IV
je ne connaisse pas le général Thiebault, les renseignements que j'ai pris me font préférer le général Loison au généra I Thiebault, qui, d'après ce que Ton m'a assuré, a moins l'habitude de la guerre que ce premier général.
Je prie Votre Altesse de me faire connaître le plus proinp— tement possible les ordres de Sa Majesté.
PRINCE DE NEUFCHATEL
IIambour(*, 7 juin 1813.
Nous, maréchal prince d'Eckmùhl, gouverneur général de la 32* division militaire.
Vu les ordres de Sa Majesté l'Empereur et Roi,
Vu les pouvoirs qui nous sont déférés par le décret du 10 avril 1813, relatif aux départements hanséatiques, avons arrêté et arrêtons ce qui suit :
!• Il est frappé sur la ville de Hambourg, par forme de punition, une imposition extraordinaire de 48 millions.
2' La totalité de cette imposition sera rentrée dans l'espace d'un mois, qui commencera à courir du 12 juin courant.
Les payements se feront par sixièmes : — le 1" sixième le 12 juin; — le 2* sixième le 20 juin; — le 3* sixième le 25 juin; — le 4* sixième le 30 juin; — le 5* sixième le 5 juillet; — le 6" sixième le 12 juillet.
Tous ces délais sont de ri<jueur.
3* Les trois premiers sixièmes ne pourront être acquittés qu'en numéraire; les trois derniers pourront l'être en effets sur Paris, à trois mois de date.
4" Des commissaires répartiteurs seront nommés par nous, sur la présentation collective de M. le conseiller d'État, comte de Chaban, intendant général des finances, de M. le préfet et de M. le directeur général de police.
5" Ces commissaires feront particulièrement peser cette imposition sur ceux qui, par des contributions volontaires ou
DU MARECHAL DAVOUT. — 18i:i. 147
par d autres actions, ont pris part aux actes de révolte qui se sont passes depuis le 24 février 1813.
6' En cas de non-payement, les biens, meubles et immeubles, de quelque nature qu'ils soient, seront séquestrés et répondront de la totalité des sommes imposées, sans préjudice des poursuites personnelles.
7" Les ouvriers et journaliers seront exempts de cette imposition, ainsi que les artisans et maîtres ouvriers qui ne payent qu'une patente de 24 francs et au-dessous, à moins que leur conduite ou leur fortune ne provoque une taxation.
8* Le rôle établi sur ces bases sera transmis par le maire à M. le préfet, qui, après avoir examiné et rectifié s'il y a lieu, le rendra exécutoire et le remettra au receveur général, chargé d'en assurer et d'en activer la rentrée.
9* A cet effet, le receveur général est autorisé à employer les voies de contrainte, l'exécution militaire.
10* Pour couvrir les dépenses qu'occasionneront l'impres- ^OQ et la confection des rôles et les remises, cliaque percepteur particulier prendra un décime par franc, qui sera ajouté du montant du rôle.
11* La somme qui en proviendra sera, sur état particulier, Versée à la recette générale, qui en tiendra un compte séparé.
12* M. le préfet délivrera sur les mêmes fonds des ordonnances à l'effet de couvrir les différentes dépenses qu'il aura s^étées, et pour acquitter les diverses remises qui seront jugées pouvoir être accordées.
13* II veillera généralement sur toutes les opérations relatives à la répartition et à la perception de la contribution extraordinaire imposée par le présent arrêté.
14* M. l'intendant général des finances en surveillera lexécution et demeurera chargé de donner les instructions nécessaires
Signé : le maréchal prince d'Eckmuhl.
Hambourg, 0 juin 1813.
Je m'empresse de vous prévenir qu'il vient d'arriver dans l'instant de l'état-major général un colonel français et un officier russe, porteurs de l'armistice qui a été conclu le 4 juin, à Neumarckt, entre les puissances belligérantes. Les hostilités doivent cesser à la notification du présent armistice, qui durera jusqu'au 20 juillet inclus, plus six jours pour la dénoncer à son expiration '.
> L'annÎ8tice «le Neumarckt, 8i{»n« à Plcîflwiu, est du 4 juin. La proposition en avait été faite avant la bataille de Bautzen ; elle n*avait pas eu le temps d'aboutir avant le cboc qui se préparait, et elle était reprise dè« le lendemain de la bataille. Elle était due Kurtout à l'intervention de TAutriche, qui, après le premier voyage de M. de Bubna ili Dresde (17 mai), se disposait plus que jamais à affirmer son rôle de médiatrice, et qui se mettait en mesure de jeter dans la balance le poids de son influence et au besoin de ses forces. La né{»ociation s'était prolongée aux avant-postes pendant plusieurs jours, à partir chi 29 mai, entre M. de Caulaincourt et les généraux Kleist et SchouvaloF pour la Prusse et la Russie. Les principaux points contestés étaient Breslau, que l'armée française atteignait déjh, et Hambourg, dont on ne connaissait pas le sort, mais où l'on savait que Davout pouvait enti'cr d'une heure à l'autre. Pour en finir, il avait été convenu que Breslau ne serait pas occupé, qu'un certain espace neutre serait laissé entre les deux armées, et que sur le bas Elbe les choses resteraient telles qu'elles se trouveraient le 8 juin à minuit. Les auti'cs détails, ligne de démarcation entre les belligérants, faculté d'approvisionner les places, étaient réglés sans difficulté. Cet armistice, signé pour près de deux mois, du 4 juin au 20 juillet, et avec le délai de dénonciation jusqu'au 26 juillet , avait pour objet de faciliter la paix qu'on allait bientôt essayer de négocier à Prague.
L'armistice de Pleiswitz a toujours été considéré comme une faute militaire. Napoléon, au lendemain des affaires de Bautzen et de Wurschen, avait un intérêt évident à poursuivre vivement les Busses et les Prussiens qu'il venait de battre, qu'il aurait infailliblement battus encore dans leur retraite assez confuse, et qu'il pouvait rejeter en Pologne. S'il s'arrêtait, c'était encore la faute de la politique; c'est qu'en ce moment même M. de Bubna revenait au quartier impérial avec les conditions que l'Autriche mettait à la paix, qu'elle proposait avant de s'engager elle-même. Accepter ces conditions, ]Napol(*on ne le voulait pas au fond; les rejeter sans discussion, c'était s'exposer à avoir immédiatement l'Autriche sur les bras avec les autres coalisés. L'armistice était à ses yeux un expédient qui lui permettait de compléter ses armements et lui laissait deux mois pour se mettre en mesure de tenir tête à de nouveaux orages; mais ses armements, fussent-ils complétés, n'étaient encore qu'une compensation insuffisante du désavantage d'avoir ù combattre, deux mois plus-
La lig[De de démarcation est ainsi fixée : TEIbe jusqu'à son embouchure, à Texception de tout ce que Tarmée française occupera dans la 32* division militaire, le 8 juin, à minuit.
Les places de Danzig, Modiin, Zamosc, Stettin et Gustrin seront ravitaillées. J'ai envoyé un de mes aides de camp pour concerter avec le général comte Walmoden la ligne de démarcation. Je vous prie d'expédier des ordres pour faire cesser les hostilités sur toute la ligne.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, 11 juin 1813.
Monseigneur, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse un état des bouches à feu trouvées dans l'arsenal de la marine, ainsi que dans l'arsenal militaire et sur les remparts.
J'y joins l'extrait d'un rapport du commandant de Trawemiinde, qui a trouvé les forts en bon état. Je vais y envoyer delà poudre et des canonniers.
L'armistice nous a trouvés maftres de Hambourg, Lubeck et Trawemùnde, et de toute la 32* division militaire, à l'exception de Lauenbourg et de quelques villages aux environs.
On marchait sur Lauenbourg, pour y attaquer l'ennemi, lorsque le colonel Fontenille est arrivé au milieu des coups de fusil et a arrêté l'attaque.
Je vous répéterai. Monseigneur, qu'il est nécessaire pour Texécution des ordres de l'Empereur que l'on envoie ici quelques compagnies de sapeurs et des officiers du génie, si l'on veut faire en peu de temps de bonnes places de Hambourg, Lubeck, Stade et Haarbourg.
Il sera nécessaire aussi que l'on envoie, pour l'armement de ces places, au delà de 100 bouches à feu de gros calibre,
tvd, les Aatricliiens avec les Russes et les Prussiens remis de leur défaite.
Pour ce qai est du bas Elbe, rarmistice, on le voit, trouvait le marcchal
Biaitre de Hambourg -et occupant déjà une {jrande partie de la 32* division.
de' la poudre et des projectiles en proportion, ainsi que du personnel d'artillerie.
La majeure partie des pièces trouvées dans Tarsenal de la marine sont des caronades de 24, qui ne portent pas assez loin pour l'armement d'une place forte.
Je joins ici également Tétat des principaux objets d'artillerie qui existent dans les batteries sur la côte. Chaque jour, on travaille à les remettre dans le même état où elles étaient avant l'insurrection.
Hambourg, 11 juin 1813.
Je vous ai communiqué, le 3 juin, l'extrait d'une lettre du major général sur la conduite que nous devons tenir envers les Suédois, dans le cas où ils resteraient tranquilles. Je vous ai invité en même temps à envoyer un officier au premier général suédois, pour avoir une explication sur les dispositions dans lesquelles ils se trouvaient, et pour savoir comment nous devions les considérer. J'ai eu l'honneur de vous écrire le 8, pour vous rappeler cet objet.
Je vous prie, Monsieur le général, de me faire connaftre par le retour de mon aide de camp, qui vous remettra cette lettre, le résultat de la mission de l'officier que vous avez envoyé, désirant profiter du départ d'un officier du major général pour en informer Sa Majesté.
Dans le cas où cet officier ne serait pas encore de retour, je vous prie de me faire connaître le jour de son départ et les instructions que vous lui avez données, pour que je puisse en informer l'Empereur.
1361. — A L'EMPERECR ET ROL
Hambourg, II juin 1813.
Sire, l'armistice nous a trouvés maîtres de Hambourg, Lubeck et de presque toute la 32* division militaire, à l'excep-
tion de Lauenbourg et de quelques villages dans les environs. Les forts sont très-bien conservés ; il n'y a à y envoyer que de la poudre. Je vais faire travailler à mettre Lubeck à Tabri d*UD coup de main.
Hambourg, ainsi que j'ai eu Thonneur d'en rendre compte, est plus qu^à l'abri d*un coup de main. Les ouvrages avancés sar les routes de Lubeck et Berlin, entre la rive gauche de TAlster et la rive droite de l'Elbe, sont à 1,200 toises de la place et sont à l'abri d'un coup de main; 1,000 ouvriers sont employés pour les mettre dans le meilleur état de défense. Toute la fausse braie est rétablie et dans le meilleur état tout autour de la place de Hambourg.
Tout le front qui est entre la rive droite de l'Alster et de l'Ëlbe n'a aucun ouvrage avancé, qu'une demi-lune en avant <le la porte d'Altona. Beaucoup d'ouvriers vont être employés pour mettre ce front en état, ainsi que le corps de la place. Sous six semaines ou deux mois, Hambourg sera une place ferte.
Je joins ici un croquis qui donnera une idée à Votre Majesté des travaux actuels et de ceux projetés. Cependant, je dois ajouter qu'ils ne pourront être exécutés qu'autant îu on enverra une ou deux compagnies de sapeurs et d'officiers du génie.
On a trouvé 200 et tant de bouches à feu dans la ville; la plus grande partie appartenait à la marine, surtout des caronades de 24; mais ces caronades, ne portant pas assez loin, ne sont pas bonnes pour l'armement définitif de la place. Si l'intention de Votre Majesté est qu'on arme Hambourg, Stade, Lubeck et Haarbourg, il est nécessaire qu'on envoie au delà de 100 bouches à feu de gros calibre, des projectiles et de la poudre en proportion.
On travaille avec activité à Haarbourg ; le fort est au milieu Je marais et sera susceptible d'une très-bonne défense.
Je fais former un camp de 8 à 10 bataillons à Haarbourg, pour fortifier une hauteur qui domine ce point à 400 toises. Tout ce qui est!à droite ou à gauche de cette hauteur peut être inondé.
15î CORRESPONDANCE
Le port de Guxhawen a été assez réparé et a 7 bouche feu; celui à droite, dit fort Napoléon, est entièrement ra on va travailler à le relever.
