AU MARÉCHAL BLUCHER ET AU LORD WELLINGTON
Paris, 30 juin 1815*.
Monsieur le maréchal (Milord), vos mouvements hostiles continuent, quoique, suivant les déclarations, les motifs de la
* A rapproche de l*ennenii, un vote des Chambres venait de mettre Paris en état de sié^e. En conséquence de cette résolution, la commission executive du (gouvernement rendait le même jour (28 juin) un arrêté portant que l*armcc du Nord se rendrait sans délai sous Paris, que la défense extérieure de la capitale était conHée aux troupes de li{;ne, que la police intérieure serait faite par la {;arde nationale, L*article3 de cet arrêté portait : « Les tirailleurs (fédérés) de la garde nationale serviront, conformément à l'offre qu'ils en ont faite, comme auxiliaires, avec les troupes de li{;ne, à la' défense des postes les plus rapprochés de la place. » Les fédérés parisiens étaient en effet trèsardents pour la défense et ne demandaient qu'à marcher; le maréchal ne demandait qu'ù les employer, Fouché ne cherchait qu'à paralyser tout ce qui ressemblait à une défense énergique et résolue.
* Une première démarche pour oI>tenir une suspension d'armes comme préliminaire d'une négociation de paix, avait échoué auprès de Blucher et de
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guerre que nous font les alliés n^existent plus, puisque rempereur ]SapoIéon a abdiqué.
Au moment où le sang est de nouveau sur le point de coo- 1er, je reçois du maréchal duc d*Albuféra la dépêche télégraphique dont je TOUS transmets copie. Je tous en garantis le contenu sur mon honneur. Ainsi, toutes les raisons que vous auriez de continuer les hostilités sont détruites, parce que vous ne pouvez pas avoir d'autres instructions de votre gouvernement que celles que les généraux autrichiens tenaient du leur.
Je fais à Votre Excellence (Seigneurie) la demande formelle de cesser immédiatement toute hostilité, et que Ton s^occupe d'un armistice en attendant la décision du congrès. Je ne puis croire, Monsieur le maréchal (Milord), que ma demande restera sans effet. Vous prendriez sur tous une grande responsabilité aux yeux du monde entier (de vos nobles compatriotes).
Nul autre motif que celui de faire cesser Teffusion du sang et l'intérêt de ma patrie ne m'a dicté cette lettre.
Si je me présente sur le champ de bataille aTec l'idée de Tos talents, j'y porterai la conTiction de combattre pour la plus sainte des causes, la défense et l'indépendance de ma patrie, et, quel qu'en soit le résultat, je mériterai l'estime de Votre Excellence (de Votre Seigneurie).