‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 4 sur 99 · ADJUDANT-COMMANDANT POLONAIS, A SON RETOUR DE GALICIK · texte numérisé non relu

ADJUDANT-COMMANDANT POLONAIS, A SON RETOUR DE GALICIK

Août 1807.

M. Haucke, envoyé sur la frontière de Gàlicie pour vérifier des plaintes portées par M. le directeur de la police du duché de Varsovie, sur la violation du territoire de ce duché, et pour en demander satisfaction au commandant du cordon autrichien dans cette partie, a trouvé ces plaintes justement fondées. Il a, dans un procès -verbal, constaté que 9 cavalieri» et 3 fantassins autrichiens armés ont poursuivi et arrêté troi?^ déserteurs sur le territoire du duché près Przychady, et qu'il?* ont fait feu sur des paysans qui prenaient leur défense, et dont un a eu son habit percé par une balle, et un autre un^ contusion au bras.

^ Le roi de Saxe ne se hâtait pas cl*aller prendre personnellement posse^t — tîon (le son noureau dnché; l'Empereur, en chaqjeant, le 26 «tout, le minîstr** des affaires étran{;(Tes, M. de C1iampa{;ny, de donner diverses instructions ^* M. de Rour{;oin{; qui représentait la France à Dresde, ajoutait : « ...Vous fercr^ connaître à ce ministre qu'il doit presser le roi de Saxe de se rendre le pliB-^ tôt possible à Varsovie pour y or{;aniscr tout et y faire régner le bon ordre... •• [Correxptmtlance de Napoléon, t. XV, p. 554.)

Ce fiait constaté, M. Haucke se rendit au premier poste autrichien, à Jarnowitz, porteur d'une dépêche écrite par le général Daultanne d'après les ordres de M. le maréchal Davout au commandant du cordon pour réclamer contre cette ▼iolation. Le commandant autrichien engagea M. Haucke à se rendre près du prince de Hohenzollern, à Cracovie.

Le prince, ne pouvant nier la violation du territoire du

duché constatée par le procès-verbal de M. Haucke, voulut

user de récriminations en se plaignant des propos qu'on tient

en Pologne et à Varsovie, où il dit que Ton annonce que les

deux Galicies doivent être réunies au duché de Varsovie.

M. Haucke lui répondit que, malgré une police vigilante et une forte garnison, il était persuadé que de pareils propos se tenaient à Cracovie. — C'est la vérité, répondit le prince, les Polonais sont Polonais et le resteront toujours. Il a au surplus déclaré qu'il ferait examiner cette affaire pour faire punir les transgresseurs dans un reçu de la lettre du général Daultanne qu'il a remis à M. Haucke; mais il a refusé d'envoyer un officier pour porter aux détachements de la frontière la défense de la franchir. Le prince de Hohenzollern s'écria en remarquant l'uniforme de M. Haucke : On sera bien content à Cracovie d'apercevoir l'aigle blanc sur votre plaque.

H. Haucke, dont toutes les démarches ont été surveillées, déclare que sa présence a produit beaucoup d'effet à Cracovie. Il était toujours suivi d'une foule de gens dans les rues, malgré l'ordonnance qui l'accompagnait, et beaucoup lui ont manifesté le désir de partager le bonheur du duché de Varsovie. Ayant appris que trois individus de la garde polonaise impériale avaient été arrêtés et mis en prison à Cracovie, quoiqu'ils fussent munis d'un passe-port de M. le général Gourion, M. Haucke en a parlé au prince de Hohenzollern; le prince a répondu qu'on 'leur faisait leur procès. Le bruit courait à Cracovie qu'on les avait mis comme simples soldats ^ans un régiment d'infanterie. De gros bagages sont arrivés à Cracovie, comme forges, boulangeries de campagne, etc. La S^rnison est composée de 4 régiments d'infanterie et de quelque cavalerie.

Les habitants disent qu'il va être établi des camps près de la Pilica, et qu'on s'occupe de les tracer.

M. Haucke termine en disant que partout où il a passé, le peuple témoigne le plus grand désir de secouer le joug autrichien, qui devient tous les jours plus odieux ; que les Polonais servant dans les troupes désertent en grand nombre, au très-grand péril de leur vie, pour se réunir à leurs compatriotes du duché de Vai'sovie.

b). — BULLETIN d'une tournée faite en galicie.

Le 10 août, il pouvait y avoir à Cracovie environ 5,000 hommes, mais on s'attendait à l'arrivée de 1 1 régiments, et par cette raison il y a des ordres pour hâter la récolte. De pareils ordres ont été donnés sur les bords de la Pilica.

Les Autrichiens parlent publiquement qu'ils étendront leurs frontières sur notre pays jusqu'à la Bzura. A Konskie, on établit de grands fours et des magasins. Trois régiments ont passé par Rzeszow de Léopol vers Cracovie. On rassemble aussi de grands magasins à Cracovie. A Lublin, on a ordonné de réparer et arrauger les casernes. Partout on a mis les moulins en réquisition.

c). — NOTE.

Tous les rapports s'accordent à dire que le gros de l'armée russe est campé à Smolensk, Witepsk et Szhlow; une partie s'est dirigée sur Riga.

Les troupes sont en général très-délabrées; elles manquent d'officiers.

On complète les régiments en y incorporant les levées en masse de provinces.

Il existe un grand découragement parmi les troupes, surtout parmi les officiers, qui ne cachent pas leur désir de combattre contre la France.

Quelques rapports assurent que les troupes qui étaient du côté de Bialistock vont se réunir à Brzeck, sur la frontière de la Galicie.

On évalue ces troupes de 20 à 30,000 hommes.

Les Russes ont beaucoup de ménagement pour la partie de

la Pologne qui leur appartient; mais les Polonais ne leur en

savent aucun gré. Ceux-ci ont accueilli partout les Français,

et ils saisissent toutes les occasions de manifester leur aversion

pour les Russes, sans que même la présence de ceux-ci les

en empêche. Les rapports des officiers français qui reviennent

de Russie sont tous unanimes à cet égard.

En Galicie, on assure qu'il y a quelques mouvements de troupes, mais ces mouvements sont exagérés par les Polonais, qui tous désirent la guerre.

d). — EXTRAIT D'UN RAPPORT DE VARSOVIE.

Août 1807.

Tout est calme en Galicie. Il n'y est plus question des mouvements de l'armée autrichienne. L'amnistie n'y est pas «léclarée; au contraire, on y persécute tous les patriotes polonais.

£d Russie, Fempereur Alexandre a fait publier une proclamation, par laquelle il accorde une amnistie générale à tous ses vassaux. Il promet aux Polonais russes une forme de gouvernement tout à fait polonaise, ainsi qu'une constitution comme celle du 3 mai. Il promet d'écarter tous les employés russes; il accorde des places dans son armée, avec l'avance-* ment d'un grade de plus, à ceux qui, ayant servi dans l'armée polonaise, voudraient prendre du service en Russie,

On n'a pu lire cette proclamation , mais on eu parle beaucoup à Varsovie, et on tâchera de s'en procurer une copie.

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