IV
194 COKRESPONDANCE
II ne s*e$t rien passé de nouveau dans la journée du 23 au 2-4 à mes avant-postes du côté deLubeck, Trawemùnde, où j'ai envoyé le général Thiebault avec 4 bataillons de la 3* division pour y relever le général Dumonceau, commandant la 2* qui a commencé son mouvement. La ligne danoise et les avantpostes de Bergedorf, ZoUenspicker et Bleckède ne m'annoncent rien de nouveau.
Le colonel Gobrecht n'a rien de nouveau non plus dans toute rétendue de son commandement, Stade, Cuxhawen, Blexen et les batteries de la Jahde.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
llainbourg, 35 juin 1813.
Monseigneur, j'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à Votre Altesse l'état de situation des troupes de la 1^ et de la 2* division du 1" corps, qui, conformément aux intentions de Sa Majesté TEmpereur, doivent se rendre à Magdebourg, sous les ordres de M. le lieutenant général comte Vandamme.
Je joins également ici l'itinéraire que suivront ces troupes. Je prie Votre Altesse d'observer qu'étant rendues, en ne faisant que des marches ordinaires, le 8 à Magdebourg, elles y seront arrivées trois jours avant l'époque que Votre Altesse m'avait fixée par sa lettre du 21, puisqu'elles ne devaient y être rendues que le 11 juillet.
Hambourg, Sî6 juin 1813.
Sire, on a très-peu trouvé de riz à Hambourg; mais un particulier s'est offert d'en faire venir du Holstein en très-grande quantité à 20 sous la livre rendu à Dresde. Après-demain, il partira déjà 1,000 quintaux pour Dresde, poids de mark. Les transports seront à la charge du vendeur * .
* L'Empereur au rnaréclial Davout. — <• Dresde, 24 juin 1813. Mon cou-
Hambfî.ir};, 27juin 1813'.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 24 où elle me mande qu'elle donne l'ordre au directeur général de l'admioistration de l'armée d'envoyer ici un moulin en fer. Aussitôt qu'il sera arrivé, j'en ferai confectionner 50 sur le même modèle. Je ne doute pas que cette opération ne réussisse, attendu que le général JouÉFroy, qui en surveillera l'exécution, en a déjà fait faire 6 à Moscou.
Hambourg, 27Jiiio 1813.
Sire, vous me recommandez, lorsqu'il y aura un million de rentré de la contribution, de le faire partir tout de suite pour Dresde. 600,000 francs ont été envoyés à Dresde, il y a quelques jours.
M. le comte de Ctiaban a fait connaitre à M. Firino, payeur général à Dresde, qu'il avait à sa disposition 1,200,000 francs en argent de banque, c'est-à-dire en lingots, et qu'il pouvait tirer avec sur le receveur général à Hambourg pour cette
an, j\il reçu votre lettre du 21 juin. Vous ne me faîtes pas connaître quelle quantité de riz vous avez trouvée à Hambourg;. On en acliètc ici pour Farmoe à 6S francs le quintal. Envoyez-nous-en le plus possible. Nous en avons déjà éprouvé les meilleurs effets; les distributions qui en ont eu lieu ont fait entièrement cesser la diarrhée, qui commençait à menacer Tarmce. > (Correspondance de Napoléon, t. XKV, p. 429.)
' L'Empereur au maréchal Davout. — « Dresde, 24 juin 1813. Mon cousin, j*ai donné l'ordre au directeur {général de Tadministration de l'armée d*envoyer en poste à Hambourg; un moulin en fer, afin que vous puissiez surle-champ en mettre en construction une cin(|uantaiue à Hambourg. Les ouvriers ne doivent pas y manquer. Je donne ordre, en même temps, au ministre de la guerre de vous en envoyer cinquante. Chacun de ces moulins peut foire 5 quintaux par jour; pour les cent, cela fait 500 quintaux de farine: 500 quintaux de farine font 500,000 rations, c'est-à-dire le double de ce dont la garnison aura besoin. Faîtes placer cinquante de ces moulins dans un atelier et cinquante dans un autre, et qu'on travaille sans interruption à moudre. » (Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 420.)
somme. Il m'a assuré qu'on trouverait facilement à Leipzig à négocier tout de suite et sans perte cette somme, et qu'on la réaliserait beaucoup plus promptement qu'on ne pourrait le faire en lingots.
