‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 26 sur 99 · II · texte numérisé non relu

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été envoyée de Grodno par des Polonais qui ne se nomment pas, et qui veulent attirer mon attention sur son contenu qu'ils prétendent que l'avenir justifiera.

Au surplus, le général Beningsen demeure dans ces enWrons, et il est possible que ce projet soit émané de quelqu'un du petit nombre de ses partisans.

VartOTÎe, 17 août 1808.

Sire, j'ai l'honneur de faire connaître à Votre Majesté ics levées extraordinaires faites en Galicie par les Autrichiens. Les calculs les plus bas en portent le total à 40,000 hommes, et les plus exagérés le portent au double *•

Ces levées jettent une grande consternation dans ce pay$ et occasionnent une grande émigration de paysans et de iuib, qui se réfugient sur le territoire du duché.

On exerce ces recrues dans les chefs-lieux des cercles, où

' Lorsque le maréclial revenait ainsi et sans cesse sur les préparatifs militaires de rAutriche, TEmpereur était déj^ à Paris. 11 était arrîyé le 14 août, révolté encore de l'événement de Baylen, préoccupé aussi de Tétat ^ TËurope, affectant néanmoins le calme et résolu à faire face à tout. Dès \t lendemain de son arrivée, à l'audience donnée au corps diplomatique a l'occasion de sa fête, il avait eu une explication publique avec Tambass^ deur d'Autriche, M. de Mctternich, qu'il avait pris directement à partie. L'Empereur n'avait pas caché à M. de Metternich qu'il était au cKinrant àt tout, qu'il connaissait les armements de l'Autriche, et pressant vivement l'ambassadeur, il lui avait dit que si on voulait la guerre, on le trouverait prêt, qu'il pouvait tirer 100,000 hommes d'Allema{;ne et être encore en mesure avec les moyens qu'il prenait, etc. M. de Metternich s'était efForcv d'atténuer la signification des armements autrichiens, en assurant qa'ib n'avaient qu*un caractère défensif, qu'on voulait la paix h Vienne, etc. Aa fond, quelque grave qu'elle fût, cette conversation engagée devant le corpf diplomatique n'avait pas dépassé la mesure d'une explication sérieuse. Napoléon, quoique sans illusion sur les intentions éventuelles de l'Autriche, ne tenait peut-être pas à aller pour le moment au delà d'une démonstration. L'Autriche, bien qu'elle eût certainement armé depuis quelques mois etqa'eUe fût visiblement agitée de velléités belliqueuses, n'était pas encore déddéf ou ne croyait peut-être pas l'heure assez opportune. La scène du 15 aodi avait toutefois pour résultat de mettre à nu la difKculté intime des rappoiti entre les deux États. (Correspondance de Napoléon, t. XVII, p. 439.)

Ton a rassemblé un ou deux bataillons ou escadrons : on leur a donné des armes.

On peut porter la force que les Autrichiens ont dans les deux GalicieSy en troupes de ligne, à 30 ou 40,000 hommes. La plupart de ces troupes sont composées de 3* bataillons.

Par les rapports des déserteurs et des voyageurs, ils ont entre Bilitz, Teschen, Yablonka et Olmtitz, une très-forte armée trèsconcentrée. Elle peut être estimée de 70 à 80,000 hommes.

Ils font de très-grands achats de subsistances qu'ils envoient sur ce point.

Entre autres, un Juif de Brody a passé un marché pour 400,000 korzecks de seigle et 150,000 korzecks d'avoine qu'il doit fournir à Cracovie.

Il n'y a pas de calomnies contre les Français que les Autrichiens n'aient cherché à répandre dans la Galicie et en Hongrie. Elles ont été sans succès dans le premier de ces pays, à cause de la fréquence des communications avec le duché ; mais toute espèce de communication étant fermée avec la Hongrie, même pour les Galiciens, on ne peut savoir ce qui s'y passe. On n'omet rien pour exciter et mettre enjeu toutes les passions de ce peuple brave, mais peu éclairé. Le fanatisme est un des grands ressorts que l'on emploie. Ils fabriquent en conséquence des nouvelles de Rome, des protestations du Pape et autres pièces de ce genre.

Ils ont cherché à flatter la nation en annexant Fiume au rovaume de Hongrie.

