‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 5 sur 99 · A LEURS EXCELLENCES · texte numérisé non relu

A LEURS EXCELLENCES

HESSnURS LES MEMBRES COMPOSANT LA COMMISSION DE GOUVERNEMENT DU DUCHÉ DE VARSOVIE.

Au quartier gënëral à Varsovie, 1"** septembre 1807.

Messieurs, je crois devoir adresser à Vos Excellences Vextrait d'une lettre de M. Tintendant qui vous fera connaître tout ce qui est mis à notre disposition pour assurer la subsistance des troupes qui se trouvent dans le duché de Varsovie. Vos Excellences y verront que les ressources sont telles qu'on ne peut regarder la présence des troupes que comme avantageuse au pays sous tous les rapports, puisque les deux objets de la plus grande dépense, le pain et la viande, sont mis à notre disposition. La solde est également assurée et se foit régulièrement; il n'y aura donc que le fourrage et la paille que le pays devra fournir, sauf encore à liquider cette dépense entre les deux gouvernements, ainsi que Ta décidé Son Altesse le prince de Neufchàtel, major général.

Depuis longtemps, j'ai donné les ordres pour que Ton remette à la disposition de l'administration polonaise les dif' férents magasins de froment, seigle, farine, avoine, pois, foin et paille. Il parait que ces mesures ne sont pas encore exécutées à Varsovie, ainsi que m'en rend compte l'ordonnateur en chef; c'est entièrement la faute à M. le comte de Breza, votre ministre de l'intérieur, toutes les administrations françaises ayant e\\ ordre de faire la remise de ces sei'xûces aux administrations polonaises aussitôt qu'elles se présenteront pour les recevoir, en en dressant des procès-verbaux. Toutes les chambres administratives des départements ont connaissance des ordres donnés aux commissaires des guerres pour faire la remise des magasins.

Il faut observer. Messieurs, que ces états, quoique d'une date récente pour M. l'intendant, ne présentent pas la masse d'approvisionnements qui existe réellement, puisque dans ces états on n'a pas pu faire mention des approvisionnements déjà embarqués sur la Vistule pour être transportés à Varsovie, ou

desapprovisionnements qui existaient dans les canaux, ce qui est un objet très-essentiel : par exemple, je suis instruit qu'il existe en ce moment, entre Bromberg et Varsovie, plus de 200 bâtiments chargés de subsistances de toute espèce, et entre autres de plus de 300,000 boisseaux d'avoine.

Avec ces immenses ressources dont M. de Brnza a connaissance, comment se fait-il que le service soit sur le point de manquer à Varsovie? L'ordonnateur m'annonce qu'il n'existe plus de froment, et qu'il a fait la;demande de 160 quintaux pour feire les mélanges; je vous prie de la faire remplir dans le plus bref délai, sans quoi le service serait compromis. On pourrait rendre ce froment aux négociants, qui en feraient Imnce à Bromberg ou à Posen.

J'appellerai aussi la sollicitude de Vos Excellences sur le service des fourrages et de la paille ; il y a une réquisition de frappée, et en attendant son exécution, il avait été passé un marché pour sept ou huit jours. Cependant, ce marché ne reçoit pas son exécution, puisqu'on ne livre pas assez de foin pour compléter la distribution journalière et qu'on n'a pas encore versé une botte de paille en magasin; des troupes polonaises sont toujours au bivouac, ne pouvant pas entrer dans les casernes faute de paille, et les troupes françaises n'ont pas encore reçu ce qui leur revient.

J'appelle, Messieurs, la sollicitude de Vos Excellences sur tous ces objets, et je les invite à prendre des mesures promptes pour éviter de graves inconvénients.

Il a déjà été livré plus de 2,000 bœufs, tant à Blonie qu'à Sochaczew, ou par les versements faits par les régiments, ou de ce qui a été retiré de la Galicie.

VarsoTie, 2 septembre 1807.

Sire y le major général m'ayant laissé le maître de désigner les commissaires de guerre qui doivent rester dans le duché de Varsovie, M. Lepère, qui était employé dans Far-

rondissement. de Pultusk, est un de ceux que j'ai conservés.

