AU GÉNÉRAL LECOURBE
l-'juin 1815.
Monsieur le général, je reçois à l'instant votre lettre du 30 où vous m'annoncez la résolution du conseil de Bâle, à la majorité de 55 contre 53, qu'il accédait à la coalition. Je me suis empressé de la mettre sous les yeux de l'Empereur. Je m'en réfère, pour ce qui manque aux bataillons de gardes nationales, à ma lettre d'hier. Il eût été à désirer que vous pussiez m'indiquer bataillon par bataillon la quantité d'armes encore nécessaire. Le général Évain, chef de la division de l'artillerie, m'assure qu'il y a dans les arsenaux de Besançon et d'Auxonne la quantité de fusils suffisante pour l'armement des bataillons de gardes nationales. Ces états vous ont été adressés. Vous aurez certainement donné des ordres directs. Aussitôt que je connaîtrai la quantité qui vous sera nécessaire, je vous les ferai délivrer de Lyon. On a dû vous en expédier de Strasbourg 2,000. Je vous adresse ci-joint l'état de situation de vos armes.
3jainI8I5.
Sire, j'ai Thonneur d'adresser à Votre Majesté un rapport par lequel je propose de désigner un lieutenant général commandant en chef qui serait chargé de la défense de la ligne de la Somme, et dont l'autorité s'exercerait sur toutes les places de la 16* division dans le cas où l'armée cesserait de les proléger.
J'y joins une lettre particulière du général Duhesme. Votre Majesté y verra le désir qu'a ce général d'être employé dans la garde; elle connaît son talent, son zèle et son dévouement. Je le propose pour le commandement de la Somme; il y conviendraitparfaitement, d'autant plus que ses idées actuelles l'y portent. Au surplus, il sera bon partout, ayant beaucoup de zèle, de courage moral et personnel.
AmE-HAJOR DE LA GARDE.
3 juin 1815.
Monsieur le général, l'Empereur me charge de vous donner l'ordre de réunir toute la garde à Soissons. Sa Majesté vous donnera elle-même tous les ordres de mouvement '.
1 L*Empereur au comte Drouot. — • Paris, 3 juin 1815. Vous ferez partir demain 4, et au plus tard, pour tout délai, après-demain 5 au matin, les quatre batteries de la vieille garde, les batteries de la jeune garde, tout ce qui reste des équipages militaires, les administrations de la garde, la compagnie des sapeurs, la compagnie des marins, les quatre compagnies d'ouvriers de la marine, la compagnie des boulangers et les autres ouvriers de la garde, lesquels se rendront à Soissons par Dammartin.
• Vous donnerez ordre à tout ce qu'il y a de la garde à Gompiègne, jeune garde, artillerie, cavalerie, de se rendre également à Soissons.
« Vous ferez partir aussi, lundi 5, pour se rendre à Soissons : le 1*' régiment de lanciers, fort de quatre escadrons et faisant au moins 400 chevaux ; le 1*' et le 2* régiment de chasseurs, chacun fort de 400 chevaux, ce qui fera le fond de la 1^' division ; le 1*' régiment de dragons et le 1" régiment de grc-