‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 28 sur 99 · II · texte numérisé non relu

II

II ajoute encore qu'il a fait connaissance du comte Kotchubey, qui s'est arrêté cinq ou six jours à Dresde^ d'où il e$i parti pour Paris, oii il compte passer l'hiver.

Ses conjectures sur cet homme sont qu'il ne va à Paris que pour se faire connattre personnellement et se faire apprécier. Éloigné des affaires, il ne peut rester sans jouer un rôle, et c'est pour prendre langue qu'il se rend à Paris. M. Linowski, en confirmant l'intention où est le roi de Saxe de se rendre à Varsovie vers la mi-octobre, observe que c'est un moment décisif pour le bonheur du duché. Si l'on ne prend pas alors des mesures énergiques pour ranimer ce corps languissant et presque agonisant, jamais il ne se relèvera de l'abattement où il est. Il faut de bonne foi, sans préjugés, sans exagération, combiner les moyens propres à y parvenir, employer ceux que permettent les localités et ceux que le caractère national et le degré de lumière rendent praticables.

Il finit par observer que chez eux le moral est plus malade que le physique.

J'ai cru utile. Sire, de vous communiquer ces réflexions. Elles partent d'ailleurs d'un homme attaché à sa pati^ie, plein d'honneur et de bonnes qualités.

Pour le bien du service de Votre Majesté, j'aimerais bien mieux le voir attaché au roi de Saxe comme secrétaire d'Étal, que M. de Bréza, homme sans talent et hypocrite, et, quoi qu'on en puisse dire, l'ennemi des Français.

Pour gagner la confiance du pieux et respectable roi de Saxe, il s'est fait dévot et s'est servi des Benonistes et des cod* fesseurs de ce prince. Les lettres envoyées dans le temps à Votre Majesté en font foi.

Il faut que les Polonais trouvent dans l'autorité de la firaDchise au lieu de la finesse, du feu et de l'enthousiasme au lieu de raisonnements subtils, de l'énergie et de la grandeur au lieu de voies détournées : voilà ce qui enlève et rend docile cette nation qui d'ailleurs est de la race des braves. C'est aussi ce qui fait que Votre Majesté peut compter sur eux, ayant conquis leur amour et leur admiration.

DO MARKCHAL DAVOOT. — 1808. 591

BresUd, 22 septembre 1808.

j'ai riionneur d'adresser à Votre Majesté une lettre de

ident à Varsovie.

a transmettant, je demande à Votre Majesté la permis-

! rendre justice au dévouement, au zèle et à la capacité

onctionnaire. Il est généralement estimé, et il sert bien

klajesté.

maréchal Soult m'a informé confidentiellement du

de Tempereur Alexandre, afin que je donnasse des pour assurer la subsistance des détachements qu'il a s sur le territoire du duché, de Bromberg à Schneidpour servir d'escorte à ce souverain.

t nouvelle est maintenant publique, ayant été répandue nigsberg, Berlin et Dresde.

l'honneur d'informer Votre Majesté que si je ne reçois rdres contraires, je me propose d'aller, dans le courant ►re, passer quelques jours à Varsovie, ayant la certitude voyage et l'inspection que je ferai des troupes ne peu- Tétre utiles.

3* d'infanterie légère qui reste à Praga, le 2* de chasui est sur le Niémen, et les compagnies de canonniers s de la direction du duché qui sont à Thorn et Varsovie, centaine de chasseurs qui sont sur la Pilica, composant les troupes françaises qui sont dans le duché, ont suffi limer les esprits qui étaient dans la plus grande inquiél'époque de notre départ.

ne peut se dissimuler que s'ils étaient livrés à eux- , le découragement et In crainte seraient au comble. Il ;rès-facile aux Russes de profiter de cet état de choses, it plus qu'il n'existe réellement de haine que contre les liens et les Prussiens.

lis les dernières lettres que j'ai adressées à Votre Majesté, st arrivé encore de M. Falkowski, que je crois devoir T à Votre Majesté, parce qu'elles dénotent que c'est un Qt de la première force.

Je joins aussi une lettre de madame Krazinska, la femme du colonel du régiment des chevau-légers de rotre garde. Elle est insigniâante. Seulement elle semble indiquer que madame KrazinsLa cherche à dégoûter du service de Votre Majesté son pari, parce qu'on Ta épouvantée sur les aCFiaires d*Espagne.

