aux partis qui se sont montrés depuis que ses troupes ont quitté Blekède, Brakède et Aillenbourg. Ainsi, le moment est venu de faire l'opération contre Hambourg.

11 n'y a pas de temps de perdu, puisque les rapports du général Dumonceau avaient rendu nécessaire sa marche, et que vous avez profité de ce temps pour réunir et organiser les moyens de passage et faire faire les roches à feu pour les obus, et qu'il est nécessaire, même avant de jeter des troupes sur la rive droite, de connaître si les Danois seront, ou non, enuemis. Sous vingt-quatre heures, nous saurons vraisemblablement à quoi nous en tenir.

En attendant, vous pourriez demain, à la nuit, faire jeter daus Hambourg une centaine d'obus incendiaires et ensuite ^<iire une sommation, et suivant la manière dont elle sera reçue, ou agira ensuite. Si l'on persiste à défendre Hambourg, ayant reconnu moi-même, dans le temps que j'étais dans cette ^'ille, tous les dehors, je regarde que le point de passage doit >>€ faire dans le Billwerder, à la hauteur de Moorwerder; on

marcherait alors sur Bergedorf, en observant les chemins qui

conduisent à Hambourg et à Wandsbeck, où les Danois ont une réunion de troupes. Au surplus, ce soir, je vous donnerai mes idées plus en détail.

Winsen, 18 mai 1813, neuf heures du soir.

Je VOUS ai informé dans le temps que j'avais transmis à Sa Majesté votre correspondance avec les Danois. J'ai pensé qu'il vous serait agréable de connaître l'approbation qu'y a donnée notre souverain. Je vous adresse copie de la lettre du major général qui la contient.

J'ai reçu la lettre où vous m'annoncez le retour de TofScier de marine qui a accompagné mon aide de camp d'Houdetot. J'envoie à Sa Majesté copie de votre lettre et le journal qui y était joint. Il paraft que l'ennemi a plusieurs batteries sur la rive droite de l'Elbe, dans le Billwerder. Je vous enverrai demain des notes pour vous en faciliter les reconnaissances.

Il faut charger le chef de bataillon Vinache d'employer toute la journée de demain à bien reconnaître toute la rive droite, depuis l'Ile de Moorwerder jusqu'à la hauteur d'Altona. Je ferai reconnaître tout le pays qui est entre le Moorwerder et Zollenspicker.

Des rapports annoncent que des fourriers suédois sont arrivés hier à Laucnbourg; mais depuis le temps que cela se débite, on n'y croit pas.

Haarbourç, 18 nui 1813.

Monseigneur, j'ai l'honïieur d'accuser à Votre Altesse la réception de sa lettre du 9 de ce mois, renfermant Tampliation d'un décret de l'Empereur, en date du 8 de ce mois, relatif à la confiscation des denrées coloniales qui se trouvent dans les 31* et 32' divisions.

Je joins ici copie de Tordre que j'ai donné pour rexécution e ceux de Sa Majesté dans la 32* division. Je fais observer à Totre Altesse que, n'ayant pas le commandement de la 31* diviiioQ, il est nécessaire que le décret soit soumis à TofHcier général qui la commande.

Vm. — AU MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

WioscQ, 20 mai 1813.

Monseig^neur, le général Vandamme a fait jeter quelques centaines d'obus dans Hambourg. J'ai l'honneur de vous adresser son rapport. Il doit être arrivé ces jours-ci quelques renforts à l'ennemi dans le bas Elbe. Toute la rive droite est bien garnie.

Les partis de Domberg et de Czemichef, forts d'environ 4,000 chevaux, 3,000 hommes d'infanterie et 12 bouches à iea, ayant eu connaissance de la marche de la division DumoQceau, ont repassé l'Elbe du 15 au 17 mai à Domitz. Il est Traisemblable qu'ils reviendront sur le bas Elbe, à moins <|Qe le prince de la Moskowa ne soit arrivé à Berlin.

Vous verrez, par le rapport ci-joint de M. d'Aubignosc, ^*il parait que le duc de Gumberland est arrivé à Hambourg ; cela pourrait donner quelque importance au propos que Ton prête à un officier suédois dans ces derniers jours à Boitzenboarg : il aurait dit que les Suédois agiraient quand un prince anglais serait arrivé. Au surplus, il est vraisemblable que la îictoire de Lutzen et le passage de l'Elbe par la Grande innée apporteront de grands changements.

Je dois encore, Monseigneur, insister sur la nécessité qu'on envoie trois compagnies d*artillerie pour ces divisions, et qu'en >atre, on envoie un personnel pour l'artillerie des forts de laarbourg, Cuxhawen, et sur le Weser, enfin pour les diflféents travaux et armements ordonnés par l'Empereur. Je joins :û l'état du personnel de l'artillerie, pour vous montrer comien les besoins sont pressants et combien il est nuisible au

sen'ice de l'Empereur de laisser ce corps avec aussi peu de moyens.