Une des calomnies qu'ils ont inventée et que je vais Éaîre connaître à Votre Majesté, parce qu'elle m'est revenue de différents côtés, c'est que vous avez donné à l'empereur François H, dans l'entrevue d'Austerlitz, le conseil d'abolir la constitution hongroise, qui est un mot magique pour cette nation, comme attentatoire à l'autorité du Souverain.

Il parait qu'en cas de guerre et de revers, c'est en Hongrie qu'ils veulent se ménager les moyens de la prolonger.

On continue à faire travailler avec une grande activité aux fortifications de Komorn, sur le Danube, au-dessous de Presbourg.

11 n'est pas nécessaire de tant de préparatifs pour faire parler de guerre dans ce pays; aussi l'y regarde-t-on comme inévitable.

Pour donner à Votre Majesté une idée de l'opinion que professent les généraux autrichiens, je vous adresse le résumé d'une conversation qu'a eue dernièrement avec le prince de HohenzoUern une personne de marque, et dont j'oserais garantir la véracité.

Tous les régiments autrichiens qui sont dans les deux Galicies ont été réunis et doivent l'être jusqu'au 20, époque à laquelle ils recevront de nouveaux ordres. Je suppose que cette mesure a pour objet la levée, la garde et l'instruction des recrues.

On observe que les officiers chargés de l'instruction de ces recrues ont ordre de le faire avec beaucoup de douceur.

Il n'y a rien de nouveau sur les troupes russes, soit relativement à leur position ou à leur nombre.

Varsovie, 17 aotlt 1808.

Sire, depuis mes derniers rapports à Votre Majesté, sur les difficultés qu'on éprouve pour assurer les services, en évitant d'avoir recours aux réquisitions, notre situation ne fait qu'empirer. Aucune des intentions de Votre Majesté n'est remplie.

A dater du 1" juillet, on devait faire les fonds pour payer la viande comptant, et les autres services devaient être faits avec les bons du roi de Saxe.

Nous sommes au 16 août, et aucun de ces bons n'est encore parvenu. Toutes ces lenteurs et ces contre-temps font du mal sous tous les rapports.

Nous attendons ces bons avec d'autant plus d'impatience, que M. le résident a trouvé un moyen d'empêcher leur dépréciation. Ce moyen consiste à faire verser dans une caisse séparée les intérêts des capitaux cédés par Votre Majesté au

roi de Saxe, et ceux de ces capitaux qui deviendraient exigibles, pour le produit être employé au remboursement des bons, au fur et à mesure de leurs échéances.

Varsovie, 18 août 1808.

Sire, j'ai Thonneur d'adresser à Votre Majesté quelques nouvelles lettres venant d'Espagne, qui ont été interceptées à la poste. J'ai ordonné qu'elles ne fussent pas remises; mais il serait bien important qu'on prit aussi des mesures en France, car malgré les précautions qu'on prend ici, il parvient toujours quelques lettres de ce genre, si on en juge par la nature des nouvelles qui circulent.

VartOTÎe, 18 août 1808.

Sire, j'ai l'honneur d'informer Votre Majesté que M. de Kotchubey part de Varsovie pour se rendre à Dresde. Il avait annoncé, en arrivant, qu'il resterait ici quelques semaines; il a été extrêmement questionneur.

Avant son départ, il a vu le banquier qui doit lui faire tenir des sommes considérables à Dresde, où l'on m'assure que le prince Adam Gzartoryski, celui qui est arrivé dernièrement de Pétersbourg, doit se rendre aussi. J'ai cru devoir faire connaître cette circonstance à Votre Majesté.

J'ai l'honneur de lui adresser une note sur M. de Kotchubey et les affaires de la Russie, qui m'a été remise par le comte Soltik; c'est le résultat des conversations qu'il a eues avec M. Walev^rski, dont j'ai eu l'honneur d'entretenir Votre Majesté hier, et avec lequel il est très-lié. J'ai lieu de croire à la véracité du comte Soltik.

P. S. — Je crois devoir observer à Votre Majesté que les lettres de crédit dont M. de Kotchubey est porteur sont illi-

mitées, et que les lettres particulières adressées au banquier ne contiennent, à cet égaixl, aucune relation.

Des membres du gouvernement du ducbé m'ont £ait coii' naître qu'ils avaient reçu de Dresde Tordre formel de ne point publier les conventions de Bayonne. Ils ne peuvent concevoir ce qui a pu donner lieu à cette mesure, à moins qu'elle ne soit le résultat des ordres de Votre Majesté, car il ne pouvait qu'être utile de faire connaître ces conventions, qui prouvent la constante bienveillance que Votre Majesté porte à ce pays. Cet ordre leur a été réitéré plusieurs fois, et c'est confidentiellement qu'ils m'en ont donné connaissance.