Toutes les autres batteries sur le Weser et la Jahde été réparées et armées.
Hambourg, Il juin 1813.
Sire, je dois rappeler à Votre Majesté que nous louch au terme fixé par le sénatus-consulte, qui met pendant ti mois la 32* division militaire hors la Constitution.
Le !•' juillet, les trois mois expirent; ainsi, il devient né( saire, dans le cas où il n'entrerait pas dans les intentions Votre Majesté de prolonger la mise hors la Constitution d( pays, de prescrire des mesures particulières pour Texécui des différentes dispositions renfermées dans la lettre du m général du 7 mai, et le payement des contributions frap[ à titre de punition. Il faudrait aussi prescrire des dispositi particulières pour la cour extraordinaire de justice.
Hambourg, 11 juin 1813.
Sire, j'ai adressé au major général l'expédition d'un ar qui met, en vertu des ordres de Votre Majesté, une contr tion extraordinaire de 48 millions sur la ville de Hambo comme punition de sa révolte : en comptant les centi additionnels, cela pourrait monter à 52 millions; mais oi peut pas compter sur cette somme, en raison des imp qui ne pourront pas payer. A entendre tout ce qui se dit pourrait croire que la contribution est trop forte ; cepend je ne doute pas que cette contribution ne soit payée, en pro géant les délais, en prenant en payement quelques objc l'usage de la marine, tels que goudrons, etc., qui restent
en bonne qualité et grande quantité. Je vais frapper une contribution de 3 à -4 millions sur Lubeck; cette ville est ruinée et beaucoup moins coupable que Hambourg. Ainsi , Votre Majesté aura les 52 millions qu'elle m'a ordonné de frapper sur ces deux villes. J'ai rendu compte que les ex-sénateurs et tous les hommes les plus coupables ne sont point restés et sont à Altona, ou dans le voisinage de Hambourg, sur le territoire danois. On va les juger par contumace, et l'on prononcera la confiscation de leurs biens.
Hambourg, 11 juin 1813.
Votre Majesté a décidé que les dépenses de l'administration de la guerre dans la 32* division militaire seraient à la charge du pays et payées par les habitants. Ces dépenses sont multipliées. Le système seul des réquisitions ne peut y suffire; il faut en conséquence lever les fonds pour en acquitter une partie, et il est même préférable de supprimer les réquisitions, parce qu'elles ruinent le pays et sont la source de trop d'abus.
Votre Majesté a également ordonné dans la même division des levées de chevaux, de voitures et de harnais pour former deux bataillons d'équipages. Cette levée serait trop mal faite par réquisition; il m'a paru préférable d'ordonner des marchés : cette autre mesure nécessite également des fonds.
Les travaux à faire pour les fortifications dans les diverses places que Votre Majesté a ordonné de mettre en état, ainsi que les constructions de magasins et manutentions, exigent des dépenses dont la plupart ne peuvent être faites qu'au moyen d'argent comptant.
Toutes ces dépenses réunies nécessitent un système de finances bien di£Férent de celuflitabli dans l'intérieur de l'empire et même de ce qui est prescrit par le sénatus-consulte du 10 avril ; car ce dernier décret ne suppose que des contri-
butions à titre de peine, tandis que pour Texécution des ordres que je viens de rappeler à Votre Majesté, il faut lever d'autres impôts, non compris les revenus ordinaires, à moins que Votre Majesté m'ordonne de prélever ces dépenses cil tout ou en partie sur les contributions extraordinaires par forme de punition.
Votre Majesté a peut-être pensé que M. l'intendant général comte de Ghaban pouvait suivre toutes ces opérations, ainsi que cela s'était pratiqué avant l'établissement du régime constitutionnel dans la 32* division militaire ; mais depuis le régime constitutionnel il n'a été chargé que de la liquidation, et j'ai l'honneur de faire remarquer à Votre Majesté que dans ce dernier état de choses, M. de Ghaban n'a plus de correspondance ouverte avec les ministres et avec le préfet pour tout ce qui tient à l'administration et aux finances.
Gependant il devient indispensable que ces opérations soient faites et suivies par une seule personne placée près de moi et munie de l'autorisation nécessaire pour répartir les fonds sur les départements, s'en faire rendre compte et les distribuer ensuite entre les divers agents des ministères, suivant leurs besoins, sauf aux ministres à régulariser.
Je prie Votre Majesté d'ordonner cette marche qui devient indispensable au bien du service. Je ne puis entrer moi-même dans tous les détails d'administration qu'exige l'exécution de tous les ordres; ils doivent être du ressort de son intendant général des finances, qui serait chargé spécialement de tout ce qui a trait aux dépenses résultant du fait de la mise hors de constitution des départements composant la 32* division militaire, soit qu'elles fussent prises sur des fonds spéciaux que je ferai lever par ses soins, soit sur ceux provenant de l'imposition extraordinaire par forme de punition. Si Votre Majesté daigne l'accorder, il est nécessaire qu'elle se prononce, et promptement; sans cela, tout est entravé.
Hambourg, le 12 juin 1813.
L'Empereur me charge de vous témoigner sa satisfaction sur l'occupation de Hambourg : ce sont, mot à mot, les expressions de la lettre de Sa Majesté que je vous communique '.
' C«tte marque de satisfaction était le début d*unc longue lettre datée de Bnntziaa, 7 juin, où TEmpereur multipliait ses instructions au sujet de la mise nt défense de Hambourg. Cette lettre, où Napoléon, du reste, avouait qu*il l'avait pas yu Hambourg, ajoutant qu*on devait s'inspirer de Tesprit, non de a lettre de ses ordres, était ainsi conçue :
L'Empereur au maréchal Davout. — « Buntzlau, 7 juin 1813. Mon cousin, émoignez ma satisfaction au général Vandamme sur Toccupation de Hammurg. Je vous envoie un officier d'ordonnance qui est officier du génie ; il rerra en détail Hambourg, les îles, Haarbourg, Lunebourg, Luberlc, si vous y •tes, le fort de Guxbawen , et viendra me rendre compte de tout ce que vous aites et de quelle manière se dirigent les travaux. Le major général a dû ^ous faire connaître mon système, c'est celui que j'ai adopté pour toutes les [randes ailles. Une ville comme Hambourg ne pourrait être défendue que par me garnison de 25,000 hommes et un matériel immense, et, pour courir les chances de perdre une garnison de 25,000 hommes et un matériel immense, I fiudrait une place qui pût te défendre au moins pendant deux mois de ranchée ouverte. Or, pour donner à l'enceinte de Hambourg une résistance le deux mois de tranchée ouverte, il ne faut pas moins de dix ans et 30 ù 4) millions. Toutefois je veux conserver Hambourg, non-seulement contre les labitants, contre les troupes de ligne, mais même contre un équipage de siège, e veux que, si 50,000 hommes se présentent devant Hambourg, la ville soit lon-seulement i^ l'abri d'un coup de main, mais puisse se défendre, obliger 'ennemi h ouvrir la tranchée et soutenir quinze ou vingt jours de tranchée mverte.
« Ces résultats, je veux les obtenir cette année avec la seule dépense de 2 ou t millions, avec un matériel de cent à cent cinquante bouches à feu et une impie garnison de 6,000 hommes. Je veux que, dans cette hypothèse, la îlle prise après un blocus de quinze à vingt joui*s de tranchée ouverte, je ne «rde rien, ni en ruinons ni en hommes, et que la garni.son puisse se réfugier lans une citadelle et se défendre pendant un ou deux mois de tranchée ouerte, selon la capacité et le degré de perfection auquel sera portée cette citatelle. La simple exposition de ce système l'explique. Il faut travailler à l'exéuler sans perdre une heure. Vingt-quatre heures après l'arrivée de mon offiier d'ordonnance, 10,000 travailleurs doivent être k l'ouvrage. Vous devez * foire abattre impitoyablement toutes les maisons sur le rempart, sauf évaaation de l'indemnité, qui sera payée par la ville ; 2^ vous devez foire abattre OQtet les maisons sur le glacis ; 3** toutes les maisons qui sont sur la citalelle; 4* vous devez en même temps foire relever tous les parapets, en creuant tous les fossés ; 5** foire faire des ponts-levis k toutes les portes ; 6<* faire
156 COKRESPONDAXCE
Hambourg, 13 juin 1813w
Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire de Buntzlau le 7, sur le désarmement des habitants. Il n'a pas à beaucoup près rendu autant que je m'y attendais, puisqu^il n'a procuré que 4,000 fusils, tandis que je sais que les seuls Anglais en ont fourni 15,000 à la ville de Hambourg. Je suis fondé à croire que beaucoup d'habitants ont profité du voisinage d'Altona et du Holstein pour y envoyer leurs armes. J'ai fait sommer les habitants de les faire revenir*.
faire des demi-lunes devant toutes les portes; 7^ mettre de Teau autant qac les fossés en pourront contenir ; 8" faire ce qui est nécessaire pour pratiquer une inondation dans les parties qui en sont susceptibles; 9® fermera la gorge tous les bastions les plus importants et les plus grands avec un mor crénelé, les moins importante avec une bonne palissade; 10® faire travailler i\ un cliemin couvert et à un {;lacis, faire palissader les chemins couverts; il' fure placer sur chaque bastion au moins quatre pièces de canon, deux d*un calibre de 12 ou supérieur, deux d'un calibre inférieur; 12® faire placer de» mortiers, pour pouvoir tirer contre la ville, dans les deux bastions les plus grands, et spécialement dans le bastion et la partie de Tenccinte qui est entre deux lacs et qui peut facilement être isolée et considérée comme citadelle; 13" rétablir les retranchements qui couvrent le grand faubourg, les bien palissader, y établir quelques blockhaus ; 14* occuper toutes les ileg par un sy*tème de redoutes et de digues, faire même des ponts sur pilotis sur les petiu bras; faire deux bacs sur chaque gros bras, comme je l'ai pratiquée Anvers, l'un pour la marée descendante et l'autre pour la marée montante, de manière que 100 chevaux et 500 hommes d'infanterie puissent passer à la fois; relever, armer et palissader Haarboui'g. Supposez tous ces ouvrages faits, et iU peuvent l'être en peu de mois, il est évident que quatre compagnies d'artillerie et 5,500 hommes seront maîtres de Hambourg.
« Pour compléter le système, tracez une citadelle entre la rivière et la ville de sorte que la citadelle, les îles et Haarboui'g fassent un seul système. Cette citadelle peut d'abord être faite en terre, avec des fossés pleins d'eau, de bonnes palissades et des blindages en bois pour les magasins d'artillerie, pour l^ magasins à poudre et pour la garnison. Vous voyez que, la ville prise après un siège en règle, la garnison se réfugierait dans la citadelle, dans les îles et dans Haarbourg. Tout cela peut se faire dans l'année. Les années prochaines, je ferai revêtir la citadelle en pierres et lui donnerai toute la force possible.
« Voilà le système défensif que j'ai adopté pour Hambourg. Je donne 1 ordre au général Haxo de le tracer, de l'exécuter et de l'étudier... » (Correfpondance de Napoléon, t. XXV, p. 372-373.)
' L'Empereur au maréchal Davout. — « fiuntzlau, 7 juin. Mon cousin, j«
Tous les principaux habitants qui ont le plus marqué dans la rébellion depuis le départ de Hambourg sont réfugiés dans Altona et dans le Holstein.
J ai écrit au major général si je devais les réclamer : sa léponse a été que non. Au surplus, Sire, si l'on eût déployé ici me grande sévérité et si Ton n'eût pas au contraire rassuré, 3ut le monde se serait sauvé, et il aurait été impossible de ouvoir espérer de faire payer une contribution.
Le premier sixième de cette contribution, c'est-à-dire huit allions, est maintenant en recouvrement, et j'espère que sous eu de jours il sera acquitté, partie en argent comptant et artie en papier à un ou deux mois de date. Je n'entends que es réclamations sur l'impossibilité d'acquitter cette contriution. Je n'écoute que mes devoirs, et je prendrai toutes les lesures pour la faire payer en totalité, à moins que Votre lajesté ne prenne ces réclamations en considération et n'acorde une remise. La canaille a été agitée par la haute classe, ui, pendant quelque temps, s'est bercée d'illusions et de espoir de pouvoir faire un commerce très-actif avec l'Anleterre. Ce sont ces mêmes négociants qui ont engagé les danois à nous empêcher d'entrer à Hambourg. Cette opéition ayant manqué, ils ont eu recours aux Suédois et sont arvenus à déterminer un général à y envoyer quelques baillions.
