H52. — LE PRINCE PONIATOWSKI
A M. LE HARÉCnAL DAVOUT.
(Copie.)
Varsovie, 0 août 1807.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait riionneur de m'adresser pour me communiquer les dispositions qu'elle a faites pour le placement des troupes polonaises; elles sont telles qu'on pouvait le désirer pour le bien de.s troupes et du service, et c'est avec la reconnaissance la mieux sentie que cbaque Polonais, en se félicitant d'avoir acquis pour compatriote un liommc aussi distingué par sa gloire militaire, aperçoit les soins et l'attention que Votre excellence donne au bien-être du pays et au soulagement de >e> habitants.
En lui faisant parvenir aujourd'hui l'état de situation de la 1" le'(jion, je crois essentiel de lui parler en sa qualité de commandtint en chef des troupes polonaises de plusieurs détails relatifs à leur ensemble.
L'état décrété pour C(\s troupes par Sa Majesté l'Empereur porte qu'elles seront organisées en trois légions, composées chacune de :
'* régiments d'infanterie;
• régiments de cavalerie;
3 compagnies d'artillerie;
1 compagnie de sapeurs ;
1 compagnie du train.
Diverses circonstances ayant cependant donné lieu à la formation de quelques corps séparés qui existent en dehors des cadres primitivement ordonnés, il devient maintenant indis-
pensable de déterminer sous quel rapport ils doivent être considérés *.
Ces corps sont la légion du Nord, la légion polaco-italienne et le V régiment de hussards polonais.
La légion du Nord, formée de déserteurs et prisonniers prussiens, Polonais d'origine, et forte d'environ 5,00.0 hommes, devait, d'après le décret de Sa Majesté l'Empereur, former le l" et le 2* régiment d'infanterie de la î2* légion polonaise, et avait été, en conséquence, pendant la plus grande partie de la campagne, portée ainsi sur les états de situation des troupes polonaises. Les nominations qui y ont été faites et le reste des mesures prises à cet égard indiquaient le même but. Cette légion étant arrivée en Pologne sous les ordres du général Puthod, cet officier non-seulement refusa de reconnaître les officiers nommés pour cette légion par Sa Majesté l'Empereur lui-même, mais il déclara encore que cette légion n'appartenait en aucune manière aux troupes polonaises. Le général Zayoncheck s'étant adressée à Son Altesse le major
^ Les levées polonaises ayaicnt commencé «\ Farrivéc du maréchal Davout à Posen, au mois de novembre 1806, avec le concours du {;éncral Dombrowski. Elles s'étaient composées d'abord, à part une lésion dite du Nord, au service de France, et quelques autres corps dont une léf^ion dite « polacoitalienne «, de huit bataillons recrutés, dans les palatinats de Posen et de Kalisz. Ces bataillons, formés en lé{;ion ou division sous le général Dombrowski, n'avaient pas tardé à être envoyés tels qu'ils étaient au maréchal Lefebvre pour concourir au siépe de Danzi(;. Un peu plus tird, h l'arrivée de Murât et de Davout a Varsovie, au commencement de décembre, le prince Joseph Poniatowski, qui entrait comme ministre de la guerre dans la commission de gouvernement instituée par ordre de l'Empereur, s'était mis à l'œuvre et avait levé de nouveaux bataillons pour former une seconde légion. Cette seconde division polonaise, placée sous les ordres du général Zayoncheck, avait'été envoyée après la bataille d'Eylau à Neidenburg, formant la communication entre la grande armée établie sur la basse Vistule et le 5® corps qui était resté sur la Narew. On avait dû aussi former, par ordre d<' Napoléon, un corps de cavalerie de 1,000 à 2,000 hommes. Il y avait donc eu une certaine organisation poursuivie au courant de la campagne. Cette organisation toutefois ne s'était pas faite sans qu'il y eût quelque confusion et surtout des tiraillements entre les chefs militaires polonais. Il restait maintenant, après la paix, k donner une organisation définitive à l'armée polonaise dans le duché de Varsovie tel qu'il était constitué, et les dirBculté:« étaient assez sérieuses, comme le prouve la lettre du prince Joseph Poniatowski, qui demeurait ministre delà guerre dans la nouvelle organisation.
général pour être instruit de la manière dont il devait regarder le corps mentionné, reçut pour réponse que c'était apparemment far erreur que ce corps avait été considéré comme faisant partie des troupes polonaises. De mon côté, je n'ai pas manqué de mmformcr des intentions de Son Altesse le major général; mais malgré mes instances plusieurs fois réitérées à cet égard dans l'espace de quelques mois, je n'en ai obtenu aucune réponse. Cependant les dispositions directes de Sa Majesté TEmpereur n'ont point été révoquées, et quoique la légion du Nord ait été constamment à la solde de France, j'ignore en ce moment comment elle doit être envisagée.
Pour réparer le vide que le cliangement apparent de sa destination occasionnait dans la 2* légion, j'ai fait former, dans le cours de la campagne, les cadres de deux régiments d'infanterie, et ceux-ci se trouvant presque à moitié remplis, il importe d'autant plus de savoir s'ils doivent définitivement être portés sur l'état.
La légion polaco-italienne se compose de cadres des régiments polonais revenus d'Italie. Les provinces polonaises ont fourni récemment pour sa réorganisation 6,600 recrues. Elle est commandée par le général de brigade Grabinski et renferme un régiment de lanciers et trois régiments d'infanterie, qui sont jusqu'à présent à la solde de France. Le régiment de lanciers a été destiné par Sa Majesté l'Empereur à entrer au senice du roi de Westphalie.
