‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 31 sur 99 · II. tiO · texte numérisé non relu

II. tiO

J'attends les états que Votre Altesse m'annonce devoii m'étre apportés par le général Lecamus, pour ordonner ]e> divers mouvements aux troupes et aux administrations qui ne devront pas £aire partie de Tarmée du Rhin.

La lettre de Votre Altesse du 13 me donnant lieu do regarder comme très-prochaine l'arrivée du général Lecamus, je ne me propose de me rendre à Berlin qu'après avoir reçu les états et renseignements que cet ofBcier général doit me remettre.

J'ai l'honneur de soumettre à Votre Altesse diverses observations relatives au commandement qu'il a plu à Sa Majesté de me confier.

1* Votre Altesse me mande que Tintention de Sa Majesté est que l'armée saxonne et polonaise occupe Modiin, Sierock,

(*n cheF de V armée du Rhin, avec le général Compans comme chef d'étatm<ijor, le général Hanicque commandant rartilleric, le général Touzard commundant le génie, M. Villemanzy, inspecteur en chef aux revues, intendant ;;(''néral, M. Chambnn ordonnateur en chef. L'article constituant rarméf nouvelle portjiit : •> L'armée du Rhin sera composée de quatre divisions, ane rcjerve d'infanterie, une de cavalerie et du gouvernement de Danzig, savoir : !''« division, la division actuelle du général Morand; 2® division, la division .ictuelle du général Priant; 3' division, la division actuelle du général Gadin; V division, la division actuelle du général Saint-Hilairc, augmentée du 57* de ligne. Réserve d'infanterie : corps du général Oudinot. Réserve de cavalerie: quatorze régiments de grosse cavalerie formant trois divisions. ■ Le général Rapp restait gouverneur de Danzig. La division Saint-Hilairc devait avoir dct g I misons à Stettin, Custrin, Glogau, places réservées, le reste dans la Poméranie suédoise. Les trois autres divisions devaient être placées, l'une à Magdeboorg, l'autre dans le Hanovre, la troisième à Halle et Halberstadt. Le corpi d'Oudinot devait rester dans le pays de Bayreuth, avec une division de cair.issieri); les deux autres divisions de cuirassiers dans le Hanovre. L'armée du Rhin comptait en outre dix régiments de cavalerie légère : brigade da (général Beaupré, brigade du général Pajol, brigade du général Bordesoollc. '

Par d'autres articles, il était pourvu à tous les services de Vamiée d* Hhitiy artillerie, génie, parc, équipages, train, etc., ainsi qu'à l'organisatioB (les places de Stettin, Custrin, Glogau, Magdebourg. Enfin il était dit : « Lei mouvements, en ce qui concerne l'armée du Rhin, ne se feront que par Ici ordres du duc d'Aucrsticdt et par le plénipotentiaire qui sera chargé dei dispositions relatives à l'évacuation de la Prusse. A cet effet, ce maréchal ft nMidra à Berlin, et dès ce moment, c'est-à-dire du 15 octobre, le corp« di maréchal Soult est sous ses ordres, ainsi que toutes les troupes en Allema^nfi iiormisle corps du prince de Ponte-Corvo. A cet effet, le major général doanera des états détaillés de tout ce qui doit rester à l'armée du Rhin et de ff qui doit en [partir. » {Correspondance de Napoléon, t. XVII, p. 549-554.)

DU MARÉCHAL DAYOUT. — 1808. 307

horn et Praga, et que les commandants de ces places doivent 3ntinuer à m'envoyer leurs états de situation et leurs raports; dois-je inférer de là que mon commandement continue s'étendre sur le duché de Varsovie, et que Tarmée saxonne t polonaise soit toujours sous mes ordres?

2' Votre Altesse ajoute que je dois faire reployer sur Varovie le régiment français que j'ai aux avant-postes, et le faire emplacer par un régiment saxon ou polonais; que je pourrai aisser ce régiment autant de temps que je le jugerai nécesaire à Varsovie, et au moins le temps que les troupes françaises esteront en Silésie.

Je prie Votre Altesse de se rappeler que ses instructions elatives au passage du 3* corps en Silésie m'autoriseraient à lisser à Varsovie un régiment d'infanterie et de cavalerie ançais, et que j'ai fait occuper la place de Praga par le i* régiment d'infanterie légère. Ce régiment doit-il rentrer amédiatement à la division Morand, dont il fait partie, ou tendre l'évacuation de la Silésie par les troupes françaises?

La même question s'applique aux trois compagnies d'artilrie à pied, à la compagnie de pontonniers et aux deux comignies de sapeurs français qui composent la direction d'artilrie et du génie français dans le duché de Varsovie, et qui nt le service dans les places.

3' Indépendamment des troupes d'artillerie et du génie ►nt je viens de parler à Votre Altesse, j'ai l'honneur de lui iserver que j'ai dû laisser dans les places de Thom, Modlin, crock, Praga et Gzenstochowa, des ofBciers du génie français »ur conduire les travaux de ces places, qui sont loin d'être hevées, bien que l'on n'ait cessé d'y travailler depuis la ix de Tilsit, au moins aussi longtemps que la saison l'a •rmis.