On poursuit maintenant avec activité les réfractaires et la )oscriptioii; tout cela sera envoyé en France. J'ai déclaré ue je prendrai des hommes capables d'un bon service dans :s communes qui seraient en retard. Je vais m'entendre avec
;ii p.i8 hcaoiii «le vous dire qiio vous «lovrz drsarmer lc« habitints, vous aparer de tous les fusils, sabres, canous et d(; toute la poudre; faire des nies domiciliaires si cela est néces-nairr, et utiliser le tout pour la défense f la ville. Je n'ai pas be.<*oin de vous dir(î non plus que vous devez presser * matelots, au nombre de trois ou quatre mille, et les envoyer en France; le vous devez presser «'paiement les mauvais sujets et les envoyer aussi en rance, pour ètn^ incorporés dans les 127'', 128® et 129*' régiments. Débarssez aussi la ville de cinq à six mille bommes, et faites peser le bras de la stice sur la canaille qui paraît s'être on ne peut plus mal comportée. Pour « autres dispositions, je mVn rapporte h la lettre cbifFrcc du major général, I date du 7 mai... »
le coQtre-amiral L^IIermite, pour Caire presser le plus de marins possible. Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour Fexécution des ordres de Votre Majesté.
Iliimbouq;, 13 juio 1813.
Sire, Tofficier d'ordonnance m'a remis la lettre de Votre Majesté datée de Buntzlau du 7 *. Je joins ici son rapport sur la reconnaissance qu'il a faite de la place de Hambourg; il va demain à Lubeck. Votre Majesté verra tant par les détails que je lui ai adressés dernièrement que par ceux que lui envoie son officier d'ordonnance que, quoique Hambourg ait un grand développement, les trois quarts du front de cette ville ne sont pas dans le cas d'être attaqués, parce qu'ils sont couverts ou par l'Elbe ou par des inondations. Il est facile d'empêcher des bâtiments de guerre de remonter l'Elbe, en faisant couler des bâtiments dans les parties très-étroites; la navigation ne serait possible, même à haute mer, qu'à des canots.
On va mettre le plus d'ouvriers possible pour remplir les intentions de Votre Majesté, mais les travaux n'iront point avec l'activité sur laquelle Votre Majesté pourrait compter, tant que l'on n'enverra pas d'officiers du génie et des sapeurs.
Dès mon amvée à Bremen, j'ai fait connaître au major général dans toutes mes lettres que je n'avais trouvé, tant pour la 32' division que pour le l*' corps, que le chef de bataillon Vinache. Un seul officier -du génie est arrivé depuis. Je prie Votre Majesté, pour que la besogne aille vite et soit bien faite, que l'on envoie une ou deux compagnies de sapeurs qui viendraient jour et nuit, avec des moyens de transport accélérés et quelques officiers du génie.
* Voir pliw liaut cette lettre qui, sauf le début, a trait tout entière à la place (le llamhourjj.
J'attends le général Haxo.
On fera tout ce qui sera humainement possible pour Texécution des ordres de Votre Majesté.
I{ambour(j, 13 juin 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 10 juin, pour Eure saisir les brais, goudrons et autres objets utiles à la marine qui se trouvent à Hambourg. Je vais faire faire cette opération. J'en connais déjà à peu près pour deux millions. Je suppose que s'il s'en trouve à Lubeck, il faudra y faire faire la même opération.
Hambourg, 13 juin 1813*.
Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait Phonneur de m'écrire le 10 juin.
Sept ou huit des bataillons qui appartenaient à la 3* division
I L*Empereur au maréclial Davoat. — •« Dresde^ 10 juin 1813. Mon cousin, j'ai enroyé à la police toutes les lettres que vous in*avez fait passer relativelaent au comte d* Artois...
■ Les neuf l>ataillon8 qui manquaient à la 3* division étaient à Utreclit; je leur ai depuis longtemps donne ordre de se rendre à Wesel ; ainsi ces bataillons doivent être aujourd*hui près de leurs corps. J'ai ordonné que la 1^* divilioD, qui est du côté de Krossen, sous les ordres du duc de Reliunc, se rendit ^ Wittcnher{f . Il est indispensable que vous fassiez partir la 5® division, en la <lingeant q^lement sur Wittenber;;.
■ Je vous ai écrit et fait connaître mes intentions relativement aux fortîHcstioas de Hambourg et h tout ce qui concerne son armement. Je donne ordre ^c le gcnénd Baltus se rende à Hambourg pour commander Tartillerie, et <iue 200 milliers de poudre soient dirigés de Wesel sur Hambourg, ainsi que ^tre compagnies d'artillerie. Faites en sorte qu'il y ait 150 bouches à feu on "Stterie sur les remparts et dans les ouvrages, dans le? premiers jours de Juillet. Faites travailler aux ponts et aux bacs sur l'Elbe, vis-à-vis de Ham- "OQTg. Le général Haxo a ordre de se rendre momentanément à Hamboui^; * {^oéral a ordre de fournir un officier du génie pris à Magdebourg. Il faut utiliser tous les Danois, cavalerie, infanterie et artillerie. Leur infanterie ^'^Qdra bien sans doute l'infanterie des villes banaéatiques et la landwebr
qui était à Wesel sont arrivés, les autres sont en route d'Utrecht; mais beaucoup de ces bataillons n^ont que deux ou trois compagnies, les autres ne sont pas annoncées.
Le major général, en m'annonçant que la T* division du !•' corps est en route pair Hambourg, m'a donné l'ordre de faire partir la 5* division sur Wittenberg. Elle commence sou mouvement demain par trois bataillons; ainsi dans trois jours elle sera entièrement paiiie de Hambourg. J'ai également Tordre de faire partir pour Wittenberg le 152* régiment. Je le ferai partir le lendemain du départ des dernières troupes de la 5* division. Sire, le bien du service de Votre Majesté m'oblige à lui demander qu'elle m'autorise à le conserver.
Le 1" corps n'est composé que déjeunes soldats, et il serait important d'avoir un noyau de troupes plus exercées avec lesquelles on peut réparer un désordre où les jeunes troupes sont mises facilement. Dans les attaques des iles on s'est bien trouvé d'avoir toujours eu un ou deux bataillons du 152* en réseiTe. Si Votre Majesté m'accorde cette demande, il n'y aura pas de temps de perdu :je puis recevoir ses ordres avant que ce régiment soit à plus de deux marcbes d'ici ; alors je lui enverrai contre-rordre.
Votre Majesté me recommande d'utiliser les Danois. Difficilement on se ferait une idée de l'état de détresse et de misère où ils sont. Le seul moyen d'en tirer un bon paiti serait de payer la division danoise qui serait mise à la disposition des généraux français. La solde du soldat, vu la dépréciation du papier, est nulle. Il ne reçoit pas la valeur d'un sou f^^ semaine ; cela est à la lettre.
Je crois devoir soumettre a Votre Majesté une note qu<* vient de me faire passer son consul à Tonningue; elle lu* donnera une idée de la situation des cboscs dans ce pays.
berlinoise. Les batteries qui appartiennent à la division de Hambourg sont cd marche pour la rejoindre.
M Vous aurez donc quatre divisions. Il sera nécessaire d'en avoir trois, ou au moins deux, pour opérer dans la direction de Berlin, aussitôt que Tannistîcc viendrait à être dénoncé, si toutefois la paix n'a pas lieu, m {Correspon-' dance de Napoléon, t. XXV, p. 375.)
Hambourg, 13 juia 1813.
Sire, je prie Votre Majesté de me permettre de l'entretenir un moment du général de La Ville, mon chef d'état-major. Ce qui m'a déterminé à demander cet officier général pour chef detat-major, c'est qu'il est animé d'un grand dévouement pour Votre Majesté et de l'amour de son devoir. J'ai été à même d'apprécier combien il méritait le sufiFrage du duc distrie. Chaque jour il acquiert des droits à mon estime. Le duc d'Istrie m'ayant fait connaître qu'il avait demandé pour lui le grade d'officier de la Légion d'honneur, et que les circonstances avaient empêché qu'on ne s'en occupât dans la dernière campagne, je regarde comme un devoir de renouveler cette demande à Votre Majesté.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambauq;, 13 juia 1813.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre de Votre Altesse du 7 juin, où vous me faites connaître l'ordre donné au général Philippon, commandant la 1" division du 1*' corps, de se diriger sur Wittenberg et Magdebourg. Je viens d'envoyer un officier d'état-major à sa rencontre dans cette dernière ville, pour lui donner un itinéraire.
Je mets en mouvement, en conséquence des ordres renfermés dans cette lettre, la 5* division commandée par le général Dufour. Elle commencera son mouvement demain. Je l'ai dirigée sur Wittenberg : par le premier courrier, je vous adresserai son itinéraire.
Les bataillons de la 3* division qui étaient à Wesel en sont partis, ainsi que j'ai eu l'honneur de vous en rendre compte. Plusieurs sont déjà arrivés à Hambourg. Ces jours-ci, je ferai l'organisation ainsi que le porte votre ordre : je supprimerai
IT. Il
les régiments provisoires, de manière que chaque régiment serve sous son propre nom.
Le 152* sera mis aussi en marche immédiatement après le dernier bataillon de la division Dufour. J^écris cependant à l'Empereur pour conserver ce régiment, que je regarde comme une réserve.
Le 1" corps n'est composé que déjeunes soldats, et il serait important d'avoir un noyau de troupes plus exercées, avec lequel on pût réparer un désordre où les jeunes troupes sont mises facilement. Dans les attaques des îles, on s'est bien trouvé d'avoir toujours un ou deux bataillons du 152' en réserve.
Au surplus, quelle que soit la décision de l'Empereur, ses ordres seiont exécutés, et si Sa Majesté consent à laisser ce régiment, je pourrai toujours lui envoyer contre-ordre à quelques marches d'ici sur la route de Magdebourg.
Hambourg, 13 juin 1813.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre de Votre Altesse du 7, où elle me fait connaître que l'Empereur ordonne de faire faire les travaux nécessaires pour mettre Hambourg à l'abri d'un coup de main. On travaille pour l'exécution des ordres de Sa Majesté.
Dans cette même lettre, vous me dites que Sa Majesté espérait que j'aurai occupé toute la 32* division militaire. Je vous ai fait connaître. Monseigneur, que l'armistice ne nous avait trouvés maîtres que de Hambourg, Lubeck, Trav^remunde et Bergedorf. Votre officier est venu au milieu de l'attaque qui avait lieu pour chasser l'ennemi de Lauenbourg.
J'avais chargé le colonel Fontenille, en s'en retournant, de faire les arrangements pour la ligne de démarcation des avant-postes. Votre Altesse trouvera ci-joint copie de la lettre que cet officier m'a écrite la nuit dernière, ainsi que de l'ar-
laogement qu'il a conclu ; il en est résulté que pour communiquer avec Lubeck, nous sommes à la merci des Danois.
Je me suis fortement trompé en chargeant ce colonel d'une chose à laquelle il parait ne rien entendre. Je me suis empressé décrire au général Walmoden que je ne pouvais approuver cet arrangement qu'autant que la route de Hambourg à Lubeck serait libre et qu'on ferait les changements nécessaires pour y insérer cette clause.
Si le général Walmoden se refuse à la rectification de cette absurdité, ce que je ne puis croire, il en sera référé à la commission d'armistice qui se tient à Neumarckt.
PRINCE DE NEUFGHATEL, ETC
Hambourg, 13 j'iin 1813.
Monseigneur, à Tépoque où le commandement des troupes de la 32* division militaire me fut confié, Son Altesse Impériale le Vice-Roi mit à ma disposition le 28* régiment de chasseurs à cheval avec la brigade du général Beurmann composée du 9* régiment de lanciers et des 17* et 19* de lanciers lithuaniens, qui furent incoporés en un seul régiment sous le n* 17 par le général comte Bourcier, d'après un ordre qui lui a été transmis par M. le général comte Monthion au nom de Son Altesse.
