COHUES POND ANGE
Lœrrach et à Schaffhouse; cette réunion de troupes sur la frontière de Suisse semble annoncer des intentions hostiles; quoi qu'il en soit, elle suffit pour faire prendre toutes les mesures de précaution et surveiller particulièrement les débouchés de Bâle. II importe de reconnaître dès à présent toutes les positions qu'il serait nécessaire d'occuper , si Ton avait à craindre une invasion. Je rends compte de ce mouvement à l'Empereur, et je lui demande des instructions que je m'empresserai de vous transmettre.
Il est nécessaire, général, que vous preniez les mesures les plus promptes pour être parfaitement instruit de tous les mouvements des troupes étran^jères. Je recommande au commandant d'Huningue la même précaution, en lui prescrivant de vous expédier, ainsi qu'au général Rapp, le plus promptement possible, des officiers intelligents pour vous faire bien connaître les mouvements qui seraient venus à sa connaissance.
Je vous invite, général, à correspondre souvent avec moi et avec le commandant supérieur d'Huningue, et à me tenir au courant de tout ce que vous apprendrez; ne négligez pas le moindre avis, ni aucune des mesures qui peuvent contribuer à garantir la frontière.
24 avril 1815.
Sire, le sieur d'Ambrugeac, ex-colonel du 10* de ligne, s'est présenté, il y a deux ou trois jours, chez moi. Je l'ai fait conduire à la prison militaire. Mon intention était de faire un rapport à Votre Majesté, pour lui demander de le mettre en jugement; mais les rapports du duc d'Albuféra, du maréchal Grouchy et de votre aide de camp Corbineau, me font connaître que cet officier n'est pas plus coupable que ceux dont Votre Majesté s'est contentée d'ordonner la destitution.
En conséquence, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre
Majesté que je fais sortir de prison le sieurd'Ambrugeac, et lui donne oindre de se rendre dans ses propriétés ou chez sa bellemère, madame de Marbœuf \
24 avril I8I5.
Sire, j'ai Tbonneur de rendre compte à Votre Majesté que le maréchal prince d'Essling, le général Rey et le général Ernouf sont arrivés à Paris.
J'ai donné Tordre à ce dernier de se rendre dans sa commune, où il restera en surveillance. Votre Majesté, dans une de ses lettres du 13 avril, me dit qu'elle suppose avoir destitué le général Ernouf. Il n'est parvenu au ministère de la guerre qu'un décret qui ordonne le séquestre sur ses biens, mais il n'a pas été compris dans les décrets qui prononcent la destitution de plusieurs généraux. Je prie Votre Majesté de me donner ses ordres.
24 avril 1815.
Sire, conformément au décret du 22 avril, sur Torganisation des corps francs, j'ai commissionné le colonel Viriot pour lever et organiser un corps dans chacun des départements de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe et des Vosges '. Il s'est résen'é plus particulièrement celui de la Meurthe. Son frère, le chef d'escadron Viriot, est commissionné sous ses ordres
* Le colonel, depuis {»éiu*r;il d'Ainl)ruf»cac, était de ceux qui avaient pris p.irti le plus vivement pour les Bourbons et pour le duc (rAii{;oulème dans les récents mouvements du Midi.
^ Un décret du 22 avril portait création m d*un ou plusieurs corps francs dans chacun des départements frontières de TEmpirc * . Ce décret, en seize articles, ré{;lait toutes les conditions de formation, d'armement, d*orf;anîsation, la position faite aux officiers, les contin{;ents, le rôle des corps francs, les avantages à eux assurés. La lettre ci-dessus est en exécution de ce décret.
pour celui de la Meuse, et le généFaI Gérard, de concert aTec le colonel Viriot, donnera des commissions prorisoires pour lever, toujours sous ses ordres, deux corps francs dans chacun des deux autres départements, à deux individus désignés par ce dernier en prenant Tavis des préfets.
hesf bons témoi{piages que les maréchaux ducs de Danzi" et de Ile(;gio m*ont rendus des talents et de la capacité du colonel Viriot, et des services exceptionnels qu'il a rendus en 18 M, le nombre considérable de demandes qui lui ont été adressées par des officiers en non-activité ou ci-devant de partisans, pour demander à servir sous ses ordres, demande.< que j*ai sous les yeux, ne m'ont point laissé de doutes sur sa capacité et son influence.