Il est certain que si ces officiers doivent être rappelés, tous » travaux demeureront suspendus, et même le pont sur lotis qui se construit entre Varsovie et Praga, quoique déjà »s-avancé.

D'un autre côté, les travaux de fortification des places du ché de Varsovie doivent-ils cesser ou n'être que continués

lentement, ainsi que le prescrit Votre Altesse à l'égard ( ceux de Danzig, pour ne pas exciter la méfiance des pui sances ?

4' Il n'existe pas, en ce moment, de commandant titulaii dans les places de Glogau et de Custrin ; j'ignore s'il en est c même des places de Stettin et Stralsund. Celui de Glogau, I général Verrières, est en congé depuis plusieurs mois;j'ignoi s'il doit rentrer à son commandement; dans tous les cas,j pourvoirai provisoirement, et je rendrai compte à Votre Altess ainsi qu'à Son Excellence le ministre de la guerre.

5* Les bataillons des hommes isolés des 5* et 6* corps soo toujours à Glogau.

Celui du 5* corps était fort au 10 de ce mois de 9 officier et de 843 sous-officiers et soldats.

Celui du 6* ne comptait au 12 que 109 hommes; jedoutt qu'il s'élève jamais à 200, parles raisons que j'ai eu l'honneu: de donner à Votre Altesse.

Comme je ne pense pas qu'il entre dans les intentions d( Sa Majesté de tenir ces bataillons longtemps éloignés de leuri corps, à qui ils seraient utiles, tandis qu'ici ils ne pourraieni rendre que de faibles services, je prie Votre Altesse de vouloir bien provoquer les ordres de l'Empereur pour leur départ.

En attendant, je continue à envoyer à la division de grent* diers du général Oudinot, à Bayreuth, les détachements qui lui seraient nécessaires pour porter au complet de 140 hommes les compagnies de grenadiers et de voltigeurs appartenant à des régiments des 5* et 6' corps.

J'ai l'honneur de rappeler à Votre Altesse que j'ai laissé k commandement de la place de Varsovie au colonel degei darmerie Saunier; cet officier, qui a une excellente tête, parfaitement rempli mon attente. II a su se concilier 1' et la confiance des habitants et des autorités du pays; il s du bien du service de Sa Majesté de le conserver dans cel place. Je demande à Votre Altesse à l'y laisser jusqu'à à ordres contraires.

Breslau, 16 octobre 1808.

Sire, Son Âitesse le major général m'a transmis le décret et les ordres de Votre Majesté, qui me confèrent le commandement de Tarmée du Rhin.

Je comprime tous mes désirs, lorsqu'il s'agit de vos volontés; ils me portaient en Espagne, pour y combattre, sous les yeux de Votre Majesté, nos éternels ennemis. Votre Majesté en ayant décidé autrement, je chercherai à remplir de mon mieux ses intentions et à justifier sa confiance.

J'adresse au prince de Neufchàtel différentes demandes qu'il mettra sous les yeux de Votre Majesté.

Celle à laquelle j'attache le plus de prix, pour le bien du service de Votre Majesté, c'est de conserver pour chef d'étatmajor le général Hervo. L'ordre nomme le général Compans. Je ne puis avoir de préventions contre cet officier général, ne le connaissant pas plus qu'il me connaît moi-même ; mais c'est cela même que je regarde comme nuisible, et c'est sous ce rapport que j'ose exprimer à Votre Majesté la demande de conserver le général Her^'o.

Cet officier général, qui est avec moi depuis mon commandement d'Ostende, est habitué à ma manière de servir et à mon caractère, ce qui est beaucoup, car je ne puis me dissimuler que souvent mon exigence et ma sévérité dans le service aliènent de bons officiers, jusqu'à ce qu'ils aient le temps d'apprécier mes motifs.

Le général Her\'o réunit un grand zèle et beaucoup d'activité à un travail facile et infatigable, et, sur le champ de bataille, il est tel qu'on peut le désirer; par ces raisons, Sire, je conjure Votre Majesté de me laisser pour chef d'état-major le général Hervo.

Le décret que m'a transmis le prince vice-connétable me fait connaître que l'armée polonaise et saxonne (je n'entends par là que ce qui se trouve dans le duché) occupera les places de Thorn, Praga, Modlin et Sierock. A l'exception de Praga,

qui est dans un état de défense, les trois autres places sont sans ouvrages avancés, et même il reste encore quelque chose à terminer aux corps de place. On continue les travaux; mais est-ce dans les intentions de Votre Majesté? Je la prie de me le £aire connaître ; en attendant, les travaux iront comme aupravant ^

Son Altesse le prince vice-connétable me donne Tordre de (aire retirer le 2* régiment de chasseurs à cheval qui est sur les bords du Niémen, et de le faire remplacer par un régiment polonais, ce qui va être exécuté.