Je me concerte avec le général Vandamme pour le passage de TEIbe; comme on ne connaît pas quelles sont les forces à qui Ton aura affaire, et si l'on n'aura pas à combattre un corps de 15 à 20,000 Danois qui est dans les environs d'Altona, on prendra toutes les mesures de prudence que les circonstances exigent, sans qu'elles nuisent à la vigueur qu'il faut toujours mettre dans ces sortes d'opérations.

Suivant les rapports de Brunswick et de Hanovre, il doit y avoir quelques paitis ennemis composés, en grande partie, de malveillants qui inquiètent ces contrées; il faut pour cela des colonnes mobiles et de la cavalerie, et Votre Altesse sait que je n'ai que 500 chevaux qui ne sont que des recrues.

Winsen, 20 mai 1813, sept heures du soir.

Je reçois votre lettre du 20, à midi, où vous me faites connaître le résultat des obus que vous avez fait jeter dans Hambourg la nuit passée. Vous ne me dites pas si, ainsi que nous en sommes convenus, vous avez envoyé une sommation.

Vous ne devez pas ignorer qu'il ne dépend pas de moi de bâter l'arrivée de bons officiers d'artillerie et de personnel. J'en réclame au major général dans chaque dépêche, et jusqu'ici mes lettres sont restées sans réponse. Je les réitère en envoyant copie de votre lettre.

J'ai 32 bouches à feu. Toutes seront rendues sous peu de jours à Bremen, et j'aurai bientôt les chevaux nécessaires pour les atteler. 11 manquera trois compagnies d'artillerie. Cela nous donnera 8 obusiers de plus lorsqu'on fera sérieusement l'attaque de Hambourg. Il n'y aura pas de mal à leur envoyer 8 à 10 obus avec 6 ou 7 boulets de 24. Cela les mettra en alerte, et lorsque l'attaque véritable se fera, peut-être serontils moins sur leurs gardes.

Il ne faut point du tout penser à faire la moindre entre-

DU MABECIIAL DAVOUT. — 1813. 111

prise sur Zollenspicker. Outre qu'il n'y a presque point d'embarcations, ce point est trop fortement retranché. Je Tai reconnu aujourd'hui, et j'ai de plus parlé à un voltigeur qui était des deux compagnies que le major a fait prendre dernièrement avec tant d'ignorance à Zollenspicker. Ce voltigeur a aperçu, de l'autre côté du pont qui traverse cet endroit, une batterie de 8 bouches à feu. A droite et à gauche, il y a des marais très-étendus.

Voici comment je conçois cette expédition : ce serait de porter toutes les embarcations qui sont à Haarbourg et celles qu'on pourrait y réunir, à la hauteur de Bullenhausen; de jeter tout de suite, sous la protection des batteries qu'on établirait à la pointe de Moorwerder, île de Wilbelmsbourg, le plus de monde possible, et de se rendre maître tout de suite d'Ochsenwerder et de Zollenspicker, qui, par ce moyen, serait tourné. On descendrait ensuite avec la majeure partie des troupes sur la rive droite de Norder-Elbe. Toutes les embarcations suivraient ce mouvement et serviraient à passer les troupes dans le Billwerder, à l'embouchure du Dow-Elbe, sous la protection de la batterie qu'on établirait à la pointe de l'Ile de Wilbelmsbourg sur la digue d'Hovc, qui se trouve en face de cette embouchure. De là, on se dirigerait, suivant les circonstances, pour passer la Bill et se porter sur Horn.

Il serait donc bien important de faire reconnaître l'emplacement où l'on pourrait établir les batteries, à la pointe de Wilbelmsbourg où l'Elbe se partage en deux bras, et à la pointe d'Hove qui se trouve en face de l'entrée du Dow-Elbe. Cette opération nous donne l'avantage d'agir dans un pays coupé, où la supériorité de l'artillerie et de la cavalerie que nous pourrions rencontrer serait sans effet. On aurait sa retraite sur l'île de Wilbelmsbourg.

Pour mieux me faire comprendre et afin que vous puissiez donner vos instructions préliminaires au chef de bataillon Vinache, je joins ici un croquis.

Il faut en même temps que l'on reconnaisse les batteries que l'ennemi peut avoir établies sur la rive droite , et déternûner les batteries que l'on pourrait y opposer.

Les postes établis près de Boitzenbourg et Lauenbourg ont cru remarquer que ces points sont dégarnis de troupes. Aujourd'hui, à Hope, j'ai vu entrer 5 ou 600 hommes à Zollenspicker, venant de cette direction.