Conformément aux dispositions qui m'ont été transmises par Son Altesse le major général, j'ai nommé les officiers qui devaient être employés dans la nouvelle organisation de cette 'égion, et elle a été soumise à mon autorité, comme ministre de la guerre du duché de Varsovie, ainsi qu'à celle des inspecteurs généraux des troupes polonaises.
Le régiment de hussards polonais formé à Varsovie et ayant les mêmes rapports quant à la solde et au service est resté également sans détermination positive pour sa destination future.
Croyant qu'en sa qualité de commandant en chef des troupes françaises et alliées dans le duché de Varsovie, Votre excellence peut avoir à ce sujet des instructions ou des pouvoirs
qui peuvent suppléer à ce que les miens présentent d'incomplet, je me fais un devoir de lui faire parvenir ces détails^ avec la prière de vouloir bien me communiquer ce qui peut servir à me guider dans les mesures d'ordre à prendre dans la suite relativement aux corps mentionnés, ou de m'indiquer celles qu'en vertu de son autorité elle croira les plus convenables pour le service.
Il est encore une circonstance à l'égard de laquelle j'ose recourir à la décision et même aux sentiments d'amitié dont Votre Excellence a bien voulu m'assurer. Il s'agit de déterminer finalement si M. le général de division Zayoncheck est au service de France ou s'il appartient à l'état des troupes du duché de Varsovie. Appelé par Sa Majesté l'Empereur au commandement de la 2' légion polonaise, cet officier général, tout en conservant les marques distinctives du ser>'ice français, a été constamment payé par le trésor polonais et a même sollicité et obtenu des dédommagements pour les émoluments qu'il perdait en France.
Toutes ces circonstances paraissaient suffisamment indiquer que le général Zayoncheck appartient exclusivement à Tétat des troupes polonaises. Mais quoique j'aie plusieurs fois demandé à Son Altesse le major général de décider positivement ce qui en était, cet article de mes letti*es est constamment resté sans réponse. Cependant, dans chaque occasion, cet officier ne cesse de se prévaloir du caractère de général français, pour résister et mettre obstacle à toutes les mesures d'ordre qu'en qualité de ministre de la guerre, j'ai été dans le cas de prescrire jusqu'ici, soit pour l'organisation, soit pour l'administration et la comptabilité de la légion qu'il commande. Je craindrais de devenir minutieux aux yeux de Votre Altesse si je lui faisais le détail de toutes les démarches vraiment scandaleuses sous le rapport de l'ordre et de la subordination que le général Zayoncheck s'est à ce titre permises à mon égard depuis plusieurs mois que dure cette singulière lutte d'autorité, et quoique Son Altesse Sérénissime le major général m'ait écrit à ce sujet la letti'e dont je joins copie, les choses n'en sont pas moins restées au même point. Le général Zayon-
DU MARëCHAL DAVOUT. — 1807. 15
check ne répondant à tous mes ordres que par son chef d'état-
major, et n'en exécutant aucun, me laisse jusqu'à présent dans
le vague sur Tétat de la légion qu'il commande, et, malgré tous
mes efforts, n'a pas même organisé jusqu'ici en régiments les
différentes levées de cavalerie qui se trouvent sous ses ordres.
Votre Excellence a trop d'expérience pour ne pas voir au
premier coup d'oeil tout ce qu'un ordre de choses pareil
entraîne d'inconvénients et d'abus pour le service; je laisse à
ses bontés pour moi à lui retracer tout ce qu'il a d'humiliant
pour une autorité que je tiens de l'Empereur. Je la supplie de
vouloir bien interposer son pouvoir ou provoquer de la part de
Sa Majesté une décision suffisante pour tracer les obligations
des généraux de division envers le ministre de la guerre, et
pour mettre fin à une position si contraire aux principes reçus
et si désagréable pour tout militaire ami de l'ordre et jaloux
de la dignité de son métier.
Le général de division, ministre de la guerre,
Joseph, prince Poniatowsri.
Pour cop'e conforme :
Le général chef d'état-major par intérim,
IIervo.
Skierniewice, 14 aoAt 1807.
Sire, puis-je après tous les bienfaits dont Votre Majesté m'a comblé, lui faire la moindre demande? Si elle m'en donne la
' Par décret rendu à Tilsit, le 30 juin 1807, Napoléon avait disposé d'un
™Jn nombre de domaines royaux qu*il s'était réservés en Polo|;ne an
r™ ' oe« marécliaux et généraux de son armée. Ce décret, qui se liait au
tpteme de TEmperear pour la constitution de la noblesse nouvelle, était
nnn conçu :
■ ^apoléon, empereur des Français, roi d'Iulie,
oolant reconnaître les services qui nous ont été rendus dans la cam-
PV^^ "^"ologne par le (suit le nom)^ nous avons résolu de lui accorder, et
accordons par les présentes, le domaine de (suit la désignation)^ départc-
« -•--., pour en jouir, lui, ses héritiers et successeurs, en toute pro-
permission, je lui rappellerai celle relative au frère de moi père j Jacques Davout, ancieu major de cavalerie, demeurant i Ânnoux, département de TYonne. Il a servi avec distinction e a toujours joui de Testimc de tous ceux qui Tout connu. Tou: ses enfants servent Votre Majesté, et ils ont été blessés dan: cette campagne. Il a été désigné comme candidat au Séna par le département de l'Yonne .