Demain, un agent du trésor public partira avec des lettres de change pour 1,200,000 francs sur Dresde et Leipzig à quinze jours de date. Ce sera donc déjà une somme de 3 millions qui aura été envoyée à Dresde. 11 a de plus été envoyé à Paris un million en effets à court terme. Je suppose que le ministre du trésor les réalisera en efiFets sur Leipzig et Dresde : ainsi ce sera 4 millions sur les 8 que vous me demandez.
M. le comte de Ghaban m'adonne l'assurance que sous sept à huit jours 4 autres millions seront fournis et dirigés sur Dresde, en effets très-faciles à négocier. Vous me faites connaître, Sire, que* tout le monde vous assure que l'ancien maire s'est bien comporté, que je peux lui faire signifier à lui, ainsi qu'à quelques autres, de rentrer en lui donnant un délai, et qu'il ne sera pas porté sur la liste des absents.
Je puis donner à Votre Majesté l'assurance que toute insinuation est inutile, parce que tous ne demandent qu'à rentrer, même M. Schulz, l'ancien sénateur, qui a été député près de l'empereur Alexandre, il vient d'écrire à M. le comte de Chaban une très-longue lettre datée de Ratzebourg, où il implore votre clémence.
Je ferai usage de la latitude que Votre Majesté me donne dans cette lettre, avec ménagement et dans ses intérêts.
Pour ce qui concerne l'ancien maire, je dois lui avouer que ceux qui rapportent qu'il s'est bien comporté sont mal informés. Le duc de Rovigo voit malheureusement les affaires de Hambourg par le sieur Bourrienne, qui était lié ici avec tout ce qu'il y a de plus mauvais, avec des faiseurs très-actifs ' .
Le sieur Bourrienne ne se borne pas à entretenir ici une
* L*Empereur au maréclial Davout. — «Dresde, 30 juin 1813. Mon cousin, je reçois votre lettre du 27 juin. J'ai fait donner l'ordre positif au sieur Bourrienne de cesser toute espèce de correspondance avec Hambourg. Mon ordre lui sera signifié d'ici au 5 juillet. Si, passé cette époque, il écrivait encore je désire que vous me le fassiez connaître, afin que je puisse le faire arrêter... ■ (Correspondance de Napoléon, t. XXV, p. 444.)
correspondance pour ses intérêts et le recouvrement des sommes qu'il y a gagnées; mais il cherche à détourner des autorités qui n'ont d'autres torts à ses yeux que de bien remplir leurs devoirs et d'avoir trop de probité pour se prêter à toutes ses friponneries.
Je viens d'être dans le cas de faire arrêter un de ses correspondants français qui est protégé par le partisan Tettenborn, qui a répandu à la Bourse le bruit que les Turcs nous avaient déclaré la guerre, et j'ai appris que c'était le sieur Bourrienne qui lui avait appris cette belle nouvelle.
Cet homme venait coucher à Hambourg, mais ses bureaux et presque tous ses papiers sont dans une campagne près d'Altona. Je les ai réclamés, je crains qu'ils ne soient soustraits. Cependant, dans le peu de papiers qu'on a saisis ici, on a trouvé une proclamation écrite du soi-disant Louis XVIII.
Hambourg, 27 juin 1813.
Je vous adresse un ordre du major général. Je vous préviens que j'ai donné tous ceux nécessaires pour que les intentions de l'Empereur soient remplies.
Le 1*' juillet, les 10 bataillons de la 2' division arrivent à Lunebourg avec leurs deux batteries d'artillerie.
Le 1*' juillet, 9 bataillons seulement, au lieu de 10, de la l** division arrivent également à Lunebourg, avec deux batteries d'artillerie à pied.
Le 10' bataillon, qui est le 4* du 12* régiment, n'est parti de Méziéres qu'au commencement de juin. J'ai écrit pour qu'il fût dirigé directement d'Osnabruck sur Magdebourg.
