A M. MARET, ministre d'ktat
Varsovie, 22 août 1807.
J'ai l'honneur de vous adresser, mon cher ministre, divers rapports sur la Russie et la Galicie. Je suis bien loin d'en garantir Texactitude. Les Polonais désirent tellement la guerre, parce qu'ils entrevoient dans ses chances l'accomplisî^ement de leurs espérances, qu'ils mettent facilement en circulation tous les bruits qui semblent en indiquer le renouvellement. Ils en inventeraient même, si par là ils pouvaient la faire faire.
Avecles renseignements que Sa Majesté peut avoir d'ailleurs, elle appréciera les rapports à leur valeur. J'ai envoyé sur les lieux pour les vérifier.
J'ai préféré vous envoyer ces rapports plutôt qu'au major général, parce que je sais que vous suivez mieux les affaires «e la Pologne, et qu'il est de l'intérêt de notre souverain lu'on ne les néglige pas.
Je suis ici depuis le 17. Il est temps, et je vous prie de ^isir Toccasion d'en parler à Sa Majesté, que le roi de Saxe ^rg^nise ce pays.
On ne peut rien terminer avec le gouvernement provisoire, "^ïit les membres mettent toujours en avant la crainte de "éplaire, et qui, d'ailleurs, n'ont pas toute l'habileté et l'application aux affaires que les circonstances exigent. Il faut que le roi de Saxe fasse un choix d'hommes éclairés, et surtout ^ "Omrnes dont les opinions soient bien prononcées. C'est ce
qu'on ne peut attendre raisonnablement de ceux qui, ayant la majeure partie de leur fortune sous la domination de la Russie ou de rAutriche, sont sans cesse forcés à des ménagements nuisibles au pays qu'ils sont appelés à servir.
C'est parmi les vrais partisans de Tindépendance de lu Pologne qu'on pourrait faire le meilleur choix : ceux-là seront toujours partisans de la France; mais il faudrait éviter de les dégoûter en leur associant des hommes dont ils ne peuvent estimer l'opinion.
On se plaint de grands désordres dans l'administration des finances, et en général dans toute la partie du service public, et l'espèce d'indifférence que paraît mettre le roi de Saxe à organiser le pays, tend encore à relâcher tous les ressorts de l'administration, qui ne le sont déjà que trop '.
a). — RÉSUMÉ DU RAPPORT 1)K M. IIAUCKE,