‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 57 sur 95 · AU GÉNÉRAL LECOURBE · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL LECOURBE

10 mai 1815.

Monsieur le général, je viens de donner l'ordre au général Rapp de ne laisser dans les places fortes de sa division militaire que les bataillons de gardes nationales, et de réunir tout son corps d'armée sur les lignes de la Lauter. Ainsi les troupes qu'il avait dans les environs d'Huningue ont suivi ce mouvement. Jusqu'ici l'on croit à la neutralité de la Suisse. Cependant il est prudent de ne pas trop s'y fier. Il faut donc se mettre en mesure de ce côté. Il faut réunir tout votre corps autour de Belfort, choisir une bonne position qui puisse être protégée par les places; vous feriez faire une redoute pour protéger votre camp de manière à couvrir toute cette trouée. Vous aurez sur votre gauche une division des gardes nationales qui va se réunira Nancy et qui sera chargée de défendre les Vosges. Le général Gérard a reçu l'ordre de faire retrancher avec une grande activité les défilés des Vosges. Vous ferez réunir à votre corps d'armée toutes les gardes nationales qui ne sont pas destinées à la défense de la 6* division. Faites surveiller avec la plus grande activité, pour appuyer vos positions sur Belfort, et assurer la défense des passages du Jura,

dont les principaux défilés sont : Blâment, Pont-de-Roide, Mor* teau, Joug[ne, et en arrière le fort de Joux et les défilés entre le lac de Saint-Point et Remoray, entre les Rousses et le$ Faucilles. Donnez tous les ordres nécessaires pour rarmement et Tapprovisionnement de toutes les places fortes de la 6*di?ision. Imprimez une grande activité à tout. Je vous adresse les états des différentes compositions de réserve des gardes nationales, Tétat de la formation des garnisons, le nom des généraux qui commandent, les ordres donnés par rartillerie, particulièrement pour les batteries affectées aux bataillons des gardes nationales, et par le génie pour les travaux à faire pour les défilés du Jura. Si quelques officiers généraux n^étaient pas rendus à leur poste, désignez-les-moi.

10 mai 1815.

Une personne arrivée de la Belgique assure que le projet de Wellington est de percer par la trouée de Chimay, pour se porter sur Laon par Vervins : rien ne prouve qu'il ait renoncé à ce projet. Vous devez vous attacher à le rendre impraticable. Il doit y avoir en arrière de la petite ville de Beaumont une forte position. Faites reconnaître si cela est susceptible d'être défendu contre un grand nombre de troupes. Le moyen qui serait le plus sûr serait de faire des abatis et des ouvrages dans la forêt de Chimay pour rendre les passages absolument impraticables. Les abatis de ces ouvrages devraient se faire entre Beaumont, Avesnes et Chimay. La route qui traverse cette forêt n'est pas très-bonne. Cependant l'ennemi l'a traversée l'année dernière avec un corps nombreux et beaucoup d'artillerie. 11 est suffisant d'appeler votre attention sur cet objet pour être convaincu que vous ferez tout ce qu'il y a de mieux à faire. Si Chimay est à l'abri d'un coup de main, occupez-le, et prenez toutes les mesures pour vous assurer cette communication dans le cas où vous vous rapprocheriez d'Avesnes.

10 mai 1815.

Sire, le général Sébastiani me fait connaître que si les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont autorisés à envoyer leur gardes nationales dans les places qui y sont situées, la levée et Torganisation se feront plus facilement, que l'esprit s'améliorera et qu'ils se défendront avec courage, que d'ailleurs ils seront mêlés avec des gardes nationales d'autres départements qui leur donneront encore plus d'impulsion. Je prie Votre Majesté de me faire connaître ses intentions à cet égard.

12 mai 1815.

Sire, je transmets à Votre Majesté une note qui m'arrive d'Avesnes et rend parfaitement notre situation sous le rapport de l'administration. C'est un cri général de tous les points de la France. Aujourd'hui, à Mézières, le service manque; on ajoute que les agents du munitionnaire général ne font leurs payements qu'en traites à soixante jours de date, ce qui, loin d'obtenir aucun résultat, ne fait qu'empirer encore l'état des choses. A Châlons, à Metz, à Strasbourg, même langage. Depuis deux mois on ne fait aucun remplacement, et il n'y a plus rien pour le service courant. J'ai communiqué toutes ces dépêches à M. le comte Daru. J'avais espéré. Sire, dans l'audience que j'avais demandée à Votre Majesté, qu'on aurait pris un parti; mais elle s'est terminée, à mon grand regret, en laissant tout dans la même indécision. Je conjure Votre Majesté de convoquer chez elle demain son major général, le ministre du Trésor, le comte Daru, l'intendant général et moi, pour que l'on ait connaissance de la véritable situation des choses et qu'il soit pris des mesures en conséquence.

12 mai 1815.

J'ai rhonneur d'attirer l'attention de Votre Majesté sur la dépêche ci-jointe du maréchal Brune. L'esprit de ce pays est si mauvais que je pense qu'il serait nécessaire d'y laisser les troupes dont il s'agit.

Le ministre de la marine retire de Toulon 700 hommes d'artillerie de marine : ainsi cette place est dégarnie du principal d'artillerie nécessaire à sa défense. Il n'est point arrivé d'artillerie appartenant à l'armée de terre, et les troupes de Corse ne sont pas arrivées. L'esprit des habitants du Midi est a£Freux.

12 mai 1815.

Monsieur le général, j'ai eu des réclamations sur les travaux ordonnés au château de Chimay. J'ai répondu que vous ne feriez aucun dommage, à moms que la chose ne fût reconnue militairement nécessaire. J'ai passé dans ce pays, et autant que je puis me le rappeler, le village et le château sont dominés : ainsi les ouvrages qu'il y aurait à faire seraient sur les hauteurs.