Il manquera également à Lunebourg un bataillon du 7* régiment d'infanterie légère. Ce bataillon fournissait des postes sur la rive gauche de l'Elbe, depuis Schackenbourg jusqu'à Hope. Un bataillon du 61* est en marche pour relever ces postes; aussitôt qu'ils le seront, le bataillon du 7* léger se mettra en marche en se dirigeant sur Weltzen , où il sera le
2 juillet et attendra le passa{je de la colonne de la 1" division.
Je vous adresse la situation des troupes des 1" et 2* divisions. J'ai confié le commandement de la colonne de la l'* division au général Montesquiou-Fezensac, qui prendra vos ordres ù Lunebourç, ainsi que le général Dumonceau.
11 marche donc, avec ces deux divisions, quatre batteries de 8 bouches à feu, ou 32 pièces; en outre une batterie de réserve de 6 bouches à feu de 12 et 2 obusiers; au total, 40 bouches à feu.
Toutes ces bouches à feu ont un approvisionnement, et il y a à chaque batterie 6 caissons d'infanterie, conformément aux règlements.
Vous devriez avoir une batterie d'artillerie à cheval sur les deux attachées au 1*' corps, mais aucune des deux n'est arrivée. J*en ai prévenu l'Empereur.
11 m'avait été recommandé aussi de vous donner des compagnies d'équipages militaires. On supposait arrivées celles qui me sont annoncées, mais pas un seul soldat n'est arrivé à Hambourg, et en outre il a été pris d'autres dispositions. Les transports militaires qui nous sont destinés s'organisent à Gassel et doivent être dirigés directement de là sur Magdebourg.
Cinq ambulances maixhent avec les deux divisions. C'est tout ce qui existait. La sixième marche avec la division Dufour. Toutes les administrations du 1*' corps nous suivent, et celles des divisions suivent leur division. Celles du quartier général ont l'ordre d'aller rejoindre le commissaire des guerres Blanchard.
L'ordonnateur Thomas adresse à ce commissaire des guerres l'état nominatif du personnel des administrations.
Vous trouverez ci-joint, Monsieur le général, un ordre au général Baltus, qui doit prendre le commandement de l'artillerie de votre corps. Ce général part de Hambourg; il emporte avec lui la situation du personnel et du matériel de l'artillerie que je vous annonce.
Les 2** bataillons des 15* et 33" légers, 48% 108* et 111* de ligne, venant de Magdebourg, doivent arriver le 30 à Lune-
bourg pour de là continuer leur route sur Hambourg par Haarbourg. Je vous en préviens pour éviter tout malentendu, parce qu'ils ne font pas partie des troupes mises sous vos ordres. Vous verrez, Monsieur le général, par Tordre du msjor général que la colonne que conduit le général Fezensac devra être dirigée de Magdebourg sur Wittenberg, avec les deux batteries d'artillerie et les administrations.
Par de premières dispositions vous deviez marcher sur une seule colonne, mais par des dispositions nouvelles vous devez marcher par deux routes.
Vous trouverez ci-joint les itinéraires de ces deux colonnes. Je vous invite à donner vos ordres en conséquence, attendu que ces itinéraires ont été envoyés au major général et qu'ils sont donnés en vertu des instructions que j'ai.
Je vous invite, Monsieur le général, à me faire connaître votre itinéraire (personnellement), afin qu'eu cas de mouvements imprévus, je sache où vous en donner connaissance.
Le bataillon du 61*, parti de Magdebourg, et qui devait passer à Lunebourg, ainsi que les cinq autres, pour venir ici, est celui qui va relever les postes du bataillon du 7* d'infanterie légère. Les ordres lui ont été donnés.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, 28 juin 1813.
Monseigneur, j'ai Thonneur d'adresser à Votre Altesse deux itinéraires pour les troupes du 1" corps qui doivent entrer dans la composition du corps du général Yandamme.
J^ai établi ces deux itinéraires pour me conformer aux intentions de Sa Majesté l'Empereur exprimées dans sa lettre du 24, de faire marcher ces troupes par des routes différentes.