Le colonel Viriot m'a assuré que Votre Majesté lui avait promis dans une entrevue la croix de la Légion d'honneur; je pense que Toctroi de cette faveur ne peut que produire un bon effet, tant pour donner un nouvel élan à sou zèle que pour lui procurer d'autant plus de considération dans le pavs où il va organiser ses corps et où il se rendra cette nuit. J'aurai donc rhonneur de prier Votre Majesté de la lui accorder et, en attendant, de lui écrire qu'il a l'autorisation de la porter.
Uy-2i). — A L'EMPEREUR ET ROL
Sire, j'ai invité, il y a quelques jours, M. le comte Lavalette à prendre les ordres de Votre Majesté, sur l'établissement, que je jugeais nécessaire, de plu sieui*s services d'estafettes pour correspondre avec les différents coips d'observation. Je suis informé que M. le comte Lavalette a soumis ma demande à Votre Majesté, et comme cette mesure me semble indispensable, je la prie de vouloir bien prononcer.
1630. — AU GÉNÉRAL RIGHOMME.
26 avril 1815.
Monsieur le général, Tintention de Sa Majesté est que vous fassiez une reconnaissance de Beaumont, de Maubeuge, de la Sambre, comme aussi du pays entre la Sambre et Philippeville. Vous désignerez deux ou trois ponts sur la Sambre, qui devront recevoir des têtes de pont. Vous les choisirez le plus près possible de Maubeuge. Vous reconnaîtrez aussi Charlemont et Philippeville, et vous reviendrez ensuite rendre compte de cette mission, que vous devez remplir le plus promplement et le plus exactement possible.
27 avril 1815 >.
Monsieur le maréchal, j'ai Thonneur de vous adresser copie d'une lettre de TEmpereur. Sa Majesté m'a fait dire, en me l'envoyant, que son intention était que vous partiez de l'endroit même où cette lettre vous parviendra, pour vous rendre en
' Le mnirrlial Groncliy, quoique traite «rune façon exceptionnelle, ne tni*- (lait pas à être rappelé du coinman<lement du 7* corps, ainsi qu*on le voit par les ordres de Napoléon, dont la lettre ci-dessud du maréchal Davout n'est que Texécution ;
M Paris, 26 axril 1815. Mon consin, faites connaître au maréchal duc d*Alhuféra, s'il est encore ?i Lyon, qu'il faut (|u'il y reste. S'il en est parti, expédiez-lui une (îHtafetle pour l'y rappeler. Je donne définitivement à ce maréchal le (*ommandeni(>nt de l'armée des Alpes, qui comprendra les 7" et 19' divisions militaires. Il portera son quartier {général à Chambéry.
« Faites connaître au maréchal Grouchy qu'aussitôt qu'il^ sera remplacé par le duc d'Allmféra^ il revienne à Pans.
" Pressez la levée des {;ardes nationales du Dauphinc et de la 6". division militaire, w (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 132.)
Au fond, malgré ce qu'il avait fait et ce qu'il allait faire encore pour employer Grouchy, l'Empereur se fiait beaucoup plus au maréchal Suchet, à qui il disait avec une confiance familière et délicate, en le cliar{;eant de la défense des Alpes : « Quand vous êtes quelque part, je suis tranquille pour l'endroit où vous êtes. Partez donc et gardez-moi l'Est pendant que je vais défendre le Nord contre l'Europe entière. »
470 CORRESPO>'DANCE
toute diligence à Chambéry. Je vous expédie votre aide de camp sur la route que vous m'avez annoncé devoir tenir, par votre lettre du 19 avril.