L'année dernière, avant le départ de Votre Majesté poui la Prusse, ayant osé vous demander la faveur de le nommer au Sénat, vous avez daigné me donner des espérances permettez. Sire, que je le rappelle à Votre Majesté, et qui mettant toute ma gloire à tenir tout de vous, je vous conjun en même temps, si vous me comblez de ce nouveau bienfait de nommer M. Davout sans le faire ballotter. Une des idées qu
piiétn; ciiKMidaiit cpie ledit domaine no puisse être vendu ni aliéné par lui ou jte.^ Iiéritiers ou successeurs , sans notre autorisation et autrement qu' cliaiffo d(* remplacement en propriétés situées dans le territoire de notr empire; pour, lesditJ^s propriétés, faire partie du Hef qu*il est dans notr intention de lui accorder aussitôt que nous aurons ju{;é à propos de statue à cet égard... »
A ce décret était annexé un tableau des domaines distribués, avec Tcsti mation de la dotation en capital et les noms des donataires. La première list des dotations comprenait vin{;t-«ept noms : le maréchal Davout, prineipaut de Lowicz, 4,831,238 francs; le maréchal Lannes, principauté de Sievre 2,674,280 francs; le maréchal Soult, domaine de Raciazek, 1,395,492 francs le maréchal Bessières, domaine de Kruz\vi(M, 1,051,836 francs ; Berthier prince de Neufchâtel, domaine de Frzçainka-'Schelinka, 1,625,484 francs Ma8séna,Drobin, 846,930 francs ; Ney, principauté de Sielum, 518,000 francs Mortier, Kamietz, 727,000 francs; le général Priant, Leczno, 725,05; francs, etc., etc. {Correspondance de Napoléon, t. XV, p. 377-378.)
Par un acte postérieur, daté de Fontainebleau, 23 septembre 1807 Napoléon distribuait une somme de 11 millions à un certain nombre d maréchaux ou de généraux dont quelques-uns avaient re(;u des dotations ter ritoriales par le précédent décret. Le prince de Neufchâtel recevait 1 mil lion. Les maréchaux Ney, Davout, Soult, Bessières étaient compris dans 1; répartition pour 600,000 francs. Ilétiitditque sur cette somme 300,000 franc seraient placés en rentes sur l'Etat pour faire partie, à titre inaliénable, di Hef à établir incessamment en faveur des titulaires, et 300,000 donnés ei argent devaient être consacrés à Tachât d'un hôtel à Paria. (Correspondanc de Napoléon, t. XVI, p. 44-45.)
Ces libéralités n'étaient pas les premières ni les seules. L'Empereur ava distribué d'un autre côté les vastes domaines qu'il s'était réservés dans I Hanovre et dans le nouveau royaume de Westphalie. Le maréchal Davou ])arle, dans une de ses lettres, de ses revenus de Hanovre et de Wcstphali*
sont le plus intimement gravées dans ma tête, c'est celle de tout vous devoir, et à vous seul.
Paidonnez, Sire, cette prière peut-être indiscrète. Il a fallu que je compte autant sur Tindulgence et les bontés de Votre Majesté pour prendre sur moi de lui faire une demande personnelle.
Skierniewice, 14 aoAt 1807.
Sire, conformément aux ordres de Votre Majesté, j'ai conféré avec M. Vincent relativement aux créances qu'avait le roi de Prusse dans le duché de Varsovie et dont Votre Majesté s'est réservé la propriété * .
Toutes ces créances sont constatées, la somme totale s'élève à environ 50 millions ; mais il faudra peut-être en déduire les sommes très-fortes qui ont été prêtées par les collèges (les pupilles et les dépôts civils, ces sommes, quoique prêtées par des établissements publics, étant réellement la propriété d'un grand nombre de particuliers.
Si cette déduction a lieu, on suppose que la totalité des créances du roi de Prusse, exigibles, ne s'élèvera pas au delà de 15 à 16 millions.
Au reste, je prendrai, à cet égard, à mon arrivée à Varsovie, Jes renseignements plus précis, que j'aurai l'honneur de ^i^nsmettre à Votre Majesté.
skierniewice, 14 aoftt 1807.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté un rapport "" général d'artillerie Hanicque sur la situation du personnel <*t du matériel de cette arme au 3' corps, et sur ses besoins.
^6 que le premier inspecteur de l'artillerie a laissé au
-**• Viiiceiii avait »'tc nommé par l'Emporcur r<î;*ident a Varsovie, il. â
19 OORRËsPO^D J:3-1E
'V corpi est inâaâUant ec a ete caitroîe pour ua c•>rp!^ bien moins nombreux qae celai lioat V<3Cre lLi]e>ttf m a confié le commandement.
Je prie Votre MajeîCe <i"ocrfonaer i{ii ou i^azkhî droit aux demandes £utes par ce rapport.
:j5#i. A L EMPEREUR ET ROI.
Sire, il existe dans les magasins français établis dans le duché de YarsoTie beaucoup de capotes et an grand nombre de souliers. Les troupes polonaises et notamment la diTisioii Zayoncheck éprouTent, en générai, un grand dénùment et surtout un manque absolu d'effets de ce genre, dont le besoin va se faire sentir plus vivement à l'approche de l'hiver.
J*ai rhonneurde prier Votre Majesté de vouloir bien accorder à ces troupes, à titre de gratification, une capote et une paire de souliers * .
' L*£nip«rear au mjrcckal Davout. — • Soint-Clood, 25 aitùc 1807. Mon roiuîn, je re^s tos lettre* de^ 14 et 15 août. Voiu mv pn»po9ez de donner des capotes aux triMipes du ^oéral Zaroncheck. C«4 troapes doivent èxrv habillées, soldées et nourries par la Polo(;ne; it^la ne doit me regarder d'aucune manière. Mex magasins doivent servir à mes >i^ldjt<.