J'ai l'honneur de rappeler à Votre Altesse que par ma lettre du 26, je lui ai envoyé l'état de situation des troupes qui partent avec le général Yandamme. Quant à l'artillerie, 16 bouches à
feu, personnel et matériel, marchent avec les bataillons appartenant à la 1'* division.
Cette première colonne est commandée par le g[énérai Fezensac.
Avec les bataillons de la seconde division marchent 16 bouches à feu, et de plus la batterie de réserve de 6 pièces de 12 et 2 obusiers; ainsi, le général Vandamme emmène 48 bouches à feu.
Il lui manque une compagnie d'artillerie à cheval, et comme les états sont expédiés exactement. Votre Altesse sera convaincue qu'aucune des deux compagnies d'artillerie à cheval destinées pour le 1" corps n'est encore arrivée. La 1" compagnie qui est annoncée ne sera que le 15 juillet à Wesel. Il part en outre un approvisionnement pour toutes les pièces et 24 caissons d'infanterie.
Je fais partir aussi cinq ambulances, et c'est tout ce qu'il y avait, ayant déjà envoyé la 6* avec la 5* division commandée par le général Dufour.
Le général Baltus arrivé avant-hier suit le général Vandamme pour commander son artillerie.
Il reste ici pour les 3* et 50* divisions 22 bouches à feu. Ainsi il manque encore 24 pièces pour avoir le complet prescrit par l'Empereur, et dans ces 24 est comprise là batterie de réserve de 12, partie avec le général Vandamme, la seule batterie que j'avais ici.
Hambourg, 28 juin 1813.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté les projets du général Haxo sur l'emplacement de la citadelle.
Il faudrait une campagne pour réaliser le projet de l'exécution la plus facile qui est celui de placer la citadelle sur le Hambourgerberg ; 10 à 12,000 ouvriers sont employés à relever les batteries. Les ouvrages les plus essentiels seront, j'espère, terminés pour le 20 juillet.
J'ai été visiter aujourd'hui Farsenal; il y règne une trèsgrande activité. J'ai vu aussi la fonderie; on coule par jour de 1,500 à 2,000 pesant de projectiles; sous deux ou trois jours on pourra en couler 3,000. Cet établissement est très-bien placé entre la ville et l'Elbe dans le Grossbrouk.
Hambourg, 29 juin 1813 >.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté qui me fait connaitre que 4 batteries d'artillerie à pied devaient partir avec les troupes qui faisaient partie du corps du général Yandamme ; les ordres de Votre Majesté seront exécutés. J'ai envoyé au major général l'itinéraire.
Le général Yandamme emmènera avec lui non-seulement ces 4 batteries à pied, ce qui fait 32 boucbes à feu, mais
* L*Emperenr an major général. — « Dresde, 22 juin 1813. Mon cousin, réitérez l'ordre au prince d'EckmuYil que le 152* répriment et le corps du général Yandamme, c'est'-à'^ire tout ce qui appartient à la l*^* et à la 2* division, avec une des deux batteries à cheval, une batterie de réserve et les batterirs de chaque division, le général Bnltus, Tordonnateur et les administntears du 1*' corps soient rendus à Magdebourg et Wittenberg du 5 au 9 juillet.
• Faites connaitre au prince d*Eckmiihl que dans cette situation il ne doit point disséminer ses troupes. Toute la division danoise, infanterie, cavalerie ^ artillerie, doit être réunie sur la gnuche, du côté de Liiheck. Il doit réunir les vingt bataillons de la 3* division, formée en trois brigades, sous les ordres <}q général Loison, autour de Hambourg, et toute la 50- division à Hambourg, pour y tenir garnison, et enfin il doit faire approcher de TElbe la 3* division bis. Par ce moyen, je pourrai lui ordonner, selon les circonstances, de Qéboucher, aussitôt que les hostilités seront commencées, avec les vingt bataillon» de la 3* division et dix bataillons de la 50', ou un corps de 20,000 hommes, y compris Tartillcrie et la cavalerie, ce qui, avec 10,000 Danois, fera ^fOOO hommes, pour se porter sur la gauche de Berlin, entre Berlin otStettin^ Undii qu'on marcherait sur Berlin de différents côtés. Il laisserait alors, pour fi^er Hambourg, le.) dépôts de la 3*^ division, de la 50'' division et de la ^ dirision bit, de manière que cela formât nu moins 10,000 hommes.