On craint beaucoup qu'il y ait de la désertion dans le bataillon suisse qui vous a rejoint à Vitry. Prenez vos précautions et placez-le loin de la frontière, dans un endroit où il ne pourra être travaillé par les émissaires. Ce bataillon a besoin de beaucoup d'efiFets et manque surtout de chemises. Si vous pouvez lui faire donner quelques secours, faites-le.

1696. — AU GÉNÉEIAL VANDAMME.

Je VOUS envoie copie d'une lettre qui m'a été communiquée et qui contient des renseignements. fort importants. Je vous prie de faire prendre près des personnes qui Tout signée des renseignements qui déterminent votre opinion sur la vérité des faits qui y sont énoncés, il faudrait tâcher de pouvoir saisir une paitie de cette correspondance avec un royaliste cidevant employé à la commission de liquidation de la Grande Armée. (Écrit dans le même sens aux comtes Kéal et Lavalette.)

12 mai I8]5.

Je reçois votre lettre du 9. Je vous ai transmis les décrets de FEmpereur pour mobiliser la garde nationale sur la frontière d'Espagne. Aujourd'hui, on adresse aux préfets, aux généraux commandant les divisions militaires, avec l'expédition du décret, des instructions. On enverra des généraux, mais que Ton n'attende pas leur arrivée, que l'on commence toujours ; poussez l'organisation avec activité, entrez en correspondance avec les généraux et préfets qui doivent y concourir, et donnezleur vos instructions. Il y a à Toulouse, Perpignan, Bordeaux, des effets d'habillement : il faut en disposer soit pour les gardes nationales, soit pour les militaires qui rejoignent les corps. Faites appel à tous les militaires réformés ou en retraite, etc. Quelles que soient les opinions, quand on saura l'Espagnol sur nos frontières, je ne doute pas qu'elles se rallient et que vous ne fassiez opérer un grand mouvement. Vous avez des fusils à Bordeaux, Perpignan, Toulouse; faites-les distribuer. Vous avez dans tous ces départements beaucoup d'Espagnols réfugiés qui sont animés du meilleur esprit; vous pouvez en tirer un grand parti dans ces circonstances. Faites-en des détachements que vous armerez; vous les placerez sur vos frontières;

526 COREBSPO^DANCE

mettez-les en communication arec les Espagnols, ils y mettront la désertion.

Vous commandez en chef sur ces frontières. Prenez toutes les mesures que le service de l'Empereur et le bien de la patrie exigeront, entendez-vous avec les autorités locales. Faites passer des marchés pour jeter promptement des vivres dans les places. Annoncez même, si vous le jugez utile, queb division Morand, dont chaque régiment va être porté à 5 bataillons au grand complet, va vous être envoyée.

12 mai 1S15.

Sire, j'ai l'honneur de donner connaissance à Votre Majesté d'une lettre que je reçois à l'instant de M. le maréchal Brune. Je prie Votre Majesté de m'autoriser à prescrire à ce général de mettre la ville de Marseille en état de siège, et de mettre à exécution les diverses mesures qu'il propose.

12 mai 1815.

J'ai lu avec attention votre lettre de ce jour renfermant la proposition d'adopter plusieurs mesures pour réprimer et prévenir les désordres qui se manifestent dans la Vendée. Ces mesures m'ont paru propres à remplir ce but; je les ai soumises à l'approbation de l'Empereur, et en attendant ses ordres à cet égard, j'en ai donné connaissance à M. le lieutenant général Delaborde, commandant supérieur des 11*, 12* et 22* divisions militaires, qui, étant sur les lieux, est plus à même de bien juger si leur application peut convenir aux circonstances actuelles et aux localités \

' L'Empereur au maréchal DavouC. — ■ « Fariâ, 12 mai 1815. Mon cousin, faiteij connaître au {général Dclaborcle qu'il doit avoir reçu 300 hommes des canonniera de marine de Rochefort ; qu'il doit recevoir un de« sept r«^mcnt<

» 12 mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté copie d'une lettre que je reçois de M. le duc de Rovigo, en date de ce jour, contenant la proposition de diverses mesures contre les désordres qui se manifestent dans la Vendée. J'ai, en attendant les ordres de Votre Majesté, autorisé le lieutenant général Delaborde à faire mettre les mesures à exécution s'il les juge utiles. Je prie Votre Majesté de me faire savoir si cela entre dans ses intentions.

13 mai 1815.

Sire, j'ai proposé à Votre Majesté de faire entrer dans les places de guerre tous les militaires qui étaient capables d'y faire le service; elle a envoyé mon rapport avec une apostille faisant connaître qu'elle trouvait que cette mesure était bonne. J'ai donné des ordres, mais il importe de la régulariser et de la mettre promptement à exécution, surtout pour les places du Nord qui sont dégarnies de troupes de ligne, qui n'ont pas reçu de gardes nationales et probablement n'en recevront pas tout de suite.

Je me suis fait représenter l'état par divisions militaires de la quantité de militaires en retraite pour chaque grade; le nombre en est considérable, et en supposant que la moitié seulement soit valide. Votre Majesté aura dans les places une quantité sufHsante d'anciens soldats. Je prescris qu'ils ne fassent d'autres services que d'instruire les bataillons des gardes

destinés à la frontière des Pyrénées, qu'il doit recevoir 500 {gendarmes dont la moitié est partie et Tautrc moitié partira demain en poste; qu'avec cela il doit former des colonnes mobiles et dissiper les bandes ; qu'enfin il faut faire appel, s'il est nécessaire, aux fédérés de Nantes, mais qu'il est indispensable de laisser fder les régiments pour l'armée... » {Cot-respondance de Napoléon^ t. XXVIII, p. 177.)

nationales, auxquels ils seront d'un bon exemple, en leur donnant de Tassurance, et de défendre les places en cas de siège. J'ai en conséquence Thonneur de proposer à Votre Majesté le décret d'exécution.

