COU UKS POND ANGE
naireSy et qu'on avait évité par là les influences particulière^) qui sont au détriment du souverain. C'est ici le cas, car les choix n'étaient pas dictés par l'impartialité; beaucoup de généraux et d'officiers, quoique légionnaires et ayant des titres reconnus, n'y étaient pas compris, parce que tout se fait ici par esprit de coterie. II parait au surplus que le Roi a fait usage de mes réflexions.
J'ai mis la même réserve en tout; je n'ai jamais voulu aller, par exemple, chez le comte de Bose, le ministre du Roi, sans votre ambassadeur.
Je n'ai jamais parlé des individus, excepté une fois de M. de Breza; j'ai cru devoir faire connaître la mauvaise conduite qu'il avait tenue envers les Français, notamment depuis le traité de Tilsit jusqu'au moment où il a été nommé secrétaire d'État. Je le regarde comme un de nos ennemis; j'ai mille preuves morales à cet égard. Enfin il n'a pas tenu à lui que nous ne soyons dans la nécessité d'enlever de vive force les subsistances chez les particuliers, et d'indisposer le pays. Par son insigne mauvaise foi, cela serait très-certainement arrivé, si je n'avais en quelque sorte forcé le gouvernement à créer un comité de subsistances, avec des pouvoirs suffisants. Il est ici de mon devoir de faire connaitre le ser\'ice qu'a rendu ce comité dont M. Kokanowski est président.
Tous les magasins ordonnés ont été formés, les distributions assurées et l'ordre établi. Partout les membres du comité ont déployé une grande fermeté qui, tout en déterminant le succès de leurs opérations, a dû leur faire des ennemis dans leur pays ; mais en même temps cette conduite doit leur mé' riter notre reconnaissance et les témoignages que je rends d'eux à Votre Majesté.
Avec cette délicatesse que j'ai poussée aussi loin que possible, la bonne intelligence ne pouvait que régner avec rambassadeur de Votre Majesté. J'y mettais un grand prix pour le bien de votre service; mais le général Touzard, par une disposition d'esprit trop commune, et non par malveillance, ayant tourmenté M. Bourgoing pour engager le Roi à donner son ordre à la plupart des officiers du génie, sous le spécieux prétexte
Is dirigeaient les travaux qu'on exécute dans les places, et it eu de ces soins officieux, nuisibles, en ce que bien invoairement, je n'en doute pas, ils ont mis M. Bourgoing dans as de faire éprouver des mortifications à Tordonnateur en f, à rinspecteur aux revues, au commandant de place get et au chef d''escadrOn commandant la gendarmerie, dû, pour que cela serve de leçon, renvoyer cet officier éral à son métier, et je lui ai ordonné d'aller faire Tinspec- I des places et des fortifications du grand-<luché. ^our ce qui regarde les croix, j'ai observé à M. Bourgoing ! bien certainement le corps d'armée serait très-flatté dé avoir cette marque de satisfaction du Roi, mais qu'il n'y lit pas d'autre marche à tenir que celle de s'adresser à tre Majesté, sans désigner qui que ce soit, excepté le gêné-
Hanicque qui l'a été par le Roi pour avoir sauvé la ville Thom, par le courage qu'il a déployé pour éteindre le feu i était au magasin à poudre. Mes observations ont dû être lueillies.
Dans le temps, j'ai indiqué à Votre Majesté, comme un mme qui ne devait pas être étranger aux intrigues de ce vs, un sieur B Je pense que sa correspondance donnait quelque éclaircissement; les propos outrés et plus 'inconvenants qu'il a tenus à Dresde et qui sont à la conissance de M. Bourgoing, ne devraient jamais être dans la uche de quelqu'un employé. Suivant lui. Votre Majesté a i^rifié les Polonais, etc. Très-certainement cet homme abuse
la confiance de M. de Talleyrand qu'il a tellement séduit, 'il vient d'écrire ici pour lui faire obtenir le cordon bleu
Pologne. Cette demande embarrasse, et elle donne à un >mme peu sûr une importance dont il peut abuser. Je suis toujours dans les mêmes dispositions d'esprit qu<» ins les premiers temps, ne négligeant rien pour remplir les dresde Votre Majesté, croyant être au-dessous de la besogne mt elle m'a chargé et désirant voir arriver l'époque où ses •dres m'ôteront cette charge.
i3î CORRESPONDANCE
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
VartOTÎe, 26 dëcemlire 1807.
Monseigneur, Votre Altesse m*a foit Thonneur de m*a dresser, dans le temps, des pièces relatives à des contribution illégalement perçues dans la Poméranie prussienne.