M. Lepère est un des commissaires des guerres les plus distingués, par son zèle et son désintéressemefïit. Il a servi sous les yeux de Votre Majesté pendant la campagne d'Egypte.

J'ai rhonneur de prier Votre Majesté de vouloir bien lui accorder de l'avancement et la décoration de la Légion d'honneur.

Il est commissaire des guerres de 2* classe ; je joins ici l'état de ses services.

Varsovie, 3 septembre 1807.

Sire, j'ai l'honneur de faire connaître à Votre Majesté les tracasseries que ne cessent de faire les Prussiens, et leur manière d'exécuter le traité de Tilsit.

1*^ La commission polonaise chargée d'organiser la partie du Neu Ost Preussen qui est réunie au duché de Varsovie ayant fait arrêter à Tyckoczin deux employés prussiens d'origine, prévenus de malversations de toute espèce, le président de la Chambre de Bialistock, encore toute composée de Prussiens, a fait arrêter l'économe d'une terre située dans le nouveau territoire cédé à la Russie et appartenant à l'un des membres de la commission, en déclarant que c'était par représaille de l'arrestation des deux employés prussiens à Tyckoczin.

Ce n'jest que depuis quelques jours qu'on a appris que des commissaires russes étaient arrivés à Bialistock, pour oi^ganiser le pays et remplacer les autorités prussiennes.

2** Â Konitz, dans le district de Netz, le magistrat prussien a forcé une commission envoyée par le gouvernement polo' nais à se retirer, en lui donnant une heure, sous peine du bâton ; cependant les Français occupaient encore ce pays.

3* A Lyck, un officier de hussards, portant des dépêches, ^ été arrêté et conduit à Kœnigsberg; ses dépêches ont été lues- Il est vrai que M. de Kalkreuth l'a fait mettre en liberté, a^^

DU MABECHAL DAVOUT. — 1807. 39

de vaines promesses de satisfaction; mais le délit n*a pas moins ëlë commis.

4* Les Prussiens ont envoyé des troupes et ont frappé des réquisitions à Gurzno, Strasburg et Lautenburg, pays appartenant au duché de Varsovie. Ces troupes, en se retirant, ont enlevé deux habitants polonais.

J'ai donné connaissance de toutes ces contraventions et de beaucoup d'autres, avec les pièces à Tappui, à M. le maréchal Soult, plénipotentiaire de Votre Majesté, pour qu'il réclame satisfaction \

Tous les ofHciers polonais qui étaient au service de Prusse, et qui, ayant été congédiés, reviennent de Memel, s'accordent à dire que les Prussiens espèrent que la guerre va recommencer, et que le roi de Prusse est déterminé à hasarder ce qui lui reste. Dans sa fureur de guerre, il est bien d'accord avec les Polonais, qui continuent à répandre tous les bruits qui peuvent y faire croire. Ils continuent à faire marcher des troupes en Galicie. J'ai envoyé des officiers français sur tous les points, et dans peu de jours je saurai à quoi m'en tenir.

Les Prussiens viennent d'éprouver une représaille des infractions qu'ils se promettent chaque jour de faire au traité de Tilsit. Un de leurs courriers, venant de Vienne, a été Jc'valisé, et on m'a apporté ses dépêches que j'envoie à Votre Majesté. Les principales sont en chiffres, et du comte de Finlenstein, ou d'autres envoyés prussiens.

Votre Majesté remarquera une lettre du comte de Papenlieim, qui propose de faire vendre au roi de Prusse tous les fusils et sabres prussiens donnés à la Bavière et au Wurtem- Wg, et même une grandequantitéde ceux qui existent à Berlin.

Due lettre adressée au roi de Prusse, où on lui dit quo

* Le marécYial Soult, on Ta vu, était resté particulièrement cliargé de ^er tous les mouvements de Tévacuation, et il avait les ordres les plus 'VKts pour ne se replier qu'après exécution rigoureuse de toutes les conditions '•eUpaix. L'Empereur lui avait écrit le 7 août, de Saint-Cloud : « ...J'approuve "1^ qve vous mainteniez haut la main les Prussiens. Il est malheureux qu'on ^'t été obligé de laisser cinq ceçts malades à Kœnigsberg. S'ils n'étiîent pas ^faites convenablement, ayer soin de réclamer fortement... » {Correspondance ''^ Napoléon, t. XV, p. 481.)