« Dans une de vos lettres, vous me dîtes que les cré.mc:.'^ du roi de Prustse. dans le duché de Varsovie, se montent à 50 millions, mais que, en en déduisant l'argent prêté par les collèges des pupilles et les dépôts civils, cette 4omroe diminuirra de l>eaucoup; mais, par letraiti', le n)i do Prusse doit restituer toutes CCS sommes.
• Il faut vous immiscer le moins possible dans les détails dt*8 troupes polonaises. Il faut leur faire sentir toute Timportance de vivre unis.
• J*ni vu, dans la lettre que vous écrit le prince Poniatovrski, qu'il demande À\ In général Zayonche4:k est au service de Pologne; il faut lui répondre que oui. Le général Dombrowski et lui n*ont plus rien de commun avec le service de France.
• \4k b%ion du Nord se rend à Varsovie et fait partie des troupes polonuiscs. Les lanciers polonais et la légion polaco-italiennc ayant demandé à rentrer nu service de France , je ne vois pas d'inconvénient à la prendre, et elle évacuera la Silésie en même temps que les troupes françaiscô. n (^Correspondance de Napoléon, t. XV, p. 545.)
Skîemiewice, 15 aoAt 1807 '.
Sire, j ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait Thonneur Je m'adresser le 4 août.
J'ai communiqué à M. Vincent Tarticle de la lettre de
' L'Empereur au maréchal Davout. — « Saint-Cloud, 4 août 1807. Mon "win, faites connaître k M. Vincent, mon résident à Varsovie, que je ne SQu réser^'é 20 millions de domaines pour être donnés aux Polonais, dfttqaek il faut ôter 2 millions qui ont été donnés aux généraux Zayonclieck et Dombrowski.
*" La principauté que je vous ai donnée doit rendre 250,000 francs de r^te et 300,000 francs lorsqu'elle sera bien adminbtrée ; celle du maréchal I^nncs rapporte 150,000 francs. J*ai chargé M. Marct de donner à M. Vincent tontes les explications sur ce qui concerne ces principautés.
■ Faites- moi connaître ce qu'il y a de nouveau du côté du Niémen , et si 'armée russe est dissoute. Faites-moi connaître aussi la situation de vod '•ipitanx.
' Je suppose que vous devez avoir une division à Thorn, Wroclaweck, l^loc'k, Bromberg, etc., une à Varsovie, Rawa, Pultusk, Ostrolenka, et vne entre Kalisz et Posen. Ainsi distribuées, il me semble impossible que les tn>ape< ne soient pas agréablement placées.
• i'ortez tons vos soins à ce qu'on achève la tête de pont de Praga et les travaux que j'ai tracés à Sierock. On doit également continuer les travaux «JeThom.
■ ...Savary est à Saint-Pétersbourg, ainsi que Lesseps. Vous devez profiter ^n fréquentes occasions que vous devez avoir pour correspondre avec eux.
"...Faites-moi connaître si l'on est content à Varsovie de la constitution <{Q^ je leur ai donnée.
j * Par mon traité avec le roi de Saxe je me suis réservé tous les droits du roi de Prusse. Ces droite, qui consistent dans les créances qu'a le roi de l^nuse dans le duché de Varsovie, se montent à 50 ou 60 millions. M. Vin- <<'Qt doit avoir connaissance de tout cela. J'ai ordonné au ministre des liiiaoces d'y envoyer des inspecteurs de l'enregistrement pour dresser les états "c ces créances. De votre côté, concertez-vous avec M. Vincent, et faites-moi connaître ce que je dois en espérer.
* J'ai ordonne, il y a quatre jours, à Soult, de n'évacuer le pays jusqu'à la ^i^tule, que les papiers, archives et l'argent appartenant au duché de Varsovie on aux particuliers ne soient rendus.
■ Faites-moi connaître où on en est des mouvements des troupes ; les 5* et ^ *^rp8 sont-ils rendus en Silésie ?
'J'ai toujours eu une légion polonaise à mon service; je crois qu'elle se ^*'unit n Brcslau. Je ne fais pas difficulté de la reprendre, ainsi que le régi- ">ent de lanciers qui doit être aussi à Breslau ; mais il faut qu'on complète °^cn ces corps. Ce sera toujours une force de 6,000 hommes d'infanterie et
Votre Majesté relatire à la réserve qu'elle a feiite de 20 millions de domaines pour être donnés aux Polonais. Les domaines qui doivent composer cette valeur ont été désignéN, et M. Vincent en a adressé Fétat à M. Maret; mais il parait que révaluation en a été exagérée. Déjà les généraux Domhrowski et Zayoncheck ont réclamé contre la désignation qui les concerne, et M. Vincent a dû requérir la commission de gouvernement de compléter la dotation de 50,000 franc> de rente, conformément au décret de Sa Majesté.
Quant à la propriété que je dois à la munificence de Votre Majesté, j'ai cru qu'il pourrait être intéressant pour le bien de son service d'y £aire faire, dès à présent, tant en réparations qu'en améliorations, une dépense qui absorbera une |»artiedu revenu. Cela aura au moins le bon effet de prouver aux Polonais qu'on ne pense pas à abandonner leur cause, opinion que Ton cherche à mettre dans toutes les tètes.
