‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 29 sur 99 · U RKS PO N I) AN CE · texte numérisé non relu

U RKS PO N I) AN CE

fenberg, un à Lowenbery et uu qui vient de se porter à Glogau pour y tenir garnison avec le bataillon des hommes isoles du 5* corps, après le départ de la division de grenadiers du général Oudinot. L'artillerie de la division Gudin est à Liegnitz.

PAHC DE RÉSERVE.

Le parc de réseiTC (matériel) est établi à Oels avec les compagnies d'artillerie à pied qui y sont attachées; le train d'artillerie du parc occupe Juliusburg, Fenstenberg, Wartenberg, Heiclithal et Konstadt.

Depuis la levée des camps, les malades ont beaucoup diminué, et la situation des hôpitaux s'améliore sensiblement.

Breslau, 10 octobre 1808.

Sire, j'ai Thonneur d'adresser à Votre Majesté copie de deux lettres de la comtesse Krazinska, écrites de Paris et adressées à Varsovie. Cette dame, ainsi que presque loutes les Polonaises, était animée du feu sacré, avant son arrivée à Paris. II parait qu'elle est influencée par ces misérables coteries qui, depuis quinze ans, voient toutes les choses de travers, disent mille sottises, et en font faire à ceux qui les écoutent. Ce n'est que sous ce rapport que j'envoie ces lettres, du reste assez insignifiantes. Quelles que soient les opinions de cette dame, je suis persuadé qu'elUs n'influeront pas sur celles de son mari, qui commande les chevau-légers de votre garde. C'est un officier plein d'honneur et entièrement dévoué à Votre Majesté.

Breslaii, 11 octobre 180S.

Sire, j'ai l'honneur d'informer Votre Majesté qu'on a inter* cepté, à la porte de Varsovie, une lettre d'un M. 0

DU MARKGIIAL DAVOUT. — 1808. 299

adressée de Kœnigsberg à un chambellan de Tempereur (rAâtriche. Dans cette lettre était incluse une autre lettre, ircrite en chiffres à M. de Stadion, ministre des relations extérieures à Vienne.

J'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie de ces deux lettres, qui ont été remises à la poste pour suivre leur destination'.

BresUu, Il octobre 1808.

Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que le colonel Krazinski, qui commande les chevau'lé(][ers de votre garde, m'écrit le 17 septembre de Briviesca que, par ordre de M. le maréchal Bessiéres, il me fait connaître que son régiment a besoin d'une centaine d'hommes équipés, pour remplacer ceux qui ont passé dans d'autres corps comme officiers, ceux qui ont été tués, etc. Il m'invite à les envoyer à Chantilly à la fin de cette année.

Avant de donner suite à cette demande, je désire connaître les intentions de Votre Majesté. Le meilleur moyen serait de prendre une certaine quantité d'hommes d'élite, dans les () régiments de cavalerie polonaise.

Brcsiaii, 13 octobre 1808.

Sire, j'ai eu l'honneur d'annoncer à Votre Majesté dans mes ^^lernières dépêches qu'il était entre des armes à Glatz. Ayant *"leinandé une explication à ce sujet à M. de Grawert, il m'a

' Ces allusîonit a dos lettres interceptées à In poste sont assez fréquentes, '•'ï peut le remarquer. C'était un procédé sommaire à l'usafie du temps, et '|i<i est même toujours en usaf^e en temps de guerre. Sous l'Empire, il était ''Ppliqné sur une large échelle et paraissait un moyen naturel de police.

transmis le rapport ci-joint en traduction, du commandant de cette forteresse. '

Les rapports qu'on m'a faits sur cette place, et que j'ai eu rhonneur de transmettre à Votre Majesté, se confirment toas les jours; je ne négligerai rien pour parvenir à connaître quels sont les intentions et le but de ceux qui y commandent.

BresUu, 14 octobre 180S.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté de nouveaux rapports sur les places occupées par les Prussiens, qui confirment les précédents et font connaître que l'on ne néglige rien pour exaspérer les esprits parmi la garnison et les habitants. On se comporte, dans ce pays, comme si l'on était en guerre avec nous. J'y joins le résumé de quelques lettres de Berlin qui contiennent des détails sur la convention conclue le 8 septembre à Paris ' .

J'adresse à Votre Majesté l'extrait des nouvelles que feit circuler le comte de Langeneau, ministre du cabinet de Sa Majesté le roi de Saxe. Ce personnage, propriétaire en Bohême et en Saxe, est un des faiseurs de ces bulletins qui circulent à Dresde, où l'on exagère les mauvaises nouvelles et où l'on en fait lorsqu'il n'y en a pas. Quelques troupes françaises ont cjommis des excès : on les a exagérés pour indisposer les habitants. On a tenu une conduite bien diflFérente en Pologne, où les troupes saxonnes avaient aussi commis des excès : on les a réprimés, sans donner de la publicité à ces détails.