J'ai trouvé en arrivant ces régiments dans un état pitoyable* Le 9* de lanciers, composé pour la plupart d'hommes de ces départements, avait eu une grande désertion et pouvait à peine mettre 50 hommes en campagne ; les 2 régiments lithuaniens réunis ne présentaient qu'une force de 100 hommes; tout le reste n'était ni équipé, ni armé, ni habillé. Quant au 28* régiment de chasseurs à cheval, que Son Altesse le Vice-Roi a misa ma disposition, il n'était composé que de 80 à 90 hommes.
Votre Altesse voit dans les états de situation du 1*' corps combien le peu de cavalerie que j'ai pu organiser et réunir à (orce de soins depuis mon arrivée à Bremen est insuffisant; je
la prie donc de vouloir bien donner ses ordres pour que Toi dirige sur Hambourg, tant de Leipzig que de France, tout ce qui appartient au 28* de chasseurs à cheval.
J'ai rhonneur d'observer à Votre Altesse que quand même je pourrais réunir 5 à 600 hommes de ce régiment, cette cavalerie serait encore insuffisante.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, 14 j nia 1813.
Monseigneur, en adressant à Votre Altesse Sérénissime hier copie de la convention conclue par M. le colonel Fontenille pour déterminer la ligne de démarcation des armées de la 32* division, je lui ai annoncé que j'avais écrit au général Walmoden qu'il m'était impossible de reconnaître et d'approuver cet arrangement, qui était contraire aux instructions que j'avais données au colonel Fontenille.
Je joins ici copie de la lettre que je viens de recevoir dn général Walmoden, qui déclare s'en tenir à cet arrangement. J'y joins aussi copie des instructions que j'avais données an colonel Fontenille. Vous remarquerez. Monseigneur, combien la conduite de cet officier est inexplicable après des instructions aussi claires : il s'arrange de manière que nous ne puis^ sions faire usage de la grande route de Hambourg à Lubeck, que nous occupons depuis le 4 juin.
Je prie Votre Altesse de vouloir bien faire déterminer par la commission de Neumarckt une nouvelle ligne de déma^ cation, dans l'esprit des instructions qu'avait M. le colonel Fontenille. Cela est d'autant plus juste que nous occupions Ratzebourg, comme les Russes l'ont occupé le 7 et le 8 paf des partis.
Le 8, nos reconnaissances étaient à Dassow.
Enfin, il est absurde de conclure un pareil arrangement. J^ ne puis m'expliquer les motifis qui ont pu porter le colonel Fontenille à le signer.
Nous avions à Lubeck 3 à 4,000 hommes avec qui nous correspondions deux à trois fois par jour; maintenant nous sommes obligés, pour cette communication, de traverser le Danemark, qui n'est tenu par aucun traité à nous donner ce
passage.
Hambourg, 14 juin 1813.
Sire, le général Drouot, aide de camp de Votre Majesté, est arrivé.
L'officier d'ordonnance est parti ce matin pour Lubeck.
Od me rend compte à Tinstant que les fugitifs qui se sont réfugiés à Altona se remuent beaucoup pour empêcher la contribution d'être payée; ils ont eu un plein succès.
Je fais arrêter cette nuit, parmi ceux qui se trouvent à Hambourg, les quarante individus les plus imposés, et si sous quarante-huit heures le 1" sixième n'est pas rentré, je ferai livrer les plus coupables à une commission militaire.
La marine a déjà trouvé ici près de 30,000 tonnes de goudron et 4 ou 5,000 de brai; c'est une valeur d'environ deux millions. J'estime à 7 ou 8 millions tout ce qu'elle pourra trouver en objets utiles à la marine, tels que chanvre, goudron, brai, etc., à Hambourg et Bremen,
Indépendamment des 200 et quelques bouches à feu en état de servir trouvées ici, il en existe encore une centaine en fer, qui sont totalement hors de service. Le général JoufFroy a trouvé un fondeur qui en fera des projectiles. Gela rendra de Ma 50 milliers de boulets de difFérents calibres. Avec ce qui existe dans la place, cela avance bien l'approvisionnement des projectiles nécessaires pour l'armement.
On a débité ici aujourd'hui que la légion allemande avait débarqué ces jours derniers à Stralsund, ayant appris que Cuxhawen était occupé.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hamboarç, 17 jahi 1813.
Monseî^eur, je tous prie de mettre sous les yeux de l'Empereur Inobservation qu^en cas d'hostilités^ le 1* corps, qui sera assez fort en infanterie, n'aura qu'une cavalerie bien insuffisante, attendu que le 9* régiment de chevau-légers finançais et le 17* de lanciers polonais n'auront pas ensemble au delà de 800 combattants. Le 28* chasseurs n'a que 100 chevaux.
Si les Danois agissent avec nous, ils n'ont pas au delà de 800 hommes de cavalerie dans le Holstein. Ils ont dans les fies qui sont entre le Holstein et la Seeland le régiment de SIeswig qui peut avoir 500 combattants.
Ils possèdent en outre une assez nombreuse cavalerie dans la Seeland, qui pourrait être mieux employée dans ce pays-ci pour la cause commune.
Pour qu'ils fissent venir le régiment de SIeswig et d'autres troupes, il serait nécessaire que la demande en fût faite par notre ambassadeur. Je vous prie de soumettre cette observa ** tion à l'Empereur.
PRINCE UE NEUFCHATEL, ETC
Hambouq;, 17 juin 1813.
Monseigneur, j'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Altesse Sérénissime un état exact de la composition de la 5* division:^ du 2* corps commandée par M. le général Dufour, ains que l'itinéraire que doit suivre cette division pour se rendre ^ Wittenberg d'après les ordres de Sa Majesté l'Empereur, qu^ Votre Altesse m'a fait l'honneur de me communiquer par s^ lettre de Rosnig, le 7 juin.
Votre Altesse m'a chargé de lui prescrire un itinéraire. J'a J préféré faire partir cette division en 4 colonnes et lui fair^^
sui%'re à un jour de distance le même itinéraire, pour ne pas perdre de temps dans Texécution des ordres de Sa Majesté et pour qu'on eût plus de facilité à faire vivre cette troupe et à lui procurer des moyens de transport, devant traverser un pays en partie épuisé par le passage et la station des troupes françaises et des partisans russes depuis plusieurs mois.
Ainsi, Monseigneur, la tète de la 5" division du 2' corps est partie le 13 de Hambourg, et les colonnes arriveront successivement à Wittenberg : la 1'% le 28 juin; la 2% le 29; la 3% le 30, et la 4*, le 1*' juillet. Le général Dufour marchera avec la l" colonne.
Hambourg, 17 juin 1813.
Sire, j'ai l'honneur de renouveler la demande à Votre Majesté d'envoyer ici des officiers du génie et une ou deux compagnies de sapeurs. Il n'y a ici, ainsi que j'en ai informé le major général, depuis plus de six semaines, que le chef de bataillon du génie Vinache et un capitaine du génie arrivé tout récemment et qui est employé à Haarbourg ; ils n^ont à leur disposition aucun sapeur. Quels que soient le zèle et l'intelligence du chef de bataillon Vinache, il ne peut pas suffire 4 tracer les travaux et à surveiller. Il n'a pour piqueurs que des gens du pays, qui n'ont pas vis-à-vis des paysans la fermeté Qtle zèle nécessaires pour les empêcher de perdre du temps, et rintelligence pour les empêcher de faire de l'ouvrage inutile. Je ne donnerai aucun détail, attendu que le général Drouot et l'officier d'ordonnance donneront à Votre Majesté tous ceux qu'elle pourra désirer sur la situation des travaux. J'attends à chaque moment l'arrivée du général Ilaxo. Les rapports du général Drouot feront connaître à Votre Majesté la quantité de bouches à feu qui seront nécessaires pour l'armement.
L'arsenal va être mis dans une grande activité pour faire les affûts nécessaires et pour couler les projectiles.
Hainboarg, 17 juia 1813.
Sire, le voisinage d'AItona, où tous les réfugiés de Ha bourg sont soufferts, puisque je ne puis les réclamer au g vernement danois, contrarie beaucoup toutes nos mesure! surtout la levée de la contribution.
Le séquestre des biens des fugitifs est illusoire, puise presque toute la fortune de ces gens-là est en portefeuiih que leurs maisons sont hypothéquées; d'ailleurs, ce serait nulle valeur. Pour surmonter ces difficultés, j'ai cru que arrestations produiraient plus d'efFet. En conséquence, j'ai saisir et conduire à Haarbourg quarante des principaux ha tants, dont la plupart ne restaient à Hambourg que pendan jour, et la nuit couchaient en Holstein. Cette mesure a proc un bon effet, la recette d'hier a été à peu près de 1,500,000 J'espère que sous trois jours le premier sixième sera pa Les fonds pour les travaux du génie et de l'artillerie ser pris sur cette contribution. Tout le reste sera liquide.
Hambourg, 17 juin 1813.
Sire, l'instruction chiffrée du major général du 7 mai n tivement à la conduite à tenir envers les Suédois contient mots :
« Vous ne commettrez aucun acte d'hostilité envers « Suédois, s'ils restent dans la Poméranie et déclarent rei « tranquilles. »
Informé que l'armée suédoise se portait en avant et a^ même eu des bataillons à Hambourg, j'ai engagé le gém Vandamme qui devait se porter dans le Mecklembour{ s'assurer auparavant des dispositions des Suédois.
Je transmets à Votre Majesté copie de ma correspondai et de celle du général à cet égard.
Le général Vandamme me parait avoir été trop loin en écrivant au prince royal de Suède; mais je puis garantir que c'est par un excellent motif, quoiqu'il ait été contre mes instructions.
Maintenant, Sire, qu'on organise le 1*' corps, s'il est dans
les intentions de Votre Majesté, dans le cas où les hostilités
recommencent, de me confier le commandement de ce corps,
je crois qu'il serait utile de donner le plus tôt possible au
général Vandamme une destination.
La nécessité où je suis pour le bien du service de faire passer les ordres aux troupes par son intermédiaire ou celui de son chef d'état-major, allonge beaucoup le travail, et je ne puis en outre, par convenance, entrer dans les détails avec les commandants des corps, ce qui est mou habitude pour bien suivre une organisation.
Je dois protester à Votre Majesté que je lui dis mes véritables motifs, n'ayant que des éloges à donner à la bonne conduite du général Vandamme, surtout dans l'attaque et Toccupation des fies.
Hambourg, 20 juin 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 15 juin et copie ^e celle du ministre de la guerre qui y était jointe *.
' L'Empereur aa mnrcclial Davout. — « Dresde, 15 juin 1813. Mon cou-
^D) je vous ai fait connaître la nouvelle dislocation de votre corps en trois
^^ions. Je vous ai fait connaître mon intention que la 50^ division, dite de
Hambourg, fût augmentée du 33* l^ger, ce qui portera cette division k seize
^taillons. J*ai ordonné qu'une batterie d'artillerie à pied et une batterie
^'artillerie à cheval, en tout quatorze bouches à feu, fussent attachées à cette
|**^on. Je vous ai fait connaître par un de mes officiers d'ordonnance mon
•^tention de mettre Hambourg dans un état respectable. Depuis, j'y ai envoyé
'^général d'artillerie Baltus et mon aide de camp le général Drouot. J'ai
'^i ordonné qu'on dirigeât de Wesel sur Hambourg 200 milliei*8 de poudre
^ tout ce qui est nécessaire pour l'armement de la place. Je vous envoie la
^pie d'une lettre que j'écris au ministre de la guerre.