D'après les renseignements que j'ai reçus de divers points^ les Russes qui étaient sur le bas Niémen se retirent du côté de* Moliilow et de Witepsk, pour y former des camps et se refaire. Les troupes qui étaient du côté de Groduo ont pris en partie la même route; l'autre partie se rapproche des fi*ontièrcs de la Turquie.
Quelques Cosaques sont venus occuper le nouveau territoire cédé à la Russie. Ce sont eux qui en gardent les frontières.
J'ai demandé au major général si je pouvais faire campes les troupes : Son Altesse m'ayant répondu qu'il n'y avait pa?- (Kinconvénient, j'ai ordonné que la 1" division camperait prè^
de 1,500 chevaux qui seront prèU à se porter au secours de la Pologiir' Les généraux Dombrowski et Zayonolieck doivent rester au service de i l*oIo{pie.
• Je vous recommande de veiller à ce que mon répriment de clievau-Ic{;e»' polonais de ma p,arde soit bien composé; je n'y veux que des propriétaire-' nobles. Un escadron doit être arrivé a Berlin avec ma garde; informez-m^^ quand le régiment sera formé.
« Entendez-vous avec le gouvernement pour qu'on ne permette point « ^ liûlir dans le faubourg de Prngn, près des fortiti(Mtion.«.
« Faites passer la lettre ci-jointc au génc'ral Rap|>, ;i Danzig, par un cou • ri*'r, te envoyez-lui en mùme temp4 Ie8 iiouvclltrs do France. » {Correspor-^ danre de JSapoUon^ t. XV, p. 470, 471, \:i.)
de Varsovie, la 2* à Sochaczew, et la 3* sur la rive gauche de la Vistule, un peu au-dessous de Thom.
Les motifs qui m'ont déterminé à cette mesure sont d'abord le maintien de la bonne santé du soldat, qui éprouve moins de maladies dans un camp que dans les habitations, la plupart malsaines, de ce pays, et ensuite la nécessité de ramener à nous, par le spectacle d'une bonne discipline, les esprits des habitants que nous ont entièrement aliénés les désordres affreux que les troupes du 6" corps ont commis dans leur pasî^ge à Varsovie, et commettent encore sur la route qu'elles liennent pour se rendre en Silésie. Non-seulement une foule de pillages ont eu lieu, mais quelques assassinats ont été commis à Varsovie. A mon arrivée dans cette ville, j'aurai I honneur de transmettre à Votre Majesté des détails officiels et plus circonstanciés sur les faits qui ont jeté l'inquiétude dans les esprits, et ont, dans plusieurs endroits, fait fuir les habitants. La division de dragons du général Lahoussaye tiendra un régiment dans le district de Culm et en observera la frontière par de petits postes. Deux autres régiments de la même division seront cantonnés dans la partie du district de Nctz léunie au duché de Varsovie.
Le général Lasalle a 4 à 500 chevaux répartis dans divers points du nord-est prussien pour observer les frontières prussiennes jusqu'au Niémen, les frontières russes depuis Johanishurg jusqu'au Bug et celles de la Galicie jusqu'à Sierock. Le «surplus de sa division sera cantonné sur la Pilica.
La brigade du général Marulaz sera établie sur la Vistule à »VrokIaweck et aux environs.
La division du général Dombrowski est cantonnée dans le Palatinat de Posen ; celle du général Zayoncheck dans le Palatinat de Kalisz, et celle du prince Poniatowski à Varsovie, 'Hîcupant, conjointement avec des troupes françaises et '^ûxonnes, Praga, Sierock et Modlin.
Les Saxons seront casernes à Varsovie. Il m'a paru convenable d'habituer les Polonais à voir ces troupes.
Le grand parc d'artillerie est à Lenczica. Le général Chas* "^^loup, sur un ordre du major général, avait suspendu tous les
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travaux de Praça, Sierock et Thom : je vais conformémenl aux intentions de Votre Majesté les faire reprendre; mais il n'y a que très-peu de fonds faits pour cet objet. Je vai.* cependant faire terminer à Thom les ouvrages nécessairi»> pour mettre cette place à Tabri d'un coup de main; elle n\ est pas dans son état actuel.
Je prie Votre Majesté de me faire connaître si Elle veut qu'on continue aussi les travaux commencés à Modiin. J'ai l'honneur de lui adresser ci-joint copie de deux mémoires sui l'état des travaux entrepris à Thom, à Praga, Sierock et autre.endroits, tant sur la Vistule que sur la Narew.
Je profiterai de toutes les occasions pour correspondre avec le général Savary et M. Lesseps.
La constitution que Votre Majesté a donnée au duché de Varsovie n'est encore connue du public que d'une manière imparfaite; mais ce qui en a transpiré a suffi pour rallier au parti de la France ceux que les premières nouvelles avaieni aliénés. L'opinion de la classe influente a beaucoup varié s cet égard. Immédiatement après le traité de Tilsit, on manifestait le plus vif mécontentement. Il y eut beaucoup d< bavardages. Quelques lettres de Dresde parurent apaiser le? esprits; mais ce ne fut que lorsqu'on connut les principalc^î bases de la constitution, qu'on en revint généralement à senti i que Votre Majesté avait fait pour les Polonais tout ce que le: circonstances lui permettaient de faire.
La masse des habitants est composée de véritables Polonais qui n'oublieront jamais que c'est Votre Majesté qui leur î rendu une patrie.
Quant aux grandes familles qui ont leurs parents ou ua* partie de leurs propriétés en Galicie ou en Russie, il faut s'attendre à ne les voir jamais embrasser une conduite franci^ et loyale : elles chercheront à flotter entre tous les partis? pour surnager avec celui qui obtiendra l'avantage.