11 me mande de laisser ce régiment à Varsovie tant que je voudrai, mais au moins jusqu'à ce que les troupes française» évacuent la Silésie. Il n'y a pas de doute que plus longtemps il y restera, mieux cela fera, pour Topinion du pays. Je désirerais avoir là-dessus quelque chose de plus positif.

J'avais laissé le 1 3* d'infanterie légère àPraga; mais comme il n'est pas question, dans les ordres, de l'y faire rester, je le ferai partir aussitôt que Tévacuation de la Silésie sera commencée.

J'ai l'honneur de communiquer à Votre Majesté la manière dont je compte remplir ses intentions, pour l'occupation des places du duché.

1 L'EiBp«r«iir au maréclial DaTout. ^- • Paris, 25 octobre IROS. Mon COQtin, je re^is Totre lettre do 16 octobre. En tous faisant connaître que l'armée polonaise derait occuper Pra(>a, Tbom, Modiin et Sierock, j*ai Toals dire quVlle devait garder tons les postes, mon intention étant de redrer insensiblement toutes mes troupes sur la gauche de l'Elbe. Si tous craignex que les Polonais ne viTont mal aTcc les Russes, tous pourriez placer aix aTant-postes un régiment saxon. Il n\ a rien à craindre pour la Pologor. D'ailleurs, cela regarde le roi de Saxe, qui euTcrra autant de troupes saxonne* qu'il sera nécessaire. J*ai entendu que tous commandiez en cbef de ce cAtélà, afin d*aToir fréquemment des rapports de Danzig et de VarsoTÎe. Daniif doit être en état; cepend.int on doit eTÎter de faire rétrograder Tartilleriecl de f»ire aucun mouTement qui puisse fiire penser aux Russes que nous noai méfions d'eux. Je suis au mieux aTec la Ru»ie, je n'ai rien ^ craindre «k* Autrichiens; mais dans tout état de cause, mon intention esc de concentrer de plus en plus mes troupes. Je suppose que cette lettre tous trouTera ^ Totre personne à Rerlin.

• Dans peu de jours je pars pour l'Espagne. Il est nécessaire que TOtf correspondiez fréquemment aTec le ministre de la guerre. » {^Corrtspondûncf de Sapoit^m, t. XVIII, p. 18. \

La garnison de Thom est d'un régiment d'infanterie assez bible et d'un bataillon saxon. Je placerai un bataillon de la division Zayoncheck à Wroklaweck et environs, d'où il pourrait se jeter dans Thom en cas de besoin. Un autre bataillon sera placé à Czenstochowa, qui est une petite place très-susceptible de défense et qui peut contenir 1,000 à 1,200 hommes. Un régiment de la même division sera à Modlin, et le 3' à Sierock.

Des généraux polonais commanderont ces places, qui auront toujours des approvisionnements pour plusieurs mois.

Le général Zayoncheck aura son quartier général près de Modlin et conservera le commandement de sa division, ainsi que des deux régiments de cavalerie qui en dépendent, et qui seront placés sur la Pilica et les frontières de la Silésie. Les trois régiments d'infanterie du prince seront à Varsovie et Praga, et ses deux régiments de cavalerie dans les environs. Le régiment de cavalerie de la division du général Dombrowski, qui était dans les environs de Varsovie, ira relever le 2* chasseurs, sur le Niémen.

Ces mouvements s'exécuteront successivement et avec le temps, de manière à éviter de donner des inquiétudes.

Par ces arrangements, le général Zayoncheck et ses généraux conservent des commandements; mais le général Dombrowski et son état-major se trouvent toujours sans emploi. Je rappelle cette observation à Votre Majesté, qui connaît foil bien ce général : on ne peut pas le taxer d'être malintentionné, mais il est très-léger, très-inconséquent. Il l'était lorsqu'il était employé, et à plus forte raison depuis qu'il ne l'est plus. Je soumets ces observations à Votre Majesté, parce qu'en employant ce général et son état-major dans les troupes polonaises qui sont à son service, cela ne pourrait que produire un bon effet, sous tous les rapports.

Ainsi que j'en ai rendu compte au major général et à Votre Majesté directement, j'ai laissé pour commandant de place à Varsovie le colonel Saunier, de la gendarmerie; cet officier, qui a une excellente tête et qui jouit de Testime des habitants, a rempli mon attente. Il ne peut qu'être très-avantageux de

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le laisser dans cette place. J'en préviens le major général, en lui annonçant qu'à moins d'ordres contraires, je laisserai cet officier dans les mêmes fonctions.