1702. — A L'EMPEREDR.

13 mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur de transmettre à Votre Majesté copie d'une lettre du général Lamarque. Je trouve les observations de ce général très-justes. Je demande à être autorisé à écrire aux généraux commandant les corps d'observation de faire rentrer dans l'intérieur, à vingt lieues des frontières, les exnobles et en général tous ceux qui paraîtraient suspects. On désignera les endroits où ils devront rester, et ils y seraient mis en surveillance.

13 mai 1815.

Sire, dans la présomption d'une rupture avec l'Espagne, je pense qu'il serait avantageux de porter à Toulouse le 6* régiment étranger que Ton forme à Tours, et de le mettre à la disposition du général Clausel. Les Espagnols serviraient d^une manière plus efficace près des Pyrénées que partout ailleurs; par eux on pourrait établir et entretenir des communications avec les mécontents de la Catalogne, de la Biscaye et de l'Aragon; ils seraient l'épouvantail des uns et le point de ralliement des autres.

Je crois qu'on n'aurait pas à craindre la désertion de ces hommes, puisqu'ils sont proscrits par leur gouvernement. On pourrait attacher à la suite de ces régiments une plus grande quantité d'officiers que n'en comporte notre organisation, et qu'on prendrait parmi les dépôts des réfugiés espagnols.

170i. — A L'EMPEREDR.

13 mai 181 :>•

Sire, j'ai Thonneur de transmettre à Votre Majesté copie de la lettre de M. le lieutenant général Lemarois, dans laquelle <;e général fait connaître la nécessité de mettre en état de siège le Havre etd'y placer un commandant ferme. N'ayant à ce sujet qu'une lettre de Votre Majesté, je la prie de signer le décret ci-joint pour éviter toute difficulté de la part des autorités civiles. Je fais partir tout de suite pour commander le Havre, M. le maréchal de camp Schwitter, qui déclarera la place en état de siège aussitôt son arrivée. Je prie également Votre Majesté de me faire connaître si elle approuve le choix de cet officier général.

13 mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur de vous adresser mon rapport de ce jour; Votre Majesté y remarquera que le général comte d'Erlon fait connaître que le directeur des douanes de Valenciennes demande le rétablissement des communications commerciales avec la Belgique, en les restreignant aux routes de Gondé et Mons. Je prie Votre Majesté de me faire connaître la réponse que je dois faire au général d'Erlon.

11 mai 1813.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie d'une lettre du général Delaborde. Je ne puis qu'approuver la mesure qu'il a prise de faire rétrograder le bataillon du 61*. Je vais même donner l'ordre au reste de la division Teste qui se porte sur Orléans de se rendre à Angers à marches forcées^ IV. 3i

»0 COBRESPO^DAUCE

afin d'étouffer de? 9OD principe cette iiisorrectioD qui prend au caractère sérieux. Je joins ici à ToCre Majesté un état des troupes qui sont en marche dans cette prorince pour se rendre à Paris. Je la prie de me Eure connaître quelles sont celles qu'elle reut que je mette à la disposition du général I>elabonie.

14 mû 1813 >.

Sire, les rapports que m^adressent M. le maréchal Brune et MM. les lieutenants généraux Clausel, Delaborde, Trarot et Lemaroîs deviennent de jour en jour plus graves. Votre Majesté pourra en juger par ceux que j*ai fhonnenrde lui adresser cijoint, et qui sont les plus récents.

Votre Majesté verra que partout le départ des trou|)es de ligne a donné de Taudace aux agents de Louis XVIII, et qu'ils sont parvenus à égarer Tesprit public et à comprimer l'élan des bons habitants qui étaient portés pour le gouvernement actuel. Les gardes nationales ne peuvent point s^organiser, les hommes rappelés ne rejoignent point, et même, d'après un rapport transmis par M. le général Lemarois, des marins de la ville de Dieppe qui avaient été appelés chez le commissaire de marine |>our s*y Caire inscrire, se sont portés envers ce commissaire à des actes de violence et ont signifié qu'ils n'exécuteraient point les ordres. Des démonstrations de force répressive ont effrayé ces marins, qui ont aussitôt conçu le projet de passer en Angleterre; mais ils ont échoué dans les premières tentatives qu'ils ont £aites pour sortir du port.

Les dispositions des Espagnols sur les frontières alarment les habitants de nos frontières et les mettent dans un état de

' Une (p-andc a{ptnUon régnait en effet dans touteâ le* rqpoiis «te l'Ouest et

«lu Midi, et le mnrcclini Brone, encore pliu que le général Claojtel, avait heau- « ;. r^: - • i : . : » r-^«» ...^:«j:.w. * v« rii „«.

perplexité qui nuit à rexécution des mesures ordonnées. Sur nos côtes s'agitent des agents de Louis XYIII, et ils sont d*autant plus dangereux que parmi eux se troarent des fonctionnaires publics quiy sous le dernier gouYemement, avaient acquis quelque influence.