Ces grandes familles voient de mauvais œil la mesui' adoptée par Votre Majesté, pour créer un peuple en Pologne ê*^f^ffi^ comprennent que du moment que ce peuple exister^ |leur .'iqi^^jdce devra nécessairement diminuer.
Voici où en est le mouvement des troupes.
Le maréchal Soult m*a fait connaître, depuis quelques jours, qu'il n'évacuerait le pays entre la Passarçe et la Vistule que lorsque les Prussiens auraient effectué la remise des papiers, archives et argent appartenant au duché de Varsovie.
Le 5* corps aura évacué entièrement le duché de Varsovie, pour entrer en Silésie le 18 août.
Le 6' corps sera en totalité en Silésie le 26 août.
Ces deux corps ont passé à Varsovie, où ils ont séjourné quatre jours, de manière qu'il y a eu à la fois dans cette ville jusqu'à 30,000 hommes pendant plusieurs jours.
Le 6* corps a eu aussi un séjour très-long à Kalisz.
C'est à cet encombrement de troupes, résultant de ces longs séjours mal calculés, qu'il faut attribuer principalement les désordres qui ont eu lieu. On pouvait diriger le 6* corps de Kalwary sur Thomou Plock, et de là directement sur Glogau. Cette route est plus courte de trente à quarante lieues que celle qu'on lui a fait prendre par Varsovie. On eût évité par là bien des murmures qui ne paraissent que trop fondés.
Le 1" corps a passé la Vistule à Thorn, et arrivera au delà des frontières du duché de Varsovie vers le 16 ou le 18 août.
Les divisions Zayoncheck et Dombrowski ont passé la Vistule; elles se rendent dans les cantonnements que je leur ai assignés.
Le 3* corps, y compris la division de dragons du général Lahoussaye, celle de cavalerie légère du général Laçalle et •a brigade du général Marulaz, s'est mis en mouvement le 12 août, pour évacuer le pays entre la Passarge et le duché de Varsovie. Cette évacuation sera complète le 20 et le 24; tout •^e qui doit s'établir sur la rive gauche de la Vistule aura passé ce fleuve.
Il y a deux légions polonaises qui jusqu'à présent ont été * 'a solde de Votre Majesté. L'une est la légion du Nord qui *^^it commandée par le général Puthod. L'autre est connue ^^"s le nom de légion polaco-italienne . Elle est commandée
î* CORRESPO!ÇDANCE
par le général GrabinskJ. J^ignore remplacement de ces deu :::*i légions; mais comme c*e$l dans la dernière qoe se trouve 1^ régiment de lanciers, je présome que c'est celle-là que Votr^ Majesté a résolu de garder à son serrice.
Elle doit être bien près du complet si« comme me Tassure; le prince Poniatowski, il a été fourni, pour la compléter ., 6,600 recrues tirées des provinces polonaises. Dans le cas oCa Votre Majesté ne conserverait à son service que cette légion et le régiment de lanciers qui en fiait partie, je prie Votre Majestt^ de vouloir bien me fiaire connaitre ce que doit devenir I9 légion du Nord.
Quant aux généraux Dombrowski et Zayoncbeck, ils sont mécontents des membres du gouvernement provisoire, parce qu*ils en sont vraiment traités avec une défiaveur marquée- Le général Zayoncbeck se plaint surtout du prince Ponia— towski, qui, en sa qualité de directeur de la guerre, aurait, à ce qu'il assure , traité avec une partialité extrême sa propre légion au détriment des deux autres. Le général Zavoncheck m'a même écrit positivement pour solliciter sa conservation sur l'état militaire de Votre Majesté, ajoutant qu'il aimerait mieux donner sa démission que de sen'ir sous les ordres du prince Poniatowski. Je joins ici copie de la lettre qui contient les griefs du général Zayoncbeck et de celle par laquelle le prince Poniatowski expose ses prétentions à son égard. J'ai répondu à ce dernier que, commandant en clief les troupes françaises et alliées en Pologne, j'adresserais meç ordres, pour le service, directement, à chacun des généraux commandant les divisions, que pour ce qui est relatif à ses fonctions de ministre de la guerre, elles seront respectées par les généraux polonais.
J'ignore quelle est la composition de votre régiment de chevau-légers polonais; mais je veillerai à ce que les intentions de Votre Majesté soient exactement remplies. Je vais prendre des informations sur la situation de ce régiment, et je les transmettrai à Votre Majesté.
Je me concerterai avec le gouvernement polonais, pour empêcher de bâtir près des fortifications de Praga.
J ai fait passer au çéDéral Rapp la lettre de Votre Majesté ; mais je n'ai pu lui adresser les nouvelles de France, le courrier de Votre Majesté ne m'ayant point apporté de journaux*
Skicrniewicc, 15 aoi'it 1807.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté une note qui la mettra au courant des principales difficultés que la commission du gouvernement élève pour retarder et éluder l'exécution de votre décret qui accorde des domaines dans le Juché de Varsovie à plusieurs de vos généraux.
Skiernieinrice, 15 aoAt 1807.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie de deux lettres du général Dombrowski, par lesquelles il se plaint de ce lue les premiers numéros, dans la série des régiments poloïïais, qui devraient appartenir aux régiments de sa légion qui a ^*té formée la première, ont été attribués aux régiments de la légion du prince Poniatowski, dont la formation est postérieure.
