‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 6 sur 99 · COR UES POND ANGE · texte numérisé non relu

COR UES POND ANGE

demandes que la nécessité nous force à faire, je ne pense pas qu'il puisse nous procurer de quoi exister quinze jours. D'ailleurs, ce gouvernement n'a ni fonds, ni crédit, ni volonté. Il ne veut rien faire sans consulter le ministère du roi de Saxe, et il ne reçoit aucune réponse.

Je supplie Votre Majesté de prendre cet objet en considération, car je ne crois pas que nos ressources puissent nous mener au delà du 15 au 30 octobre.

Fourrage et chauffage.

Gomme les ressources existent dans le pays, on fera marcher ces services avec plus ou moins de difficultés.

Hôpitaux,

Il n'y a que des maladies ordinaires ; mais ils sont encore encombrés de soldats des autres corps d'armée qu'on n'a pu évacuer, parce que leur état ne l'a pas permis.

 Thorn, Posen, Bromberg, où il y a encore du vin dans les magasins, la situation des hôpitaux est passable. II n'en est pas de même à Varsovie. Le gouvernement français doit considérablement sur l'arriéré ; sur l'article seul des enterre* ments, il était dû 3,800 francs. Depuis le mois d'août, aucun fonds n'a été fait pour le service courant.

On ne peut donner le vin que comme médicament. On ne se le procure que par voie de réquisition. Il est de la plus mauvaise qualité, ainsi que la bière. On est obligé aussi de se procurer des médicaments par réquisition, ceux qu'on attend de Thorn par la Vistule n'étant pas encore arrivés.

Équipages militaires.

J'ai envoyé tout récemment à Son Altesse le vice-connétable * un rapport particulier à cet égard. II manque des

' Ce titre de vicis-connctable venait <]*être donne à Bertliicr peu après la rentrée de TEmpereur. Napoléon avait adressé, le 14 août, au Sénat, un message par lequel il annonçait qu'il avait nomme vice-grand électeur le prince de Bénévent, qui, en devenant grand dignitaire de l'Empire, allait cesser d'être ministre des affaires étrangères, et être remplacé par M. de Ghampagny.' L'Empereur ajoutait : « Noua avons nommé vice-connétable notre cousin, le

DU MARÉCHAL DAVOUT. — 1807. 5i

lommes, des chevaux et de l'argent pour organiser ce bataiU oa : jusque-là on en tirera peu de parti.

Transports par eau.

Il y a sur la Vistule plus de iOO bâtiments chargés de vins ^ins, farine, etc., pour Varsovie. Les eaux basses, le début de fonds et le manque de bonne volonté des autorités situées sur la Vistule, en ont jusqu'ici empêché l'arrivage, quoiqu'il ait été envoyé des officiers d'état-major et des détachements de troupes pour l'accélérer.

Il n'y a pas de fonds, et l'on ne parle pas d'en faire, quelles que soient mes réclamations à cet égard.

Transports par terre.

Le transport de l'artillerie et des caissons que l'on cède au duché de Varsovie, en consomme une grande quantité. Les besoins journaliers pour la subsistance des troupes en exigent encore un plus grand nombre, ce qui empêche les semailles de se faire, et ce qui a même ôté la possibilité d'achever la récolte. On voit des champs encore couverts d'avoine qui sera vraisemblablement perdue.

Il n'y a rien d'exagéré, Sire, dans ces rapports ; l'avenir ne pourra être que pire,si Votre Majesténevientpasànotresecours.

Skiemiewice, 31 septembre 1807.

Sire, j'ai fait connaître à Votre Majesté que les approviflonnements en munitions d'infanterie, qu'on nous a laissés, étaient insuffisants et calculés sur des bases inexactes.

prince de Neofcliâtel. En Tclevant à cette haute dif^nité, nous avons touIu recoimaître ton attachement à notre personne et les services réels qu*il nous à readot dans toutes les circonstances par son zèle et ses talents. » (Carres^ p0mdanee de Napoléon^ t, XV, p. 495.) Berthicr, {gardant toujours son poste de major général, allait cesser, lu! aussi, d*ètre ministre de la guerre, et être reaplacé à ce titre par le général Glarke, qui était resté gouverneur de Berlin peadaDt la campagne de Pologne.