"Dites-lui que^pour me décider là-dessus, j'ai besoin de connaitre la force ^ U position des Suédois, des troupes hanséatiques et des autres troupes T^il a devant lui. Gomme il ne m*a rien encore envoyé là- dessus, j'ignore ce T^da en tète r c'est cependant l'important. J'ai aussi besoin d'avoir l'état ***ct des troupes danoises. » {Correspondance de Napoléon, t, XXV, p. 419.)
encore une batterie de réserve de 6 pièces de 12 et 2 obusiers, ce qui foit en tout 40 bouches à feu.
II restera ici 24 pièces, moins 2 ou 3 qui ont été renvoyées à Wesely étant hors de service. Ce sera à peu près 21 bouches à feu.
Votre Majesté parait croire qu'il restera encore ici une batterie de réser\*e de 12 pièces; la seule qui y était, le général Yandamme, je le répète, Temmène avec lui; Tautre n'est pas encore partie de Wesel.
Nous n'avons point d'artillerie à cheval; ainsi le général Vandamme n'en emmène point, et les premières compagnies qui sont annoncées n'arriveront que le 15 juillet à Wesel.
Votre Majesté me mande que la 3* division bis sera du 25 au 30 juin à Bremen. Je n'ai pas encore de nouvelles même de son départ d'Utrecht, et je ne crois pas qu'elle sera rendue ici le 15 juillet.
Je ne puis compter sur cette division avant cette époque; ainsi la force des troupes destinées à défendre la 32' division est de 14 bataillons appartenant à la division Thiebault, et le 15* manquant n'est parti de Paris que le 5 et ne sera ici que du 10 au 15 juillet.
La 50* division n'a que 7 bataillons, savoir : 2 du 29*; 2 du 3*; 2 du 105*; 1 du 33' léger.
Les bataillons venant de Wittenberg et le 33* léger sont extrêmement faibles et forment environ 8 à 900 hommes les trois. Us seront tout au plus complétés par les bataillons de marche qui vont y être incorporés.
Je ne parle pas de bataillons venant de Lyon pour la 50* division ; il y a cinquante-deux marches.
Il n'existe maintenant dans la place qu^environ 60 millions de poudre. Des officiers ont été envoyés pour établir des relais entre Groningue et Hambourg.
Le général Vandamme devait, en conséquence des ordres du major général, marcher sur une route; mais je vois par une lettre de Votre Majesté qu'il devra marcher sur deux, la 1" division sur une et la 2* division sur l'autre; le tout sera rendu à Magdebourg vers le 10 juillet.
Vous me recommandez, Sire, de prendre une bonne position en avant de Hambourg, pour y camper la 3* division. Comme la 50* division n'est pas encore arrivée à Hambourg, je différerai l'exécution de cet ordre.
Il y a à une lieue environ en avant de Hambourg, sur la rive jauche de TAlster, une excellente position; ce sont des anciennes lignes couvertes par un bon fossé et qui demanderont peu de temps et de bras pour être mises en état.
PRINCE DE NEUFGHATEL, ETC
Hambour{*, 39 juin 1813.
Monseigneur, j'ai donné des ordres pour l'exécution du décret de Sa Majesté pour l'incorporation des 1*% 2* et 4* bataillons de marche qui doivent dorénavant faire partie des 4 régi- Dients qui doivent composer la 50* division.
J'ai l'honneur d'observer à Votre Altesse que la 5* division du 2* corps, commandée par le général Dufour, et les 20 bataillons des 16 régiments du l" corps qui ont été jusqu'à présent dans la 32' division militaire, ont laissé soit à Brème, soit à Hambourg, soit à Lubeck, une quantité assez considérable de malades.
Les corps d'armée vont se trouver à une grande distance, et la plupart des hommes de ces bataillons sortant des hôpitaux seront perdus pour l'armée, puisqu'ils emploieront en marche tout le temps qu'ils auraient pu utiliser pour le service.