Je vous adresse Tordre au maréchal Groucliy de vous remettre son commandement et de revenir à Paris.
27 arril 1815 >.
Sire, en vertu des ordres de Votre Majesté et antérieurement aux explications que j'ai eues avec elle, j'ai fait connaître à M. le maréchal Pérignou qu'il était rayé de la liste des maréchaux. Je joins ici copie de ma lettre et la réponse que j'ai reçue de lui aux demandes que je lui ai faites sur l'état de sa fortune.
Je dois ajouter, Sire, à cet exposé, que les différents rapports du général Maurice Mathieu atténuent les faits reprochés au maréchal Pérignon et méritent toute l'indulgence de Votre Majesté. Je la prie de se rappeler la conduite qu'il a tenue lors de l'assemblée illégale de quelques sénateurs. Elle est facile à constater.
Le maréchal Pérignon est beau-père du général Lanusse. Je prie Votre Majesté de me faire connaître ses intentions sur le traitement de retraite qu'elle voudra lui accorder.
27 avril 1815.
Sire, j'ai demandé au maréchal duc de Valmy de me faire connaître l'état de sa fortune; je joins ici copie de sa réponse
> Par l<*ttn; du 10 avril au mîiiirftnî de la {;uerro, l'Empereur avait donné l'ordre do rayer de la li«tft des maréchaux le prince de Ncufcliâtel, le dnc de RajTUSo, le duc de Bcllune, le duc de Casti(rlionc, le marécbal Pérignon, le duc de Valmy. L'Empereur ajoutait dans sa letti*e : u Vous me préparerez un travail pour accorder une pension en forme de retraite à ceux des maréchaux qui n'ont pas de fortune. Voua me direz ce qu'ils ont et ce qu'ils tiennent du domaine extraordinaire. » {Correspondance de Napoléon t. XXVIII, p. 88.)
et de la lettre qu'il vient de m'écrire pour demander que sa retraite fût promptement fixée. Les détails qu'il donne sur sa fortune sont très-exacts.
Je ne lui ai pas fait connaître les premiers ordres de Votre Majesté sur sa radiation, parce qu'elle m'avait dit de ne pas y donner suite.
Je vous prie, Sire, de déterminer la quotité de la retraite du maréchal duc de Valmy, et de vouloir bien prendre en considération son état de fortune, son âge et ses services, qui lui méritent les grâces et la bienveillance de Votre Majesté.
IG^i. — A L'EMPEREUR ET ROL
27 avril 1815.
Sire, je réponds à la lettre de Votre Majesté, de ce soir, au sujet de Maubeuge \ J'ai eu l'honneur aujourd'hui de vous envoyer un travail sur toutes les places de la 16* division militaire. Je prie Votre Majesté d'examiner ce travail et de me donner une décision pour que les ordres de départ ne soient pas retardés. J'y ai porté le général Lapoype polir Lille. Si Votre Majesté désirait le placer à Givet et à Charlemont, je proposerais alors le général Donzelot, qui commandait à Corfou et qui commande actuellement la 2* division. Quant à Maubeuge, j'ai eu l'honneur, ce matin, de proposer à Votre Majesté, pour maréchaux de camp, ou le général Latour, ou
• L'Empereur au maréchal Davout. — « Paris, 27 avril 1815. Mon coutin, faites mettre en état le camp retranché de Maubeuge, en palissadant les •iuvra(;e8 avancés, les deux réduits et successivement le reste. L*artillerie le Fera armer de manière qu'il y ait le plus tôt possible le nombre de pièces nécessaire.
« Les approvisionnements de bouche pour Maubeuge seront de 10,000 hommes.
tt Faites construire à Avesncs six fours de plus.
• Faites partir tout de suite tous les officiers d'artillerie et du génie nécessaires aux places frontières.