Poar ne point me repéter à Votre Majetîté^ je me bornerai à lui dire que, malgré tontes les réclamations <pie j'ai &iteSy je n^ai reço aucune annonce (ïun envoi de munitions de cette espèce.

J'ai réclamé aussi que Ton mit quelques tbnds à la dispositioa de l'artillerie pour les réparations journalières. U n*y a encore rien de déterminé à cet égard.

;rr5. — AD MAJOR GÉNÉRAL DE LA GaA5DE ARMÉE.

PRCICE DE 3SaFCHATEJU ETC.

Skiermewtcc; 21 «cptonthr* 1891.

Monseigneur, j^ai Thonneor de làire coonaitre à Yotre Ahesse la position des troupes sous mes ordres.

La 1** diTÎsion est à Varsovie.

La â* est campée à Socfaaczew. A la lin de ce mois^ le camp sera levé, 2 régiments iront à Varsovie^ 3 régiments seront cantonnés à deu.\ marches au plus de distance.

La 3* division est à Thom^ Bromberg et Wroklaweck.

La cavalerie légère du général Marulaz est sur la Wartha.

La division de dragons du général Lahoussave est à Bischofwerder, ^feumark, Osterode et Allenslein.

La division de hussards du général Lasalle est sur la Pilica, depuis Varsovie jusques et compris la 2fonvelle Silésie. 400 chevaux de cette division sont répartis dans le Neu Ost Preussea pour observer les firontières russes, prussiennes et autrichiennes.

La division de Saxons du général Polenz esl devant Graudenz.

La 1** division polonaise a â régiments d^infanterie à Var-^ itovie, 1 régiment à Puitusk et à Sierock, 1 à Modlin et Plock, 1 régiment de cavalerie dans le Neu Ost Preussen, un autre du c6té de Modlin.

La division du général Zayoncheck est cantonnée dans le département de Kalisz.

La division du général Dombrowski et la légion du Nord flont cantonnées dans le département de Posen.

Le parc est à Lenczica.

Skierniewice, 21 septembre 1807.

Sire, à mon arrivée dans le duché de Varsovie, j*ai fait connaître à Votre Majesté la situation des places, et je Tai informée que tous les travaux étaient suspendus en vertu d'un ordre du major général, et qu'il n'y avait pas de fonds pour les reprendre.

Son Altesse le vice-connétable m'ayant écrit que c'était au gouvernement polonais à fournir les fonds nécessaires, quoique ce gouvernement soit sans argent et sans crédit, et que son armée ait un arriéré qui augmente tous les jours, jVo ai obtenu, à force d'instances, l'assignation d'un fonds destiné à la continuation des travaux, dont j'ai l'honneur de mettre la situation sous les yeux de Votre Majesté.

Praga*

Il y a dix sonnettes en activité pour faire les brise-glaces du pont. Cet ouvrage avance : le moisage des piles est terminé. J'espère que les brise-glaces seront achevés avant la mauvaise saison.

On travaille avec activité au corps de la tête de pont. On y ^t un casernement pour 1,000 hommes et un magasin à poudre. On construit des corps de garde dans les différents ouvrages du camp retranché qui sont achevés.

Sicrock,

On répare une partie d'un bastion qui s'était écroulé. On ^vaille aussi à élargir le pont et à y faire des brise-glaces.

Modlin.

On travaille à faire des brise-glaces pour la partie du pont qui est sur pilotis.

Thorn,

Les travaux pour mettre cette place à l'abri d'un coup de main sont entrepris et poussés avec activité. On va s'occuper de% brise-glaces.

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II paraîtrait par les rapports du général Rozniecki, qu revient de la Galicie, et par ceux de Tadjudant commandai) Romœuf, que les travaux de Praga donnent des inquiétude aux Autrichiens. Au surplus, ils s'inquiètent facilement.

Skieruiewice, 22 septembre 1807.

Sire, Votre Majesté est informée que la première légion di Nord ayant opté pour le service polonais, est entrée dans 1( duché de Varsovie; je Tai cantonnée dans les environs d< Posen.