Dans cet état de choses, Sire, j'ai Thonneur de vous proposer de mettre en état de siège toutes les places sur les frontières d'Espagne, toutes celles sur les côtes de TOcéan et de la Méditerranée, la ville de Marseille, et d'autoriser les généraux commandant en chef à déclarer en état de siège toutes celles à regard desquelles ils jugeront ces mesures nécessaires. L'autorité civile est faible ; presque partout l'autorité militaire imprimera une crainte salutaire et propre à amener l'exécution des mesures prises pour rétablir la tranquillité. Je propose à Votre Majesté de donner aussi à ces généraux le droit dechai»* {jer les autorités civiles dans toute l'étendue de leur commandement, et de faire toutes les arrestations qu'ils jugeront néces^ saires, de prendre des otages ; il n'y a que de vigoureuses el promptes mesures qui puissent prévenir de grands et dange** reux troubles. Je propose aussi à Votre Majesté d'envoyer imi régiment de cavalerie de la garde à Amiens : cette démonstration comprimerait la malveillance et rendrait facile le rappel des militaires en congé et la levée des gardes nationales.

Je supplie Votre Majesté de lire avec attention toutes ces pièces, et de prendre en considération toutes les demandes que j'ai l'honneur de lui soumettre. Elle remarquera dans les rapports de M. le maréchal Brune que les troupes qui devaienl venir de l'ile de Corse ne sont point encore arrivées. Je vai» donner des ordres à M. l'inspecteur général de la gendarmerie pour qu'il fasse changer la gendarmerie de la 8* division mifi> taire, ainsi que le maréchal le demande.

14 mai 1815.

Sire, j'ai eu l'honneur d'annoncer succinctement à Votre Majesté, dans mon rapport d'hier, la dispersion de la bande de

:iZ± COBBESPO^DA5CE

pillard» qui parconrait les enTÎrons de Foogëre». J'ai cm d<y Toîr traiumettre à ToCre Majesté la copie do rapport en cntifr qae M. le lieutenaot géoéral Bigarré m'a Cut à ce sa jet. J^appellerai rattention de Votre Majesté sor la demande que Eût M. le général Bigarré du grade de colouel pour le chef d>>tf-adroD» André Delagrave, son chef d'état-major. Je tous prie, Sire, de m'autoriser â lui présenter un projet de décret poor cette nomination.

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Sire, M. le lieutenant général Dessaix m'écrit de Chambénr, $ous la date du 17 mai, ce qui suit : « Je dois faire connaître à Votre Excellence que pour le grand avantage des régiments piémontais qui s'oi^nisent à Chalon-sur-Saône, plusieurs avis m'ont été donnés que cette formation serait beaucoup plu> facile et plus active si, au lieu de la dénomination de régiment piémontais, on leur donnait un numéro dans la ligne. * J'ai cru devoir faire part de cette observation à Votre Majesté.

15 mai 1815.

Monsieur le duc, au moment où j^allais expédier mou rapport à l'Empereur sur la lettre que vous m'avez adressée aujourd'hui concernant le départ de plusieurs compagnies* de gendarmerie pour Angers, et la proposition que vous faites d'ordonner le départ pour l'Ouest d'une partie du bataillon de la gendarmerie à pied de Paris, j'ai reçu une lettre de Sa Majesté renfermant cette disposition : « Prévenez le général De* laborde que 600 gendarmes d'élite, formant 6 compagnies à pied, se rendent en poste pour le rejoindre; que 4 sont déjà partis de Versailles, et qu'on lui en enverra jusqu'à 12 '. »

' Dans cette lettre, datée du 15 maî, au minutrc de la guerre, rEmpercur

Je vous prie, Monsieur le duc, de me faire connaître si ces 600 gendarmes sont les mêmes que ceux que vous proposez de faire partir. D'après votre réponse, j'annulerai ou j'expédierai à Sa Majesté mon rapport sur votre proposition.

Sire, j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté une demande que m'a adressée M. le général Bigarré, commandant la division militaire, à l'effet d'obtenir la décoration de la Légion d'honneur ou de l'ordre de la Réunion en faveur de cinq notables de la ville de Rennes, et plus particulièrement de M. Daret, receveur général du département du Morbihan, et Rebillard, avoué à la cour impériale de Rennes, qui portent un grand dévouement à votre personne, et dont rinfluence peut entraîner celui de leurs compatriotes. Je prie Votre Majesté de prendre cette demande en considération, parce que je suis convaincu que cette marque de bienveillance de sa part produirait un grand effet sur l'esprit des autorités et des principaux habitants des communes de la Bretagne.

15 mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur de communiquer à Votre Majesté une note de renseignements sur la ville de Marseille, que je tiens d'une j)ersonne bien instruite et très-sûre. Cette note renferme

ajoutait : <• Faites connaître au général Delaborde que le 43^ doit rester tout entier à sa dispo.'tition dans la Vendée, qu'il doit employer aussi les gardes nationales et les fédérés; mais qu'il faut laisser partir les troupes de ligne, qu'elles sont nécessaires aux frontières; qu'une victoire dans le Mord fera plu.4 pour le calme intérieur que des troupes qu'on laisserait dans l'Ouest; c(uc j'ai besoin de réunir toutes mes troupes pour arriver a ce résultat, que je n'en excepte que le 43*. » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 190.)

des réflexions qui m'ont paru bonnes. Je prie Votre Majesté de la lire avec attention, et de me foire connaUre ses intentions. Je la prie aussi de m'autoriser à donner Tordre à M. le maréchal Brune de mettre Marseille en état de siège.

MINISTRE DE L'iNTÉRIEUR.