J'ai l'honneur de proposer à Votre Altesse de faire réunir Ces hommes sortant des hôpitaux aux 3" bataillons des 16 régi- Dients du 1'^ corps qui composent la 3* division bïs.
Les 6 batailons qui faisaient partie de la division Philippon, 9ui sont en marche pour se rendre ici, ont également laissé ^es malades en Saxe. On mettrait ces hommes en subsistance ^ansdes régiments des !'• et 2* divisions du 1" corps.
La plupart de ces hommes ne faisant que passer d'un bataillon ^ un autre, sans quitter le régiment, il n'y aurait aucune
20* COllRESPONDANCE
dépense de changement d'uniforme; la comptabilité n*en serait pas embarrassée, et ces hommes seraient tout de suite utilisés pour l'armée, au lieu d'être disséminés en petits détachements et sur toutes les routes, ou bien d'entrer dans des dépôts d'hommes isolés où Ton peut difficilement régulariser leur solde et leur masse.
Hambourg, 30 juin 1813.
Sire, conformément aux intentions de Votre Majesté contenues dans une lettre du major général en date du 25, j'ai réuni à Haarbourg tout ce qui appartenait au 9' régiment de lanciers, dont partie était à Lubeck, partie à Bergedorf et partie à Cuxhawen, pour le mettre en marche sur Magdebourg et rejoindre le général Yandamme, le peu de cavalerie que j'ai pu organiser à force de soins et de sollicitude dans le 9* lanciers et le 17* lithuaniens m'ayant forcé, malgré moi, à les disséminer ainsi.
Le prince major général m'annonce par la même lettre que j'aurai en échange 3 escadrons du 28* régiment de chasseurs à cheval. Les différents détachements de ce régiment qui soient à portée de me rejoindre de longtemps, se composent de 150 hommes, tous de recrue ; ainsi la cavalerie sera de 600 chevaux.
Le bien du service de Votre Majesté m'oblige à lui représenter que le général Beurmann, qui commandait les avantpostes à Bergedorf, et le colonel Gobrecht, auquel, connaissant de l'activité et de l'intelligence, j'avais confié le commandement de la côte et du point important de Cuxhawen, étant appelés à une autre destination, je n'ai aucun officier supérieur pour pouvoir les remplacer, parce qu'il me manque cinq généraux de brigade, comme Votre Majesté l'a vu par l'état que j'ai eu l'honneur de lui envoyer le 27, et qu'en fait de colonels je n'ai que celui du 17* lithuaniens, qui ne connatt point du tout le service et ne sert dans les troupes de Votre Majesté que depuis quelques mois.
Je supplie Votre Majesté de vouloir bien considérer cet état ; choses et d'envoyer à la partie du 1" corps que j'ai Thonsur de commander les cinq généraux de brigade, dont un s caTalerie, qui lui manquent.
Mb. —AU MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Hambourg, !•' juillfrt 1813.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre du 25 juin que Votre Vitesse m'a fait Thonneur de m'écrire pour me prévenir que les 3", 4*, 5* et 6* compagnies du 12* bataillon des équipages militaires sont mises à ma disposition pour être organisées par mes soins et faire le service de la partie du 1*' corps sous mes ordres.
J'attends ces compagnies aujourd'hui de Bremen, et aussitôt leur arrivée, je leur ferai remettre successivement des chevaux, des harnais et des caissons. J'espère que vers le 20 juillet, cette opération sera terminée. Ces compagnies n'auront pas de voitures à la comtoise. Sa Majesté a reconnu le vice de cette construction et a prescrit de prendre des caissons couverts à 4 chevaux.
Votre Altesse sera exactement informée de tout ce qui sera feit à ce sujet.
Hambourg;, 1«>- juillet 1813.
Sire, j'ai annoncé à Votre Majesté, que le receveur général ^vait à la disposition du payeur général de la Grande Armée ^ne somme de 1,200,000 francs, argent de banque. Cet argent de banque est réalisable avec avantage sur toutes les places de l'Europe. On évitait par là le retard du transport ^u numéraire, vu la négociation d'effets. M. Firino vient de ''envoyer l'ordre de faire un virement de banque à Ham-
bourg, c'est une perte de temps. M. le comte de Ch écrit à ce sujet à M. le comte Daru. Je prie Votre Ma de se faire représenter sa lettre ; elle vous prouvei'a. Sire, s'il y a des lenteurs, elles ne viennent ni de M. le com( Chaban, ni de moi.