■ Hambourg est beaucoup trop sur la gauche, et, en y laissant la 1'% la 2*, ^ 3*, la 3* bis et la 50* division, qui font soixante-quinze à quatre-vingts
170 C0BBESP0NDA5CE
Je De dois pas laisser ignorer à Votre Majesté qu'il est peu rraisemblable qoe d'ici à la fin de joillet les traTaux de Ham- IfOUTg soient aossi arancés qu'elle le désire. Il y a en une assez grande quantité d'ouTners sur les traTanx; mais Eainte d^une bonne direction, ils avancent peu. Depuis deux mois, dans toutes mes lettres au major général et dans celles que j^ai eu rhonueur d'écrire à Votre Majesté, je n'ai cessé de réclamer quelques officiers du génie et des sapeurs. Il est à la lettre de dire qu'il n'y avait, tant pour la division militaire que pour le l" corps, que le chef de bataillon Vinache, directeur du génie de la 32* division militaire. Il y a quelques jours qu^un autre officier est arrivé. Tout leur temps est employé à tracer les travaux de Hamboui^ et de Haarboui^. Je supplie Votre Majesté de donner des ordres pour qu^on nous envoie quelques officiers du génie et deux compagnies de sapeurs; alors les travaux iront aussi vite que possible. Il serait à désirer qu*on leur fit fournir des moyens de transport pour marcher jour et nuit. Une compagnie de sapeurs est annoncée par le ministre de la guerre, venant de l'intérieur, mais elle ne doit arriver que le 20 juillet à Bremen; encore est-elle
iMLiîllonf, cela me priverait de forces beaucoup trop considérables. Je tous enverrai donc probablement dans peu de jours Tordre de réunir à Ma(^ebourg la 1''* et la 2* division, qui font trente bataillons, avec deux batteries d*artillerie à cbeval et une batterie de réserve sous les ordres du général Vandamme. Mon intention est de joindre à ce corps la division commandée par le général Teste ; de sorte que le général Vandamme, à la rupture de Tarmistice, se trouvera avec 25,000 hommes a deux journées en avant de Wittenljci^ et à deux journées de Berlin, outre les 6,000 hommes de cavalerie du duc de Padouc. Le corps du duc de Reggio est à Baruth et à Luckan, ce qui réunira sur ma gauche une cinquantaine de mille hommes. Pendant ce temps, vous occuperez Hambourg avec la 3* division, la 3* bis, la 50* et un corps danois de 15,000 hommes, ainsi que les postes les plus importants de la 32* division militaire, et, selon les forces qui vous seraient opposées, vous marcheriez dans le Mecklembourg, en prenant l'offensive; ou bien, si Tcnnemi vous présentait des forces trop considérables, vous resteriez sur la défensive, et il feindrait même tout préparer pour qu'au besoin vous puissiez laisser la garde de Hambourg à 7 ou 8,000 hommes, y compris les douaniers, les gendarmes et les canonniers, et porter votre quartier général sur la rive gauche de TEIbc, à Haarbourg ou à Lunebourg; ce qui vous laisserait dans la main toute la 3* division et une partie de la 3* bis pour défendre la rive gauche et vous opposer à toutes les tentatives de l'ennemi.
« La possession de Hambourg est de la plus haute importance politique et
destinée pour le 1*' corps. J'attends Tarrivée du général Haxo pour déterminer remplacement de la citadelle qui doit servir de réduit à la garnison dans le cas où elle serait forcée à abandonner la ville.
Le général Baltus n'est point encore arrivé; il est très-bien remplacé par le généralJoufFroy, que j'ai fait venir de Wesel. Déjà l'arsenal par ses soins est en très-grande activité; on prépare tout pour couler des projectiles.
Dans deux ou trois jours les moules seront prêts : on ne sera pas moins obligé d'en faire venir une aussi grande quantité de Wesel et de Magdebourg.
J'ai la conviction, Sire, que le général Jouffroy est plus propre que le général Baltus à être directeur d'une division, mais le général Baltus est plus officier d'artillerie de guerre que le général Jouffroy.
Votre Majesté me fait connaître que probablement elle enverra l'ordre de diriger sur Magdebourg les 1'* et 2* divisions du 1*' corps avec deux batteries d'artillerie à cbeval et une batterie de réserve. C'est sans doute par omission que les quatre batteries d'artillerie à pied attachées à ces deux divi-
<l'iiiie grande importance militaire: et je ne puis être tranquille sur ce point important que lorsque Hambourg pourra être regardé comme une place forte, IQ'U sera approvisionné pour plusieurs mois et muni de tout ce qui est Q^saire pour la défense.
■ Le cas arrirant où la dislocation ci-dessus aurait lieu, vous conserreriez 'artillerie de la 3* division et rartillerie de la 50*, avec une hatterie de ^^enre; ce qui fait une quarantaine de bouches à feu, sans compter Tartillene du corps danois.
■ Quant h la cavalerie, vous avez un millier de cbevauic. Je viens de don- ^ff ordre au général Bourcier de vous envoyer un millier d*hommes de cava- Me légère, que vous ferez monter et équiper à Hambourg.
• Pour les équipages militaires, les quatre compagnies des 10* et 12* bataillons qui seront les plus tôt prêtes suivront le corps du général Vandamme, ^ fera au reste toujours partie du l'^' corps, dunt il sera un détachement. h TOUS écris tout cela pour votre instruction.
■ L*ofîBcier d'ordonnance qui vous porte cette lettre est un officier d*artill^e; fiites-lui visiter la place, les iles et Haarbourg, voir Tarmement, etc. Après cela, vous me le renverrez.
• Écrivez par estafette ù Wesel pour qu*avant le 15 juillet vous ayez k Hambourg les munitions et tout ce qui est nécessaire pour la défense. Prenez ^ précautions pour qu*à cette époque les magasins soient en état. • {Cot'^ ^tspondance de Napoléon, t. XXV, p. 385.)
sions n^ sont pas mentionnées, d*autant plus qu'il en est question dans la lettre du ministre de la guerre.
Ces deux divisions ont leurs deux batteries d'artillerie à pied; ainsi lorsque je recevrai Tordre de faire partir ces divisions, leurs batteries les suivront. Nous n'avons pas d'artillerie à cheval; il y en a d'annoncée, mais elle ne doit pas arriver de sitôt.
L'état n* 1 fera connaître à Votre Majesté où en est l'organisation du personnel et du matériel de l'artillerie du 1*' corps.
Je ne dois pas laisser ignorer à Votre Majesté que je désire, pour le bien de son ser\'ice, que le mouvement de ces deux divisions se fasse le plus tard possible. Le jour où il commencera, vu les dispositions des esprits, des difficultés de tous les genres commenceront. Il n'y aura pas de révolte, mais tout le mal que la plus mauvaise volonté la plus caractérisée pourra faire sera fait. La contribution qui va déjà assez mal, puisque nous n'avons encore que trois millions de rentrés, sera presque nulle. Toutes les fortunes sont en portefeuille, et le séquestre sur les maisons serait illusoire, puisque les maisons ne se vendraient pas, et que les meubles n'étant pas de défaite seraient insignifiants. Ce départ ne sera pas non plus sans inconvénient pour les Danois, puisqu'à l'exception du Roi, le cabinet est toujours mal disposé et ne marchera qu'en raison des grandes forces qui seront réunies de ce côté : ce sont les expressions de votre ambassadeur
Après le départ de ces deux divisions, il y aura, tant pour la garde de Hambourg que pour la 32* division militaire : 1* la 3* division du général Thiebault; j'envoie ci-joint sa force, Votre Majesté verra que quelques bataillons n'ont que deux compagnies; 2* la 3* division {bis). Je n'ai point de relations avec les dépôts; mais d'après ce que m'ont dit les chefs de bataillon arrivés de Wesel avec le général Thiebault, elle ne sera pas prête de sitôt.
Votre Majesté trouvera ci-joint l'état de ce qu'il y a de prêt pour la 50* division. La 3* division et la 50* seront à peine suffisantes pour la garde de Hambourg, Trawemilnde, Guxhawen, et les différents forts sur la côte. 11 resterait donc de dis-
ponible la 3* division {bis). £n la supposant arrivée à la (in de juillet, si les soldats ne sont pas plus avancés que ceux qui sont venus, elle ne sera pas assez instruite pour tenir campagne, surtout n'ayant pas quelques bons bataillons de réserve. C'est pour ce motif que j'avais demandé à conserver le 152* régiment; mais d'après l'ordre réitéré que j'ai reçu de le diriger sur Wittenberg, il suit le mouvement de la 50* division.
En me parlant des équipages militaires, Votre Majesté me prescrit de faire partir avec les 1" et 2* divisions les quatre compagnies des 10* et 12* bataillons d'équipages militaires qui seront les plus tôt prêtes. Je dois faire connaître à Votre Majesté que le personnel de ces compagnies ayant été incorporé par ordre du ministre dans le train d'artillerie, cela a arrêté l'organisation de ces transports. J'ignore l'époque à laquelle ce personnel sera remplacé. Des marchés ont été passés pour lever 600 chevaux ; 300 seront levés dans le département des Bouches-de-l'Elbe, et j'ai réclamé l'envoi des compagnies pour prendre ces chevaux. Quant à la confection des caissons, ce n'est que depuis deux jours que le modèle annoncé par le ministre est arrivé; des marchés sont passés pour la confection.
Je ne crois pas que le corps danois soit jamais porté à 15,000 hommes; ce sera beaucoup s'il y a 9 à 10,000 combattants. Une fois Hambourg livré à ses propres forces, je ne crois pas qu'on puisse compter sur eux. Ils sont trop mal organisés pour combattre les Suédois, qu'ils redoutent en outre beaucoup. Les approvisionnements pour 10,000 hommes seront prêts à l'époque fixée.
Votre Majesté m'annonce avoir fait donner l'ordre au général Bourcier de m'envoyer un millier d'hommes de cavalerie légère pour les faire monter et équiper à Hambourg. Je ne négligerai rien pour remplir les intentions de Votre Majesté. Le général Drouot, aide de camp de Votre Majesté, lui ayant ^it passer l'état de l'armement qui est nécessaire pour les places de Hambourg et Haarbourg, je ne lui en parlerai point, ^c général Drouot à son passage à Magdebourg doit faire
174 CORRESPO^^DANCE
expédier tout ce que celte ville peut fournir. Je presserai le ministre de la guerre et le général Lemarois d'expédier le reste.
J'ai prié l'officier d'ordonnance de Votre Majesté de vouloir bien se charger de ma lettre. Il a examiné avec beaucoup de soin les places de Haarbourg et Hambourg, Lubeck et les forts de Trawemùndeet de Cuxhawen. Quanta Lubeck, je n'y fais rien faire, faute d'officiers du génie et de temps, et parce que cette place demanderait une très-forte garnison.
Je ferai mettre un approvisionnement de deux à trois mois pour une garnison de 2 à 300 hommes dans la citadelle et le fort de Trawemûnde. Je joins à cette lettre le rapport d'un émissaire sur l'armée suédoise, confirmé par ce qu'a dit le consul danois de Rostock, qui vient d'être renvoyé par les Suédois; enfin un bulletin imprimé dans les gazettes danoises de Rostock, qui était déjà connu ici et que M. Alquier a cru devoir me faire passer.
Hambourg, 20 juin 1813.
Sire, j'ai l'honneur d'envoyer à Votre Majesté copie de l'arrêté que j'ai pris dès les premiers jours de Toccupation de Hambourg, pour me conformer aux volontés de Votre Majesté, exprimées par la lettre chiffrée de Son Altesse le major général, en date du 7 mai.