Il me reste un objet dont je dois entretenir Votre Majesté, quelque répugnance que j'aie à le faire : c'est de la prier de m'accorder quelques fonds extraordinaires, en outre des 10,000 francs par mois qu'elle veut bien me faire donner. En Silésie, ni ailleurs, je n'ai pris aucun traitement aux dépens du pays, cela n'étant ni dans les intentions de Votre Majesté, ni dans ma manière d'être. D'ailleurs, la grande fortune que Votre Majesté m'a donnée en Pologne suffisait à toutes mes dépenses, même extraordinaires, puisque le revenu montait à 25 ou 30,000 francs par mois, et qu'en outre, en renouvelant les baux, on m'avait donné six mois d'avance; mais l'incendie que j'ai éprouvé au mois d'août m'oblige à des reconstructions et à des frais qui absorbent, pour le moment, la plus grande partie des revenus. Je rougis. Sire, d'entrer dans ces détails; mais la position où Votre Majesté me met exige des dépenses et des frais considérables; je suis obligé d'avoir recours à elle, à raison de ces circonstances.

BresUu, 22 octobre 1808.

Sire, j'ai l'honneur d'informer Votre Majesté que Son Altesse le vice-connétable m'ayant annoncé que le général Lecamus avait ordre de se rendre auprès de moi, pour me communiquer les états de ce qui doit rester à l'armée d'Allemagne, je l'attends ici pour éviter de me croiser avec lui en route.

D'ailleurs, Sa Majesté le roi de Saxe m'ayant envoyé M. de Thielmann, l'un de ses aides de camp, pour me témoigner le désir qu'il avait de me voir, je me rendrai d'ici à Karga, où ce prince doit coucher le 25, et je continuerai ensuite ma route pour Berlin.

J'ai envoyé à Berlin l'ordonnateur Chambon, le général

DU MAKÉCliAL DAVOUT. — 1808. 313

Touzard et le général Hauicque, pour se concerter, chacun €5n ce qui le concerne, avec M. l'intendant général et les généraux commandant le génie et Tartillerie de la grande armée, sur l'exécution des mesures prescrites pour Tapprovi-' sionnement et Tarmement des places.

Présumant qu'il est dans l'intention et dans les intérêts de Votre Majesté de manifester le désir d'évacuer les provinces prussiennes, aussitôt que le gouvernement de ce pays aura rempli ses engagements, j'ai écrit au général Compans de donner tout de suite Tordre (si toutefois M. Daru, plénipotentiaire de Votre Majesté, ne trouve pas d'inconvénients à cette mesure) au général Legrand, qui est sur la Vistule, de mettre sa division en marche sur Custrin, où il recevra de nouveaux ordres.

Le 105', qui fait partie de cette division, sera envoyé à Danzig, et le général Legrand laissera sur la Vistule un bataillon qui se repliera sur Custrin, lorsque, la Prusse ayant rempli toutes les conditions du traité, on commencera l'évacuation définitive : jusque-là on empêchera les Prussiens de passer la Vistule.

Le 24* léger, le 4' de ligne et le 46% qui sont à Stettin, ou au camp sous cette place, recevront également l'ordre de se mettre en marche sur Berlin, si le plénipotentiaire de Votre Majesté donne son assentiment à cette mesure.

Les régiments de cavalerie cantonnés dans la Poméranie et la Prusse occidentale reçoivent Tordre de se tenir prêts à marcher.

J'ai prévenu le général Saint-Hilaire que sa division, augmentée du 57% était destinée à occuper Glogau, Custrin, Stettin, Stralsund et la Poméranie suédoise.

J'envoie des ordres pour faire relever par un régiment de cavalerie polonais le 2' de chasseurs, qui est sur le Niémen.

Je vais rappeler le 13* d'infanterie légère, qui est à Praga, où il sera relevé par le 1" régiment d'infanterie polonais.

Toute la légion du prince sera réunie à Praga, Varsovie et aux environs.

La division Zayonchcck occupera, avec 2 régiments, Modlin et Sierock. Un bataillon du 3* régiment de cette légion occu-

314 GORHESPONDAMCE

pera Czenstochowa, et le 2* bataillon renforcera la garnison de Thom.

La cavalerie de cette légion restera cantonnée dans le département de Kalisz et aura quelques postes sur la Pilica et les frontières de la Nouvelle Silésie.

Il semble que les Prussiens désirent sincèrement Texécution de la dernière convention. Ils paraissent vouloir s'exécuter pour ce qui les concerne.

Je supplie Votre Majesté de taire attention à la note ci-jointe, sur un nommé Morenheim, ci-devant premier secrétaire de l'ambassade russe à Dresde, et qui a été envoyé, dans la même qualité, en Espagne; c'est un homme extrêmement dangereux et en grande intimité et correspondance avec d'Antraigue. Cette note m'a été remise, par une personne digne de foi et entièrement dévouée à Votre Majesté.

Berlin, 29 octobre 1806.

Sire, j'ai eu l'honneur de faire connaître à Votre Majesté, par ma lettre du 22, que me rendant à Berlin, j'allais à Karga, pour y voir Sa Majesté le roi de Saxe qui devait y passer dans son voyage à Varsovie.