Votre Majesté D*a pas été éloignée de lui rendre le duché de Varsovie, sous les conditions auxquelles il est donné au roi de Saxe, m'explique la conduite de tous les grands de ce pays et des membres du gouvernement. Ils ne font rien et éludent tout, par crainte de se compromettre, avant le dénoùment.

On a cherché à répandre, par tous les moyens possibles, que rintention de Votre Majesté était de ruiner le pays et ensuite de Tabandonner. On faisait des calculs exagérés sur ce que devaient coûter le pain et la viande pour un corps de 40,000 hommes. Pour fiaire tomber ces propos, j^ai envoyé la lettre dont copie est ci-jointe à la commission de gouvernement, et j'ai fiait publier, dans tous les journaux, une note dont j*adresse à Votre Majesté une copie.

Quant aux Russes, ils continuent à nous rendre des officiers; mais jusqu'au 29, ils ne nous avaient pas encore rendu de soldats, quoique j'aie réclamé ceux que je savais, par des rapports, être à Grodno et à Wilna.

Tous les officiers qui reviennent de Russie s'accordent à dire que si Ton doit croire les propos des gouverneurs et de la noblesse, les jours de l'empereur Alexandre sont menacés. L'opinion de l'armée est partagée.

Les derniers rapports de notre cordon sur les frontières de la Russie annoncent que les postes russes ont été renforcés. On parle dans le pays de rassemblements de troupes qui doivent avoir lieu sur le Niémen. On forme des magasins » Kauen, Olitta et à Grodno.

Les régiments qui sont sur le Niémen ont été complétés par la milice. Il est arrivé quelques munitions du côté de Bialistock. On en exagère beaucoup la quantité.

Il me parait qu'il règne beaucoup d'incertitude. Les nouvelles de Vienne, qui me paraissent les plus probables, sont que les 25,000 congés de semestre qui avaient été accordés sont révoqués, et que l'on conserve l'armée sur le pied de guerre; qu'il règne à Vienne le même esprit de vertige qu'avant la campagne d'Dlm. La belle jeunesse ne respira que guerre. Il est passé par cette capitale, la semaine der' nière, 6 régiments d'infanterie qui se rendaient en Galicie*

DU MAilÉGHAL DAVOOT. — 1807. 41

Les Polonais russes sont consternés. Ils commencent à être persécutés dans quelques endroits. Cela dépend de l'esprit des gouverneurs et commandants, et cette persécution ne parait point être le résultat des ordres du gouvernement.

Notre position, sous le rapport de la viande, s'est améliorée. Nous en avons reçu pour près de deux mois, mais Tépizootie diminuera nos ressources.

L'ordre s'établit, et la confiance'renait chez les habitants.

Permettez, Sire, que je rappelle à Votre Majesté les diverses demandes que je lui ai faites dans mes dernières dépêches.

!• Des fonds pour le génie. Il n'y a d'affecté pour les travaux à Thorn que 10,500 francs. Il n'y a aucun fonds de fait pour Varsovie et les autres places. On ne peut compter sur des secours d'argent du gouvernement polonais; chaque jour ajoute à l'arriéré.

2* Des ordres pour la légion du Nord. Le général Rapp m'annonce que d'après l'ordre de Votre Majesté, ayant proposé à celle légion d'entrer au service de France ou de Pologne, elle a voté unanimement pour la Pologne. J'ai invité le général Rapp à garderie plus longtemps possible cette légion, qui, en venant en Pologne, ne ferait qu'accroître l'embarras du gouvernement, qui déjà ne peut payer les troupes qui existent '.

3* J'ai prié Votre Majesté d'accorder aux troupes polonaises,

* titre de gratification, une capote et une paire de souliers par homme. Il existe dans les magasins une grande quantité <le ces effets.

4* Des fonds pour les dépenses journalières des hôpitaux. Quelques fonds ont été envoyés pour acquitter l'arriéré, mais je n'ai pas connaissance qu'il en eût été fait pour les dépenses courantes.

5* Des fonds pour achever l'organisation du régiment de chevau-légers polonais qui appartient à Votre Majesté.