Varsovie, 19 aoAt 1808.

Sire, j'ai l'honneur d'informer Votre Majesté que d'après un rapport que me fait le colonel Mathis, en date du 17 août, les officiers français qui vont sur le territoire russe y éprouvent des difficultés inusitées jusqu'à ce jour.

A Kowno, un officier a été suivi partout par un soldat, et il lui a été recommandé de mettre beaucoup de célérité dans ses courses.

Le gouvernement lui a dit que cela se faisait en vertu d'un ukase de l'Empereur, mais une autre personne a assuré que c'était une mesure prise par le général commandant à Kowno. Cependant cette mesure a lieu aussi à Grodno.

Au reste, je ne donne à Votre Majesté ces renseignements que comme une preuve qu'il y a dans l'armée russe des gens qui cherchent à contrarier et qui montrent de l'humeur de cette bonne harmonie qui existe entre les deux États.

On a dit à l'officier qui a été à Kowno que le pont de Tilsit serait réparé sous quinze jours, et qu'on y travaillait avec activité. J'envoie un officier sur les lieux pour vérifier ce fait.

Un prince de Saxe-Cobourg vient de passer par Varsovie, allant à Pétersbourg. II a vu M. de Kotchubey et a eu une longue conférence avec lui. Il s'y était rendu habillé en boui^eois, et

de nuit. Du reste, il n'a prévenu personne de son arrivée, pas même le commandant de la place. En pailant, il s'est plaint à son auberge qu'on ne lui avait pas donné de sentinelles. Je n'ai appris sa venue que par son entrevue avec M. de Rotchubey et par cette plainte qui m'a été rapportée.

Varsovie, 22 août 1808.

Sire, j'ai l'bonneur d'informer Votre Majesté que les 6,000 Saxons venus dans le ducbé pour remplacer la division qui est retournée en Saxe, sont composés de très-bonnes troupes et animés d'un bon esprit. Mais les généraux, les colonels et les chefs de bataillon et d'escadron sont si vieux qu'ils sont hors d'état de faire campagne. Il paraft qu'il en est de même dans toute l'armée saxonne.

J'ai l'honneur de transmettre à Votre Majesté sur la composition de cette armée une note confidentielle qui m'a été remise par M. de Thielmann, aide de camp du roi de Saxe, homme très-dévoué à son maftre, et qui ne voit le salut de ce prince que dans un entier dévouement à Votre Majesté et dans une coopération sincère à ses vues.

Varsovie, 23 aoiU 1808.

Sire, j'ai l'honneur de faire connaître à Votre Majesté que le colonel Mathis, qui commande les avant-postes sur le Niémen, continue à me mander que les communications deviennent de jour enjour plus désagréables. Autant auparavant elles étaient franches et faciles, autant à présent elles le sont peu.

Il parait que ce changement dans les dispositions de quelques individus s'est manifesté depuis le passagede M. de Kotchubey . Il se confirme que le prince Adam Czartoryski, venu dernièrement de Pétersbourg, doit aller rejoindre cet ex-ministre à Dresde.

564 CORHES POND ANGE

Je crois que je ne tarderai pas à connaître les insinuations qu'ils sont vraisemblablement chargés de faire aux Polonais.

J'ai rhonneur d'adresser à Votre Majesté copie d'une lettre de Kœnigsber{];, qui donne une idée des dispositions actuelles du roi de Prusse. II fait l'impossible pour faire rejoindre les semestriers qu'il avait dans le duché de Varsovie. Les commandants de place m'ont renvoyé différentes injonctions adressées individuellement à ces soldats par les commandants des régiments prussiens. Les derniers rapports annoncent l'arrivée du côté de Glechanowice d'un régiment feiisant partie de la division du prince Suwarow.

Varsovie, 25 août 1S06.

Sire, toutes les mesures que prennent les Autrichiens peuvent faire croire que leur parti est pris, et qu'ils se préparent à la guerre, soit parce qu'ils veulent la faire, ou parce qu'ils la craignent.

Le 20 août, il est arrivé dans tous les cercles des ordres d'embaucher et d'enrôler de gré ou de force tous les hommes de cette levée de milice qui devaient être renvoyés après avoir été exercés pendant six semaines; cette nouvell^m'étant parvenue de plusieurs côtés, j'ai lieu d'y croire.