J'ai vu ce souverain le 25. Dans la conversation, il m'a annoncé qu'il avait fait à Erfurt, avec la Russie, un cartel, pour la remise réciproque des déserteurs. Ce prince m'ayant dit qu'il ignorait si Votre Majesté en était instruite, je crois devoir vous le mander, les instructions que j'ai eues jusqu'ici étant en opposition avec cet arrangement, qui est tout à fait à l'avantage des Russes; puisqu'ils ont une désertion considérable, et qu'il n'en existe pas parmi les troupes polonaises et saxonnes, les conséquences de ce cartel sont faciles à prévoir.

Sachant qu'on avait cherché à donner des préventions à ce souverain contre le résident de Votre Majesté, j'ai cru qu'il était de mon devoir de lui dire ce que je pensais d'avantageux de M. Serra, sans cependant lui donner à connaître que j'étais

instruit qu'on avait cherche à lui nuire dans Tesprit de Sa Majesté.

J^ai pu juger que les préventions du Roi étaient très-fortes. Il ne m'a d'abord rien répondu; mais un instant après, il m'a dit que son dévouement à Votre Majesté égalerait toujours le mien, quoique ses opinions pussent quelquefois différer des miennes. 11 m'a paru que cela était une réponse à ce que je venais de lui dire.

Je prévois beaucoup d'intrigues dans le duché de Varsovie. On y travaillera fortement les esprits dans un sens opposé aux intérêts de Votre Majesté. 11 y règne les plus vives inquiétudes sur l'avenir. Les malveillants profitent de cette disposition. La présence du Roi, dans ces circonstances, ne peut être que très-utile pour calmer les esprits.

Les officiers du 3* régiment polonais dernièrement entrés au service de Votre Majesté ont mandé qu'il paraissait qu'ils n'iraient pas en Espagne. Cette nouvelle a fait beaucoup de plaisir, et, en cas de guerre avec l'Autriche, il serait avantageux d'avoir ces régiments; ce serait faire un appel à tout ce qu'il y a de Polonais dans les armées autrichiennes.

Le général Rniezewicz, qui a commandé la légion polonaise à l'armée du Rhin, et qui jouit de l'estime générale, m'a fait témoigner de la Podolie, où il réside, que lorsqu'on voudrait de ses services, il serait prêt à se rendre de suite à l'appel qui lui serait fait. La connaissance que j'ai des talents de ce général, et la confiance qu'il inspire aux Polonais, me portent à donner connaissance de ce fait à Votre Majesté. Pendant la dernière campagne, ce général a refusé les propositions que lui fit faire l'empereur Alexandre, de prendre du service dans ses armées. 11 a basé son refus sur ce qu'il avait l'honneur de porter votre décoration, ce qui l'empêcherait toujours de servir contre Votre Majesté.

On s'occupe maintenant, plus que jamais, à travailler les Allemands.

Les gazettes de Vienne, depuis quelque temps, exagèrent nos pertes en Espagne, et semblent faire un appel aux peuples du continent.

Les troupes saxonnes sont travaillées à Danzig, le général Rapp a fait arrêter un individu qui annonçait publiquement que le roi de Saxe s'était sauvé à Vienne, avec ses trésors.

4 Torgau, sur TElbe, deux heures avant le retour de Tempereur Alexandre, il y a eu une émeute contre le détachement de 24 hommes placé pour Tescorte de ce souverain. Un escadron saxon et tous les officiers se sont conduits de la manière la plus infâme. Six ou sept hommes de ce détachement ont été blessés, et le détachement n'a dû son salut qu'à la fermeté de son commandant.

J'attends, pour rendre compte de ce fait, le rapport du ministre de la guerre, qui m'a été envoyé à Breslau pendant que je me rendais ici.

Je communiquerai aussi ce rapport à M. Bourgoing.

Dresde est, autant que Prague, un foyer d'intrigues contre la France.

Quant à l'armée saxonne, j'ai adressé à Votre Majesté un mémoire qui prouve qu'elle a besoin d'être rajeunie.

Berlin, 29 octobre 1808.

Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 20.

J'en ai reçu une sur le même objet, du ministre de la guerre \

* A la suite du décret qui av.iit décidé une nouvelle distribution des tronpes françaises et constitué Tannée du Rhin, Napoléon avait exprimé la volonté que tous les commandants en chef, le maréchal Davout, le prince de Ponte- Gorvo, le f;énéral Marmont, le vice-roi d'Italie, même le roi de N a pies, ccrivissent désormais au ministre de la guerre directement, et non par leur chef dVttt-major, pour tous les objets relatifs au service. C'était une mesure d'ordre et de circonstance que prenait Napoléon au moment où il allait partir pour TEspagne et être pour quelque temps éloigné du centre de l'empire; elle n'avait point d'autre sens. L'Empereur avait notamment écrit, le 19 octobi*, au général Clarke, devenu ministre de la guerre : « ...Faites connaître ani commandante en chef que la responsabilité n'est à couvert qu*aaUnt qu'iU ont écrit au ministre de la guerre, sans que quoi qu'ils puissent écrire directe-

Comme il est vraisemblable que Ton a fait à Votre Majesté quelques rapports qui ont occasionné cette manifestation de ses intentions, j'ose Tassurer qu'ils ne sont que le résultat de <|uelques malentendus. J'ai régulièrement adressé mes rapports à Son Altesse le prince vice-connétable, à qui seul, par les ordres de Votre Majesté, je les devais jusqu'à l'époque où votre décret du 12, qui me nomme commandant de votre armée du Rhin, m'a fait connaître que désormais je devais correspondre avec votre ministre de la guerre.

