‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 94 sur 99 · II · texte numérisé non relu

II

LinU, 6 mai 1809, trois heures et demie après midi.

Sire, j'espère que le pont de Lintz pourra être rétabli aprèsdemain. J'ai beaucoup de bateaux qui suffiraient, en cas de besoin, pour passer et repasser beaucoup de monde : d'ailleurs les troupes qui sont sur la rive {jauche pourraient, si elles étaient forcées, en se retirant dans les malsons, y tenir le temps nécessîiire pour effectuer leur embarquement.

La tète de pont, à laquelle on travaille, sera bien insi^ifiante, étant dominée, à portée de fusil, par des bauteurs qu'on ne peut occuper à cause du grand développement qu'elles exigeraient.

Je n'ai rien de positif sur la marcbe du prince Charles. Il semblerait, par deux pièces trouvées cliez un bailli et que j'ai adressées ce matin à Votre Majesté, qu'il n'était pas encore à Budweis le 2.

J'attends des renseignements plus positifs du major Ameil.

Lorsque le général Montbrun sera arrivé, je ferai passer quelque cavalerie et infanterie françaises sur la rive gauche. C'est le seul moyen d'apprendre quelque chose de certain.

J'adresse à Votre Majesté une lettre que je reçois de M. de Tournon, intendant de Bayreuth'.

d'avoir des rcnscif^ncineiiti sur ce que fait ]c prince Charles. Le duc dr' Montchello a passé hier Slcy<*r; vc matin, le corps d'Oudinot et une division du duc de Rivoli ont pnssé l'Enns ici; tout cela va se réunir a Amstrlten. Le mouvcuipnt qu*ont fait l'archiduc Louis et le (général Miller sur Lint/. dans la journée du 3, fait penser qu'ils espéraient se joindre là avec l'archi- «lue Charles. Un général-major qui a été fait prisonnier par le général Vandanime, et qui commandait la landwchr de Roh^mc, m*a dit ce matin qu'A était sous les ordres du général Klenau, mais qu'il avait reçu l'ordre de l'étatmajor de passer sous ceux du général Fliller. Tout cela fait supposer que If prince Charles espérait d'ahord se réunir à Lintz. Selon les renseignement;' que vous m'avez envoyés, il m'a paru que le prince Charles ne pouvait [M* être sur Lintz avant le 0 ou le 7. Je suppose qu'il aura pris aujourd'hoi b direction de Rrems ou de Vienne. » (Correspondance de Napoléon y t. XVIIÏ, p. 537.)

* L'Empereur au maréchal Davout, — • Enns, 6 mai 1809, dix heorw du :î()ir. Mon Cousin, je reçoi.-» votre lettre du 6 mai, à une heure après midi. Le> «lues de Montebelio et d'istrie ont passé l'Ips et l'Erlaf. On a fait 500 pri

PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC

Au quariier général à Linlz, 7 mai 1809.

Monseigneur, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse Sérénissime copie de la lettre que j'ai fait écrire par mon chef d'état-major à la régence de la Haute- Au triche pour l'exécution des ordres de l'Empereur concernant l'organisation de cette province et la mise sous le séquestre des caisses publiques et des magasins et effets appartenant au gouvernement autrichien ou à son armée.

J'aurais dû, pour remplir les intentions de Sa Majesté, nommer une commission administrative; mais manquant absolument de renseignements sur les personnes dont j'aurais pu les composer, j'ai cru qu'il était plus simple de confirmer provisoirement la régence dans ses fonctions.

Je pense que pour assurer une bonne police et une bonne administration, il serait convenable de nommer un gouverneur et un intendant de province, comme cela a été pratiqué dans les pays conquis, pendant les dernières campagnes.

