‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 84 sur 95 · A TOURS · texte numérisé non relu

A TOURS

La Source, 15 juillet 1815.

J'ai reçu vos dépêches annonçant que vous avez fait prendre la cocarde blanche. Je ne puis que vous improuver, non pour la cocarde blanche, puisque nous sommes ralliés au gouvernement et que nous la prendrons aussi, mais pour vous être permis de donner des ordres sans les miens. La plus parfaite union est nécessaire pour l'intérêt de notre malheureuse patrie et de notre gouvernement. Que veulent les ennemis de la France? Notre désunion. S'ils y parviennent, ils opéreront ce qu'ils commencent déjà, non-seulement le partage, mais le pillage de la France. Vous devez assez connaître l'esprit de notre armée pour savoir qu'elle mérite les plus grands ménagements pour l'amener à arborer une couleur qui était proscrite depuis vingt-cinq ans dans ses idées et dans ses préjugés; par vos mesures intempestives et insubordonnées, vous serez peut-être la cause d'une grande désertion, et vous aurez été sans le vouloir l'agent de nos ennemis \

J'ai chargé le général Ambertdu commandement supérieur de Tours; vous êtes sous ses ordres, ainsi que toutes les troupes qui sont dans la Mayenne et la Sarthe, et cela jusqu'à l'arrivée du général Lamarque qui commande le tout.

Le général Ambert vous communiquera l'acte de soumission de l'armée.

P, S. — Je reçois à l'instant votre lettre du 13, de Tours. Son contenu ne justifie que trop toutes mes réflexions. Tout reproche serait maintenant oiseux et ne remédierait à rien.

Le général Ambert, je le répète, est un homme sage. Exécutez les ordres qu'il vous donnera. Le général Lamarque est parti de Nantes le 14. Sa tête de colonne ne tardera pas à arriver à Tours.

* Le maréchal était ol)li{*é de montrer une (Grande prudence et de l'imposer à tous les généraux à l'égard de l'armée, qu'il voulait conserver et préserver d*une désorganisation complète, déjà commencée sous Tinfluence dissolvante des événements.

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