Je lui adresserai exactement tout ce qui sera relatif à mon commandement.

Il n'y a que les objets étrangers à la partie militaire que je continuerai à ne pas communiquer à Son Excellence : tels, par exemple, les renseignements que j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté dans une dépêche ci-jointe.

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Berlio, 1" noYembre 1808.

Monseigneur, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence un rapport sur un événement qui a eu lieu le 17 octobre à Torgau.

11 y a eu une émeute populaire contre le détachement envoyé dans cette ville pour servir d'escorte à l'empereur Alexandre. L'affaire a été des plus sérieuses, et plusieurs chasseurs ont été blessés.

J'ai écrit à M. Bourgoing, en lui transmettant les pièces dont copie est ci-jointe, pour l'inviter à réclamer une prompte et sévère justice contre les auteurs de ce délit, qui ne peut être considéré que comme un résultat de manœuvres em-

ment à l'Empereur puisse rouvrir leur responsabilité. » (Correspondance de Napole'on, t. XVI II, p. 1.) Le général Clarke s'était prévalu de cet ordre et l'avait certainement accentué; il avait voulu faire j«cntir son autorité de ministre, et la lettre ci-dessus prouve que le maréchal avait en effet senti rintention.

^i8 CORRESPONDA NCE

ployées depuis quelque temps pour travailler et exaspérer les esprits en Allemagne.

Je joins ici copie de ma lettre.

Quoique la Saxe soit gouvernée par un souverain sincèrement dévoué à l'Empereur, on ne peut se dissimuler que les intrigants employés par les ennemis de la France y ont travaillé avec succès et sont parvenus à égarer Topinion d'un grand nombre d'habitants.

A Dresde, surtout, il règne un très-mauvais esprit et beaucoup d'exaspération.

Un grand exemple ne peut être que très-utile dans cette circonstance. M. Bourgoing sans doute le réclamera.

Berlin, 23 novembre 1808.

Sire, depuis mon arrivée à Berlin, je n'ai rien eu à mander ù Votre Majesté.

J'ai adressé au ministre de la guerre les itinéraires des troupes : l'évacuation sera terminée le 5 décembre.

J'ai écrit à vos ministres, MM. Otto et Bourgoing. Jusqu'ici je n'en ai pas reçu de grands renseignements. La dernière lettre de M. Otto est du II novembre. Il m'annonce que jusqu'à présent, les mesures de l'Autriche ne paraissent que défensives.

Dans le duché de Varsovie, M. le comte de Rose lui-même est inquiet et a donné au résident de Votre Majesté la nouvelle que les Autrichiens faisaient des approvisionnements sur les frontières du duché, et qu'il a été enjoint à plusieurs seigneurs propriétaires de livrer, dans un court délai, les recrues qu'ils doivent fournir.

C'est au reste un pays où il est difficile d'avoir des nouvelles

sûres.

Quelques rapports de déserteurs et voyageurs annoncent qu'on transporte de l'artillerie de Cracovie à Olmiitz.

Les Polonais se sont tellement engagés que les plus vives

iquiétudes régnent parmi eux. On répand dans le duché des ouvelles de toutes les couleurs; celle qui les tourmente le lus, c'est le prétendu chang^ement de la dénomination du uché en celle de Saxe orientale.

L'empereur Alexandre a témoigné au roi de Saxe qu*il Lait mécontent des Polonais du duché. Je tiens cela du Roi léme.

Le colonel Mathis, qui était sur le Niémen, et qui est parti î 12, pour se rendre à Varsovie, me mande que le 8, la garison de Grodno en est partie pour se rendre dans Tintérieur.

Ce qui me frappe le plus, dans ce qu'on me mande du jché, c'est que le gouvernement autrichien a fait demander L?s explications sur un article inséré, il y a plus de quatre lois, dans la Gazette de Varsovie. Voici le fait :

La Gazette de Presbourg avait annoncé qu'un voyageur ^nant de la Galicie avait assuré qu'on faisait dans le duché le conscription à laquelle étaient soumis les nobles, les *êtres, les Juifs, etc. Le fait était faux sous tous les rapports, on le publiait à l'époque où l'on faisait la levée extraordinaire li a eu lieu en Galicie. La Gazette de Varsovie, en rapportant :t article, observa que le gazetier de Presbourg avait été duit en erreur; qu'on ne faisait aucune levée dans le duché, ais qu'on en faisait une considérable en Galicie. La querelle evée à ce sujet est une véritable querelle d'Allemand. On 'assure qu'on fait des querelles de la même nature à la ivière.