Je soumets cette idée à Votre Altesse, afin de la mettre à même de prendre les ordres de Sa Majesté à cet égaixl, si elle le juge à propos.

sonniers; Tannée ennemie se sauve dans le plus grand désordre. Nous serons demain k Mœlk. Faites filer vos 300,000 rations de pain en trois convois d<> 100,000 rations chacun. Mettez des hommes intelligents a la t^te de chaque conroi. Ordonnez-leur de ne jamais aborder sur la rive gauche, mais toujours sur la rive droite. Que le premier convoi vienne aborder au village d*Ips^ près Tembouchure de la rivière de ce nom, d'où on lui donnera l'ordre de continaer sur Mœlk, selon les circonstmces. Le deuxième convoi peut aborder plus loin et se faire avertir par le premier s'il peut avancer. Indépendamment de l'avantage d'avoir du pain, nous aurons celui de pouvoir faire im pont à Rrems avec ces bateaux, ce qui est d'une grande importance.

■ J'avais fait préparer, dans la campagne dernière, unetètedcpontàLintz. Cette tête de pont doit être une espèce de camp retranché, où 10,000 hommes paissent se défendre contre une force triple ou quadruple, avec un réduit. Faitetf-y travailler avec la plus grande activité ; c'est extrêmement important. Etre dominé n'est rien; le principal est de donner le temps à des troupes d'arriver et de déboucher par là, ou à ceux qui défendent le pont, de se retirer et de le brûler. » (Correspondance de Napoléon, t. XVII I, p. 539.)

Informé qu'il existe dans le pays beaucoup de trafnards qui se livrent à toute espèce de désordres, je viens d'ordonner la formation de colonnes mobiles, composées des hommes htgués du corps d'armée, pour arrêter et rechercher ces traînards, et livrer à des commissions militaires ceux qui seraient arrêtés en flagrant délit, comme pillards et assassins.

Ces colonnes mobiles concourront, avec les gardes bourgeoises des cbefs-lieux de cercles, au maintien du l)on ordre, et seront aidées par celles-ci pour l'arrestation des traînards.

Je prends des précautions pour que des gardes bourgeoises ne mettent dans aucun cas l'esprit de passion à la place de celui de tranquillité et de bon ordre dont elles doivent être animées : elles ne pourront jamais exercer leur action sur nos soldats, que sur la réquisition expresse du commandant da détachement français qui agira avec elles.

J'espère, d'après les précautions que j'ai prises, qu'elles ne pourront rendre que de bons services.

Les commandants des colonnes mobiles seront chargés de requérir les autorités locales de faire abattre les armes autri« chiennes partout où elles se trouveront, et de veiller à l'exécution de cette mesure, dont je recommanderai aussi la surveillance au commandant de la gendarmerie.

Lintz, 7 mai 1809, une hcare après midi.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté un rapport sur des magasins de grains que les Autrichiens paraissent avoir fait établir, pour leur compte, dans différentes villes de Bavière, situées sur le Danube, depuis Ulm jusqu'à Passau.

Je donne provisoirement l'ordre au général Dupas de faire faire à Passau la recherche de ces dépôts de grains et de faire verser ce qui s'y trouvera dans les magasins de l'armée, sauf à décider s'ils sont propriété de l'ennemi ou des particuliers.

Liotz, 7 mai 1809, neuf heures et demie du soir^

Sire, j'ai Thonneur d'adresser à Votre Majesté des rapports <{ui me paraissent bien extraordinaires, du major Ameil.

La conduite de l'archiduc Charles ne peut s'expliquer, il a l'air de se barricader en Bohême; suivant les rapports du colonel du 1 1* de chasseurs qui est à Cham, il y a un corps à Klattau. Il y en a, ce qui au reste est dans l'ordre, vis-à-vis Lintz.

Les reconnaissances du général Yandamme en ont reconnu ce matin entre Ottensheim et Helmanfeld, et prés de Galneukirchen.

Le général Yandamme y a envoyé ce soir un régiment de cavalerie de 5 à 600 chevaux et 1,000 à 1,200 hommes d'infanterie sur Freystadt pour avoir des nouvelles et pour reconnaître les forces de l'ennemi.