• Maubeuge étant une place importante, au lieu d'un maréchal de camp, il faut y mettre un lieutenant général et deux maréchaux de camp, mon intention étant d'y mettre dix bataillons de la garde nationale, h (Correspond tiance de Napoléon, t. XXVIII, p. 135.)
le général Husson, oo le général Beaovais; comme Votre Majeisté désire on lieutenant général, je propose, oo le lieotenant général Miollis, oo le lieutenant général Merle, oo le lieutenant général Gilly : on d*eox pourrait également convenir pour Givet.
En résumé, le général Lapoype à Lille, ainsi qoe c^est porté dans le travail.
Le général MioUis à Haubeuge,
Et le général Gilly à Givet.
27 avril 1815 >.
Monsieur le général, Sa Majesté me charge de vous donner Tonlre de porter votre quartier général à Avesnes. Vous pla-
* L*Einprreur au manVIml Davout. — ■ Paris, 27 avril 1815. Mon coo- «in, donnez Tordre aa (jcnnral Reillc de porter son quartier {{énéral à Atcso», de placer une diviition à Maubea^e et en avant de la ville dans les viUa^f». de bien reconnaître tontes les positions de Maubcoge et de la frontière, de faire mettre dans le meilleur état de défense la place de Maubeuge, de s'assurer de deux ponts sur la Sambre, de bien visiter tonte la frontière jusqu'à i'hilippeville, afin de la connaître parfaitement, de faire fournir les travailleois qui serf>nt nécessaires pour >Iaubeu{;e, Bavay, Beaumont, et pour les têt» de pont sur la Sambre. Il réunira ses cinq divisions derrière la Sambre,» rexception de la division qui, comme je viens de le dire, sera cantonnée à Maubeuge et en avant.
■ Donnez ordre au (;énéral Drouet, comte d*Erlon, de porter son quartier (général u Valrnciennes, de reconnaitre le camp de Maulde et le camp àe Famars, et de réunir toutes »cs ti'oupes entre Condé et Valenciennes, dan* les cantonnements à portée de ces deux places. Il laissera une division à Lille, jusqu'à ce que les {gardes nationales soient levées pour occuper cettf place. Il retirera ses troupes de Calais, de Dunkerquc et de Boulogne aussitdt que cela sera possible.
m Vous donnerez ordre à la 19* division de partir le !«' mai avec sa liatteiie d'artillerie, avec ses généraux de dividion et de brigade, et de se rendre à Laon, où cette division se cantonnera dans la ville et dans les villages environnants. Donnez le même ordre ù la 6** division de rései'vc de cavalerie, qui partira également avec sa batterie. Vous aurez soin d'ordonner que chaque soldat ait ses cartouches, ses deux paires de souliers dans le tac, et que les cavaliers aient des fers de rechange. Le général Pire commandera cet deux divisions, qui se cantonneront aux environs de Laon...
« Donnez ordre au général Vandamme de réunir son corps entre RocroT et
cerez une de vos divisions à Maubeuge, en avant de la ville, dans les vi]Ia(}es. Vous reconnaîtrez bien la position de Maubeuge et de la frontière jusqu'à Philippeville. Vous ferez mettre dans le meilleur état de défense la place de Maubeuge. Vous vous assurerez de deux ponts sur la Sambre, bien entendu qu'ils soient sur le territoire français. Vous ferez replier dans Maubeuge tous les bateaux, barques, nacelles, et, en un mot, tout ce qui pourrait faciliter un passage, et cela depuis notre frontière jusqu'à l'endroit où la Sambre commence à être navigable. Vous mettrez Bavay à l'abri d'un coup de main. Vous ferez aussi retrancher Beaumont; vous ferez des ouvrages de campagne en avant de deux ponts sur la Sambre. Vous ferez fournir tous les travailleurs nécessaires pour ces travaux.
Mi'zièrcs. La lO* division se réunira à Rocroy, la 11* tlivision se réunira «*ntrc Mézîères et Rocroy; le parc, entre Mézièrcs et Rocroy. La 6* division de cavalerie se réunira é(;alemcnt entre Mézières et Rocroy.