15 mai 18la«

J'ai rhonneur de transmettre à Votre Excellence une lettre qui m'a été envoyée par M. le lieutenant général comte d*Erlon. II serait bien instant que des mesures fussent prises à regard des autorités civiles, que Ton signale comme dangereuses, et de celles dont Tindolence est aussi très-nuisible, dans un moment où il serait si nécessaire que les chefs, dans toutes les parties, fussent animés de cette ardeur qui se communique, et de donner partout une forte impulsion. A cette occasion, je me permettrai de faire remarquer de confiance à Votre Excellence qu'il parait que MM. les commissaires généraux n'ont pas tous attaché une assez grande importance à leur mission, ou au moins qu'elle n'a pas produit dans la majeure paitie des départements les résultats que l'on en attendait. Votre Excellence sera convaincue, comme moi, de la nécessité de suppléer à l'insuffisance des moyens qui ont été employés pour la bonne composition des autorités supérieures, dont rinfluence est d'un si grand poids sur l'esprit des habitants, et de mettre en usage pour le bien du ser\*ice de l'Empereur toutes les mesures que commandent les circonstances majeures où nous nous trouvons.

15 mai 1815 ^

Monsieur le général. Sa Majesté vous confie le commandement de 24 bataillons de fédérés tirailleurs de la gai^e natio-

> L*Empereur au maréchal Davout. — « Paris, H mai 1815. Mon cousin.

iiale de Paris, qui formeront 6 bri{;ades. Je vous invite à me présenter sur-le-champ 6 maréchaux de camp, 12 colonels, 24 chefs de bataillon, et ainsi de suite les autres officiers, c'est-à-dire dans la proportion de ce qu'il faut pour 24 bataillons. Il faut dési{;ner les {généraux et officiers parmi ceux qui se trouveront disponibles à Paris, et à défaut de ceux-ci, prendre les officiers en congé et même en retraite.

Vous prendrez des renseignements pour connaître les officiers disponibles au bureau de la guerre et près de M. le général Hulin. Pour les officiers d'un grade inférieur, vous vous adresserez au général Berthezene, et vous prendrez sur chacun d'eux des notes au bureau de la guerre. Enfin, vous prendrez toutes les précautions nécessaires pour n'avoir que des hommes pleins de dévouement pour l'Empereur, et animés du meilleur esprit.

On ne saurait mettre trop de soin dans cette organisation. Je vous invite à vous entendre avec MM. les préfets de Paris et de police pour la division de ces brigades par quartiers; on en fera une ou deux dans le faubourg Saint-Antoine, une ou deux dans le faubourg Saint-Marceau ; on y joindra les hommes de la banlieue des villages voisins du département de la Seine ' . Je vous recommande de nouveau d'apporter tous vos

je vous prie fie me faire un rapport pour me faire connfiitre si vous avez la cpiantité (l'ofHciers qu*cxi{;e la formation des batai]lon>) de (gardes nationales. J'ai levé, je crois, 400 bataillons; cela exi{;e 200 majors, 400 chefs de bataillon et 400 capitaines-adjudants. Je viens de lever pour Paris 24 bataillons, <|ui exi{»cnt 1 lieutenant péni^ral (ce sera le {;onéral Darricau), 6 maréchaux de camp (employez à cette destination les plus dévoués), 12 colonels, 24 chefs de bataillon et environ 500 capitaines, lieutenants et sous-lieutcnant«t. Ne mettez pas là de jeunes {;eni<, mais beaucoup de vieux ofKciei*s.

« Je compte lever 12 batiillons semblables à Lyon, destinés à la défense <le cette grande ville; ce qui emploiera encore un nombre d*ofHciers c{»al à la moitié du nombre que je viens de calculer pour Paris... » (^Correspondance lie Napoléon, t. XXVII, p. 174.)

1 On se borne ù rappeler ici le mouvement spontané qui s*était produit dans beaucoup de départements sous le nom de fédération, et qui s'était manifesté avec une vivacité particulière à Paris, surtout dans les quartier* populaires. Loin de s'inquiéter de <*e mouvement qui réveillait des souvenirs révolutionnaires, l'Empereur le voyait au contraire avec faveur. La veille, 14 mai, il avait passé en revue, dans la cour des Tuileries, les fédérés des faubour;>s Saint- Antoine et Saint-Marceau. Une députiition lui avait lu une

53ri CORRESPONDANCE

soins à cette or{j;anisation. Je vous invite à vous en occuper sans relâche. Je désire qu'elle soit achevée sur le papier dans deux ou trois jours, non-seulement par le choix et le placement des officiers, mais encore par le contrôle nominatif des simples fédérés. Vous trouverez ci-joint une lettre pour les préfets de Paris et de police, où je les invite à concourir tous deux à cette opération.

15 mai 1815.

Sire, j'ai fait connaitre aux généraux commandant la Normandie et dùns le Nord que les intentions de Votre Majesté étaient que Ton dirigeât sur Paris, pour être incorporés dans la jeune garde, tous les militaires qui y étaient rappelés. Pour que cette disposition ait un succès complet, je propose à Votre Majesté d'envoyer un cadre d'officiers et sous-officiers de la jeune garde dans les divers arrondissements de ces départements, pour ramener à Paris tous ces militaires; leur présence surmonterait toutes les intrigues qui les détournent du chemin de l'honneur. Si Votre Majesté approuve cette disposition, je m'entendrai avec le général Drouot pour son exécution '.

a(lrc8Ae pntriotif|uc; il avait rrpondu par un discours propre à enflammer Ir sentiment national des classen popiilaire», disant : « Soldats fédèrent df^ fau1)our{;8 Saint-Antoine et Saint-Marceau, je suis revenu seul parce qu<* je comptii^ 8ur le peuple des villes, les habitants des campa{pies et les soldat^ t]o l'armée dont je connaissais l'attachement h l'honneur national. Vous avez ju<t(iHé ma confiance. J'accepte votre offre, je vous donnerai des armes. Je vous donnerai pour vous (guider des officiers couverts d'honorables blcitsiin'S... vos bras robustes et faits aux plus pénibles travaux sont plus propres que tous les auti'es au maniement des armes. Quant au coura;^e, vou^ «'•KM Françai"*, etc. n [Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 187-188.) ' Le {»oiiéral Drouot était aide- major de la fjarde.