Les fournisseurs courrent les campagnes pour faire des achats de grains et d'avoine, qu'ils arrêtent à tout prix, sous la condition, par les vendeurs, de livrer aux chefs-lieux des cercles, au plus tard, au 15 septembre. Ils ont de nouveau ordonné aux prêtres galiciens de faire des prières publiques pour le Pape, afin d'obtenir que Dieu protège ses entreprises et soutienne sa fermeté.

Une nouvelle assez répandue dans l'ancienne Galicie, et qui est parvenue jusqu'ici, c'est que cette province sera réunie à la Hongrie, et qu'elle jouira des mêmes privilèges que ce royaume.

Un chef d'escadron de la légion Zayoncheck qui arrive du

côté de Kaminleck en Podolie, où il avait été en permission, rapporte que les différends entre la Russie et la Turquie sont sur le point d'être arrangés, et que des courriers sont expédiés fréquemment de part et d'autre. Il rapporte aussi, d'après les bruits publics et peut-être, d'après le désir qu'il en a comme Polonais, qu'il est question d'une coalition entre la Russie, la Turquie et l'Autriche.

La Gazette de Presbourg qui vient d'arriver ici annonce que tout est sens dessus dessous dans le duché, et qu'on y lève une conscription dont les sénateurs et les prêtres ne sont pas même exempts. Je fais connaître ces bruits à Votre Majesté, tout absurdes qu'ils soient, afin qu'elle puisse juger de la tactique et de tous les moyens qu'on emploie pour tromper les esprits dans les États autrichiens.

On me remet à l'instant beaucoup de lettres écrites de Léon, les 27, 28 et 29 juillet, par des officiers polonais ; quoiqu'elles soient dans un esprit qui annonce le plus grand dévouement à Votre Majesté, et qu'elles donnent des détails sur la victoire du maréchal Bessières ', j'en ai empêché la remise, parce qu'elles peignent l'Espagne comme étant entièrement en révolte, et que certaines gens ne font courir ici que ce qu'il y a de mauvais. Une de ces lettres, d'un lieutenant, annonce qu'on parlemente avec les rebelles, et exprime le désir qu'on ne s'arrange pas, afin de trouver les occasions de se montrer digne du nom polonais. Une autre du capitaine Lubienski annonce la dispersion des rebelles et le départ des chefs pour Madrid, où ils vont implorer la grâce du Roi. J'ai ordonné la remise de ces deux lettres.

La Gazette de Presbourg a publié un soi-disant traité de l'Angleterre avec les grands d'Espagne.

I II 8*a{;ic de la victoire {;a{;née par le marcclial Bessières, le 14 juillet 1808, à Médina de Rio Sceo, sur l'armée espagnole de Galice.

Varsovie, 26 aoAt 1806.

Sire, j'ai reçu hier au soir les ordres de Votre Majesté, que m'a transmis Son Altesse le major général, relativement au mouvement du 3* corps et des troupes alliées, qui sont dans le duché de Varsovie '.

Je rends compte au major général des ordres et des itinéraires donnés aux différents corps.

. J'envoie à Danzig deux régiments d'infanterie de la division Dombrowski, deux bataillons d'infanterie et un régiment de cavalerie de troupes saxonnes, pour relever la garnison provisoire que le maréchal Soult a mise dans cette place.

Le 3' régiment de la légion Dombrowski et un bataillon de troupes saxonnes formeront la garnison de Thorn.

> Ces ordres se liaient à une phase de politique assez critique dont la scène du 15 août n'était qu'un épisode. Les affaires d'Espaf^e, en s'a^^vant de jour en jour, surtout depuis la catastrophe de Baylen, oblif>eaieDt Napoléon à prendre des dispositions nouvelles. L'Empereur s'était décide ï retirer d'Allemagne le i*' corps, le 6' corps, quelques divisions de cavalerie pour les envoyer en Espn^rne. Non-seulement il retirait nnc partie de set forces d'Allemagne, il se réservait cncoi'e d'ouvrir une négociation avec la Prusse pour convenir d'une évacuation prochaine du territoire prussien, sauf quelques points k ûxvr. De cette façon, il pensait satisfaire la Prusse en diminuant Toccupation, plaire ù la Russie qui s'intéressait toujours à U Prusse, et contenir l'Autriche en lui montrant qu'elle n'aurait l'appui d'aucun de ses anciens alliés. C*est sous cette impression qu'il avait déddt'f comme une suite du rappel d'une partie de ses forces, des mouvements qui n'étaient d'ailleurs encore qu'un préliminaire. Dès le 16 août, il avait écrit au major général :