On a travaillé aussi les hommes en Saxe, et, comme j'ai eu l'honneurde le mander à Votre Majesté, à l'exception delà famille royale et de quelques personnes, l'esprit y est fort mauvak. Je désirerais que mon imagination fût pour quelque chose dan.^ cette manière de voir; mais trop d'indices et de rapports s'accordent pour qu'en y réfléchissant je puisse les croire supposés.

• * 11 8'a(;it (le la convention conclue pour révncuation des proTÎnces pnU' sicnncd par rarmcc française.

Il semble que depuis quelques jours on cherche de nouveau à travailler les hommes dans ce pays; mais ces menées ne produisent rien autre chose que de déterminer l'arrestation des hommes dangereux que je commence déjà à connaître.

Pour donner une idée à Votre Majesté du soin que les Autrichiens mettent à travailler les esprits du peuple, je lui adresse un rapport du commandant de Reicheinstein. Cela est au reste confirmé par les déclarations des voyageurs et des déserteurs.

Depuis mon départ du duché de Varsovie, il y a eu quelques violations du territoire par les Autrichiens. La dernière est assez grave. J'adresse à Votre Majesté copie de ce que m'a écrit le prince. Je fais prendre des renseignements.

Votre Majesté verra aussi, par la lettre du prince, que les ordres n'étaient pas encore arrivés à Magdebourg de remettre les armes qu'elle a cédées au duché.

Il n'y a aucun mouvement de troupes, soit du côté des Russes, soit du côté des Autrichiens.

M. le résident à Varsovie me mande, sous la date du 8, que M. Gutakowski lui a assuré qu'il savait positivement que la Russie faisait lever en Lithuanie un homme sur 100, ce qui étonnait d'autant plus que, jusqu'à ce jour, on n'en avait pris qu'un sur 500.

En général, il y a beaucoup d'inquiétudes, occasionnées par les bruits que mettent en circulation les Prussiens.

Les Polonais attendent avec anxiété le résultat des conférences d'Erfurt. N'envisageant pas sans inquiétude l'éloignement des troupes françaises de leur pays, l'ordre donné par M. rintendant, de remettre à l'administration polonaise les e£Fets, denrées et boissons qui sont la propriété de la grande armée, a inspiré la crainte d'une évacuation très-prochaine.

Le colonel Mathis m'annonce, en date du 6, que les gouverneurs russes à Wilna, Grodno, Kowno et Brzeck avaient reçu les fonds nécessaires pour faire un approvisionnement de quatre mois, pour les troupes qui sont de ces côtés; qu'il y a dans la province de Wilna quelques centaines de brigands arméSy contre lesquels le gouvernement avait envoyé des troupes sans doute trop faibles, puisqu'elles se sont retirées

avec perte de 7 hussards et 3 fusiliers. Cette troupe de vagabonds existait depuis un mois.

On a pris, sur la frontière du duché, de concert avec les autorités locales, des précautioqs pour empêcher que ces brigands ne s'v introduisent, en tout ou en paiije.

Breslaii, 14 octobre 1808.

Sire, je crois de mon devoir de faire à Votre Majesté des observations sur la mesure que M. l'intendant général vient de prescrire à Varsovie, dont je n'ai connaissance qu'indirectement, et qui consiste à expédier à Magdebourg les biscuits qui, de Thorn et Posen, devaient être transportés à Danzig. La célérité qu'il a recommandée dans cette expédition a jeté dans tous les esprits des craintes d'abandon.

Ce biscuit est très-vieux, et transporté dans la saison actuelle, quelques précautions que l'on prenne, il arrivera en trèsgrande partie hors de service, et le peu qui restera ne couvrira pas les frais, ni le mal que cette évacuation produit. En outre, comme il n'y a pas de fonds autres que des bons du roi de Saxe, le retard qui résultera de cette manière de traiter, et la distance, peuvent faire craindre que ce biscuit ne puisse arriver avant l'époque où l'hiver va rendre la navigation des canaux impossible.

J'ai fait mettre à Sierock 40,000 rations de biscuit et 60,000 à Modlin; je vais en faire remettre 100,000 à Thoni et autant à Praga. 11 n'est pas vraisemblable que cette évacuation s'étende aux approvisionnements de ces places, ce qui donnerait lieu à mille mauvais bruits.

J'adresse aussi à Votre Majesté un rapport du général Kozinski, plénipotentiaire pour la détermination des limitef du duché.

Votre Majesté y verra quel langage plein de hauteur le& plénipotentiaires prussiens ont pris dans ces derniers temps.

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