Dans l'intervalle nécessaire pour la formation des listes, et avant que la commission secrète que j'ai nommée pour désigner les cinq individus les plus coupables qui doivent être jugés par une commission militaire, ait pu prononcer, j'ai reçu la lettre du major général relative à la rentrée des absents, sous peine de voir leurs biens confisqués. J'en joins ici copie. J'ai causé longtemps sur cet objet avec M. le baron Beist, lieutenant général de justice, et M. le conseiller d'État comte de Ghaban, et je me suis convaincu que l'ordre aux absents de revenir impliquerait la promesse de ne pas les
poursuivre, s'ils obéissent à cette injonction, et peut-être il n'entrait pas dans les ordres de Votre Majesté de faire punir des habitants qui seraient rentrés à Hambourg sur cette confiance. Comme mon arrêté est secret et qu'il n'est encore connu que de M. le lieutenant général de justice et des membres de la Commission d'enquête, j'ai jugé à propos d'en suspendre l'exécution, en faisant néanmoins continuer les recherches et enquêtes jusqu'à ce que Votre Majesté ait levé par ses ordres cette difficulté ^
Je viens de prendre pour le payement de la contribution des mesures qui, je crois, auront du succès. Ce peuple-ci n'est malveillant que par intérêt, mais il n'est point méchant, et il n'a pas besoin d'exemples sévères. Ils feraient sauver tous ceux qu'on a intérêt de retenir et de rappeler pour payer les impôts ordinaires et la contribution extraordinaire. Toute la fortune des gens riches est en portefeuille, et leurs maisons
' Les mesures violentes prescrites par l'Empereur, outre leur ri{;ueur excessive, n'étaient pas d'une exécution facile. Le maréchal se prévalait de ces difficultés mêmes pour gagner du temps et arriver à une interprétation plus mitigée de ces instructions, particulièrement au sujet d'une certaine « liste des absents » , vraie liste d'émigrés, qui avait du être formée, avec la confiscation des biens comme sanction. Le 17 juin, l'Empereur écrivait au prince d'Eckmuhl : « Mon cousin, voyant votre embarras, j'ai pris un décret qui règle tout ce qui est relatif à la liste des absents;... n'oubliez pas les sénateurs de Lubeck et les officiers nu service de la maison d'Osdcn bourg... » Même date : « La formation de la liste des absents équivaut à tout ce que je vous ai prescrit; appliquez ces mesures à Lubeck... » C'est à ces instructions r^térées que répondait le maréchal, et il est clair qu'il s'efforçait d'atténuer ce qu'il y avait d'excessif dans les ordres qu'il avait reçus. Il réussissait en partie, puisque peu de jours après, sur la lettre ci-dessus, l'Empereur lui (tsivait de Dresde, le l*^** juillet : « Mon cousin, je vous laisse maître, si vous le jugez convenir à mes intérêts, de publier une amnistie pour ceux bien entendu qui seraient rentrés dans l'espace de quarante-cinq jours... la meilleure manière de punir les marchands, c'est en effet de les faire payer. Ce <{Qi serait surtout bien nécessaire, c'est de vous défaire d'un tas de gens de ^ dernière canaille qui ont été dans l'insurrection et qui sont plus dangeveni que les gens comme il faut; je vous laisse carte blanche sur tout cela. » ""On remarquera que quelques-unes de ces lettres, très-authentiques et dont ■> pensée n'était nullement désavouée par l'Empereur, ne sont pas dans la Correspondance. Le maréchal qui les recevait, loin d'être impitoyable comme ^ allait bientôt l'en accuser, n'intervenait que pour provoquer des atténua- ^Q> et n'usait des pouvoirs qui lui étaient laissés que dans le sens de la ^i^ération aussi bien que dans un intérêt d'humanité.
toutes plus ou moins hypothéquées ne seraient d'aucune défaite.
Je regarde comme de mon devoir de dire à Votre Majesté que je crois qu'il serait dans ses intérêts de ne punir ces genslà que par l'argent, et de passer l'éponge sur le reste, et si j'étais autorisé à faire connaître votre clémence, j'ose assurer, Sire, que cela produirait le meilleur eÉFet pour la rentrée de la contribution, tout en améliorant l'esprit des habitants. Quelque forte que soit cette contribution, je ne désespère pas de la faire rentrer, au moins j'y mettrai tous mes eÉForts.
Je prie Votre Majesté de me faire connaître promptement ses intentions.
Hambour(j, 21 jiiîQ 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 17 juin, où elle me fait connaître qu'elle a nommé M. le comte de Cliaban intendant général des finances de la 32* division militaire.
Les voitures et les harnais du pays sont d'un trop mauvais usage pour les transports militaires. On fait confectionneriez voitures sur le modèle envoyé par le comte de Gessac, et les harnais suivant le modèle de ceux d'artillerie. On a passé des marchés, et le prix en sera payé par les départements de la 32* division militaire. Je suis obligé d'ajourner la réception des chevaux par le manque du personnel.
Hambourg, 21 juin 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 17, où elle me fait connaître par son décret l'approvisionnement de siège ordonné pour six mois pour la place de Hambourg, qui doit être prélevé sur les 10 millions de contributions en nature.
Cet approvisionnement sera fait pour la plus grande partie
en grains. Comme il serait possible que les circonstances rendissent difficiles les moutures, dans le cas où la garnison serait réduite à ses propres forces, je soumets à Votre Majesté la demande qu'il soit envoyé de Paris sur Hambourg des moulins en fer potlatifs.
L'expérience a prouvé que ces moulins étaient très-bons;
ils seraient placés dans les citadelles ou réduits avec les
approvisionnements de la garnison.
Hambourg, 21 juin 1813.
Sire, Votre Majesté, par sa lettre du 17, me demande de lui feire connaître positivement les troupes ennemies qui sont sur ce point-ci et leurs forces*.
Dans le rapport de l'émissaire que j'ai eu l'honneur de vous Presser hier, et qui est confirmé par le consul danois à Rostock, renvoyé de cette ville le 16 par les Suédois, l'armée Suédoise est composée de trois divisions et une réserve. La 1" division, forte de 14 bataillons, serait cantonnée à Wismar ^environs. La 2% baraquée à Rostock, probablement dans le camp du général Priant qui a dil être conservé, également de la même force. La 3% de même force, sur la frontière du côté de Tribesees.
La réserve à Stralsund et environs : elle doit être de la ïnéme force, y compris 3 ou 4,000 hommes de levées d'habi- ^ts de la Poméranie. Les bataillons sont de 500 hommes; ^ bouches à feu ont passé à Rostock où ils sont restés. On Suppose qu'il y en a autant dans la Poméranie.
La cavalerie peut être évaluée à 12 ou 1,500 hommes; Quelques escadrons, d'après ce que m'a dit M. Alquier, se
' L'Empereur au maréchal Davout. — •• Dresde, 17 juin 1813. Mon cousin, ^te»-moi connaître positivement quelle e^t la situation des troupes que vous ^devant vous : 1® les Suédois, où sont-ils, et à combien les évalue-t-on? ^ Ciemichef et Woronzof? ils étaient du côté de Leipzig dans les premiers J^'^ de juin; 3° Tettenborn, Walmoden et les mauvaises troupes qu'ils ont '^iftaisées? » (Correspondance de Napole'on, t. XXV, p. 393.)
sont embarqués à Garlscrona pour rejoindre leurs arme Stralsund.
Des bâtiments étaient partis de Stralsund pour Pillau, ; y chercher, disait^^on, 3 à 4,000 Busses.
Je n'ai aucune nouvelle des corps de Czernichef et Wo zof; mais le général Haxo, qui arrive dans ce moment dit que les troupes qui sont à Havelherg sont sous les or de Czernichef, qui doit lui-même se trouver à Rathuau, e Brandenbourg et Havelberg. Le corps de Woronzof doit vis-à-vis de Magdebourg; il y était encore le 13.
Les corps de Tettenborn, Walmoden et Dornberg peu' se monter en troupes de toute espèce de 10 à 12,000 homr
Les Danois supposent que le prince royal quittera le ( tinent pour les attaquer ; ils craignent surtout pour ViU Fionie. D'autres rapports assurent au contraire qu'on s'occ de mettre à la disposition du prince royal les troupes p siennes et russes dont on peut disposer par les traités; ' peut se monter à 25,000 Prussiens et Busses, non compris nouvelles levées.
138G. — A L'EMPEBEDB ET BOL
Hambourig, 21 juin 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 17, où elle fait connaître le départ de Magdebourg d'une compagni< sapeurs. Par mes rapports, vous avez dû voir combiei officiers du génie et les sapeurs nous manquaient.
J'attends l'arrivée de cette compagnie pour que les tra leurs puissent être dirigés; les travaux iront plus vite.
Tous les bacs et ponts nécessaires pour assurer la com nication entre Hambourg et Haarbourg vont être faits pa soins de M. Jousselin, inspecteur des ponts et chaussées la 32* division. Cet officier est très-intelligent; il m'a pr qu'avant la fin de juillet tout serait terminé.
11 existe entre Zollenspicker et Hambourg trois écluses servent maintenant à verser dans l'Elbe les eaux de la Bi
Tautres petits ruisseaux. M. Jousselin va faire faire tous les ravaux nécessaires pour qu'on puisse aussi, au moyen de ces écluses, faire entrer à la haute mer les eaux de TElbe dans le pays. Les eaux se marieraient avec l'inondation que Ton peut opérer avec Téciuse qui est à la porte de Hambourg, dite Billwerder. Ces écluses seront gardées par des blockhaus, qui sont construits par ses soins et qui seront aussi terminés à la même époque. Ainsi tout le pays entre Zollenspicker, Bergedorf et tout le Billwerder sera réellement un front inattaquable en raison des inondations.
Hambourg, 21 juin 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 17, où elle Qu'annonce que trois officiers du génie sont partis de Magdebonrg pour Hambourg, et où elle me charge de faire connaître au général Haxo qu'elle l'a nommé commandant du génie de sa garde et qu'il est remplacé à Magdebourg par le général Lemarois. Le général Haxo n'est point encore arrivé. J'en serais inquiet si je ne savais pas qu'il a dû s'arrêter à Werben pour y faire une place.
P, S. — A peine ma lettre terminée, le général Haxo vient d arriver: il me dit que la compagnie de sapeurs dont parle Votre Majesté dans une de ses lettres étant la seule qui se trouvait à Magdebourg, il l'a employée en partie pour fab'e les travaux ordonnés à Werben ; il en a écrit au major général.
Hambourg, 21 jain 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 17, où elle me '^it connaître qu'elle est surprise qu'on n'ait ramassé à Ham- '^urg que 4,000 fusils. Je vais lui en envoyer 2,000 à Dresde. ^ garde bourgeoise régulière ne consistait qu'en six bataille.
Ions. J'ai la certitude que tous les fusils qui ne nous ont pas été remis ont été détruits ou jetés dans les fossés. Nous en avons trouvé une partie. Les autres fusils, envoyés par les Anglais, ont servi à Tarmement de la légion hanséatique et des Mecklembourgeois. Le reste a été envoyé dans le Mecklembourg. Les 1,200 fusils les plus en état ont été donnés aux douaniers et aux marins ; c'étaient tous des fusils anglais. Ce qui reste est en mauvais état. Je vais donner les ordres pour en tirer le meilleur parti possible, mais je ne pense pas qu'il faille faire fond sur cette ressource.
Des recherches sont faites pour découvrir toutes les armes, et les habitants sont prévenus, par des ordres afBchés, qu'il y a peine de mort contre ceux qui les cacheraient.
Hambourg, 21 juia 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté, du 17 juin, sur la 50' division, dite de Hambourg, que son intention est de portera 16 bataillons des 3*, 105*, 29* régiments de ligne et 33* léger, et sur l'incorporation des 4 bataillons de marche, qui sont à Hambourg et à Bremen, dans ces corps; je vais entrer en correspondance avec le ministre pour faire venir les colonels et leurs musiques. Les ordres de Votre Majesté recevront leur exécution.
Hambourg, 21 juin 1813.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté, du 17 juin, relative au départ de la 5* division qui est partie en trois colonnes, à distance d'une journée de marche; cette mesure a été prise pour assurer la subsistance dans un pays ruiné \
* L*Emperear aa maréchal Davout. -.- « Dresde, 17 juin 1813. Mon cousin, je suis fâché que vous n*ayez pas fait partir la 5« division tonte ensemble;
En outre, depuis Magdebourg, il y a des postes sur la rive gauche qui assurent la communication et qui font le rapport qu*aucun parti ennemi n^était de ce côte.
Le major général m'ayant fait connaître que la 1'* division arrivait sans ses batteries d'artillerie, j'ai conservé, en vertu des mêmes ordres, la batterie de la 5* division.
Votre Majesté a reçu Tétat du personnel et du matériel qui existait au 1" corps. Je désire, pour le bien de son service, qu'elle fasse venir la 1" division ici, ne serait-c%que pour cinq à six jours, afin d'organiser les régiments. Lis colonels sont attendus d'un jour à l'autre; ces corps se compléteraient aussi en eÉFets de campement qui viennent de nous arriver.
Les détachements venant de Thorn, que Votre Majesté a renvoyés aux 85* et 108% seront d'un grand secours pour ces corps. Lorsque le 1" corps pourra communiquer avec Stettin, il recevra un renfort bien précieux de bons officiers et sousofBciers de tous ces régiments.
Le 152* suit la dernière colonne de la 5* division.
Hambourg, 21 juiu 1813'.