Il est fort difficile de savoir ce qui se passe à Vienne ; il raît qu'il y a deux partis, l'un pour la paix et l'autre pour guerre. Les milices n'ont pas été licenciées. On leur a retiré Lirs uniformes, mais on les exerce deux fois par semaine. îs régiments sont tenus au grand complet; aucun congé de mestre n'est accordé.

Les derniers rapports de la Silésie annoncent que quelques giments autrichiens ont fait un mouvement de l'intérieur ; la Bohême vers la Bavière et le pays de Bayreuth. Il peut

faire que ce mouvement soit motivé par notre évacuation ' la Silésie.

Toutes les gazettes de Vienne parlent, depuis quelque temps, de prétendues TÎctoires des Elspaçnols. Des libelles de toute espèce inondent T Allemagne et surtout la Bohême : leur objet est d'exaspérer la population contre les Français. Plusieurs de ces pièces m'ont été envoyées de différents côtés.

Je me borne à transmettre à Votre Majesté deux de ces écrits qui sont répandus, Tun en Bohême et Tautre dans le duché de Varsovie. Quant à ce dernier, comme on m^a désigné rindividu qui Ta apporté de la Silésie, j'ai ordonné qu*on rarrètàt et qu'il fut conduit à Glogau.

J'adresse aussi à Votre Majesté quelques lettres interceptées. Ce qu'annonce celle du maréchal Kalkreuth s'est vérifié. M. de Stakelberj est venu ici, et tout fait croire que c'est pour s'assurer de notre évacuation. Je Tai vu : il n'a rien négligé pour me persuader de l'intérêt de l'alliance qui existe entre son souverain et Votre Majesté; malgré cela, il n'a pu s'empêcher de laisser percer son opinion particulière sur ce qu'il appelle le despotisme continental, qui rend, selon lui, nécessaire le des]>otisme maritime.

Pour ce qui concerne la Prusse, on ne peut douter que h I même haine aveugle contre la France ne règne encore daa« les conseils des souverains de ce pavs.

M. de Stein est jusqu'ici toujours en place '. Il doit être soutenu par des puissances étrangères. Il était beaucoup questiou de son renvoi, avant le retour de l'empereur Alexandre; mais l'accueil qu'il a re<;u, en public, de ce souverain, et les conférences particulières qu'il est bien certain qu'il a eues avec lui, l'ont tellement consolidé et ont donné tant de confiance à

1 Aprrs la note poMiêtr ea j^temhiY dans le .Vontfeur de Paris, la poâ- ! lion de M. de Sie*n comme minUtre était derenne par trop difficile. Ce n eit ; poQrtini que le i\ noremhre qne m dêmitsion était acceptée par le roi de Pnx«2Ee, à Ki¥ni:>ber«;. Peu après arrÎTaît en Allemaf^ne an décret foudro^'ant, daté du camp îrapênal de Madrid^ 16 dét>eml>re. portant <|iie le • n<»amf Stein * était déclaré ennemi puMic pour la France et la confédération à» Rhin, qu- *e* h*en$ jteraient *tN|we#iré*, qoe • le^lit Stein ■ «erait saisi personnellement par ouf où il piiMirrait être atteint par les troupes françaitei- M. de Stein ne deraii plu> reparaître comme liomme public <|a*en l8iS et ISI^, ma**djin< llMterraMe \\ n'aTait ee*jé de faire une propagande acdw o>ntre la France.

DU MARÉCHAL DAVOUT. — 1808. 3îi

:e$ partisans que, depuis ce temps, la Gazette de Kœmgsberg 2st remplie de ses éloges. Dans le commencement de ce mois, ^Ile a publié, entre autres, des vers tout à fait inconvenants ]ui roulaient sur un jeu de mots auquel prête le nom de SI, Stein, qui, en allemand, signifie pierre. On disait que c^était jne pierre de granit contre laquelle les flots et les orages vien- Iraient briser leurs efForts, la pierre fondamentale de TÉtat, a pierre la plus précieuse de la couronne.

On a répondu à ces vers, dans les journaux de Berlin, avec loute la modération possible. J'envoie ces réponses à Votre \fajesté. Les choix que le Roi fait sont pour le public la preuve des sentiments de ce prince, ou de ses conseils envers la France. II vient de nommer pour commandant de Berlin jn M. de Chazot, simple major, retiré même du service, qui l'a d'autre mérite que d'avoir, il y a quelque temps, tué, dans me affaire d'honneur, un employé français. II vient de remercier M. le comte de Woss, qui ne Fenlretenait que de ses vériables intérêts et de la nécessité de ne pas donner de l'ombrage lux Français. Il Ta remplacé par un M. de Rach, qui n'a l'autre titre à sa bienveillance que celui d'avoir été renvoyé par M. Daru, il y a six à sept mois, pour avoir écrit à toutes les autorités du pays une circulaire pour leur enjoindre de s'opposer, par tous les moyens, à l'établissement des camps, et de se refuser à toutes les demandes des autorités françaises.