« Mon cousin, vous donnerez l'ordre, au reçu de la présente, que la division Oudinot, infanterie, cavalerie et artillerie, se dirige sur Glogau, où elle tiendra garnison et fera partie du corps du maréchal Davout. La ville df Danzig sera gardée, 1^ par un bataillon de dépôt de la division Oudinot... 2* par un régiment de cavalerie et un d'infanterie que le maréchal Soalt a sur la Vistule. Vous ordonnerez de plus que deux régiments d'infanterif polonaise, un régiment de Saxons et un régiment de cavalerie polonaise ou saxonne partent sans délai du duché de Varsovie pour se rendre à Danzig) dont ils formeront la garnison définitive...

« ...Vous donnerez l'ordre au maréchal Davout de porter son quartier général k Breslau. Vous lui ferez connaître qu'indépendamment de la Pologne, son commandement s'étend à toute la Silésie, mais que Custrin cest^

Je rapprocherai de Varsovie les deux régiments de cavaierie de cette légion, de manière qu'ils puissent être réunis en quarante-huit heures aux troupes qui restent sous le commandement du prince.

La légion du prince Poniatowski fournira un régiment d'infanterie pour la garnison de Modiin, un régiment pour celle de Sierock et un troisième pour celle de Praga et Varîsovie, où je laisse le 13* d'infanterie légère, 5 bataillons de troupes saxonnes et 200 hussards saxons.

Un des régiments de cavalerie de cette légion sera sur la rive droite de la Vistule, en avant de Sierock.

Le second régiment de cavalerie sera placé sur la rive gauche, à proximité de Varsovie.

Ainsi, en réunissant les garnisons de Sierock, Modlin et Praga, les 2 régiments de cavalerie de la légion Dombrowski, les 5 bataillons et les 200 hussards saxons, il y aura sur ce point une force de 12 à 15,000 hommes.

d*en faire partie; que mon intention est, en conséquence, que ses trois divisions entrent toutes les trois en Silcsie, ce qui, avec le corps du {ijéncrnl Oudinot, portera son corps d'armée à quatre divisions. Il pourra cependant laisser un régiment de cavalerie et un ré{]pment d'infanterie fninçaise à Varsovie. Les troupes saxonnes et polonaises formeront la {;arde de Tliorn et de Praga. Il tiendra toujours deux divisions polonaises prêtes à le joindre, si cela était nécessaire, ou à entrer en Galicie. Lorsqu'une partie du corps du maréchal Davout sera arrivée, le 5' corps se diri{;era sur Baireuth. On laissera le maréchal Davout maître de diri(;er ce mouvement.

« Vous ferez connaître au maréchal Soult qu'il doit porter son quartier général a Rerlin; que son commandement est auf^menté de toute la Prusse, y compris Custrin, où il faut qu'il faune mettre {i[arnison, le corps du maréchal Davout se concentrant lout en Silcsie. Vous ferez connaître à ces deux maréchaux que jusqu'^ cette heure je suis au mieux avec la Russie; que l'Autriche proteste qu'elle veut rester en paix; que cependant il faut avoir les yeux ouverts; qu'à présent ces deux maréchaux ont entre eux deux tout le pays conquis au delà de l'Elbe, qu'ainsi ils peuvent facilement se concerter.

• P. S, — Donnez l'ordre à la division de dra{;ons de Lahoussaye, qui est à Berlin, de se rendre à Mayence, où elle sera dirigée ^ur Bayonne; ce qui fera trois divisions <le dragons. >• (Correspondance de Napole'on,t, XVII, p. 437.)

Par le fait, c'était un premier mouvement qui rendait à Napoléon la disposition d'une partie de ses forces d'Allemagne en le laissant suffisamment armé vis-à-vis de l'Autriche, et qui allait le conduire à la négociation avec la Prusse pour une évacuation plus complète.

tas CORRESPONDANCE

Je laisse la légion du général Zayoncheck entre Kalisz et Czenstochowa, par conséquent prête à passer la Pilica.

La division Priant sera réunie en totalité sur le même point vers le 15, à l'exception du 15* d'infanterie légère, qui tient garnison à Thorn, et qui n'en pourra partir que le 16, après avoir été relevé par le 12* régiment d'infanterie polonaise, qui s'y rend de Rawricz.