■ Vous donnerez ordre au comte d'Erlon et au général Rcille, en cas d'événements imprévus, de prendre position derrière la Sambre. Le général Vandammr, sur le premier avis qu'il recevra du commencement des liostilités, s'approclierait de la même position pour appuyer la droite du camp établi «IciTiére la Sambre, et, par ce mouvement, ces trois corps se trouveraient réun'«. Le général Pire, sur l'avis d'une attaque, marcherait sur Guise, ce qui compléterait la réunion des quatre corps d'armée.
- Donnez ordre qu'on forme des magasins à Avesnes pour 100,000 hommes «'t pour 20,000 clicvaux pendant dix jours. Proposez-moi un ordonnateur (pii »c rendra sur-le-cliamp à Avesnes pour y diriger en chef l'administration dn «•es armée». Il prendra des mesures pour que Maubeuge, Avesnes, Capellc, Cambray, Bavay et tous les points environnants fournissent l'approvisionnement dont je viens de vous indiquer les bases. Il faut établir des magasins ]iar échelons, qui viennent sur Guise, Laon, Soissons, etc. Je n'ai pas besoin de dire qu'il faut des farines et réunir des moyens puissants.
» Assurez-vous que les trois corps aient chacun leur ambulance. Faites partir pour Laon six compagnies d'équipages militaires pour faire le ser^'icc des vivres.
« Le général Ruty commandera l'artillerie; faites-le partir. « Qu'il y ait à Avesnes, Guise, Sois-^ons, Maubeuge, Landrccies, Valcnriennes, Condé, Philippeville, toutes les cartouches et munitions nécessaires pour l'approvisionnement de ces places.
« Pressez l'organisation des gardes nationales de la 2* division, qui doivent tenir garnison dans les places de la Meuse, afin que toutes les troupes deviennent sur-le-champ disponibles. Ces gardes nationales s'habilleront et s'arrangeront successivement dans les places. » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 133.)
Vous réunirez derrière la Sambre toutes vos divisions, à l'exception de celles que vous cantonnerez à Maubeuge et en avant, ainsi que je vous Tai dit plus haut. Je vous préviens que le comte d'Erlon a Tordre de porter son quartier général à Valenciennes, et de réunir toutes ses troupes entre Condé et Valenciennes. Concertez-vous avec lui pour bien lier votre gauche avec sa droite. Ce général a reçu toutefois l'ordre de laisser une division à Lille jusqu'à ce que les gardes nationales aient été levées pour occuper cette place. Une division d'inEanterie du comte Lobau part après-demain, 29, pour se rendre à Laon, ainsi qu'une division de réserve de cavalerie. Le comte Vandamme reçoit l'ordre de réunir son corps entre Rocroy et Mézières. Concertez-vous avec ce général pour que vos postes de droite se lient avec ceux de sa gauche. Le géne'ral Vandamme, sur le premier avis que vous lui donneriez du commencement des hostilités, a l'oixire de s'approcher de vos positions pour appuyer voire droite. Le général Pire, qui commande l'infanterie et la cavalerie qui se réunissent à Laon, a l'ordre, au premier avis que vous lui donnerez du commencement des hostilités, de se porter sur Guise. Ainsi il y aurait 4 corps d'armée réunis dans cette position. Je vais faire partir un ordre pour former de grands magasins à Avesnes; en attendant, prenez toutes vos mesures pour assurer vos subsistances.
Il faut que vos troupes aient toujours trois jours de pain d'avance. Faites distribuer à vos soldats 50 cartouches, et assurez-vous qu'elles ne sont pas fausses. Un rapport du général Drouet me fait connaître que l'on en a distribué de faites en son et en limaille.
Vos soldats devront avoir trois paires de souliers, compris celle qu'ils ont aux pieds.