15 mai 18J5.

Sire, il existe aux archives de la secrétairerie d'État un grand nombre de documents qui, par leur nature, devraient appartenir au dépôt de la (juerre. Ces documents consistent principalement dans la correspondance militaire du Directoire renfermée environ dans 500 cartons, qui, à l'époque du gouvernement consulaire, furent réunis par un officier et par l'archiviste bibliothécaire du dépôt de la guerre, de concert avec le chef du secrétariat du Directoire.

Tout porte à croire que les plans de campagne des guerres de la révolution sous le Comité de salut public et sous le Directoire, ainsi que les instructions données aux divers généraux d'armée aux mêmes époques, plans et instructions à la conception et à la rédaction desquels M. le général Carnot passe pour avoir eu une assez grande part, font aussi partie des documents renfermés dans ces cartons. En l'an XII, Votre Majesté fit demander au dépôt de la guerre par son ministre secrétaire d'État un certain nombre de pièces de la correspondance de Moreau et de Pichegru ; ces pièces furent transportées à la secrétairerie d'État par l'intermédiaire de M. Levallois, chef de bureau à ce secrétariat : elles n'ont pas encore été renvoyées à ce dépôt. Vers la même époque ou peu de temps avant. Votre Majesté fit aussi demander au dépôt de la guerre une bonne partie de la correspondance militaire de l'armée de rOuest. Elle fut remise comme la précédente à M. Levailois, et le renvoi n'en a jamais été fait au dépôt de la guerre. Si tous ces documents, qui renferment nécessairement des documents précieux, étaient réunis à ceux qui existent déjà au dépôt de la guerre, où ils seraient classés sans délai dans un ordre méthodique, non-seulement la recherche en serait facile, lorsque Votre Majesté jugerait à propos d'y recourir, mais encore le ministère de la guerre et le comité de défense pourraient aussi y avoir recours de leur côté.

C'est d'après ces considérations. Sire, que j'ai l'honneur de

prier Votre Majesté de vouloir bien ordonner que tous les documents militaires qui existent à la secrétairerie d'État soient remis à ceux du dépôt de la guen*e, où ils seront dépouillés et classés dans le même ordre méthodique.

16 inai 1815.

Sire, j'adresse à Votre Majesté copie d'une lettre que je reçois à T instant du {j[énéral Maurice Mathieu, de Toulouse. Ses réflexions sur le départ de M. Pontécoulant sont trèsjustes. De tous côtés, on fait la même réflexion sur les commissaires extraordinaires. Leur temps était, en majeure partie, employé en cérémonies. On se plaint en général de leurs opérations, excepté dans les pays où l'esprit était tellement bien prononcé que leur concours n'était pas nécessaire. Dans les autres pays, soit faute de temps, de rensei{j[nements ou par faiblesse, ils ont maintenu ou placé des hommes dont on se plaint généralement; dans le Midi surtout, cette faute u eu lieu. Le général Gazan a dû remettre à Votre Majesté des renseignements sur la 8* division militaire qui confirment ces assertions.

16 mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie d'une lettre que je viens de recevoir de M. le général Lemarois, en renfermant deux de M. le général Vedel sur Cherbourg. — Je fais partir sur-le-champ le chef de bataillon Laloy, mon aide de camp, officier rempli de mérite, de fermeté et de prudence, pour aller auprès du général Lemarois à Rouen et continuer sur Cherbourg. Il portera l'ordre à ce général de mettre la ville en état de siège. Le gouverneur de la place aura l'instruction de faire chasser et arrêter s'il v a lieu les

autorités, même de marine, qui auraient montré un mauvais esprit. L'intelligence du chef de bataillon Laloy m'est le garant que tout se fera dans l'intérêt de Votre Majesté et <ju'on évitera de froisser l'amour-propre de la marine, que les mesures seront prises avec les bons officiers de cetle arme.

Je prescris au général Lemarois de donner l'ordre à tous les individus dont il regardera la présence comme nuisible dans le pays, de se rendre à Paris.

16 mai 1815.

Sire, je mets sous les yeux de Votre Majesté une lettre que je viens de recevoir du maréchal Brune. A la place de ce maréchal, j'aurais déjà déclaré la ville en état de siège et mis à exécution les mesures pour lesquelles il demande une autorisation. J'ai transmis sa demande à Votre Majesté, en la priant de me donner ses ordres. Je réclame de nouveau sa décision à cet égard * .

' Note ponr le ministre de la police dlctre en conseil des niini8ti*es. — ■ Paris, 17 mai 1815. Le ministre de la police remettra le plus tôt possible un rapport sur la mise en état de awqq de Marseille, sur le désarmement de la {jarde nationale. Il proposera des mandats a décerner en exécution de la Constitution de Tan VIII, et motivés dans ce sens contre un certain nombre d'iiommes marquants. Il ordonnera qu'aussitôt après leur arrestation un magistrat soit commis pour procéder à Tinformation judiciaire.

« Le ministre de la fjucrre, ou relui de Tintérieur, fera un rapport sur la 0* division militaire et la nécessité de comprimer le parti qui oq^anise ouvertement la (guerre civile. Ce rapport sera ensuite renvoyé par TEmpereur au ministre de la police, qui proposera de décerner les mandats nécessaires.

M Le ministre de la police fera un rapport sur les passe-ports, tendant au rétablissement de la législation préexistante, à la nécessité d*empècTier la sortie des hommes qui vont renforcer le noyau de conspirateurs formé ù l'étranger, et l'entrée des agents de toute espèce qui pénètrent en France... » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 198.)