Cette légion réclame quatre mois de solde qui lui sont dus, depuis le moment de sa formation à Landau, jusqu'à son départ pour l'armée. 11 lui est dû, en outre, la solde du moi) d'août et le mois courant.

Le gouvernement demande si c'est à lui à acquitter cet arriéré qui ajouterait à ses embarras, puisqu'il ne peut pas même payer la solde courante de ses troupes.

L'habillement, l'équipement et l'armement de ce corps sont loin d'être complets.

Je vais en faire passer une revue de rigueur que j'aurai l'honneur d'adresser à Votre Majesté.

Les deux tiers au moins des officiers et sous-officiers de cette légion sont Français et demandent à rester au service de Votre Majesté; ils la supplient avec instance de prononcer sur leur sort.

Skierniewice, 22 «eptcmbre 1807.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté deux rapports de l'adjudant commandant Romœuf que j'avais envoyi en Galicie, pour vérifier l'exactitude des bruits répandus sui l'arrivée d'un grand nombre de troupes autrichiennes dans h

pays. J'envoie également un rapport du général Rozniecki, inspecteur de la cavalerie polonaise, auquel j'avais permis d aller passer quinze jours en Galicie, pour s'y marier.

Je joins ici un résumé des différents rapports que j'ai reçus sur l'établissement des camps russes, tant par des officiers français qui reviennent des prisons russes, que par ceux que j'ai envoyés sur les lieux.

Si j'osais énoncer une opinion sur ce rassemblement de troupes, ce serait celle que l'on attend l'issue des événements de Copenhague.

S'ils tournent suivant les vœux formés par les partisans des Anglais, l'empereur Alexandre, que j'ai lieu de croire de bonne foi, surtout par la correspondance du général Savary, courrait beaucoup de dangers, et, de manière ou d'autre, les affaires du Nord se brouilleraient de nouveau, quoique les troupes russes soient dans un pitoyable état.

Des personnes qui prétendent avoir de bonnes relations à Vienne assurent que les opinions de l'archiduc Charles, depuis la mort de l'Impératrice, sont à la guerre.

Les réunions de troupes qui avaient lieu même avant notre vrivée à Varsovie m'ont fait prendre le paili de ne pas trop disséminer celles dont Votre Majesté m'a confié le com- Qiandement.

La !'• et la 2* division peuvent être réunies dans vingt- <iuatre heures, ainsi que 7 à 8,000 hommes de troupes polonaises.

La division du général Gudin est dans les environs de Thom.

Les divisions des généraux Zayonchek et Dombrowski sont i Posen et à Ralisz.

La légion du Nord, forte de 2,000 hommes, est à Posen.

La cavalerie légère du général Marulaz est sur la Wartha.

La cavalerie légère du général Lasalle est sur la Pilica.

Les dragons du général Lahoussaye sont dans la Vieille Prusse, occupant Osterode, AUenstein, Neidenburg, Soldau et Willenberg.

Votre Majesté m'a mandé qu'elle conservait à sa solde la légion polaco-italienne, qui est en Silésie; mais j'ai appris ces

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jours-ci que le maréchal Mortier Tayant réunie pour coi sulter son vœu, elle avait demandé à rentrer en Pologn ainsi que le régiment de lanciers. J^ai, en conséquence, crainte qu'incessamment elle ne vienne ici et ne soit à charge de ce gouvernement qui déjà ne peut parvenir solder les troupes qu'il a ' . Chaque jour ajoute à Tarriéré i ses troupes, ce qui commence à produire un mauvais e£F€ car, sous ce prétexte, les troupes polonaises commencent éprouver de la désertion, et Ton a remarqué que depuis qu'el a lieu, celle des troupes autrichiennes a beaucoup diminué.

Il serait difficile de donner une idée de Tétat de désorgan sation de ce pays. Non-seulement les Chambres, mais mén: les simples commissions ne sont pas subordonnées. II règi un arbitraire qui donne lieu à des exactions qui finiront p être portées au comble et par devenir insupportables.

