‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 85 sur 95 · DE SOISSONS · texte numérisé non relu

DE SOISSONS

La Source, 15 juillet 1815.

Je reçois votre lettre du 1 1 juillet; elle est dictée par le plus pur patriotisme. Je vous donne communication de la démarche que Tamour de la patrie vient de dicter à Tarmée. Il ne peut y avoir d'armée sans gouvernement, et un gouvernement envahi par des troupes étrangères ne peut conserver son indépendance sans se rallier à Tarmée.

Imitez notre exemple : arborez le drapeau blanc, fiaites connaître que vous défendez Soissons au nom de Louis XVIII, et que tant que vous existerez, aucun étranger n'y mettra le pied. C'est la conduite que j'ai tenue à Hambourg en I8I4, lorsque j'ai eu connaissance des événements arrivés à Paris. Faites connaître cette détermination à Laon et dans toutes nos places fortes.

80,000 hommes sont maintenant sur la rive gauche de la Loire. L'esprit qui les anime donnera une grande force au gouvernement français; s'il partage notre énergie, toutes les prétentions exagérées et les pillages de nos ennemis auront bientôt un terme.

Dans cette situation, j'ai pris sur moi de donner des avancements et des décorations à ceux qui les avaient mérités. Ces récompenses ont été confirmées parce que la justice seule y avait présidé. Je ne doute point que si l'occasion se présente d'accorder des récompenses à la garnison de Soissons, en y mettant de la réserve, elles ne soient également confirmées. Je ne négligerai rien pour cela.

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