La division Morand aura sa première brigade, du 9 au 10, à Breslau.

La 2* brigade, qui marche par une autre route, y arrivera à peu près dans le même temps.

Le maréchal Soult ne m'ayant fait connaître que la route que tiendra la division de grenadiers, sans m'indiquer l'époque du départ des colonnes, je ne puis dire à Votre Majesté celle de son arrivée à Glogau.

Je laisse sur le Niémen, le colonel Mathis, avec le 2* de chasseurs. 11 est plus que probable qu'en y portant des Polonais, il y aurait tout de suite des rixes; d'ailleurs, les rapports seraient extravagants.

J'ai envoyé à Breslau l'adjudant commandant Romeuf, pour l'établissement des troupes et pour faire partir le 5* corps à l'arrivée des têtes de colonne du 3* corps.

Jusqu'ici, rien n'annonce que les Russes se renforcent d'une manière extraordinaire sur les frontières; mais on continue à s'apercevoir que l'on travaille les esprits des officiers russes.

J'adresse à Votre Majesté l'extrait d'une lettre arrivée de Gonstantinople à un nommé Paschalis, riche négociant arménien à Varsovie, qui fait le commerce avec la Turquie.

Je compte partir, sous trois ou quatre jours, pour Breslau. Je laisserai pour quelque temps ma femme ici, afin de tranquilliser les esprits qui, à la nouvelle du départ des troupes françaises, se seraient crus perdus et abandonnés *.

' Outre les ordres de mouvement que TEmpereur avait fait expédier dèi le 16 août par le major (général an maréchal Davout, et que celui-ci, comme on voit, exécutait aussitôt, Napoléon avait écrit directement au maréchal^ le 23 août : « Mon cousin, les Anglais ayant débarqué des forces utet

Je ne puis que rendre le meilleur témoignage à Votre lajesté, du prince Poniatowski. Depuis longtemps je Tétuliais et peut-être, par la disposition de mon esprit, je conceais des soupçons; mais depuis que les affaires paraissent evenir sérieuses, il met dans sa conduite une franchise qui n'inspire beaucoup de confiance et me persuade qu'il servira vec fidélité Votre Majesté. On lui a bien reproché de la légèeté, de la faiblesse dans le caractère, mais il est honnête

onsidérables nn Espa^rne, j'aî rappelé le i"'' et le 6* corps, et trois divisions <? drn(;on8 (!e la {grande armée, pour finir, cet hiver, de soumettre ce pays. Dupont a déshonoré nos armes; il a montré autant d'ineptie que de pusilla» imité. Quand vous apprendrez cela un jour, les cheveux vous dresseront ir la tête. J'en ferai bonne justice, et s'ils ont taché notre habit, il faudra u'ils le lavent.

« Je vous ai donné le commandement de la Polofjne et de la Silésie ; vous avez le 3** corps, la division Oudinot, une division de draf![ons et la divion de cuirassiers qui est a Baircuth. Un régiment de marche de ,000 hommes formé de détachements de vos quinze régiments, va partir )ur vous rejoindre; un autre régiment de marche fort de 4,000 hommes, alement tiré des dépôts de vos corps, va se mettre en mouvement pour irter votre corps d'armée à 39,000 hommes d'infanterie et la division du riéral Oudinot h 11,000 hommes; ce qui vous formera un effectif de ,000 hommes, et 20,000 Polonais ou Saxons qui pourraient y être joints us feraient un effectif do 70,000 hommes d'infanterie. Des détachements

cavalerie partent également pour renforcer tous vos corps de manière e vous ayez 13,000 chevaux; ce qui, avec 4 ou 5,000 Saxons ou Polonais, us ferait 18,000 chevaux, et, avec 12,000 hommes d'artillerie français ou angers, vouâ auriez à vous seul une armée de près de 100,000 hommes. 6 Saxons et les Polonais valent bien les Autrichiens. Le maréchal Mortier, ;c le 5' corps, se rend à Baireuth. Je voudrais bien le faire venir en ince, mais je ne me décide pas encore; si des événements imprévus ivaient, vous pourriez vous en servir.