' L'Empereur avait écrit da Saint-Cloud, 29 juillet, au (général Rapp :

• Paite»-moi connaître si la légion du Nord veut rester à mon service ou P^*ier ï celui du duché de Varsovie. Je les laisse absolument les maîtres. Je "*< déciderai lorsque je recevrai votre lettre et leur adresse. » {^Correspon- '^nee de Napoléon, t. XV, p. 449.)

6** Une décision sur le premier régiment de hussards polonais passé au service de Votre Majesté.

7" Une décision sur les traitements de table que Votre ftlajesté avait accordés aux officiers.

8* Des fonds pour la solde. Elle a été faite pour six mois, à compter du 1**^ août. Les appointements sont payés jusqu^à cette époque, mais il n'a point été fait de fonds pour la solde de mai, juin et juillet.

O** Pour les munitions, nous n'avons entre autres que 2,900,000 cartouches. On en a réclamé en vain.

Un rapport que je reçois à Finstant de Tofficier qui commande les détachements placés sur le Niémen et vis-à-vis les frontières russes, annonce qu'il est arrivé le 29 août, prés d*01itta, 3 régiments de Cosaques dont on donne les noms; que tous les postes ont été doublés depuis le 26; que le 28, 2 régiments d'infanterie et 6 pièces de canon ont passé à Wielona sur la Mémel ; que la formation de magasins à Kauen, Olitta et Grodno est certaine.

Ce rapport est le résultat de ce que nos postes ont vu.

Le bruit est général dans le pays que les troupes russes revenaient sur leurs pas.

Les milices qui avaient amené le prince Labanof ont servi à compléter les régiments qui restent sur le Niémen.

Je joins ici l'extrait d'un rapport sur les démarches faites par le gouvernement russe pour armer les Lithuaniens en sa faveur et pour leur faire rompre l'acte d'union de la Lithuanie avec la Pologne. Ces démarches ont été infructueuses. J'ai tout lieu de croire que ce rapport est exact.

PRINCE DE NEUFCÎÎATEL, ETC

Varso?ic, 3 septembre 1807.

Monseigneur, j'ai fait connaître à Votre Altesse remplacement de l'armée. J'ai profité de la latitude qu'elle m'a laissé*^ pour organiser les administrations ; j'ai gardé ce que j'ai cm

de meilleur. Chaque jour nous nous organisons, et j*espére sous peu que le pays s'apercevra du régime de la paix. Il y a oa changement dans les esprits à notre avantage. La santé de l'armée est assez bonne; les chaleurs ne nous ont pas fait autant de mal qu'aux habitants.

Toutes les têtes ici sont à la guerre; il est assez difficile de prononcer si ces idées sont fondées; on pourrait croire qu'il y a quelque chose depuis quelques jours. Les Russes se sont montrés en plus grand nombre sur le Niémen ; on forme quelques magasins, des camps du côté de Brzek. Il parait constant que les troupes qui rentraient dans l'intérieur de la Russie se sont arrêtées.

J'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse un rapport que j'ai reçu d'un officier qui est sur la frontière russe, qui est conforme à tout ce que j'ai appris. Il la mettra au courant. Il est le résultat des déclarations des officiers français qui rentrent de la Russie, des déclarations des habitants et de ce que l'on a vu : votre aide de camp est resté assez longtemps ici et y a vu assez les sociétés pour vous mettre au courant de l'esprit qui y règne. C'est pour ce motif que je l'ai conservé jusqu'à ce jour.

Varsovie, 4 septembre 1807.

Sire, l'adjudant général Guilleminot me fait connaître que 'armistice entre les Russes et les Turcs est signé '. Je profite

' Un armistice avait étn en effet 8i{;né entre les Russes et les Turcs avec le coacoors <ln {général Guilleminot ; il ne répondait pas entièrement aux vues de Napoléon, qui bientôt après écrivait à Savary, son envoyé particulier à Saint- *^«lcribourp[ ; « ...Guilleminot, en Valacbie, s*est mêlé de beaucoup plus de ^»oteA qu'il ne devait. Ses instructions ne lui di.saient point de 8i{rner linnistice ni de stipuler des conditions absurdes, telles que la remise des ^*i««eaux de {»uerre et la reprise des bostîlités au !«'' mars si l'on ne s'arranii^Upas... J'ai écrit à Sébasti;ini pour faire revenir la Porte sur ces deux articles; mais le principal n'est pas ces deux articles : c'est la remise des places fortes qui a dû indisposer l'empereur Alexandre. M. de CSampan[ny ^^^ écrit longuement et vous envoie diverses pièces que vous ne connaissez

de roccasion de rofficier qui porte cet armistice à Votre Majesté, pour lui adresser le rapport de l'officier que j'avais envoyé à Wilna, pour y réclamer du général Korzakoff les prisonniers français que je savais y être.