Je prie Votre Majesté de vouloir bien me faire connaître '^es intentions à cet égard, et en général jusqu^à quel point je «lois m'immiscer dans ces débats.
Je ferai tout ce qui dépendra de moi pour maintenir la '>onne harmonie entre les généraux polonais; mais je craias "ien de n'y pas réussir.
Varfovie, 20 aorU 1807.
^»re, j'ai l'honneur d'informer Votre Majesté que je suis à
Varsovie depuis le 17; je n'ai pas encore pu me mettre au
^^rant de cette ville. Je suis occupé à organiser la police
militaire et civile. Il n'y en avait pas. Des officiers étrangerj^ arrivent et séjournent ici sans s'être présentés chez le commandant de la place. Il n'y a point de registres chez les aubergistes; les habitants ne sont point astreints à faire connaître leurs locataires. Tous les règlements militaires et de bonne police vont être mis en vigueur; ils sont utiles surtout dans les circonstances actuelles.
On ne peut pas dire qu'il y ait un parti russe organisé, mais il circule beaucoup de nouvelles controuvées et qui sont débitées dans ses intérêts. Par exemple, depuis huit jours, on ne parle que d'une proclamation de l'empereur Alexandre, par laquelle on dit qu'il accorde une amnistie générale aux: Polonais russes, qu'il leur promet une forme de gouvernement tout à fait polonaise, et une constitution semblable k celle du 3 mai. Il annonce que tous les employés russer^ seront écartés; il promet des places dans son armée, avei^ l'avancement d'un grade, à ceux qui, ayant ser\'i dans l'armée? polonaise, voudraient prendre du service en Russie.
Personne n'a vu cette prétendue proclamation, et tout le monde en parle; cependant il est prouvé qu'à Wilna, on » fait des arrestations sous le prétexte que des individus avaient: mis en circulation des articles de paix trop avantageux au.^ Polonais et qui n'existent pas.
Il résulte des rapports des voyageurs et des prisonniers français qui rentrent, entre autres du général Roguet, que lerecrutement continue i)Our compléter les régiments, et que l'on pousse l'instruction des recrues.
Il doit y avoir beaucoup de fermentation dans les têtes. De^^ Russes, des généraux même se sont permis des propos contre leur souverain et des prophéties sur son prochain assassinat^ lesquelles, en supposant que le même esprit règne à Saint^ Pétersbourg, doivent donner quelques craintes sur les jouri^ de l'empereur Alexandre. Au surplus, cet esprit n'est pa*général. D'autres officiers russes tiennent des propos contraires.
Suivant différents rapports qui me sont fournis par des- Polonais, mais que je ferai vérifier par des officiers françai.*^
que j'enverrai sur les lieux, il se formerait des magasins, et il y aurait des mouvements de troupe, en Galicie. Je n'ajoute pas de foi à ces rapports; cependant je les fais vérifier.
J'envoie ces rapports au major général. J'ai adressé également à Son Altesse copie des dispositions arrêtées pour les services administratifs.
Votre Majesté m'ayant ordonné de faire continuer les travaux de Praga, Sierock et Thorn, quoiqu'il n'y ait pas de fonds, je fais travailler aux ouvrages les plus importants; mais je vous prie, Sire, de faire mettre des fonds à la disposition du génie pour cet article. Quoique Votre Majesté ne m'ait pas parlé de Modlin, je pense que son intention est que l'on continue les ouvrages de cette place.
Le général Savary m'a expédié, du 6, de Pétersbourg, une lettre du prince Labanof, avec un portrait de l'empereur Alexandre; mais le général Savary, dans sa lettre, ne me aonne aucune nouvelle. J'entretiendrai une correspondance avec lui ' .
Wl. — AU MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE
PRINCE DE NEUFGHATEL, ETC
Varsovie, 21 aoAt 1807.
Monseigneur, je dois avoir l'honneur de faire connaître à Votre Altesse que ce pays-ci ne peut fournir au service de la ^ïande, sans enlever jusqu'à la dernière tète de bétail. Ce service <Ioit être assuré par des marchés; mais le gouvernement est ^qà embarrassé pour la paye de son armée, il a de l'arriéré.
II règne dans tout le pays une grande stagnation d'argent; circonstances actuelles suspendent la vente des grains à * étranger.
Savary, comme on a pu le voir dans une lettre de TËmpereur, était depuis TiLiit en mÎMiou extraordinaire à Saint-Pétersbourg. Il avait été ^^oyé, non k titre d'ambassadeur, mais comme aide de camp de TEmpereur ^ 'nterprctc personnel de Napoléon auprès d'Alexandre. Savary passait ce* premiers temps à Pétersbourg, oîi M. de Gaulaincourt éuit envoyé plus Urd ^^nune ambassadeur.
Je pense qu'il est nécessaire de faire des fonds pour assi le service de la viande. Cet article peut s'élever de 250,0 300,000 francs par mois. Je suis persuadé qu'on pourra tirer d'afiFaire et faire aller tous les services avec un fond 400,000 francs par mois, indépendamment des fonds pour la solde.
Je prie Votre Altesse de vouloir bien mettre cet objet les yeux de Sa Majesté.
J'ai reçu l'ordre de faire continuer les travaux de Pr Sierock et Thorn; mais le génie n'a point de fonds de n excepté à Thorn, où il y a 10,000 francs qui ne suffiront pour terminer les travaux les plus indispensables.