■ L'Autriche arme, mais elle arme par peur. Nos relations sont au mieux ;r cette puissance ; mais enfin elle arme, et j'ai commencé par lui demander I explications assez vives. Je suis sûr de la Russie, ce qui m'empc^che de n craindre de l'Autriche; cependant il faut se tenir en règle et avoir les IX ouverts. Mon intention est d'évacuer la Prusse et d'exécuter le traité

Tilsit. Je crois que la convention en sera signée demain ou après; et, int le mois d'octobre, je vais rapprocher mes troupes du Rhin. Je garderai 'ttin, Custrin et Glogau ju.^qu'à ce que tout soit entièrement liquidé. Des •iinents de marche se mettent aussi en mouvement pour renforcer le *p8 du maréchal Soult. Toutes les troupes de la Confédération sont 18 les armes, et au moindre signal de préparatifs menaçants que ferait .utriche, elles seraient en marche. Soyez rassurant dans votre langage, car ne veux rien de l'Autriche. » {Correspondance de Napoléon, t. XVII, 464.)

homme et a de Thonneur. Je lui ai donné le commandement des troupes qui restent dans les environs de Varsovie, c'est-àdire de 12 à 15,000 hommes détaillés ci-dessus et d'une vingtaine de pièces de canon de la division saxonne.

Avec ce corps, en supposant aux Busses des projets, il peut gagner du temps. En outre, la division Zayoncheck, forte de 7 à 8,000 hommes, est à quatre marches de Varsovie.

Le maréchal Soult m'a fait part du rapport qu'il a adressé le 22 à Votre Majesté sur la présence à Garlsbad du ci-devant électeur de Hesse-Gassel , de ses conférences avec des officiers supérieurs prussiens, un colonel anglais, et du projet prêté aux Prussiens, de remettre, en cas d'hostilités, aux Autrichiens, celles des places de la Silésie qui sont encore en leur pouvoir. Gela confirme les déclarations que j'ai adressées dans le temps à Votre Majesté, qui annonçaient des envois d'armes faits par les Autrichiens à Glatz et la remise des soldats prussiens qui étaient à leur service depuis la bataille d'Iéna. Tout cela peint les dispositions de cette cour, qui depuis deux ans n'obéit qu'à de petites passions et est menée par un esprit de vertige.

Vanovie, 5 septembre 1808.

J'ai exposé, dans mes lettres précédentes, à Votre Majesté, que ses derniers bienfaits envers le duché de Varsovie, tandis qu'ils étaient faits pour lui attacher toujours davantage le cœur des Polonais, avaient permis de soulager le pays des réquisitions pour le service de l'armée. Ges réquisitions, bien que moins considérables depuis quelque temps et plus régularisées, surtout depuis l'institution du comité des subsis* tances, étaient un fardeau qui devenait bien onéreux pour un pays qui n'a que le produit de son agriculture pour échange de tous les autres besoins.

La disposition de Votre Majesté contenue dans la convention de Rayonne a converti ce qui était une charge en un

DU MARECHAL DAVOUT. ~ 1808. tU

Avantage, comme moyen d'écoulement et de vente des produits territoriaux. Le roi de Saxe n'a pas tardé à suivre [^exemple que Votre Majesté donnait de payer la subsistance les troupes. Il aurait été inconvenable que l'administration lu ducbé n'en fît pas de même pour l'armée nationale, dont les consommations allaient même être réduites, à la suite de se que Votre Majesté s'était généreusement chargée de l'en- Lretieu des 8,000 hommes de ces troupes.

Cette administration voyait d'autant plus l'à-propos d'adopter jne mesure pareille, que la levée des réquisitions en denrées ivait arriéré la perception des impôts et la rendait tous les ours plus difficile.

Malheureusement l'état des finances ne pouvait supporter le surcroit de dépenses. Après diverses tentatives infruclueuses au dehors et auprès de sa cour, pour obtenir des Fonds sur des gages territoriaux, un décret de Votre Majesté qui avait autorisé l'aliénation d'une certaine quantité de biens le l'État a encore fourni l'idée et la manière de tirer l'administration de l'embarras où elle se trouvait. Sur ce fonds à mettre en vente, on a levé un emprunt dans le pays, et c'est avec la rentrée de cet emprunt que le service des subsistances pour l'armée du duché se fait depuis le 1*' juillet. La vente donnera le moyen de continuer le service et de rembourser les préteurs.