Je joins ici copie de la réponse que me fait le général Korzakoff. Je suis instruit que 3 ou 400 soldats de nos prisonniers viennent d'être rendus à Elbing; mais malgré l'assertion du général russe, je suis informé qu'il existe encore de ces prisonniers à Grodno et à Wilna. Je vais faire vérifier de nouveau le fait et les réclamer.

Le rapport de l'officier envoyé à Wilna confirme l'établissement de 3 camps à Witepsk, Kauen et Grodno.

Il paraît qu'il règne toujours une grande fermentation parmi les Lithuaniens. Tout ce qui porte le nom français est accueilli par eux avec un empressement qui va- jusqu'à l'imprudence, et qui démontre que les bruits de guerre leur paraissent fondés et renouvellent leurs espérances.

Des officiers français qui viennent de l'intérieur de la Russie rapportent qu'un gouverneur qui paraissait dévoué à l'empereur Alexandre leur a dit qu'il voyait avec chagrin se répandre dans toute la nation et même jusque dans l'armée un esprit de fermentation qui lui faisait tout craindre pour ce prince.

L^adjudant commandant Romœuf, qui est à Lublin, m'écrit qu'il n'y a dans celte partie de la Galicie point d'autre? troupes que quelques faibles garnisons et celles du cordon - Cependant les officiers autrichiens paraissent croire à la guerre, mais ceux qui sont sur les frontières semblent la redouter; leur langage est bien différent de celui de la jeu-' nesse de Vienne.

Votre Majesté a laissé 60,000 francs à ma disposition. J^ dois l'assurer que le bien de son service exige, dans les cir^ constances actuelles, que je dépense beaucoup en course^* d'officiers et en représentation. Je n'ai pas cru convenable d^

pas, telles que les articles secrets du traite avec la Russie et le traic^ d'alliance, atin que vous soyez au fait de toutes les afFaires. » (Correspon-'^ dance de Napoléon, t. XVI, p. 88.)

toucher de la ville la plus petite chose. Ces usages que la guerre peut légitimer ne conviennent pas dans un état de paix. D'un autre côté, j'ai cru devoir, pour le bien du service de Votre Majesté, employer les revenus de la principauté de Lowicz à arranger le château, afin de prouver que j'étais le premier à faire fonds sur les arrangements actuels ; ainsi ne recevant même pas les 10,000 francs par mois, je serai bientôt gêné et obligé à des économies nuisibles.

Pardonnez-moi, Sire, ces réflexions ; je ne les aurais pas faites, s'il m'avait été possible d'engager une partie de ce que je tiens dans ce pays de la munificence de Votre Majesté; mais il y aurait trop d'inconvénients à prendre ce parti.

Je dois aussi rappeler à Votre Majesté qu'il est absolument impossible que les officiers existent ici avec leurs appointements seuls. Tout est absolument hors de prix, et la continuation des mois de Pologne est indispensable pour continuer à maintenir cette bonne discipline, qui a ramené les esprits que les derniers désordres avaient affectés .

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Varsovie, A septembre 1807.

Monseigneur, je reçois à l'instant l'ordre du jour donné par Votre Altesse, sous la date du 17 août. J'ai l'honneur de lui observer que je n'ai pas cru pouvoir regarder comme appli- ^ble aux troupes stationnées dans le duché de Varsovie, le paragraphe portant que les officiers ont droit, selon l'usage en ^lUmagne, à la table de leur hôte. Mes motifs pour cette opinion sont que cet usage n'a jamais été admis en Pologne <lepuis l'entrée des troupes françaises, et qu'il excita les plus ^ives réclamations lorsque l'armée passant l'Oder voulut l'y introduire.