Tantôt l'avant-garde de cette colonne avait rencontré Ten-

* L*£inpercar au maréchal Davout. — « Enns, 7 mai 1809, dix heures du matin. Mon cousin, je pars à l'instant pour porter mon quartier général à Mœlk, où je suppose qu*est arrivé le duc de Montcbcllo. Le duc de Rivoli est à Amstctten, où sera aujourd'hui ma garde. Le grand quartier général est à Strenberg. Envoyez aujourd'hui une division occuper Enns. Je vous ai mandé de faire filer vos convois sur Ips, Wallsee et Mœlk. Dans chacun de ces endroits il y aura un commandant français, de l'infanterie, de la cavalerie et de rartillerîe. J'ai nommé le général Puthod pour commander la province de Linu. Traitez bien le général Yandamme et ne vous disputez pas. L'empereur d'Autriche doit avçir dit, il y a peu de jours, à Amstetten, à la députation de Lintz, qu'il était certain que le général Hiller tiendrait trois jours; ce qui me fait supposer qu'aujourd'hui 7, ou demain 8, le prince Charles doit arriver sur Lintz. S'il se présente en force, je n'ai pas besoin de vous dire que TOUS devez brûler le pont, et vous m'en rendrez compte; mais je suppose ipi'il se dirige sur Krems, où j'espère que vous arriverez avant lui. J'espère avoir assez de bateaux pour jeter là un pont; et peut-être me déciderai-je ilors à manœuvrer sur les deux rives. J'attends de vos nouvelles avec impatience. Tenez-vous prêt u partir à tout moment pour venir en deux jours à Mœlk. Peut-être serait-ce une bonne précaution de placer votre seconde dirision entre Ebelsberg et Lintz, de manière que, recevant l'ordre de partir dans la nuit, vos trois divisions puissent se mettre en marche à la fois. J'espère recevoir avant minuit de vos nouvelles. » (^Correspondance de Napoléon, t. XVIII, p. 541.)

omm a nri^ liene **t ^ieoue «»n svant «ie > j;i IntMi k i rrfajen ; FenaatiKki me paraissait pair tenir.

Xii Tfify.i la L«»ttr'» lie V.jtrc Xajesté -pii ai'ord«>iiii« d'envoyer nni^ div:5iioa a Eon:) ; eCe d»M y être arrivée m.>inf .Mirant

La ^itxïÂTkl Xoacbnm i'ett porté avec -«a cavalerie eut:? Enn!) et Luit y.

J<» n'ai Élit bire ancnn m^^aTemeni aux dirigions Morand et Pria rit, en ral"*OQ iea rapp«jrt^ <juî p^a^ent Éûre ^appor^^fr farchlànc Charles anx enTÎroQ» de Lintz. et d'ailleor» la dÎTWon Frisknt anrait bt«^nCôC rejoint la dixision Gadin, poisqn'oa marche *nr ane ^4»nle^ roate.

En catii dVvén«ment. t-js ordres ^ront exécuté?, le pont •eraît hrilé apr^r:* avoir retiré le» troape* qui éoni sur la rive ;^nch^i maU îl n'y a pas d'apparence qu'on soit oblijé d'eo venir a cette eitrémîté.

L^i querelles doct parle Votre Majesté n'ont pas été de iongrue dorée.

LÎBtz, 8 mai 1909, à «pâtre heora da soir.

Sire, je n'^ai pas reçu de rapports du major Ameil, ni du côté de PassaUy depuis la lettre que j*ai écrite à Votre Majesté hier au soir.

Les fortes reconnaissances que le général Vandamme a £ait pousser sur Neumarck ayant donné des inquiétudes à rennemi, celui-ci s^est retiré à Freystadt. Ce matin, on n^a aperçu que quelques escadrons ennemis, mais point d*infanterie ; cependant il V en a.

Les déserteurs et prisonniers que j'ai fait interroger sontde'î régiments deLindenau, RIebeck et Jordis; ils ne paraissent pas faire partie des bataillons de guerre, mais des compagnies àe réserve.

Je suis trés-tranquille sur Lintz. Il faudrait beaucoup de temps à Tennemi pour faire les dispositions nécessaires pour

ter nos troupes sur la rive droite ; d'ailleurs toutes les dispo- Lions sont prises pour, si cet événement arrivait, incendier pont qui sera fini ce soir.

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