Dans un pays qui est novice en administration et qui doit «attendre les résolutions d'un souverain qui n'est pas présent, tout marche lentement. C'est par la confiance que se réunissent ceux qui sont ici par les ordres de Votre Majesté et qui tâchent de rendre le mieux qu'ils peuvent l'intérêt qu'elle prend à ce pays ; c'est par cette confiance que bien des difficultés d'exécution sont surmontées successivement, que l'intérêt particulier cède au bien public, et que l'on a obtenu ^t on obtiendra encore des résultats propres à assurer cette [Partie du service des subsistances militaires.

La sollicitude du gouvernement, sur un point aussi imporant, a dû être portée plus loin et rappelée à l'exécution de la convention de Bayonne, par laquelle le duché doit payer à

Votre Majesté le prix de la cession des créances prussiennes. Cette exécution devait d'abord être préparée, puisque les termes de payement ne commencent que Tannée prochaine; mais Votre Majesté ayant assigné ces fonds aux subsistances de ses troupes dans le duché, et M. l'intendant général ayant jugé, malgré l'inconvénient très-grave de payer un service courant avec des valeurs à terme, sur un débiteur peu aisé, que votre intention. Sire, était de les y appliquer dès ce moment pour tout autre service que celui des vivres-viandes, le gouvernement s'est trouvé dans la nécessité de faire tout de suite ce qu'il espérait faire six mois plus tard.

Cette obligation est devenue d'autant plus difficile à remplir, que les bons du roi de Saxe représentant le prix de la cession faite par Votre Majesté, lesquels devaient être confectionnés au 1*' juillet, le sont à peine dans ce moment, et que la partie de ces bons assignés par M. Daru au ser\'ice des mois de juillet et août n'est pas encore arrivée en ce moment à Varsovie.

D'un autre côté, on peut reprocher au gouvernement de ne s'être pas assez pénétré de sa situation à cet égard, et de n'avoir pas déterminé encore comment il acquitterait ces bons et assurerait par conséquent une partie du service de l'armée, dont il devient responsable. Il était évident qu'il ne pourrait remplir cette obligation qu'avec le fonds qui lui était cédé, et par conséquent en exécutant les débiteurs des créances prussiennes qui doivent deux années d'intérêt et une grande partie du principal.

Les ménagements qu'on a voulu avoir soit à Dresde, soit ici, envers ces débiteurs, ont difiFéré jusqu'à ce jour l'adoption des mesures convenables, et rendu inutiles les conseils qui lui ont été donnés de notre part; mais tout délai ultérieur peut devenir funeste au service de l'armée, qu'on ne pourrait pas continuer, si l'on ne met le comité des subsistances en état de soutenir son crédit, en remplissant ses engagements.

Les ordres de Votre Majesté requérant ma présence ailleurs, aussi bien que le départ d'une partie de ses troupes, j'ai dû prévoir que, soit par incapacité, soit par des intentions moins

sincères, on pourrait profiter de celte circonstance, et qu'on pourrait se roidir contre les impulsions utiles qui ont été données à Tadministration ; j'ai jugé à propos d'écrire à votre résident la lettre dont j'ai l'honneur de soumettre une copie à V^otre Majesté, en l'engageant à présenter au conseil d'État es motifs que j'ai d'exiger les mesures les plus propres et les plus promptes d'assurer lè service des subsistances militaires, st de demander l'exécution de ce que l'État s'est engagé à Paire. Je suis fondé à croire que le zèle de M. le résident répondra à mon attente, et que nos soins réunis préserveront 'e service des conséquences fâcheuses dont il serait menacé, $i Ton s'en rapportait uniquement aux vues de l'administra- Lion.

Le bon esprit qui règne en général dans le pays, et que les bienfaits de Votre Majesté et de nouvelles espérances entretiennent, nous promet cet heureux accord de démarches et cette union de volontés qui seule peut conduire à temps ce qui reste à faire.

Je finis en répétant franchement ce que j'ai déjà eu l'honneur d'écrire à Votre Majesté, que sans la lumière de l'admitiistration de M. le résident et sans le dévouement dont il est pénétré pour votre personne, ce fardeau eût été au-dessus de tkes forces.

Je laisse ma femme avec ses enfants encore une quinzaine ie jours ici.

i98. — AU MAJOR GÉNÉRAL DE LA GRANDE ARMÉE

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Varsovie, 5 septembre 1808.

Monseigneur, j'ai l'honneur de faire connaître à Votre altesse que j'ai reçu du général Rapp l'avis que la division ^udinot serait rendue les 13 et 14 à Glogau, où elle occupera G camp qui y est établi.

La 3' division sera rendue au camp de Breslau du 9 au 0 septembre.

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