Le prince Joseph Sulkowski, accusé d'avoir levé ces contributions, fut déchargé de cette accusation par une commissio] spéciale qui déclara que ce prince avait d'autant moins pu s( rendre coupable de ce délit qui lui était imputé, qu'il n'avai jamais été en Poméranie.
D'après cette décision, les inculpations pesèrent sur I< prince Antoine Sulkowski qui avait été vraiment en Pomé ranie et qui y avait commandé un régiment d'infanterie polonaise ; le général de brigade S fut aussi impliqué, et d'apré
un ordre de Sa Majesté, le séquestre fut apposé sur les bien de ces deux officiers.
Le prince Antoine Sulkowski ayant justifié par des décla rations mêmes des autorités plaignantes qu^aucun reproche n< pouvait lui être ^t, qu'il n'était pour rien dans les plainte portées devant Sa Majesté, qu'il avait tenu personnellemea la meilleure conduite et fait observer à sa troupe la meilleur< discipline, j'ai dû provoquer la levée du séquestre mis sur se: biens.
Pour ce qui est du général de brigade S , toutes les
inculpations demeurant fixées sur lui, j'ai nommé une commission pour examiner le mérite de ces accusations, ainsi que
les moyens de défense du général S : j'ai investi en
même temps la commission des pouvoirs nécessaires pour rechercher et foire verser dans la caisse de l'armée toutes les
sommes indûment perçues, soit par le général S , soil
par d'autres officiers polonais désignés par M. l'intendant général à M. Vincent, résident de Sa Majesté près du gouver nement du duché de Varsovie.
J'ai lieu d'espérer que les sommes à récupérer pourron
s'élever au chiffre d'environ 100,000 écus de Prusse; j'adresse à Votre Altesse copie de l'arrêté que j'ai pris pour former la commission, et j'aurai l'honneur de lui rendre compte du résultat de ses opérations lorsqu'elles seront arrivées à leur terme.
PRINCE DE NEUFGHATEL, ETC
Varsovie, 28 décembre 1807.
Monseigneur, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse copie de la lettre que je reçois de M. le maréchal Soult, qui pense devoir occuper la plus grande partie de la province de la Nouvelle-Marche que vous m'avez assignée pour faire cantonner une de mes divisions d'infanterie avec les quatre régiments de cavalerie légère du général Pajol.
L'ordre de Votre Altesse met à ma disposition la place de Gustrin et la province de ce nom. Tout le monde s'accorde à reconnaître qu'il n'existe pas de province de Custrin proprement dite, et que cette province n'est rien autre que celle de la Nouvelle-Marche dont Gustrin était effectivement le cheflieu; cependant M. le maréchal Soult m'ayant observé que si j'occupais tout le territoire de Neumark, il serait gêné dans ses communications avec les troupes qu'il doit avoir encore sur la rive gauche de la Vistule, j'avais consenti à mettre à sa disposition tout le district de Schiffelbein ; mais je ne pouvais faire d'autre sacrifice aux convenances, car j'ai Thonneur de rappeler à Votre Altesse que la division Gudin que j'ai envoyée dans le pays de Gustrin, compte au delà de 12,000 hommes présents sous les armes, et que les quatre régiments de cavalerie légère du général Pajol sont de près de 3,000 chevaux. Si je resserrais toutes ces troupes dans les limites que me trace M. le maréchal Soult, elles ne pourraient jamais y exister, et je m'écarterais en cela des ordres de Sa Majesté, qui a voulu que ses troupes pussent au besoin passer l'hiver dans ces cantonnements. Le pays de la Nouvelle-Marche a déjà beaucoup
gouffert, et d'après les rapports que je reçois du général Gudin, il est presque épuisé.
M. le maréchal Soult pense qu'il a été dans Tintention de Votre Altesse de mettre à sa disposition tout le terrain sur la rive droite de la Netz et de la Wartha, parce qu'il a reçu de vous Tordre de fiadre remplacer le commandant de Driesen. Je ne doute pas que Votre Altesse ne reconnaisse que cet ordre est le résultat d'une erreur; au reste, je donne l'ordre au général Gudin et au général Pajol de continuer à fiaire occuper par les troupes de leurs divisions toute la Nouvelle-Marche, puisqu'il y aurait impossibilité de les mettre ailleurs; il suffit de jeter les yeux sur la carte pour prononcer, à l'exception seulement du cercle de Schiffelbein. Comme il est à présumer, d'après la manière de voir de M. le maréchal Soult, qu'il est aussi dans l'intention de £aire occuper ce pays, je prie Votre Altesse de vouloir bien faire cesser ce malentendu en faisant connaître ses intentions à M. le maréchal Soult, par un courrier extraordinaire.