Sire, j'ai reçu les ordres de Votre Majesté où elle me fait connaître les besoins de vivres et l'ordre de diriger par terre
''OQS sommes en temps de fi[uerre, on doit bivouaquer tous les soirs. Vous ne iQe faites pas connaître si vous envoyez cette division avec ses deux batteries ^^ sans artillerie. Faites partir le 152* régiment sans délai. Les jeunes troupes •ont très-bonnes et valent les anciennes. Je viens de renvoyer à leui*s régio»eni8 à Wittenberg les détachements du 85* et du 108* qui étaient à Thorn. *'y a là de très-bons soldats. » (^Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 393). * L'Empereur nu maréchal Davout. — « Dresde, 17 juin 1813. Mon cousin, Jiile plus grand besoin de riz; c*est le seul moyen d'empêcher la dyssenterie ^* l'armée. Faites faire un marché avec les transports du commerce, et ^gez sur Dresde 5,000 quintaux de riz ; envoyez-nous les 5,000 autres par ^u* Comme je retire tous les approvisionnements de Magdebourg, ne perdez P^ an moment à diriger les 50,000 quintaux de blé et de seigle sur Magde-
'Frappez une réquisition de 150,000 francs de médicaments et expédiez-les •^ Dresde. • (Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 392.)
5y000 qaintaax de riz sur Dresde, et par eau 5,000 quintaux, et de Elire diriger 50,000 quintaux de blé et de seigle sur M agdebourg, en remplacement des approvisionnements qu^elle y fisdt prendre, et de frapper une réquisition pour 150,000 francs de médicaments à diriger sur Dresde.
Les couTois de blé, de seigle, d'avoine, et les bestiaux qui doivent être dirigés sur Magdebourg, partiront de Minden, Hambourg et ^iembourg le l*' juillet, et se succéderont de manière que tout soit parti pour le 12 juillet.
Je vais prendre des mesures pour remplir les intentions de Votre Majesté relativement au riz. Il ne doit pas y en avoir beaucoup à Hambourg, mais on en fera venir du Holstein, en en tenant compte aux habitants sur les 20 derniers millions de la contribution.
Vos intentions, Sire, seront aussi remplies sur les 1 50,000 fr. de médicaments.
PRI>XE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambonrig, 21 juin 1813.
Monseigneur, j*ai Thonneur d'informer Votre Altesse que j'ai fait occuper Tile de Neuwerk, le 17 de ce mois.
Cette Ile, à Tembouchure de TElbe, est un des points principaux dont se servent les Anglais pourTespionnage, la contrebande et leurs émissaires. Considérée sous le point de vue militaire, elle nous est à peu près inutile, parce que les retranchements qui y sont établis n'empêchent pas l'ennemi de pénétrer dans l'Elbe, la véritable passe en étant fort éloignée. Toute l'artillerie qui a été trouvée dans les retranchements est non-seulement enclouée, mais, les tourillons en étant brisés, est tout à foit hors de service. II y faudrait de l'artillerie et au moins 200 hommes de garnison.
Le climat étant pestilentiel pour les troupes dans cette fie, et ce point ne pouvant être considéré comme militaire, j*ai pensé que le seul moyen de remédier au mal que Tennemi
peut nous faire en Toccupant, par la fraude et {^espionnage, était de la faire évacuer par les habitants, de défendre, sous peine d'être traité comme espion, d'y revenir ou d'y aborder, d'en faire détruire tous les retranchements, de la rendre inhabitable et de ne la faire occuper que par de fortes patrouilles que j'y enverrai de jour et de nuit.
J'ai l'honneur d'envoyer à Votre Altesse copie de l'arrêté que j'ai pris à cet ég^ard. J'ai l'honneur de lui observer que le nombre des habitants est très-peu considérable et ne se compose que de six à sept familles.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, 21 juin 1813.
Monseigneur, j'ai l'honneur d'informer Votre Altesse que, conformément aux intentions de Sa Majesté l'Empereur, qui m'ont été transmises par sa lettre du 14, je mets en marche demain, 22, pour se rendre à Wittenberg où ils arriveront le 4 juillet, les 3 bataillons du 152* de ligne forts ensemble d'environ 1,850 hommes, officiers compris.
Je fais payer la solde à ces trois bataillons avant leur départ et leur fais délivrer les effets de campement qui leur sont nécessaires. L'habillement et l'armement de ces trois bataillons sont en très-bon état, et leur tenue est excellente.
J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Altesse, ainsi qu'elle me l'a prescrit, l'itinéraire de cette troupe.
Hambourg, 23 juin 1813.
Sire, j'ai reçu aujourd'hui l'ordre du major général de faire partir le 25 20 bataillons sous les ordres du général Vandamme'.
1 L*Empereur au major général. — « Dresde, 18 juin 1813. Mon cousin,
J'ai rhonneur d'adresser à Votre Majesté le compte que je rends de rexécution de cet ordre au major général. Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour que ce départ ne porte pas préjudice à votre service sous le rapport des finances.
Il a été fait aujourd'hui la première coulée des boulets de 12. Les boulets n'étant pas refroidis, je ne pourrai rendre compte à Votre Majesté du résultat que demain. Je joins à ma lettre un tableau qui indique les troupes qui resteront après le départ du général Vandamme.
Je demande à Votre Majesté des généraux de brigade : il
vous donnerez ordre au {{ént'ral Vandamme de partir de Hambourg le 25 pour se rendre à Magdebourg, où il établira son quartier gén«'ral. II niènora avec lui 1^ une des deux batteries d*artillerie à cheval attachées au !«' corps; Sjo une deg deux batteries de 12 attachées au l*"" corps ; 3° les i*'* et 4'* bataillons des régiments qui composent la 1^' division; les 1''* et 4^ bataillons des régiments qui composent la 2* division.
« i" division. — 7« d'infanterie légère, 12«, 21% 17% 30« dMnFanterie de ligne.
« 2« division. — 13« léger, 25% 33% 57% 85« de ligne.
« La 2* division se réunira à Magdebourg, la 1'* à Wîttenbcrg; le quartier général sera à Magdebourg. En conséquence, les 2*' bataillons qui sont h Wittenberg des 13* d'infanterie légère, 25% 33^, 57*, 85* de ligne, se rendront à Magdebourg pour y attendre les 1®*"' et 4®' bataillons de ces mêmes régiments et former la 2* division. Les 1«" et 4** bataillons des 7* léger, 12*, 17*, 21* et 30* de ligne, se rendront à Wittenberg; les 2** bataillons attendront dans cette place les 1*'* et 4**.
« Les 2" bataillons des 15* léger, 48*, 61*, 108* et 111* de ligne, partiront vingt-quatre heures après la réception du présent ordre, soit de Wittenbei]g, soit de Magdebourg; ils formeront une seule brigade et se rendront à lianibourg. Il y aura donc à Hambourg :
« l'^ La 50* division ou division de Hambourg, qui est aujourd'hui de 5,000 hommes;
« 2° La 3* division, savoir : 15* d'infanterie légère, quatre bataillons; 48*, 61*, 108*, 111* d'infanterie de ligne, seize bataillons; total vingt bataillons;
« 3° La division bis composée des 3*^' bataillons des 7* léger, 12*, 17*, 21* et 30* de ligne, qui formeront une brigade, et des 3*^ bataillons des 13* léger, 25*, 33*, 57 et 85* de ligne, qui formeront une 2* l)rigade.
« Le prince d'Eckmiihl formera la 3* division, qui se trouvera ainsi à trois brigades. En conséquence, il aura sous ses ordres, h Hambourg, la division de Hambourg, qui, après l'incorporation des bataillons de marche, doit être, comme je l'ai dit plus haut, de 5,000 hommes ; la 3* division, c'est-à-dire vingt bataillons ou 12,000 hommes; la 3* division bis, dix bataillons ou 6,000 hommes; total 23,000 hommes.
« Artillerie. — Deux batteries de la 3* division, seize pièces; une batteriede la 50*, huit pièces; une batterie à cheval de la 50*, six pièces; une des
n'en existe qu'un seul pour la division Thiebault et la 50% car le général Beurmann qui la commandait a reçu du major général une autre destination.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, 23 juin 1813.
Monseig;neur, je viens de recevoir Tordre de faire partir le général Yandamme avec 20 bataillons, le 25, pour Magdebourç, avec 46 bouches à feu, dont 8 de réserve.
II sera impossible que ces troupes puissent partir le 25, puisque la majeure partie, qui se trouve à Lubeck ne pourra être ici que le 26.
L'exécution littérale de ces onlres laisse à Hambourg, pour la 50* division : un bataillon du 3* régiment, deux bataillons de marche qui seront incorporés dans les quatre régiments qui doivent former cette division; les deux bataillons du 25% un bataillon du 105* et un autre bataillon de marche sont
bait<»rie« à cheval du corps d'année, six pièces; une batterie de réserve du corps d'armée, huit pièces; total, qunrante->r|uatre pièces.
■ Lefréncral Vandamme aura à Magdebourj; : la 1^^ division, quinze bataillons; la 2' division, quinze bataillons. La division Teste tiendra garnison à Magdebourg jusqu'à nouvel ordre.
« Artillerie. — 1'^* division, seize pièces; ^ division, seize pièces; artillerie ài cheval, six pièces; artillerie de réserve, huit pièces; total, quarnntc-six pièces; plus les seize pièces de la division Teste. Total général, quarante bataillons ou 24,000 hommes et soixante-deux pièces.
« Ce corps sera appelé corps du général Vandamme; mais il fera toujours partie du i**" corps. Il aura pour commandant d'artillerie le général Baltus. Le commandant du génie y enverra un chef de bataillon, deux officiers du Renie pour chaque division et deux compagnies de sapeurs. Il y aura en outre un ordonnateur du !•' corps et un payeur.
■ Le général Jouffroy commandera l'artillerie de la partie du corps qui est *OQg les ordres du prince d'Eckmiihl, et il sera spécialement chargé de la défense de Hambourg.
• Vous donnerez ordre au colonel du génie Deponthon de se rendre à Hamboorg; il aura le commandement supérieur du génie, et, en cas d'événement " rewerait dans la place.
• • Vou8 prendrez les mesures nécessaires pour que ces ordres s'exécutent ^cc U plus grande activité. . . » (Correspondance de Napoléon, t. XXV , p. 398.)
sur la côte. J'envoie Tordre aux deux bataillons du 29* rég^iment de venir; ils ne seront rendus que dans cinq jours. Je n'ai pas de nouvelles des bataillons du 3* et du 105* partis de Wittenberg pour Bremen.
Pour ce qui concerne la division Thiebault, il n*y a encore de rendu à Hambourg que 11 bataillons des 15 qui la composaient. Il en manque ainsi encore 4, savoir : ceux des 48% 108% 12* de ligne et 15* léger. Les deux premiers de ces 4 bataillons n'arriveront que dans sept à huit jours; je n'ai pas de nouvelles des 2 autres.
Quant à la 3* division hîs, je n*ai aucun avis de la marche des 15 bataillons qui la forment, et je sais qu'elle n'est pas encore totalement organisée; il y a des bataillons qui ne sont pas même partis de leur dépôt. Cette division ne pourra donc être en ligne avant un mois.
Pour l'artillerie, il n'existe pas une seule compagnie de canonniers à cheval; ainsi, le général Yandamme ne pouiTa pas les amener. Il n'existe, des deux batteries de réserve, qu'une seule que le général Yandamme emmènera, mais il ne pourra pas avoir ses 46 bouches à feu. Il n'en restera pas la moitié de ce qui est affecté à la 3* et à la 50* division. Demain ou après , j'enverrai à Yotre Altesse l'itinéraire et une situation des troupes et de l'artillerie.
Je ne ferai partir ensemble les bataillons qui appartiennent à la r* division que le surlendemain, c'est-à-dire le 30 ou le 1*% afin que Hambourg ne soit pas totalement dégarni de troupes et pour avoir le temps de recevoir les bataillons du 25*, du 3*, du 105*, et les 6 bataillons que vous m'annoncez être partis de Wittenberg.
Cette mesure est nécessaire pour pouvoir garder Lubeck, Bergedorf et enfin les côtes. J'ai cru devoir prendre sur moi ce délai, parce qu'il faut, dans notre état, prévoir ce qui pourrait paraître invi*aisemblable, mais ce qui est possible, et qu'en outre la renti^ée de la contribution, qui est déjà si difficile, eût totalement été arrêtée.
J'ai toujours été esclave des ordres que l'on me donne; mais en risquant, pour quelques jours de délai, de compro-
DU MARÉCUAL DAVOUT. — 1813. 187
mettre la place de Hambourjj, à laquelle l'Empereur attache une grande importance, j'aui^is cru aller contre ses intentions. Cette place, n'étant pas encore fermée , ne peut être abandonnée à 2 ou 3 bataillons.