Il faut que les chevaux d'artillerie, de cavalerie et de transport aient du foin de rechange, ainsi que cela a été oixlonné. Il faut que tous ces mouvements se fassent avec beaucoup d'ensemble et de promptitude. Concertez -vous avec le comte d'Erlon, à qui vous ferez passer la lettre que je lui adresse, après en avoir pris connaissance. Je vous ai dit plus haut que cet officier général, en cas d'événements imprévus, devrait se
eplier derrière la Sambre; faites-lui connaître la position u'il devra occuper dans cette hypothèse, etindiquez-ia-iui. Je DUS rappelle les instructions qui vous ont été données pour ue les douaniers, en cas d'hostilités, se replient dans les •laces indiquées. Vous donneriez l'ordre pour que les gardes 3restiers vous rejoignent; ils vous serviraient de guides pour 3s colonnes en cas d'hostilités. Vous recommanderez de tenir ecrètes toutes ces dispositions. Ayez soin de faire venir vos >nds à Avesnes. Je ne puis trop vous recommander de faire bseiTcr la plus grande discipline.
27 avril 1815.
Monsieur le général, l'intention de l'Empereur est que 3US portiez votre quartier général à Valencicnnes, le général eille ayant reçu l'ordre de porter le sien à Avesnes.
Ce général occupera Maubeuge par une division et aura ses jtres divisions derrière la Sambre. Il doit occuper Rorny. oncertez-vous avec lui pour que vos quartiers de commucations de droite se lient bien avec ceux de la gauche.
Vous laisseriez une division à Lille, dont vous confieriez le )uvcrnementau lieutenant général Donzelot, officier de tête, î beaucoup de capacité et de grand caractère. Cette division 1 sora retirée lorsqu'une quantité de gardes nationales sufRnte aura été envoyée à Lille. Vous retirerez les troupes que »us avez à Calais, à Dunkerque, à Roulogne, et aussitôt que ;s places auront reçu les gardes nationales qui leur sont îstinécs.
Vous établirez vos troupes dans des cantonnements entre ilenciennes et Condé. Vous reconnaîtrez et ferez reconnaître ir vos officiers d'ctat-major et du génie les camps de Maulde. )us ferez replier dans Condé tous les bateaux , bacs, iccUes, trains, enfin tout ce qui pourrait faciliter un passage qui se trouve sur l'Escaut dans toute l'étendue de son canal li nous appartient. Vous ferez également replier sur Douai
tous le» bateaux, bacs, nacelles, etc., qui se trouvent sût le canal et sur la rÎTÎére qui, de Douai, vient se jeter dans TElscaut près de Mortagne. Cependant, si Ton avait besoin de quelques bateaux pour le transport des subsistances et effets de guerre, vous en prêteriez en prenant toutes les précautions pour vous assurer de leur rentrée.
Faites bien reconnaître les chemins par lesquels, en cas d^événements imprévus, vous vous rallieriez aux troupes do général Reille, et envoyez vos officiers près de lui pour recon* naître les positions que vous devriez occuper. Il faut que tos soldats aient trois jours de pain d^avance. Faites-leor distribuer cinquante cartouches, assurez-vous qu^elles ne sont pas fausses, et faites visiter toutes les poudres 'confectionnées, tant dans les divisions que dans les places.
Vous ferez mettre le colonel directeur d^artillerie aux arrêts de rigueur. Vous ferez faire une enquête. Vous en donnerez le commandement au colonel Halo qui se trouve à Douai, et pour lequel je vous envoie des ordres.
Que chaque soldat ait trois paires de souliers, dont une aux pieds. Je vous invite. Monsieur le général, à faire faire tout ce mouvement de troupes avec beaucoup d'ensemble et de célérité. Concertez-vous avec le général Reille sur tous ces mouvements. Prenez toutes vos mesures pour assurer les subsistances, et que vos soldats aient trois jours de pain d'avance.