Varsovie, 26 décembre 1807.
Sire, Votre Majesté m'ayant parlé dans le temps des sommes qu'elle avait à recouvrer sur les débiteurs de la banque royale de Prusse, et m'ayant communiqué qu'elle avait ordonné à son ministre des finances d'envoyer ud préposé pour suivre cette opération, j'ai l'honneur de lui faire connaître quel a été jusqu'à ce jour le résultat des recherches faites par M. Daniel, vérificateur de l'administra^ tion de l'enregistrement et des domaines, envoyé par Sod Excellence le ministre des finances.
M. Daniel a opéré personnellement dans les villes d'Elbing) Danzig et Marienveerder, tandis que dans le même temps des commissaires spéciaux nommés par M. Vincent, résident de Votre Majesté, secondaient ce vérificateur sur divers autres points.
A son retour de la Prusse occidentale, M. Daniel s'est
;upé à dépouiller le travail de ces commissaires particuliers 1 formé, par département, des états détaillés des créances istatées certaines. Toutes les découvertes réunies présentent total de 38,610,177 fr., non compris les intérêts évalués i ou 4 millions.
Pour assurer les créances de Votre Majesté, M. Daniel vient prendre les mesures nécessaires pour faire notifier juridiement aux débiteurs la défense de n'effectuer aucun paye- ;nt, soit en principal, soit en intérêt, qu'entre les mains de personne qui sera ultérieurement dési{;née, sous peine de yer deux fois.
M. Daniel, après avoir achevé ces vérifications et assuré les éances dans le duché de Varsovie, se propose d'aller incesmment suivre ses opérations à Berlin.
Le ministre des finances ne pouvait faire choix d'un homme us dévoué et d'un plus grand travailleur que M. Daniel ; il rait à désirer pour le bien de ce pays qu'il s'y trouvât lelque sujet de cette trempe. Au reste, cet administrateur a é parfaitement secondé dans toutes ses recherches par le sident de Votre Majesté, M. Vincent, qui y a mis cet esprit cette volonté qui assurent toujours le succès. Le temps fera )ir qu'il n'a déplu dans ce pays qu'à ceux qui ont été, qui nt et qui seront toujours les ennemis de la France, et que en ne ramènera. Il connaît parfaitement le pays. Il me vient ins ce moment à l'idée de faire observer à Votre Majesté ul serait possible qu'il y eût eu quelque intrigue dans la aniére dont il a été rappelé. Tout en lui annonçant que )ur le récompenser de ses services Votre Majesté devait lui )nner une grande préfecture, on lui donnait l'ordre de utir, sans même attendre l'arrivée de M. Bourgoing. Une flexion se présente tout naturellement : Pourquoi cherche- OQ à éviter cette rencontre? craignait-on les renseignements ne pouvait donner M. Vincent? On ne pouvait se dissimuler qu'il devait résulter beaucoup d'inconvénients s'il ne lisait pas lui-même la remise des papiers et des objets à Jïvre. A Dieu ne plaise que je veuille faire une insinuation éfavorable à M. de Champagny; j'ai une trop haute idée de
sa loyauté pour que cela puisse me venir dans la tête, mais souvent des ministres signent des lettres sans s'attacher aii\ détails.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Skiemievice, 4 janvier 1808.
J'ai déjà fait connaiti^e à Votre Altesse que M. le maréchal Soult, prétendant que la province de la Nouvelle-Marche fait partie des cantonnements affectés à son corps d'armée, y a envoyé une partie de ses troupes. Les commandants particuliers menacent d'opposer leurs forces pour empêcher les troupes du général Gudin de s'y établir. J'ai l'honneur de vous adresser les dépêches de ce général qui vous feront connaître combien il est urgent que Votre Altesse fasse passer des ordres. J'ai cependant fait représenter à M. le maréchal Soult que la province de Custrin ou la Nouvelle-Marche ne pouvait être que la même chose, puisque j'avais l'ordre de faire cantonner dans cette province une division d'infanterie forte de 14,000 hommes et la brigade du général Pajol corn*posée de 4 régiments de cavalerie légère. S'il eût été en mon pouvoir de prévenir ces difficultés, je l'aurais certainement fait pour empêcher toute cette espèce de mésintelligence que cela met entre les troupes de notre souverain ; mais il n y avait pas de possibilité, puisque ne pouvant établir des troupes sur la rive gauche[de l'Oder, destinée aux troupes du 1" corps, il fallait bien les mettre dans la province de Custrin ou la Nouvelle-Marche, dont Custrin est la capitale, et que vous m'avez indiquée dans vos instructions et vos ordres. En attendant votre décision, j'ai donné l'ordre au général Gudin de laisser les troupes des autres corps s'établir dans les cantonnements, et de recommander à ses troupes de vivre avec la meil' leure intelligence.