Haniboiir(;, 2 juillet 1813.
Sire, j'ai Tbonneur d'adresser à Votre Majesté l'état a par le major de l'organisation du matériel de l'artillerl 1" corps et de la 50* division dite de Hambourg.
Votre Majesté verra par cet état le nécessaire, l'exista le manquant, tant en personnes, chevaux du train, qu'en n riel, pour compléter.
Hambotirç, 3 juillet 1813.
Je reçois votre lettre du 30 juin, où vous me demand j'ai transmis à Sa Majesté la demande que vous m'avez de lui faire. J'ai observé à votre secrétaire qui m'a i votre lettre que vous n'aviez pas besoin d'intermédiaire l'Empereur, qui trouverait mauvais que vous vous en vissiez.
Je lui ai cité ce qui m'était arrivé pour mon propre cor et j'ai conclu par dire que je ne ferai pas usage de votre 1< à moins que vous n'insistiez, et que dans ce cas, je ferais naître à Sa Majesté les demandes que vous m'avez réite de m'adresser moi-même à elle.
Comme il n'a pas été question depuis de cette lettre, j' croire que vous aviez renoncé, sur mes observations, à i de me prendre pour intermédiaire, ce qui est cause q n'ai pas fait usage de cette lettre *.
* Leg rapports, on a pu le remarquer, n'étaient paa toujours coin
DU MARÉCHAL DAVOUT. — 1813. ÎOl
Hambourc 3juillet 1813.
Sire, le major général m'a transmis les ordres de Votre Majesté pour la garde et la surveillance de la rive gauche de l'Elbe depuis Werben exclusivement. Il faudra, Sire, quelques forces assez considérables sur la rive gaucbe pour empêcher TeDoemi d'y jeter des partis plus ou moins forts entre Werben et Hambourg, si Tennemi est tellement supérieur que je sois obligé d'être sur la défensive (ce qui est vraisemblable d'après les renseignements) jusqu'à ce que les mouvements que l'on ferait entre Wittenberg et Magdebourg forcent l'ennemi à se rapprocher de l'Oder.
Depuis Werben jusqu'à Lauenbourg il a de très-grands moyens de passage sur quatre ou cinq points différents, surtout à Boitzenbourg, à l'embouchure de la Schwartzwasser et près de Lauenbourg, à l'embouchure de la Stecknitz, ainsi qu'à Domitz.
Je demanderai à Votre Majesté l'envoi de quelques officiers généraux. Elle aura pu voir, par l'état que je lui ai adressé le 27 juin, qu'il n'existait que le général Gengoult de généraux de brigade pour les 3' et 50* divisions. Je ne parle pas du général Osten, qui est attaché à la 32* division et qui, d ailleurs, n'est pas capable de faire un service actif.
Je n'ai aucun officier supérieur -à qui je puisse confier le commandement des troupes qu'il faudra que je place sur la rive gauche.
avec le {général Vandamme, militaire fort distinfyué, mai» d'un caractère «itier ri ayant de Tambition. Le lùaréclial , qui avouait avoir, lui aussi, le caractpre entier, lui rendait pleine justice et n'avait pas liésité à lui faire bonnear de la reprise de Hambour{;; plus d'une fois cependant on a pu distin- Roerdes froissements. Le (jéncral Vandamme allait être peu après fort malheu- ^^x dans les opérations que l'Empereur lui conliait sur le haut Elbe, et où il 'Hait être fait prisonnier avec son corps :\ Kuhn.
llambourf;, 3 juillet 1813.
Sire, je charge M. Gonse, directeur principal des postes Hambourg, de me transmettre les extraits de lettres qui I paraîtront utiles d'être communiqués à Votre Majesté, et n'en continuera pas moins d'en adresser des expéditions M. de Lavalette; mais pour l'envoi direct de Hambourg Dresde on évitera un grand détour. J'ai l'honneur de voi adresser, Sire, la première note qu'il m'a remise ce matin.
