Lettre n» XIII
INTRODUCTION
satisfaction aux députés messinois à la cour', se coufondit en témoignages de reconnaissance et ne rêva que de voler au secours de « cette pauvre ville » de Messine- et « d'ajouter à la conquête du Rliin celle d'un royaume qui rendrait pour ainsi dire tributaire toute l'Italie' ». Il demandait donc de la cavalerie, de l'infanterie, des munitions en quantité et du matériel de siège, enfin un intendant et un munitionnaire.
Or, le roi s'était laissé persuader que, si son armée navale sous les ordres de Vivonne parvenait à chasser les Espagnols des cotes de Sicile, non seulement Messine serait aisément ravitaillée, mais que la seule vue d'une escadre « aussi puissante et composée d'aussi bons vaisseaux » suffirait à déterminer le soulèvement du plus grand nombre des villes siciliennes, peut-être même celui du royaume de Naples^. Toutefois, Louis XIV n'entendait faire aucun effort particulier pour conquérir la Sicile et le royaume de Naples au cas où l'espoir de voir les populations de ces contrées se donner à lui serait déçu. « Il n'est pas question d'une guerre de campagne », écrivait Seignelay le 18 janvier-'. Le secours envoyé à Messine « n'est pas à autre intention que de garderies cliàteaux de la dite ville et de faire retirer l'armée navale d'Espagne qui est à présent dans les mers de Sicile », et Vivonne se vit refuser la cavalerie, les mortiers, tous les sacs à terre et munitions qu'il avait sollicités.
1. Voir p. 2(1, note I, et p. 58, note I. Sur le désir des Siciliens d'avoir un roi, voir aussi [i. \të. 170, noie.