Tous les gens sensés sont dans la consternation de cette conduite, ainsi que des projets qu'on manifeste d'imiter l'Autriche.

Des libelles sont répandus avec profusion dans toutes les campagnes. Partout on s'aperçoit qu'on cherche à exaspérer les esprits. Il doit y avoir de tous côtés des agents. Le grand moyen employé, c'est les affaires d'Espagne; on y fait battre 3t détruire nos armées.

Je dois observer à Votre Majesté qu'on ne surveille pas issez les gazettes. Celles d'Allemagne et de tous les États de la confédération du Rhin, sans excepter Francfort, qui est aux portes de Mayence, répètent les nouvelles absurdes publiées f>ar les journaux de Vienne et de Presbourg.

^5 C0£1ESPC?(DA3CCE

Sire, j'ai IliODiieiir de rmilre coni|ite à T<itre Sl^esté qif la même perv^ime qui a donné à M. le fliarédial d«c de Dalmatie des reniseignemeoU mr ce M. Kopp, chez lequel oo i trouvé la lettre de M. Stein, que Votre Majesté a &ii insérer darjs le Moniùmr, a procuré an général Saint-Hilaire Texlnît d'une lettre de M. de Wos$ an prince de Sayn-Wittgenstem.

M. le conseiller d'État Daru ayant envoyé à Totre Majesté copie de cet extrait, je ne l'en ai pas entretenu.

Présumant que l'original de cette lettre, dont on n*aTaitpas pn he saisir, pourrait se trouver chez le prince de Wittgensteio, a qui elle était adressée, j'ai invité M. Dam à en adresser c/ipie au prince de Ponte-Corvo, pour qu'il fit faire les recliercbeji nécessaires.

Ce prince a effectivement £adt arrêter le prince de Wittgenstein ; on n*a pas trouvé chez lui la lettre en question, parce que sans doute il aura eu la précaution de la détruire après Tavoîr lue.

Pour que le prince de Ponte-Corvo ne soit pas la dupe de Teffronterie de ce personnage, je lui ai écrit la lettre dont copie est ci-jointe. J'ajoute que Votre Majesté ou M. le duc de Dalmatie doit avoir la lettre de M. de Woss que je cite dans celle que j'écris au prince de Ponte-Corvo.

Jamais ce [M*ince de Wittgenstein, bien connu pour être un des agents qui travaillent rAllemagne, n'eût dû être instruit du motif de la visite de ses papiers : c'est ce qui peut l'autoriser, voyant qu'on n'a pas trouvé de preuve contre lui, à faire retentir de cette affaire les journaux à la solde de l'Angleterre.

Erfart, 17 décembre 1806.

Sire, sachant que M. le comte Daru informe régulièrement Votre Majesté de ce que nous apprenons, je ne mets pas

autant d'exactitude dans ma correspondance avec elle. D'ailleurs, je transmets au ministre de la guerre de Votre Majesté tout ce qui parvient à ma connaissance.

M. Daru a fait connaître à Votre Majesté la tournure diplomatique qu'on veut donner à Hambourg aux perquisitions foites chez le prince de Sayn-Wittgenstein. Pour éviter que M. Daru paraisse dans tout cela, à raison du caractère diplomatique dont il était revêtu à Berlin, je lui ai remis une lettre antidatée, qui prouve, ce qui est vrai, que c'est à ma sollicitation qu'il a écrit au prince de Ponte-Gorvo. Je crois devoir envoyer à Votre Majesté la lettre que j'ai reçue dernièrement de ce prince; il devient difficile de correspondre avec quelqu'un qui prend les choses de cette manière.

J'ai adressé dans le temps à Votre Majesté des réflexions que j'ai fait insérer dans les journaux sur deux pièces de mauvais vers à la louange de M. Stein, publiées dans la Gazette de Kœnigsberg. Ces réflexions pleines de modération ont produit l'impression la plus forte.

J'avais cru utile de prier M. Bourienne de les faire insérer dans les journaux de Hambourg, qui sont ceux qui sont les plus répandus en Allemagne : il a trouvé des raisons pour ne pas déférer à cette demande, comme Votre Majesté le verra par sa lettre ci-jointe. En général, je crois qu'à Hambourg on ne se méfie pas assez du prince de Wittgenstein, le correspondant de M. Stein.

Des personnes de Berlin qui nous ont toujours montré du dévouement, qui jouissent d'une grande considération et que M. le maréchal Soult m'a particulièrement recommandées, me l'ont signalé comme un homme extrêmement dangereux et l'àme d'une agence anglaise.

J'ai remis à M. Daru, qui l'a adressée à Votre Majesté, copie d'une dépêche interceptée, qui fait connaître la composition du ministère actuel de Prusse et l'entrée triomphale des troupes prussiennes, à la tête desquelles était le nommé Schill. On continue à nous faire mille protestations de bonne harmonie, mais jusqu'ici les faits sont en opposition. J'en ai rendu compte, dans le plus grand détail, au ministre de la guerre.

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