L'avis qui y est donné de l'arrivée du prince Frédéric ( Hesse, pour commander les troupes danoises en Holstein, e confirmé par ce que le général Schulenbourg m'a dit qu était remplacé par ce prince. Ce choix n'est pas avantagei pour vos intérêts, d'après ce que m'a écrit M. Alquier.
Vous m'avez ordonné. Sire, de réunir les Danois près < Lubeck. Je prie Votre Majesté de me faire connaître si S( intention est que je leur confie le poste retranché de Tra^v miinde. Ce poste ne pourrait point tenir contre du gr canon.
Je ne ferai rentrer les quatre bataillons de la division Thi bault qui sont à Lubeck que vers le 10 ou le 12, époque laquelle j'y ferai entrer les Danois. Si je les eusse laissés da cette place pendant ce temps-ci, la contribution ni le désa mement n'eussent marché.
Je n'ai pas encore la nouvelle de l'arrivée en Mecklembou de cette légion allemande, qui est effectivement annoncée attendue. On cherche à organiser en Mecklembourg la lan wehr et le landsturm. On place dans la première tous ] hommes de dix-huit à trente-six ans, et dans l'autre ceux * trente-six à soixante.
Hambo.irg, 3 juillet 1813.
Sire, je reçois la lettre de Votre Majesté du 30 juin *. Vos intentions sur les batteries de réserve se trouvent remplies; I une est partie avec le général Vandamme, attelée avec des che?aux du train. Celle que Votre Majesté annonce avoir été dirigée sur Magdebourg par le général Lemarois, vient darriver ici hier, sur ma demande, attelée par des chevaux de paysans; elle a besoin de grandes réparations auxquelles on va travailler.
Le général Jouffroy m'ayant rendu compte qu'une 3* batterie de 12, destinée pour Hambourg, était partie de Wesel le 25 juin, attelée par des chevaux du train, j'ai tout de suite fait partir un officier pour aller à la rencontre de cette batterie. Il la rejoindra à Osnabruck et la dirigera directement sur Magdebourg, en prenant des chevaux du pays, et attendu que les chevaux du train nous étaient destinés pour atteler la batterie qui est ici, ils viendront à Hambourg.
' L'Empereur au maréchal Davout. — « Dresde, 30 juin 1813. Mon cousin, je re<;ois votre lettre du 26 juin. Je vois avec plaisir que vous avez envoyé <{aatre batteries d'artillerie et une batterie de reserve avec le (général Vandamme. Les deux batteries d'artillerie à cheval sont en clieniin de Wesel pour vous rejoindre. Je donne ordre qu'on or{;anise 1e plus tôt possible une Doavelle batterie de reserve à Weeel pour vous. La 6' division bis sera, au lO juillet, réunie à Wesel ; drjà plusieurs bataillons y sont arrivés: c'est à tout événement une réserve qui peut vous être utile.
■ J'ai attac!ié l'adjudant commandant Fcrnig au général Ho{»endorp ; il figurera sur les états comme adjudant commandant employé dans la 50' divi- >ion. 11 est très-important que vous ayez : deux batteries d'artillerie pour la ^ division, seize pièces; une batterie pour la 50* division, huit pièces; une l>aUerie à cheval de votre corps d'armée, six pièces; une à cheval pour la S(K division, six pièces; une de réserve, huit pièces; total, quarante-quatre pièces.
• Votre corps d'armée aura donc trois batteries de réserve, savoir : une '▼ec le général Vandamme et une que le général Lemarois a dirigée sur Magdebourg; ce qui fera deux pour le général Vandamme. J'ordonne que vous armiez la troisième à Hambourg, en tirant le matériel de Groningue. Expédiez les ordres nécessaires à l'offîcier d'ordonnance que j'ai dans cette place. ^ous vous servirez des chevaux du pays. Ainsi il y aura à Hambourg deux literies à cheval, trois batteries de <livision et une batterie de réserve. » (Correspondance de Napole'on, t. XXV, p. 443.)