‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 86 sur 95 · PROCLAMATION A L'ARMÉE · texte numérisé non relu

PROCLAMATION A L'ARMÉE

Pont d'Orléans 16 juillet 1815.

Soldats, je vous donne communication par la voie de l'ordre du jour de la soumission que les généraux, colonels et oflB-

ciers de l'armée, dont le commandement m'est confié, ont faite au gouvernement de Sa Majesté Louis XVIII. (Voir l'adresse en date du 14.)

C'est à vous, soldats, à compléter cette soumission par votre obéissance. Arborez le drapeau et la cocarde blanche. Je vous demande, je le sais, un grand sacrifice. Nous tenions tous aux trois couleurs depuis vingt-cinq ans; mais, ce sacrifice, l'intérêt de notre patrie nous le commande. Je suis incapable, soldats, de vous donner un ordre qui ne serait pas basé sur ce sentiment ou qui serait étranger à l'honneur. L'année dernière, dans des circonstances pareilles, le gouvernement de notre patrie ayant changé, j'ai défendu Hambourg et Haarbourg dans les derniers moments au nom de Louis XVIII, n'écoutant alors, comme aujourd'hui, que les intérêts de notre patrie.

Tous mes compatriotes ont applaudi à ma conduite; une belle armée a été consei*vée à la France ; pas un soldat n'a quitté ses rangs, sachant que l'on sert sa patrie quel que soit le gouvernement qu'on ait, et qu'une armée ne peut être délibérante. Soldats, tenez cette année la même conduite; défendez notre malheureuse patrie au nom de Louis XVIII. Ce monarque et tous nos compatriotes vous en sauront gré.

Nous ferons cause commune avec ces braves Vendéens qui viennent de nous donner un touchant exemple, en déclarant qu'ils se réuniraient à nous pour combattre les ennemis de la France ; vous aurez en outre conser^'é à l'État une nombreuse et brave armée.

J'attends de vous ce même esprit de discipline dont vous avez donné des preuves depuis notre départ de Paris.

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