J'ai l'honneur d'informer Votre Altesse que j'ai fait remi entre les mains des agents polonais les différents magasin subsistance ainsi que les divers services; il m'a paru que < organisation était la meilleure dans les circonstances actue quoique n'étant pas sans inconvénient et n'étant pas assuré du succès. On ne peut se dissimuler que les deri désordres des troupes françaises et les abus des réquisil particulières n'aient donné lieu à beaucoup de méeonte ment envers les Français, dont les résultats ne sont po craindre, attendu qu'il y a des forces plus que suffisantes ] la police du pays, mais qui finiraient par enlever à TEmpe l'affection d'un peuple qui est déjà travaillé par ses voi:
On aidera le gouvernement de lumières pour assure services, et, par ce moyen, nous n'aurons plus Todieux réquisitions ; si, émanant des autorités du pays, elles don lieu à des abus, au moins les plaintes retomberont sui Polonais eux-mêmes. Je fais au surplus ce que je cro mieux pour le service de mon souverain, et je suis déterminé à ne point faire attention aux petits intérêts et amours-propres que je froisserai.
m. — AU MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE
PRINCE DE NELFCHATEL, ETC
Varsovie, 21 aoiU 1807.
Monseigneur, j'ai Thonneur de rendre compte à Votre Altesse qu'il existe dans le duché de Varsovie un régiment de hussards polonais qui, jusqu'ici, a reçu la solde de la France, et qui n'est point compris au nombre des troupes françaises qui m'ont été annoncées comme devant rester dans le duché de Varsovie
Ce régiment, dont le premier noyau fut formé par M. Pressac, fat d'abord commandé par lui; M. le prince Suikowski en a été le deuxième commandant; il a été destitué par un arrêté de Sa Majesté. Ce régiment a été donné alors à M. Kalinowski, qui en est aujourd'hui le colonel. Il pamft que c'est le seul ofBcier qui ait été nommé par Votre Altesse; tous les autres n'y sont encore placés que provisoirement.
Ce régiment, dont le fond s'élève à environ 520 hommes, a été reconnu pour k*égiment français par un décret de formation du 8 mai, et la troupe a reçu la solde du restant de ce mois du trésor français sur le pied polonais. Les officiers ont été exactement payés jusqu'à ce jour, et ils ont reçu l'indemnité de table comme les officiers français; mais aucun fonds n'a été bit ni pour l'habillement, le harnachement, l'équipement, ni pour l'achat des chevaux. Il n'a point reçu d'armes : aussi ce régiment se trouve dans le plus grand état de dénùment. La compagnie d'élite, forte de 1 12 hommes, a seule été montée et habillée par les soins du colonel actuel ; tout le reste est à pied ^t en habits de paysans. Ce corps serait promptement habillé, naonté et porté au complet, s'il recevait les fonds nécessaires.
' Il est plus d*une fois question de ce ré{*iinont de husitards polonais et de <}Qf;lqucs antres dans la corrcitpondance de Napoléon avec le maréchal on ^^^ le major {jcnéral. C'est la suite des difKruItéii qu'il y avait h orf;anifi(*r 1^ nouYclle armée polonaise, à classer des corps de formations différentes, à ****l'n{»uer ceux qui devaient rester au service de Polofjne et ceux qui devaient P^Mer an service de France. On ne s*y reconnaissait pas tonjoum, surtout aux P»^emiçrs temps.
30 corresponda:(ce
Le corps des oflBciers a subi de grands changements depuis ranÎTée du colonel Kalinowsky, qui a adressé un mémoire de proposition à Votre Altesse; mais si ce régiment doit rester au service de TEmpereur, il est pressant que de bons officiers v soient envoyés pour remplir les fonctions de major et d'aidemajor, et même un bon adjudant sous-officier parlant allemand à défaut de Polonais.
J^aurai Thonneur de rendre incessamment à Votre Altesse un compte plus détaillé sur la situation de ce régiment, dont j*ai fait passer la revue par un officier de mon état-major et par un inspecteur aux revues.
Je prie Votre Altesse de me faire connaître les intentions de Sa Majesté relativement à ce corps que le gouvernement polonais ne reconnaît point et considère comme un régiment français.
PRDJCE DE NEIFCHATEL, ETC.
VartOTÎe, 2â août 180T.
Monseigneur, j*ai Thonneur de rendre compte à Votre Altesse que tous les régiments d'infanterie du corps d'armée n'avant à Farmée que deux I>ataillons de guerre, j'ai cru devoir donner la même organisation au 21* régiment d'infantene de ligne, avec d'autant plus de raisons que le 3* bataillon de ce rjgiment, qui se trouvait en garnison à Thom, quoique présentant un efiFèctif de plus de 800 bommes, n'était formé que de six compagnies, dont une de grenadiers, une de voltigeurs et quatre de fusiliers.
J'ai ordonné, en conséquence, de faire incorporer les soldats des quatre compagnies de fusiliers dans les 1*' et 2* bataillons du régiment, et de renvoyer au dépôt du corps en France les cadres de ces compagnies en officiers et sous-officiers.
J'ai prescrit d'attacher provisoirement la compagnie de grenadiers du 3' bataillon au I*' et la compagnie de voltigeurs au 2*. Ces compagnies conserveront leur organisation actuelle
jusqu^à ce qu'il en ait été autrement ordonné par Votre Altesse. J'aurai cependant Thonneur de lui observer que les compagnies des deux premiers bataillons du 21' se trouveront extrêmement fortes par TeCFet de cette nouvelle incorporation. Votre Altesse sera d'ailleurs en état de s'en convaincre par Vétat de situation du 3* bataillon que j'ai l'honneur de lui adresser, ainsi que l'état sommaire des deux bataillons de guerre.