16 mai 1815.

Sire, j*ai Thonneurde vous adresser une lettre que je reçois à rinstant de M. le général Clause!, laquelle renferme le manifeste du roi Ferdinand qui déclare la guerre à la France. Ce manifeste est une raison de plus, Sire, pour ordonner les mesures que j'ai demandées pour les places frontières de l'Espagne, et pour donner tous les moyens nécessaires à Teiécu* tion des travaux pour la mise en défense de ces places.

17 mai 1815.

Tous les rapports du maréchal Brune annoncent que l'autorité du gouvernement est toujours méconnue à Marseille; les arrêtés sont déchirés, les militaires insultés, et à chaque instant cette ville est le théâtre de scènes scandaleuses mêlées de cris de révolte. Un tel état de choses ne peut plus durer. Je mande au maréchal de mettre Marseille en état de siège, d'arrêter 50 à 60 des chefs, de désarmer la soi-disant garde nationale, enfin de donner force à la loi, de déjouer les complots de ces misérables qui veulent allumer le flambeau de la guerre civile dans notre patrie. Je vous invite, si le maréchal vous demande quelques troupes, à les lui prêter pour quelques jours. Vous les lui enverriez en poste. J'ai adressé au maréchal une lettre qu'il ne vous enverra que dans le cas où il aurait besoin de ce renfort. J'écris aussi au général La Salcette de mettre des gardes nationales du Dauphiné à la disposition du maréchal Brune. S'il en réclame, vous pourriez acheminer sur la route de Marseille, à 2 marches, un régiment d'infenterie et quelques escadrons, bien entendu si les circonstances le permettent.

17 mai 1815.

Monsieur le maréchal, je vous invite, sur la présentation de

^^tte lettre, à la demande du maréchal Brune, à lui envoyer

^Xi régiment d'infanterie pour le mettre à même de désarmer

*^ garde nationale de Marseille. Le maréchal devra vous

^^nvoyer votre régiment cinq ou six jours après.

n mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie d'une lettre que M. le général Rapp a reçue de Lœrrach le 8 de ce mois. Si ce rapport est exact et s'il y a effectivement un corps considérable de troupes autrichiennes depuis Stockach jusqu'à Siûhlingen, cela annoncerait l'intention de violer la neutralité de la Suisse. J'ai engagé le général Rapp à bien faire vérifier ce rapport.

17 mai 1815.

Sire, Votre Majesté m'a demandé hier des renseignements sur le colonel du 6' léger, qu'elle suppose bien mauvais. Ce régiment était commandé jusqu'à ce jour par M. Zoppfel, parent et protégé du duc de Feltre. La commission proposa dans le temps de le faire remplacer, et le 8 de ce mois Votre Majesté a nommé elle-même, pour commander ce régiment, M. Villars, ancien colonel à la suite du 100* de ligne, couvert de 52 blessures, et que Votre Majesté a remarqué en Espagne où il était major. Ce colonel n'a pas encore rejoint, parce qu'il sollicite de Votre Majesté le grade de maréchal de camp, auquel son ancienneté, ses bons services et son dévouement

lui donnent des droiU. Je lui ai réitéré Toixire de rejoindre son régiment, mais je prie Votre Majesté de m^autoriser à lui présenter le projet de décret pour sa nomination ; il n'en cornmandera pas moins le 6* léger, comme le mai*échal de camp Clary commande le 1*' hussards.

Sire, j'ai soumis à Votre Majesté les propositions de maréchaux de camp qui doivent être employés sous le général Darricau. Gomme il est important que ces officiers généraux s'occupent du service dont ils vont être chargés, je prie Votre Majesté de me faire connaître ses intentions le plus tôt possible.

18 mai 1815 *.

Sire, les rappoits que m'a faits le général Lecourbe démontrent le zèle et l'activité que ce général met dans toutes ces

' L*Empereiir au marcrhnl Davout. — « Paris, 16 mai 1815. Mon coiLiin, ordonnez au {;cnéral Lecourhe de faire venir à Belfort la cliriâion de gardes nationales qui est à Vesoul. Elle campera aux environs de cette place, de manière à être protégée par les fortifications. Alors il pourra placer ite^ troupes de ligne à portée de Huningue, se mettre en communication avec la garnison de cette place et porter des détachements de cavalerie le long du Rhin jusqu'à Meuf-Brisach. La position d'Altkirch me parait être convenable pour placer son infanterie et son quartier général. Son artillerie mobile pourrait être placée à sa portée, aux passages du Rhin, où elle paraîtrait néceftsairr.

« La division de réserve qui cHt ;i Besançon prendra position sur le mont Jura.

• Donnez ordre au duc d'Albuféra de cSoisir un emplacement pour pl.icer la division de ré.Hcrve de Lyon aux débouchés de Genève, de manière à se mettre en communication avec la division de réserve de Besançon, qui gardera les débouchés du mont Jura, et à couvrir Lyon.

■ Faites part de ces dispositions «lu général Lecourbe, qui doit ▼ciller à ce que le fort de TEcluse soit en bon état et en faire augmenter les fortifications.