Il règne aujourd'hui la meilleure intelligence et la plus P^fedte harmonie entre l'armée et les peuples du duché de Varsovie, et il n'est pas douteux que ce bon accord ne fût

ahérëy si les officier» étaient aQtoriàes ù reclamer la table de leurs hôtes ; d*aiileur^, la tres-graïuie majorité ne pourraient jouir de cette ^Teor, pui:«4:|u'il.> >i>nt» en très-grande partie, ou casernes ou campes. Cependant, je dois appeler de nouveau la sollicitude de Votre Ahes:>e sur le sort des officiers en Pologne : leurs appointements sont éTÎdemment insuffisants pour subvenir à leurs besoins, attendu que tout est hors de prix dans ce pays. Sa Majesté rarait tellement senti elle-même, qu^elle avait bien voulu dccorder des frais de table pendant la guerre, époque à laquelle les officiers ont toujours beaucoup plus de latitude qu*en temps de paix.

J'ai rhonneur de prier Votre Altesse de voulov bien soumettre ces conditions à Sa Majesté.

PRINCE DE XEUFCHATEL, ETC

Varto%ie. 4 septembre 1807.

Monseigneur, j'ai Thonneur de rendre compte à Votre Altesse que la grande majorité des troupes françaises ou alliées qui doivent séjourner dans le duché de Varsovie, ont évacué le territoire prussien à Fépoque prescrite par la convention pour Texécution du traité de Tilsit.

M. le maréchal Soult, plénipotentiaire de Sa Majesté pour Texécution de la convention, m^ayant feit part des motifs qui le déterminent à prolonger son séjour sur le territoire prussien, et m'ayant toujours témoigné le désir de faire couvrir sa droite par une partie des troupes sous mes ordres, j'ai ordonné au général Lahoussaye d'occuper avec ses dragons Freystadt, Rosenberg, Bischoffswerder et Deutsch Eylau, et d'avoir des détachements à Osterode et Allenstein \

> Le mar''<!}ial Soiilt exr»cutiit les onirea qu'il avait reçus, de nVvacuer la Vieille» PruMo jiiflqn'n la Vi«tule que « lorsque reniier payement «les contnliutions, la lixation «les limites de Danzij; et Texôcutiou des différents articles du trait*'; auront en lieu » . L'exécution des conditions par les Pnxssieni ayant souff«Tt de» retards, Tévaruation se trouvait retardée d'autant.

La division saxonne continue à observer Graudenz, par suite de ia communication de M. le maréchal Soult.

La l" division du 3* corps occupe Varsovie.

,La 2* division est campée à Sochaczew.

La 3* division occupe Thorn, Bromberg et Wroklaweck.

La division de cavalerie légère du général Marulaz est cantonnée sur la Wartha, depuis Sieradz jusqu'à Uniejow.

La division de cavalerie légère du général Lasalle est répandue le long de la Pilica, depuis Rawa jusque dans la Nouvelle Silésie, dans les districts de Lelow et de Siewierz.

Le parc de réserve du corps d'armée est établi à Lenczica.

Deux régiments d'infanterie de la première légion polonaise occupent Varsovie, le 3* est à Pultusk et le 4* à Plock.

La cavalerie de cette légion est répartie sur la rive droite de la Vistule, un régiment dans le département de Plock et l'autre à Jablonna et Nowidwor.

La 2' légion polonaise est cantonnée à Kalisz et environs.

Enfin la 3* est répartie dans le département de Posen.

Lorsque la division de dragons du général Lahoussaye quittera le territoire prussien, un de ses régiments occupera le district de Culm, un autre celui de Nclz pour observer la frontière prussienne, un troisième sera cantonné à Gnesen; enfin le quatrième à Konin et Kolo, sur la Wartha.

Je fais observer les frontières russes et prussiennes du côté de Bialistock, Grodno, Olitta et Kauen, ainsi que du côté ^J'Augustowo, etc., par 300 et quelques cbevaux de la division du général Lasalle.

Je me propose de faire venir la division saxonne, en partie, à Varsovie et dans le département de Plock, lorsqu'elle quittera Graudenz.

! Varsovie, 14 septembre 1807.

