‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 90 sur 95 · AU GÉNÉRAL EN CHEF AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL EN CHEF AUTRICHIEN

Bourges, 23 juillet ISIS'.

Par un rapport d'hier soir, du général Milhaud, j'ai appris qu'une colonne de l'armée autrichienne est arrivée à Bour-

^ En ce moment où les armées ctrangèrcs débordaient de toutes parts, des

bon-LancVy et que le bruit était qu'elle devait passer la Loire. Sur cette annonce, j^ai £ait partir un de mes aides de camp avec rinstruction dont copie est ci-jointe. — Depuis son départ, je reçois un rapport du général ^lilhaudy qui m^annonce Tarrivée à Moulins d*une partie de ce corps. — Je ne puis regarder, Monsieur le général, cette démarche que comme un malentendu, et comme le résultat d'ordres donnés dans un état de choses antérieur, et qui n'existe plus, c*est-à-dire, avant que Tannée, dont le commandement m'est confié, eût reconnu Louis XVIIL

Il doit être maintenant parvenu à la connaissance de Votre Excellence que non-seulement la soumission a été faite, mais qu'elle a été accueillie avec bienveillance par le Roi, qui, pour accélérer le moment de la paix, a donné des ordres de dislocation , et c'est au moment où ces ordres sont en exécution, que je reçois, Monsieur le général, le rapport dont je viens de vous parler!

Le service du Roi, l'honneur et la sûreté de l'armée que je commande, me font un devoir de suspendre mes mouvements jusqu'à ce que ce malentendu ait été réparé. Si, contre toute attente, ce mouvement était ofiFensif, je serais innocent devant Dieu et devant les hommes, envers mon roi et envers ma patrie, des suites qu'il pourrait avoir. Je m'adresse à un militaire, j'ai lieu de compter sur une réponse dictée par l'honneur et la franchise.

troupes autrichiennes du corps de Frimont, venant de l'est, étaient arrivées Hur la Loire, avaient passé le fleuve et s'étaient portées sur Moulins. Le^ Autiîcliiens, il est vrai, n'étaient point partie à la convention militaire de Paris ; mais ils étaient liés cux-méuies par Tarmistice qu'ils avaient signé avec le maréchal Sucliet, et le mouvement qu'ils faisaient était contraire à cet armistice. L'état-major autrichien le reconnaissait au reste; il rappelait l'avantgnrde qu'il avait fait marcher sur Moulins, et l'aide de camp envoyé par le maréchal trouvait le chef de cette avant-garde en train de revenir sur la rive droite de la Loire.

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