Lettre n» XXXVH
XVI INTRODUCTION
Vivonne mit h la voile le 29 janvier 1675 à Toulon, dut relàciier aux îles d'Hyères, et ne parvint à Messine que le 12 février'. A peine débarqué, il réclama avec une nouvelle insistance et en connaissance de cause G 000 hommes d'infanterie, une brigade de cavalerie, de l'argent pour payer les troupes et du blé pour la ville, représentant au roi que la porte de la Sicile lui était ouverte et que la conquête de ce beau royaume ne pouvait manquer pourvu qu'il voulût la soutenir avec application. Il faisait même pré^•oir que la chute du royaume de Naples et celle de la Sardaigne ne tarderaient pas à s'ensuivre'^. Quel avantage le roi n'en retirerait-il pas? Il serait maître d'un magnifique royaumo, maître du commerce dans la Méditerranée, maître enfin de la Barbarie? Au cas où, au contraire, le roi n'accorderait pas le secours demandé, Vivonne déclarait hautement qu'il ne retirerait de son intervention à Messine ni profit ni honneur, et qu'il valait mieux abandonner l'entreprise en lui envoyant sans tarder l'ordre de se retirer.
Louis XIV était déjà résolu à envoyer à Messine ce qu'il appelait « un secours considérable'' ». La lettre de Vivonne l'engagea à ordonner le départ immédiat de 3400 hommes des meilleurs régiments d'infanterie, 350 cavaliers et 400 dragons, sans parler des 6000 charges de blé pour Messine. Quant à l'intendant, il n'était autre que le cousin germain du grand ministre, Colbert deTerron, le fondateur de Rochefort '• .
Louis XIV était, en effet, de plus en plus pénétré de
1. Sur le combal du Stromboli livré en cours dn route <à la floue espagnole, cf. la lettre n» XL et Ch. de la Koncière, Histoire de la marine française, t. V, p. <i03 et suiv.