Vous recommanderez de tenir secrètes toutes ces dispositions. Je vous ai transmis une dépêche télégraphique qui vous annonce un grand envoi de fonds. Entendez-vous avec le payeur pour qu'il fasse transportera Valenciennes les fonds qui vous sont nécessaires, et qu'il fasse transporter à Lille ce qui doit assurer le service de la solde. Je ne puis trop vous recommander de faire obsen-er à vos ti'oupes une forte discipline.
Faites-moi connaître ceux des officiers qui ne seraient pas encore rendus à leur poste.
1637. — AU GÉNÉRAL VÀNDAMME.
27 avril 1815.
Le nombre des troupes étran(;ères s'augmentant journellement sur nos frontières, l'Empereur s'est décidé à concentrer davantage les différents corps d'armée. Le corps du général Reille, qui était autour de Valenciennes, va se placer derrière la Sambre, occupant Maubeuge par une division. Le quartier général de ce général sera à Avesnes. Le comte d'Erlon, qui était à Lille, se porte à Valenciennes, laissant une division de troupes à Lille, jusqu'à ce que l'on y ait jeté les gardes nationales qui doivent en former la garde.
Une division d'infanterie et une division de cavalerie partiront demain de Paris pour cantonner dans les environs de Laon.
Pour votre corps d'armée, l'intention de Sa Majesté est que vous réunissiez votre corps d'armée entre Rocroy et Mézières, la 10* division à Rocrov, la 11* division entre Mézières et Rocroy, ainsi que le parc et la 6* division de cavalerie. Les comtes d'Erlon et Reille, en cas imprévu, doivent prendre position derrière la Sambre, et, dans cette bypotbèse, sur le premier avis que vous recevriez du commencement des hostilités, il serait nécessaire que vous vous rapprochiez pour appuyer la droite du comte Reille qui serait établie derrière la Sambre. Par ce mouvement, les 2* et 3* corps se trouveraient réunis. Les troupes d'infanterie et de cavalerie qui partent de Paris le 29, pour aller à Laon au premier avis des hostilités, se porteront à Guise. On aurait alors la réunion du 4* corps d'armée. J'ai cru devoir, Monsieur le général, vous donner connaissance de cet ensemble. Je ne vous parle pas du 4* corps, parce qu'il est tout à fait dans un autre système. Il faut que vos postes d'observation se lient avec ceux du général Reille. Entendez-vous avec lui pour cela. Il me semble que vos postes de gauche doivent être sur la limite de la division du côté de Yalcourt. Je recommanderai au général Reille de pousser les siens de ce côté-là entre Reaumont et Yalcourt.
Je Tou? prie, MoD^ienr le gênerai, de donner de^ fK>ur que tou> les t^ateaax, l^iac?, nacelles, enfin tootceqal faciliterait !e f>af.iage sur la Meu>e, qui $e troaTerait enlivli frontière et Giret, soient repliée sur GiTet, et de £ûre replier ?ott sor Grret, soit sur Mëzieres, ce qui se tTooreraît entrées deax places, bateaux, nacelles, et enfin de ne laisser d*aotm| moyens de passer qae le$ ponts qui existent. Prenez tous ks' moyens pour assurer la stricte exécution de ces mesures. Bia entendu que si des transports par eau vous étaient nécessaires, vous donneriez des ordres pour que, les transpoits eflPectués, les bateaux rentrent sous le canon de nos places. Vous savez que nous avons le droit d'occuper le chàteaode Bouillon. Le prince de la Moskowa a fait renforcer, il y i quelque temps, la garnison; on a dû y conduire aussi de Taitillerie. Prescrivez au commandant du château de ne point le quitter sous aucun prétexte, et de prendre toutes les mesures de sûreté pour la conser\'atiou de ce poste. Lt^intention de l'Empereur est de vous envoyer un lieutenant général poor commander à Givet. J'ai proposé le général Dupuy à TEmpereur, pour le commandement de Philippe ville. Je vais loi faire aussi un rapport.