Je transmets aussi à Votre Majesté copie d^une lettre de M. Clérembauity consul général à Kœnigsberg. Il est possible qu'une partie seulement de ce qu'il annonce soit vraie; mais les intentions manifestées dans la lettre de M. de Stein, qai vient d*étre publiée, expliquent sufiBsamment le tout * .

' On Toit ici entrer m scène nn homme qai était déjà et qai allait étrr t-ncore pla« an des grands agitatears de rAUemagne. Franconien de naissancre, passionné et remuant de caractère, AUemand de cceor et tTespril, arec de» idées très-noTatrices, le baron de Stein était appelé à an des pitmiers rfties. Il était depuis longremps dans Tadministration prussienne et n'arait pas caché ses tucs de réformateur. Il était un des ministres da roi Frédério-Ouillaume en 1806, et il arait été un des plus fbugnenx partiuiu df la guerre contre la France. Lorsque araient éclaté les désastrtt dont b bataille d*Iéna n'était que le commencement^ il arait été obligé de quitter k ministère. Il ne rentrait aux affaires qu'après Tilsit, au moment de Téloipwment du prince de Uardenberg, et ce qu'il y a de plus singulier, c'est qv Napoléon lui-même était le premier à conseiller ce choix au roi Frédéric- Guillaume. Nnpolron ne connaissait pas Thomme, et il n'allait pas tarder & être détrompé. A peine rentré aux afRûres, Stein était en réalité oo dei promoteurs les plus actifs des réformes qui à cette époque ont renoureié b Prusse. Il était un des ennemis les plus dangereux de la France, et il panaû pour être un des organisateurs de la femeuse association du Tuqentmnd.

Le baron de Stein, comme ministre du roi Frédéric^nillaume, était too' tefois obligé de dissimuler ses desseins et de garder les apparences ; il ft disposait même, au mois de septembre 1808, à aller à Erfurt pour essayer d'obtenir, par l'entremise de l'empereur Alexandre, l'allégement des coDtiibutions de guerre qui pesaient encore sur la Prusse, lorsque tout ï coup éclatait un incident impréru. Des recherches de la police française vnMSA amené la découverte d'une lettre adressée le 15 août de Rœnigsbeif m prince de Sayn>\Vittgenstein. Cette lettre respirait la passion allemande, b haine de la France, traçait tout un plan pour entretenir les pasidoDi contre la domination française. Enroyce à Paris et mise sous les yeui àt l'Emperear, elle provoquait la publication, dans le Moniteur du 8 septenbret d'une note ainsi conçue : • Un assesseur prussien nommé Roppe était désigné comme un agent d'intrigues. Le maréchal Soult ayant été daH le cas de le faire arrêter et conduire à Spandau, on a saisi ses papiers, oà Toa a trouvé l'original de la lettre qu'on va lire. Nous croyons devoir la poblier, comme un monument des causes de la prospérité et de la chute des empires; elle révèle la manière de penser du ministère prussien, et elle fait connaître particulièrement M. de Stein, qui a pendant longtemps exercé le ministère,

Bretlau, 22 leptembre 1808.

Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que tous les commandants des troupes qui sont du côté de Kosel, Silberberg et Glatz, m'ayant fait connaître qu'on avait rappelé tous les semestriers prussiens pour les faire rentrer dans ces forteresses, j'ai demandé une explication d'abord verbale à M. le général Grawert. Il m'a déclaré qu'il n'avait pas encore connaissance de cette mesure, mais qu'elle s'expliquait par leurs usages, et il m'a protesté qu'on ne pouvait en tirer de mauvaise induction.

Mais ayant vu, dans le Moniteur du 8, la lettre de M. Stein, et ayant la certitude que c'est surtout en Silésie que ses agents ont nourri l'exaspération et ont travaillé les hommes; sachant d'ailleurs par des rapports qui m'ont été faits que des ofBciers autrichiens fréquentaient les forteresses prussiennes et surtout celle de Glatz, où les officiers de la garnison donnent chaque jour des preuves de leur exaspération et des petites passions qui les agitent, ce qui pourrait rendre possible une trahison, même à l'insu du gouvernement et des chefs, si la guerre avec l'Autriche venait à éclater, trahison qu'il serait impossible d'empêcher pour Glatz et Silberberg, je me suis déterminé à écrire à l'administrateur général de la Silésie et à M. de Grawert les lettres dont je joins ici la copie.