Je dois vous faire connaître, mon cher maréchal, que le Commandant de mes troupes légères sur le bord du Niémen, ^^ns la partie de Neu Ost Preussen appartenant au duché

de Varsovie, m'a rendu compte que, le 6 de ce mois, plusieurs Cosaques aTaient passé le Niémen et s'étaient présentés chez le brigadier coounandant un poste à Balwier>kiy qu'ils avaient voulu visiter ses papiers, et enfin l'emmener sur la rive droite; que la veille, 5, une patrouille sortie du poste de Szapiesken, et passant vers les sept heures du soir vis-à-vis de la petite ville d^Alexten, avait essuyé quatre coups de carabine d'un poste de Cosaques établi sur la rive droite, et qu'enfin ces mêmes Cosaques, après ces voies de (ait, s'étaient répandus en invectives contre les troupes françaises ; j'ai aussitôt envoyé sur les lieux un officier supérieur pour vérifier les feits, et je Tai chargé, s'ils sont constants, d'en aller demander satisfaction à Tofficier général russe sous les ordres duquel se trouvent les postes dont on a eu à se plaindre.

Le» officiers que j'ai envoyés à Brzek, à Wilna et à Grodno ont vu différents camps russes; on peut en estimer la force de 60 à 80,000 hommes; ces officiers ont rencontré aussi beaucoup de convois de munitions se dirigeant sur ces camps.

Quelques rapports annoncent que les camps qui devaient être formés à Oscha et à Witepsk se rapprochent du Niémen.

Les propos des officiers russes, non-seulement inférieurs, mais encore supérieurs, sur le compte de leur estimable empereur, sont de la dernière indécence ' .

Deux officiers que j'ai envoyés à Cracovie et à Teschen n'ont vu que très-peu de troupes autrichiennes.

Dans la Galicie et la Moravie le nombre des troupes est porté à 15,000 hommes; les officiers autrichiens annonçaient que toutes les difficultés entre nos gouvernements étaient aplanies.

Je vous ai mandé, mon cher maréchal, que la suspension

* Tous ccfl propos et menaces qui circulaient dans Tarmée russe contre Tempereur Alexandre, et que le maréchal recueillait par les émissaires, revenaient à Napoléon, qui, sans doute sous Timpression de ce qu*il apprenait, écrivait le 28 septembre «\ Savary : « ...N'alarmez pas inutilement Tempercur Alexandre. Environné comme il Test de l'amour de ses sujets, il n'a rien à craindre, pour peu qu'il montre un peu de vigueur... m {Correspondanef de Napoléon, t. XVI, p. 54.)

d'armes entre la Russie et les Turcs avait été conclue le 24 août; on débite ici que cette suspension n'a pas été exécatéCy et que les Turcs ont recommencé les hostilités.

Skierniewîce, 21 septembre 1807.

Sire, je crois devoir faire connaître directement à Votre Majesté, indépendamment du compte que je rends plus en détail au major général, notre situation sous le rapport des services administratifs.

Vivres-pain.

Il y a dans les magasins et sur la Vistule de quoi faire subsister Tannée pendant prés d'un an; mais la navigation étant arrêtée par les basses eaux, on est obligé, depuis près d'un mois, de faire vivre les troupes de réquisitions qui ne s'exécutent qu'au jour le jour, et Ton a été obligé quelquefois de donner du biscuit. Au reste, la qualité du pain est bonne.

Vivres-viande,

M. rintendant général avait annoncé une quantité de ▼iande sur pied qui devait suffire à la consommation de six i&ois; mais la perte d'un grand nombre de bestiaux en route et le déficit considérable trouvé dans le poids de ceux qui sont arrivés, déficit constaté avec la plus grande exactitude, ^éduisent l'approvisionnement annoncé de plus de moitié : encore faudrait-il supposer, pour cela, que Tépizootie ne frappât pas nos troupeaux; mais depuis un mois elle fait les plus grands ravages. Ainsi nous allons nous trouver dans le plus grand embarras, et si M. Tintendant ne vient pas à notre secours, je ne prévois pas comment on pourra se tirer d'affaire vers la fin d'octobre.

Je ne dois pas dissimuler à Votre Majesté que quelles que soient les belles promesses que fait le gouvernement, promesses au surplus qui lui sont arrachées par l'urgence des

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