‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 16 sur 99 · A M. SERRA · texte numérisé non relu

A M. SERRA

RÉSroENT DE FRANGE A VARSOVIE ^

Skierni«wice, 24 mars 1808.

msieur le résident, par tous les rapports que je reçois de )vie et des départements, je vois que chaque quart d'heure s à la nécessité de faire cesser les palliatifs et autres res ridicules que prend le gouvernement et qui ne font croître la crise. D'un côté, m'assure-t-on, il publie de ne ecevoir que du courant dans les caisses ; de Tautre, il veut ïr les bouchers et les boulangers à recevoir du billon. » boutiques sont fermées, et tous les esprits sont dans la rive inquiétude; cet état de choses ne peut durer long- , et répondant à mon souverain et à Sa Majesté le roi de du bon ordre et de la tranquillité du pays, je dois vous er à presser le gouvernement de prendre enfin des

Vincent, le» premier résident nommé à Varsovie après la formation id-duclié, avait été rappelé, comme on Va vu , et venait d'être rcmar M. Serra, qui était d*ori{*iae génoise.

mesures. Si on continue encore les palliatifs, je ne poum y voir que de la malveillancie, puisque par la présente je va lever tous les motifs que les ministres allèguent pour les prc longer.

Avant de m'expliquer, je vous adresse ci-joint extrait d'un lettre de M. Gley, mon charge de pouvoirs pour la princi pautë de Lowicz, qui se trouve à Varsovie. Je raisonne sur c qu'il me mande, connaissant sa véracité. D'ailleurs, vous pour rez le faire venir chez vous pour avoir plus de renseignement et vous en expliquer avec le ministre de Tintérieur.

Le ministre a donc dû déclarer qu'on avait envoyé un cour rier extraordinaire pour engager Sa Majesté le roi de Saxe i traiter avec M. l'intendant général au sujet de la pave de: troupes françaises; cet obstacle étant levé, dit-il, on déterrai nera le cours d'après la valeur intrinsèque, et la crise cessera Eh bien, comme les circonstances sont urgentes, et que je sui: bien certain d'entrer dans les vues de mon souverain lorsque je fournis les moyens de mettre un terme à l'état actuel dei choses, vous pouvez déclarer, Monsieur le résident, que Ib paye des troupes françaises ne peut être, pour le gouvernement du duché, un obstacle pour prendre des mesures. L'armée reçoit moitié courant, l'autre moitié en billon : je déclare donc que l'ordre sera donné à tous les militaires de ne donnai le billon qu'à la valeur qui sera déterminée par le gouvernement. Il en résultera une perte quelconque dans la solde, cela ne peut regarder le gouvernement de ce pays. L'Rmpereur sera instruit de la diminution qu'éprouve le soldat pai ces mesures, et il donnera pour l'indemniser les ordres qu'i jugera convenables, et nous serons tous contents.

Sa Majesté le roi de Saxe à donné ordre de payer les troupe saxonnes en monnaie courante. Le gouvernement du duch peut en faire autant pour les troupes polonaises ou prendr telle autre mesure qu'il jugera nécessaire, au lieu de continue le régime des palliatifs et des fausses mesures.

Vous remarquerez aussi, Monsieur le résident, l'embarrs du ministre pour déterminer le cours de la petite monnaie c'est qu'on lui assure que l'on frappe à Berlin 132 pièces d

DP MARÉCHAL DAVODT. — 1808. 165

billon avec les mêmes thalers avec lesquels on en frappait auparavant 82; il est facile de vérifier cet on dît, et s'il est fondé, de déterminer un cours pour chacun de ces deux cas, eo indiquant les moyens de les vérifier. *

Vous pouvez faire, Monsieur le résident, tel usage que vous croirez le plus convenable de ce que je vous mande. Si vous jugiez ne devoir point communiquer ces déclarations au gouvernement, et que vous pensiez qu'il existât une meilleure marche à suivre, votre dévouement sans bornes à notre Empereur, Testime que je vous porte et la confiance que j'ai en vos lumières me feraient adopter celle que vous leur auriez substituée.

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