Skierniewice, !•' février 1808.
Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 4 janvier * : elle est satisfaite de ma conduite envers le roi de Saxe; ma volonté sera toujours de ne rien négliger pour Texécution de ses ordres, et lorsque je n'y parviendrai pas, il n'y aura que malheur ou maladresse.
Une lettre que Votre Majesté a écrite, le 3 janvier, à Son Altesse Impériale le vice-roi d'Italie, a été mise à mon adresse. Je l'ai renvoyée au prince : cela me donne la crainte qu'il y en ait une, pour moi, d'égarée.
Nous sommes toujours très-tranquilles. La bonne harmonie entre nous et les Polonais ne fait que se consolider.
Le recrutement ordonné, pour porter au complet la légion polaco-italienne, est en grande partie effectué, et les recrues sont en marche. On a fait aussi, avec succès, une levée d'hommes pour compléter les légions polonaises ; ainsi, maintenant, on peut compter qu'il y a au delà de 30,000 hommes combattants. La solde est au courant pour bien des corps, un peu arriérée pour quelques autres.
Si, sous le rapport militaire, les choses vont bien, dans ce pays il n'en est pas de même sous celui de l'administration.
Les préfets sont nommés, mais il n'y en a encore qu'un qui soit rendu à son poste. Les sous-préfets ne sont pas nommés, et j*ignore l'époque où ils le seront. Les chambres executives qui les remplacent deviennent de jour en jour plus négligentes. Jusqu'ici cela n'a pas de grands inconvénients, parce que nos magasins sont formés en raison de l'emplacement des tit)upes; mais, pour l'avenir, il est bien à désirer que cette partie du gouvernement s'organise.
Jusqu'ici, quoique les Russes soient très-nombreux dans le voisinage, c'est-à-dire dans les gouvernements de Grodno et Wilna, je n'ai pas encore aperçu l'ombre d'une intrigue russe
Voir plus haut la lettre rappelée ici, par laquelle l'Empereur exprimait ^ satisfaction de la réception faite au roi de Saxe à Varsovie.
qui serait la seule à laquelle on pût attacher quelque impo tance.
On m'a parlé d'une correspondance très-active des Pri siens, qui sont en assez grande quantité dans ce pays; m; quelque mauvaise qu'elle soit, elle ne peut pas avoir de co séquence.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Skîernievice, 2 fëvrier 1808.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre que Votre Altesse m'a f l'honneur de m'adresser le 18 janvier pour me faire connaît les intentions de Sa Majesté relativement aux troupes des 3* 4' corps, qui se trouvent cantonnés dans la Nouvelle-Marche
Pour exécuter les ordres de Votre Altesse, je fais connaît à M. le maréchal Mortier que la hrigade de cavalerie légè commandée par le général Pajol doit aller prendre des ca tonnements dans la haute Silésie ; je charge le général Pa de faire porter cette dépêche par un de ses officiers au mai chai Mortier, afin de recevoir plus promptement ses ordres s l'emplacement que devra occuper cette troupe; le généi Pajol a de plus Tordre de faire mettre sa brigade en mou^ ment, régiment par régiment, dès l'instant que les ordres ' maréchal Mortier lui seront parvenus.
J'ai fait part au maréchal Soult des intentions de Sa Maje: sur la nouvelle destination de la brigade de cavalerie légè du général Pajol, et j'ai chargé le général Gudin d'envoj auprès de lui un officier, pour fixer, de concert avec le gén rai chef de l'état-major du 4* corps, les cantonnements d troupes des deux corps d'armée dans la Nouvelle-Marche.
* C*était Ik un de ces incidente comme il 8*en produisait fréquemm entre cheh militaires placés au loin, ayant à interpréter des ordres génén et dierchant à se procurer les meilleurs cantonnements. Ce malentendu, n'avait rien de personnel entre les deux maréchaux, disparaissait naturel ment devant de nouveaux ordres plus précis.
Quoique la lettre de Votre Altesse ne me fasse pas connaître si la brigade Pajol, en se rendant en Silësie, demeure à mes ordres, ou passe sous ceux du maréchal Mortier, j'ai dû supposer que la haute Silésie faisant partie des cantonnements occupés par ce maréchal, cette brigade devait naturellement faire partie de son commandement. C'est en conséquence de cette interprétation que j'ai écrit au général Pajol de correspondre directement avec le maréchal Mortier, à moins qu'il n'en soit autrement ordonné par Votre Altesse.