J'ai pensé qu'il ne pouvait qu'être utile de faire connaître les suites qu'entraînerait une trahison.

Je vous adresse, Sire, la réponse de M. de Grawert.

Incessamment, j'aurai une explication des commandants de

et qui est aujoiinriiui prescfuc exclusivement cliai^t'^ de la direction des afTaires. On plaindra le «roi de PruSv'te d'avoir des ministres aussi malhabiles que pervers, m C'est à cet incident f[ue la lettre du maréchal fait allusion. Le baron de Stein ne tardait pas à être oblif^c de quitter encore une fois le ministère, et il allait être l'olijet des mesures les plus violentes : séquestration de biens, mise hors la loi dans la confédération du Rhin, — de la part de Napoléon. — Voir le décret rendu au camp impérial de Madrid, le 16 dé-

ces forteresses j j'ai tout lieu de croire que celle que m'a donnée M. de Grawert est fondée, et que ces mesures ne tiennent pas à un système de trahison.

C'est surtout dans les montagnes de la haute Silésie qa*OD s'aperçoit qu*on a travaillé les hommes. Il y a dans ce pap tous les éléments nécessaires : il v a là ou 15,000 officiers prussiens, tous plus ou moins dans la misère, et des soldats à proportion, ain^i que des employés civils et des pensionnaires, (|ui sont dans la même position.

Ce M. de Stein paraissait être la planche de salut de la Prusse. L^impression de sa lettre, avec les notes qui sont dams le journal de Tempire, a jeté la consternation parmi les Prussiens.

BresUu, 22 septembre 1808.

Sire, les derniers rapports du colonel Mathis, qui est sar le Niémen avec le 2* chasseurs, annoncent la plus parEaite tranquillité.

Quelques officiers russes tiennent toujours de mauvais propos contraires à la bonne harmonie qui existe entre Votre Majesté et l'empereur de Russie.

Outre que la présence du 2* chasseurs est nécessaire dans (*es contrées, pour y calmer et rassurer les esprits, je me suis déterminé à Ty laisser pour avoir des rapports exacts, ceux lies gens du pays étant toujours, ou entièrement controuvés, ou exagérés, de manière qu'il est impossible d'y reconnaître la vérité.

Ce n'est pas seulement à nous qu^ils en font, les Russes et les Autrichiens en reçoivent aussi de la même nature, et s'il est prouvé que les armements de ces derniers sont déterminés par la peur, ce sont surtout ces rapports qui doivent ravoir fait naître.

Les derniers rapports de la Galicie annoncent qu*on renvoie dans ses foyers une partie de la milice. Les bruits de {j^erre y

sont passés, au grand chagrin des habitants. Les milices de Moravie et de Bohême ne sont pas congédiées. Depuis quelque temps, on les exerce deux fois par jour.

Les prêtres continuent à chercher à inspirer une haine religieuse.

. Cependant les bruits de guerre subsistent toujours parmi le commerce de Breslau. Ils sont fondés sur la baisse successive des billets de la banque de Vienne depuis quinze jours. II est vraisemblable que cette baisse a pour cause les grandes émisliions de papier qui ont dû avoir lieu pour la formation des magasins et le payement des troupes.

J'envoie à Votre Majesté un rapport d'une personne marquante, qui arrive de la Galicie, et à la véracité duquel je dois croire, d'après l'expérience.

Ce rapport donnera à Votre Majesté une idée de la manière dont on cherche à travailler les Polonais par les fausses nouvelles.

Breslau, 8 octobre 1808.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté la traduction «l'une lettre du major Falkowski et celle d'un officier polonais, datée de Rayonne, laquelle, si elle contient des faits exacts, prouverait que vos intentions pour la tenue des hôpitaux ne sont pas remplies.

Les Prussiens continuent toujours, même depuis le passage lie l'empereur Alexandre dans le duché, les mêmes intrigues qui 4'onsislent à jeter des inquiétudes dans les esprits des habitants.

Je joins la copie d'une lettre qu'ils ont fait courir dans Varsovie.

Le maréchal Kalkreuth annonce à son fils qui est en Galicie le passage de l'empereur Alexandre, qui se rendait à Erfurt pour faire faire la paix entre la France et l'Angleterre.

Dans une deuxième, il annonce que l'Empereur devait repasser le 5 octobre à Kœnigsberg.