■ Instruisez aussi le général Rapp des ordres que vous donnez au général Lecourbe. » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 195.)

opérations, et les bons résultats qu'il obtient. Par son rapport en date du 16, il annonce que les officiers du génie sont employés aux travaux de défense sur tous les points. A Montbéliard, les travaux se poursuivent avec vigueur, 400 ouvriers y sont employés. Le général Lecourbe fait aussi travailler aux mêmes ouvrages 100 soldats du 6' régiment auxquels il a promis une gratification de 10 sols par jour et par homme; il me charge de prier Votre Majesté de donner son assentiment à cette disposition. Le général Lecourbe m'annonce avoir donné ses ordres, lesquels reçoivent en ce moment leur exécution, pour faire des ouvrages sur la position de Savoureuse, sur celle de Morteau qui présente un assez grand développement sur la route de Neufchàtel, aux environs du château de Joux, et sur la position de Saint-Théodule, entre le lac de Saint-Point et Remoray. Il fait travailler aussi aux débouchés des Vosges, en arrière de Giromagny et dans le Valdoye. Ce général a passé la revue des trois bataillons de gardes nationales qui forment la garnison de Belfort ; il fait Téloge de la tenue de ces troupes et du bon esprit qui les anime.

Il se plaint de la lenteur que les préfets mettent à pourvoir à rhabiliement et à l'équipement de ces bataillons. Il m'annonce qu'il va prendre des mesures de rigueur envers plusieurs communes qui sont en retard pour fournir les hommes rappelés. Je me plais à vous annoncer. Sire, qu'il est difficile de mieux servir Votre Majesté que ne le fait M. le général Lecourbe, et je la prie de m'autoriser à lui en témoigner sa satisfaction.

lîl mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur de porter à la connaissance de Votre Majesté une dépêche que je reçois à l'instant, par estafette, de M. le général Rapp :

« J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence que le 15 au soir, une trentaine d'Autrichiens et Badois ont tra-

versé le Rhin, et sont descendus sur la rive gauche, vis-à-vis d'Aveinheim ; ils y sont restés quelques minutes sans commettre de désordre, et sont repartis aussitôt qu'on y a envoyé du monde. Je me suis plaint fortement à M. le général Volkmann de cette violation de notre territoire. Dans la nuit du 15, des Bavarois sont également descendus près de Gcrmersheim et ont enlevé trois grandes barques. Je charge le général Ueudelet, qui me rend compte de cet événement, d'écrire au général bavarois que j'en suis indigné, et que si les barques ne sont pas rendues, je me verrai forcé de le regarder comme un acte d'hostilité et d'en rendre compte à mon gouvernement. »

19 mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté mon rapport d'aujourd'hui, présentant le résumé de la correspondance des généraux de l'armée et de l'intérieur. Je prie Votre Majesté de lire avec attention la lettre du général Vandamrae, en date du 16, sur le placement de son corps d'armée, et de me faire connaître ses intentions sur les réflexions qu'il soumet. J'adresserai demain matin à Votre Majesté le résumé des déclarations des déserteurs.

19 mai 1815.

Sire, j'ai eu Thonneur de donner successivement communication à Votre Majesté des rapports qui m'ont été faits par M. le maréchal Brune sur la position critique de Marseille, et sur les mesures de rigueur qu'il jugeait nécessaire de prendre pour y anéantir l'esprit de sédition et de rébellion contre le gouvernement qui régnait chez les habitants de cette ville.

M. le maréchal Brune a fait connaître que les autorités civiles et les principaux habitants ne déguiseraient point leur éloigne-

lent pour le gouvernement actuel. Il ne cesse d'écrire que nt que les mesures qu'il a provoquées ne seraient pas mises

exécution, on ne pourrait pas espérer de résultats pour organisation des gardes nationales et le départ des hommes ppelés. Il a demandé avec instance que la ville de Marseille fût éclarée en état de siège, et que les gardes nationales actuelles ni ont été organisées sous le dernier gouvernement fussent ssarmées. J'ai prié Votre Majesté de me faire connaitre ses [tentions à Tégard de ces diverses demandes, et je Tai informée l'en les attendant, j'avais écrit à ce maréchal sous la date du > courant'qu'à sa place, aussitôt après son arrivée à Marseille

après avoir connu qu'il existait un plan d'agitation et de alveillance, je n'aurais pas hésité à mettre la ville en état t siège et à exercer envers les agitateurs toutes les mesures : sévérité et de sûreté que les circonstances commanderaient. li engagé le maréchal à prendre toutes les mesures qu'il [j^erait urgentes pour forcer les habitants de Marseille à connaitre les lois de l'État. Je lui ai donné l'assurance que aies ces mesures seraient approuvées par Votre Majesté. Je i informé également que je provoquerais auprès de vous, re, la mise en jugement du général Loverdo. Par une lettre nouvelle le maréchal m'annonçait que le goumement était toujours méconnu à Marseille, que les arrêtés lient déchirés et les militaires insultés à chaque instant, et le cette ville enfin était le théâtre de scènes scandaleuses,

cris tumultueux, de révolte. Je n'ai point hésité à prendre r moi d'autoriser ce maréchal à mettre Marseille en état de 5ge, à faire arrêter le sieur Dalbertas, l'ancien préfet, incien maire, et tous ceux reconnus pour boute-feux, et aies ire conduire au fort Lamarque. Je l'ai enfin autorisé à aployer toutes les mesures qu'il reconnaîtrait nécessaires, après la connaissance qu'il a des lieux et de l'esprit des ibitants, à faire arrêter une cinquantaine de soi-disant chefs, ié.sarmer la garde nationale ancienne et à en former une nouille des meilleurs citoyens. Je lui ai adressé des ordres pour

duc d'Albuféra d'après lesquels ce maréchal enverra à sa ^position des bataillons de la brave garde nationale du

Dauphiné. Toutes ces mesures étant urgentes, j^en ai autorisé Texécution par la conviction que j^avais qu^elIes pouvaient seules détruire cet esprit d'insurrection dans la Provence, dont Marseille est évidemment le foyer. Je prie Votre Majesté de se faire représenter tous mes précédents rapports à ce sujet et d^approuver les ordres que j^ai donnés à M. le maréchal Brune.

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