Hamboarg, 23 juin 1813.
Sire, jusqu'ici la ville de Hambourg n'a encore payé que 3,278,500 fr. 03 c. pour la contribution extraordinaire, savoir :
En numéraire 1,456,038 82
En effets de banque réduits en francs. 981,627 09
En effets sur Paris 746,626 37
En effets sur la Banque 94,207 75
Je fais partir demain 600,000 francs en espèces pour Magdebourg et Dresde. M. le comte de Chaban écrit au payeur général de l'armée pour lui ouvrir un crédit de 668,750 marks, ce qui fait en francs 1,200,000 francs; les rentrées qui doivent s'effectuer lui donnent la certitude que cette somme sera disponible. En conséquence le payeur général pourra faire emploi de cette somme par des mandats avec le receveur général des Bouches-de-l'Elbe.
La chambre de commerce cherche les moyens de réaliser 10 millions, y compris les sommes déjà reçues; j'avais décidé que ces 10 millions devaient être fournis en numéraire, effets de banque ou papiers à court terme; aujourd'hui, M. le comte de Chaban m'assure que d'après les renseignements qu'il a pris, il croit pouvoir me garantir qu'un grand nombre de bons négociants font leurs efforts pour fournir ces 10 millions, mais que le manque de numéraire, le peu de fonds qui existent dans la Banque (environ 10 millions, y compris 1,200,000 mis à la disposition du payeur général), la crainte qu^ont les négociants au sujet de tout ce qui est saisi pour Tarme de la marine, la mesure dont ils sont menacés pour la
saisie de leurs denrées coloniales qui ont payé le tarif avant notre évacuation, et sur leurs marchandises relativement aux réquisitions, sont des obstacles qui ùtent les moyens de réaliser promptement cette somme de 10 millions. Cependant ils se flattent de pouvoir avoir une souscription de 1,200,000 francs dans trois jours, et je les ai autorisés à faire un emprunt forcé payable sur Leipzig;, Aug;sbourg, Francfort et sur Paris; les échéances, seront aussi rapprochées que possible.
Si ces 1,200,000 francs étaient réalisés et qu'ils me donnassent l'assurance de compléter les 10 millions, j'autoriserais le commerce à envoyer à Votre Majesté une députation qui, en implorant la clémence de Votre Majesté, mettrait sous ses yeux la position du commerce de cette ville.
Je ne ralentirai point les efforts que je ferai pour remplir les intentions de Votre Majesté, et M. le comte de Ghaban me secondera. Ce payement de 10 millions est une garantie de leur soumission et de leur ardeur.
Hambourg, 24 juin 1813.
Sire, j'ai reçu les trois lettres de Votre Majesté où elle me fait connaître ses intentions sur l'armement de la place de Hambourg ' .
* L*Einpereur au maréchal Davout. — « Dresde, 20 juin 1813. Mon cousin» vous recevrez la copie du décret que je viens de prendre pour Tarmement de Ilamliouri;. Vous y verrez que vous avez en ce moment une pièce de 36, neuf de 2V, sept de 18, une de 16, douze de 12, six de 8, trente-trois de 6 et trois ohusicrs de 8 pouces, ce qui fait trente-trois l)ouc}ie8 à feu du calibre de 12 ou d'un calibre supérieur. Vous ferez mettre sur-le-champ ces pièces en batterie sur les remparts ; les pièces de 6 devront être placées sur les flancs des ouvra{;es. Vous ferez également mettre en batterie une vingtaine de caronades de 24, et ferez travailler tout de suite à la confection des affûts qui pourront être nécessaires aux autres. Les caronades sont d*un très-bon service dans la défense des places, et même dans bien des circonstances elles sont préférables aux autres bouches à feu.
M J'envoie le sieur Pailhou, Tun de mes officiers d'ordonnance, à Groningen, pour faire expédier promptement tout le matériel d'artillerie que cette place doit fournir pour l'armement de Hambourg, et de manière que tout soit
DU MABECHAL DAVOUT. — 1813. 189
Je me conformerai à toutes les dispositions qui y sont renfermées, et j'aurai l'honneur de la tenir au courant de tout ce qui sera fait par suite de ses ordres.
J'ai reçu aussi le décret que m'a transmis M. le comte Daru sur l'armement de Hambourg.
Hamboiirf*, 24 juin 1813.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté le rapport sur le premier coulage. Cet essai a parfaitement réussi, et l'on Ta continuer. Aussitôt l'arrivée des experts que Votre Majesté fait venir de Paris, on pourra tripler le coulage des projectiles.
Aujourd'hui, on a fait sur les caronades des expériences qui ont eu le résultat le plus satisfaisant. J'en adresse le rapport à Votre Majesté.
arrÎTé dans cette dernière place du 10 au 15 juillet. Cet officier correspondra avec vous et vous rendra compte de tout ce qu'il expédiera. Les premiers tonvois qui vous arriveront apporteront une partie des poudres et projectiles nécessaires à Tapprovisionnement des bouches ù feu que vous avez en ce moment. Les autres convois seront composés de manière que, chaque fois qu'il vous en arrivera un, vous vous trouverez avoir de plus à voti*e disposition une douzaine de bouches à feu bien approvisionnées et bien outillées. Ces expéditions demandent à être faites avec beaucoup de diligence. Vous lierez les réquisitions nécessaires pour que des relais de 200 chevaux au moins loient établis sur la route de Groningen, de six en six lieues, afin d'accélérer larriTee du matériel que cette place doit envoyer.
" Vous correspondrez avec le commandant de Faitillerie de Magdebourg, et presserez le départ des principaux objets d'artillerie que cette place doit foorair à celle de Hambourg.
* D'après l'état ci-joint, les bouches k feu en général ne sont approvisionnées qii*à cinq cents coups chacune; mais, lorsque cet approvisionnement *^n arrivé, je prendrai des mesures pour qu'il soit augmenté. • {Correspond ^nee de Napoléon, t. XXV, p. 409.)
Hambourg, 24 juin 1813 ■.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre de Votre Altesse du 21 juin, où elle me fait connaître que le corps du général Vandamme doit partir tout à la fois, et que sa marche doit être réglée de manière qu'il arrive au plus tard le 11 juillet à Magdebourg. Cette époque, qui n'était pas indiquée dans le premier ordre, me fait gagner trois jours et me donne le temps de faire arriver à Hambourg le nombre de troupes strictement nécessaire pour la garde de cette place.
Les 30 bataillons partiront ensemble et arriveront le 11 juillet au plus tard à Magdebourg. Demain, j'en adresserai Fétat et Titinéraire à Votre Altesse.
Hainbo irg, 34 juin 1813.
Monseigneur, j'ai l'honneur d'accuser réception à Votre Excellence de sa lettre du 20 juin dans laquelle elle me fait connaître que M. le général comte Dejean, sénateur, premier inspecteur général du génie, a reçu Tordre de TEmpereur de se rendre à Hambourg.
J'ai donné des ordres pour qu'à son arrivée M. le comte Dejean reçoive les honneurs qui lui sont dus, conformément à l'article 3 du décret impérial du 14 messidor an XII.
' L*Empereur au major général. — « Dresde, îl juin 1813. Mon cousin, témoignez mon mécontentement au prince d*Eckmûhl de ce qu'il n*a point hit partir la 5' division toute à la fois. Donnez-lui ordre de faiie partir le général Vandamme avec son corp,s tout ;i la fois; mon intention est qu'il arrive au plus tard le 11 à Magdebourg, afin de pouvoir entrer en ligne le SM). » {Corretpondanct dt Napoléon, t. XXV, p. 411.)
Hambourg» S4 juin 1813.
Je VOUS envoie un décret que vient de prendre l'Empereur sur Tarmement de la place de Hambourg.
Je vous communique en même temps, pour éviter tout retard, deux lettres originales de Sa Majesté sur cet objet.
Renvoyez-moi ces lettres après en avoir tiré l'extrait qui TOUS concerne.
Proposez-moi aussi des mesures pour accélérer l'exécution des ordres de l'Empereur, entre autres pour l'établissement des relais et pour la correspondance de son officier d'ordonnance à Groningue.
Informez- vous près de M. Gonze, directeur principal des postes, des jours de départ des courriers d'ici à Groningue, et combien la correspondance met de jours.
Choisissez, de concert avec le génie, les quatre magasins à poudre, et qu'on y travaille tout de suite pour les rendre propres à recevoir les munitions. On pourrait en établir un ou deux au Grass-Bruck.
Voyez le commandant du génie pour que les bastions où doivent être placés les obusiers et les mortiers soient désignés, qu'on travaille tout de suite à les fermer et mettre en état.
Dans une autre lettre de l'Empereur que je vous envoie également, vous verrez que son intention est de faire mettre sans délai en batterie toutes les pièces qui existent. Concertezvous avec le commandant du génie pour le placement des batteries, et faites faire les plates-formes qui manqueront. Commencez par faire armer les ouvrages en avant du faubourg Saint-Georges qui sont déjà susceptibles de l'être.
Concertez-vous avec le commandant de la place pour faire loger dans les maisons du faubourg Saint-Georges les plus rapprochées des ouvrages les canon niers nécessaires au service des batteries.
Faites armer aussi la fausse-braie de la place, surtout le front entre le Hambourger-Berg et la rive droite de l'Elbe,
c'est-à-dire jusqu'à la porte qui va dans le Billwerder.
Faites-moi un rapport sur les mesures qui seront prises en exécution des ordres de l'Empereur, pour que je tienne Sa Majesté au courant.
Je voudrais avoir pour ce soir votre rapport sur les essais de coulage des boulets et des caronades, pour que je Fenvoie par Testafette de ce soir.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, 24 juin 1813.
Monseigneur, j'ai Thonneur d'accuser réception à Votre Altesse Sérénissime de sa lettre du 20 juin par laquelle elle m'invite à lui faire connaître le résultat des mesures que j'ai prises pour remplir toutes les intentions de Sa Majesté au sujet des décrets du 19 juin dont le premier est relatif aux établissements à former à Hambourg, et le second aux établissements à former à Stade.
J'ai nommé pour la ville de Hambourg une commission composée de M. le gouverneur, M. le préfet, le général d'artillerie Jouffroy et le chef de bataillon Vinache, commandant provisoirement le génie, pour proposer dans les quarantehuit heures des projets et des moyens d'exécution.
Quant aux établissements à faire à Stade et Lubeck, j'ai nommé une pareille commission présidée par mon chef d'étatmajor pour me présenter aussi sous quarante-huit heures des projets et des moyens d'exécution. Cette commission a envoyé des reconnaissances sur les lieux pour cet objet.
Dès qu'il y aura quelque chose d'arrêté, j'aurai Thonneur d'en informer Votre Altesse.
Hambo:ir{;, 25 jiin 1813.
En conséquence des ordres que l'Empereur m'a fait donner, vous devez remonter la rive (];auche de TElbe avec une partie des troupes qui se trouvent sur la rive droite.
Je vous invite à être rendu de votre personne à Lunebourg le 27. Je vous y adresserai des instructions qui vous feront connaître votre marche ultérieure et la composition de vos troupes.
Vous trouverez à votre destination, d'après les avis que j'ai, un corps considérable de cavalerie, pour être sous vos ordres.
Je vous invite en conséquence à laisser les ordonnances de cavalerie que vous pourriez avoir avec vous. Je compte d'autant plus sur votre exactitude à remplir cette recommandation que vous connaissez le petit nombre de cavalerie qui existe ici.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Ha:nboiirQ;, 25 juiu I813«
Monseigneur, j'ai l'honneur de faire le rapport journalier sur ce qui peut s'être passé de nouveau à mes avant-postes et dans l'étendue de mon commandement dans la journée du 23 au 24.
Le commandant danois de la place d'Altona, en se conformant à un ordre que j'avais donné à son prédécesseur, m'informe que depuis le 8 du courant, 4 vaisseaux de ligne, 2 frégates, 7 bricks, 2 lougres, 97 bâtiments de commerce à 3 mâts et 23 à 2 mâts, en tout 330 voiles venant de la mer du ^ord, ont passé le Grand-Belt, se rendant dans la Baltique.
Deux vaisseaux de ligne et deux frégates sont restés dans le oelt et rendent le passage très-difficile.