SK CO&EESP05DA2ICE

Pla*iear% fol» j'ai £ûl cooDaÉtre à YoCre Uaîesté que le gouvenkemeui de Pnuâe Elisait toucher dc« trakcs à ses ancieib empIoTéi réiADdoi dan^ le daché de Yar^orie. Le rapport f î-joibt qae je reçoU de Kaiisz en est one preuTe matérielle; je l'ai adre§.«é ao maréchal doc de Dalmatie, qui pooira obtenir ploi de renseignements de rindiridu de Cnstrin qui a foomi les fond.^.

J'adresse à Votre Maje^ copie d'nn rapport qui m'est arrîi'é ce matin de VarsoTÎe sardes Benonistes qui ont cherché à s'v introdoire. Je ne regarde pas cette tentatÎTe comme bien importante; je n'en parle qne parce que celoi qni est à la tête du clergé du ducbéy et que j*ai signalé différentes fois à Votre Maje^, a en connaissance de TarriTée de ces individus sans en prévenir le ministère.

On a mis ces jours derniers à VarsoTÎe des placards dirigés contre le code ; mais ces moyens sont sans effet dans ce pap, où Tesprit est excellent.

Il n*y a pas jusqu'au prince Adam Czartoryski, celui qui a été ministre en Russie, dont on n'ait à louer les apparences. Dernièrement il a (ait devant le secrétaire du Sénat du duché une profession de foi qui peut faiire supposer que ses idée;: sur la restauration de son pays sont bien changées, puisqu'il ne voit plus d'autre moyen de salut que dans la protection de Votre Majesté ' .

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Breslaii, 8 octobre 1808.

Monseigneur, j*ai rhonneur de rendre compte à Votre Altesse que j^ai dû faire lever les camps aux troupes sous mes

I Le maréchal, on le voit, était toujours fort préoccupé des moaTementt (les principaux personnages de P.dogne; cVtait son rôle. 11 n*étaît pas natorellement an courant de hien des détails, de la position et de la conduite àa prince Adam Czartor>'flki à cette époque, il ju^e à sa manière. Le rôle an prince Adam Czartory>)kî dans toutes ces affaires, dans ses rapports avrr l'empereur Alexandre, a toujours été celui d'un patriote et d*un policiqaf prévoyant.

ordres; plusieurs motifs m'ont déterminé à cette mesure.

Les divers camps établis en Silésie avaient été construits pendant la belle saison ; toutes les baraques étaient en planches, et il s'en faut de beaucoup que Ton ait apporté dans leur construction tous les soins nécessaires pour les rendre tenablcs dans la saison des pluies. Le peu de précautions qu'on avait prises particulièrement dans la construction des toitures rendait ces baraques extrêmement froides pendant les belles nuits et inhabitables par un temps de pluie. Les pluies continuelles qui ont eu lieu pendant la dernière quinzaine de septembre et les premiers jours d'octobre influaient déjà d'une manière alarmante sur la santé des troupes campées, à qui il n'était pas possible de procurer des paillasses et des couvertures; nos hôpitaux s'encombraient chaque jour, au point de faire craindre de ne pouvoir y recevoir l'affluence des malades.

La plupart des camps étaient d'ailleurs mal situés, les terrains sur lesquels ils étaient établis étant inondés après les premiers jours de pluie.

D'après ces considérations, je n'ai pas hésité à ordonner l'évacuation des camps et à faire cantonner les troupes; elles le sont dans l'ordre suivant :

!'• division. — Deux ré{jiments de la I'' division commandée par le général Morand, le 17* et le 30* de ligne, tiennent garnison à Neisse, où se trouve également l'artillerie de cette division; le 61* régiment occupe Oppeln, Krappitz et Falkemberg; le 65* occupe Brieg, Lowen et Grottkau.

2* division, — Trois régiments de la 2* division commandée par le général Priant, les 33% 48* et 111% tiennent garnison à Breslau; le IS*" régiment d'infanterie légère occupe Ohlau, Srehlen et Nimptsch; le 108* régiment est cantonné à Oels, Bernstadt et Namslau : l'artillerie de cette division est à Breslau.

3* division. — Le 7* régiment d'infanterie légère tient garnison à Schweidnitz; le 12* d'infanterie a un bataillon à Freybourg, un à Bolkenhayn et l'autre à Strigau; le 21' de ligne a deux bataillons à Liegnitz, un à Jauer et un à Parchwitz; le 25* occupe Golberg et Haynau; le 85' a un bataillon à Grif-

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