Il n'y a aucune espèce d'organisation dans les différen

I Le 13 octobre, Napoléon, repondant à cctie lettre et k quelques autn en même temps peut-être qu'à l'esprit général de la correspondance i maréchal, lai écrivait de Fontainebleau : « Mon cousin, j*ai reçu vos lettres La lé{pon polaco>itaIienne et le régiment des lanciers ne doivent pas resi au service de Pologne; ils passent au service du roi de Westphalie. Je le ai déjà donné Tordre de se rendre à Magdebourg. Il faut que le gouvem ment polonais leur fasse comprendre qu*il ne peut les prendre à son servi parce qu*il ne peut pas les payer; qu'il ne peut pas même payer la légi( du Nord, tandis que j'aurais pu la prendre à ma solde.

« J*ai accordé à madame Sulkowska une pension de 6,000 francs. J' ordonné à M. Ëstèvc de lui en envoyer le brevet et de la lui faire toucb exactement.

M Les bruits de guerre avec rAutriche sont absurdes. Vous devez ten constamment le langage le plus pacifique. Le mot de guerre ne doit jama sortir de votre bouche ; tous devez bien accueillir les officiers autrichiens.

« Vos approvisionnements d'infanterie me paraissent suffisants. Il n'y idée de guerre avec personne. Quant aux réparations pour rartillerie, i' ordonné qu'il vous fut accordé des fonds. Je dois avoir de grands magasii de vins et d'autres objets ; il faut veiller à ce qu'ils ne soient point gaspillé et que, si l'armée évacue avant qu'ils soient consommés, vous vous en fassii rendre compte.

« J'ai donné ordre que la solde vous fut payée exactement, et qu'une grat fication fût accordée à vos officiers. » (Correspondance de Napoléon, t. XVI p. 85-86.)

Madame Sulkowska, dont il est question dans cette lettre, était la venf de l'aide de camp Sulkowski, tue en Egypte, et sa position digne d'intéré avait été signalée k l'Empereur par le maréchal Davout.

ministères. On ne pourrait croire tout ce qu'il serait possible de dire à cet égard, sans s'écarter de la plus rigoureuse vérité. II n'y a pas dans le gouvernement ce qu'on peut appeler des malintentionnés, mais il n'y a pas de caractère. Une caricature qui court dans le public représente les membres da gouvernement sous différents costumes, mais tous sans tète. Plus on a de relations avec eux, plus on se persuade que cette peinture est exacte.

Le président est un homme respectable par ses vertus et sa probité, mais il baisse tous les jours.

Ce qui rend cette position extrêmement pénible, c'est le système qu'ils ont adopté depuis leur retour de Dresde, de ne rien faire. Lorsqu'ils sont pressés, ils déclarent qu'ils vont prendre les ordres du roi de Saxe. Jusqu'ici ils paraissent nen avoir reçu d'autres que celui de ne point publier la constitution, et il a fallu que, d'autorité, le résident la fit imprimer dans les journaux du pays.

On annonce que le roi de Saxe est invité à venir. Il a fait écrire qu'il arriverait dans peu, mais on croit qu'il cherchera à gagner du temps.

La remise du duché de Varsovie n'est pas encore faite. C'est surtout sous le rapport des subsistances que cet état de désorganisation devient dangereux. Le ministre de l'inté^ rieur donne les promesses les plus fortes, et non-seulement jamais elles ne se réalisent, mais souvent on découvre qu'il n'a rien essayé, ni rien ordonné pour leur exécution. Ses conseillers étaient des hommes dangereux sous tous les rapports; il a été obligé de s'en défaire : il a pris à leur place des hommes nuls, ce qui aura le même résultat.

Si une guerre survenait, de grands changements deviendraient indispensablement nécessaires.

Dans tous les cas, ce pays a besoin d'une prompte organi- ^tion et qu'on y envoie des hommes capables de la faire dans l'esprit de la constitution.

J'ai cru devoir entrer dans tous ces détails et faire connaître i Votre Majesté comment je juge les choses dans ce pays. II p6ut se faire que je les voie trop en noir, peut-être parce que

les difficultés qu'elles présentent sont au-dessus dé mej Avant d'arriver ici, j'en ai eu la crainte, et chaque j augmente; mais ici comme dans toutes les occasions, ce qui dépendra de moi pour remplir vos volontés ' .

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