J'ai fait couler bas le brick qu'ils avaient du côté de Drenhausen, avec quelques coups de canon. L'équipage s'est sauvé dans ses embarcations. Depuis Dannenberg jusqu'ici, il n'y a plus de partis ennemis.

Vous recevrez ces jours-ci les marins du 4* équipage. Quant aux détachements de la division Dufour, il n'y faut pas penser : ce sont les seules troupes de la garnison deBremen, et il pourrait arriver des circonstances où elles seraient insuffisantes.

Il ne faut tenter aucune attaque que nous ne soyons parfaitement convenus de tous nos faits.

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

WintcD, SO mai 1813, minuit.

Monseigneur, je m'empresse d'avoir l'honneur d'adresser à Votre Altesse copie d'une lettre que je reçois à l'instant du général commandant les forces danoises dans le Holstein. Je me bornerai à un simple accusé de réception, en ajoutant toutefois que nous n'emploierons la force contre Hambourg qu'autant que nous y éprouverons de la résistance.

Maintenant que nous sommes rassurés du côté des Danois, cette opération sera bientôt terminée, et j'espère que nous y serons sous quarante-huit heures.

Wiasen, 20 mai 1813, minuit.

J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre de ce jour, ainsi que de celle du général Wegener, qui y était jointe. Il m'annonce avoir reçu l'ordre de son souverain pour

Tévacuation du territoire et de la ville de Hambourg par les troupes danoises, et il me fait part que le Roi doit envoyer un ambassadeur au quartier général de l'Empereur pour entrer dans des explications sur les derniers événements qui ont eu lieu, et pour cimenter les liens qui existent entre les deux souverains.

En raison de ces circonstances, je pense, Monsieur le général, qu'il est bon que nous nous concertions pour terminer promptement l'opération de Hambourg, et je pense aussi qu'il vaut mieux nous concerter verbalement que par écrit. En conséquence, je vous donne rendez-vous pour demain, dix heures du matin, à Stelle, où je me trouverai, parce que de là j'enverrai des oixlres de mouvement à une partie des troupes de la division Dumonceau. Je vous remettrai une réponse pour le général Wegener, que je vous prierai de faire passer par un officier intelligent.

Haarbour(j, 21 mai 1813.

Je regrette beaucoup que vous n'ayez point voulu vous rendre à Haarbourg, où je suis venu sur votre refus de vous rendre à moitié chemin de Haarbourg à Winsen. Il était important de convenir des mesures à prendre pour le passage de l'Elbe et l'attaque de Hambourg. Un bombardement ne nous mettra pas (d'après les conséquences qu'on peut tirer de votre première tentative) en possession de cette ville. Il faut, pour obtenir ce résultat, faire sauver les étrangers qui en sont les maîtres, à qui il importe fort peu que Hambourg soit brûlé ; on n'y réussira que lorsqu'on sera sur la rive droite.

Je vous ai adressé des observations sur les moyens d'efiFectuer le passage, en vous priant de faire les reconnaissances nécessaires. Je n'ai reçu aucune réponse à cet égard. Quoi qu'il en soit, voici à quoi je m'arrête définitivement. J'envoie au général danois un officier français porteur d'une réponse à la lettre dont je vous ai fait connaître à peu près le contenu.

Il est probable que le gouvernement danois interviendra fortement et agira pour que nous puissions entrer dans Hambourg sans y éprouver de résistance, à moins que des forces majeures ne soient arrivées sur ce point. Il faut suspendre toute hostilité jusqu'au retour de Tofficier à qui j'ai recommandé d'être ici demain de bonne heure. Demain je donnerai tous les ordres pour le passage, et je ferai rapprocher une partie des troupes du général Dumonceau, pour le faire avec le plus de forces possible et être en mesure contre les forces ennemies que ron peut rencontrer, quelles qu'elles soient.

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Winsea, 21 mai 1813.

Monseigneur, j'ai eu l'honneur d'informer Votre Altesse par ma lettre du 14 de ce mois qu'un officier saxon qui était passé à l'ennemi avec un détachement de 40 hommes de son corps avait été fait prisonnier de guerre dans l'île de Wilhelmsbourg le 12 de ce mois.

Je transmets à Votre Altesse Sérénissime l'interrogatoire que j'ai fait subir à cet officier et à plusieurs soldats de son détachement qui ont été repris avec lui.

Je vous prie, Monseigneur, de prendre les ordres de Sa Majesté à l'égard de ces Saxons. En attendant, je les ai fait conduire à Wesel pour y être détenus dans les prisons de la place. Je les fais adresser à M. le général Lemarois, à qui j'écris à leur sujet.

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