‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 130 sur 171 · DXXIX · texte numérisé non relu

DXXIX

Lk duc uk Vivonne au duc d'Estrées.

Messinu, 9 juin 1G77.

Vivonne féliriie le duc d'Eslrées de la victoire remportée aux Indes occidenlaies par son frère, le coinle d'Estrées ' .

« L'action ne sauroil iMre plus belle dans toutes ses circonstances ni plus complète de toute manière. Je suis persuadé aussi que le Roi ne laissera pas un si grand service sans l'honneur d'une récompense considérable et proportionnée au grand mérite de M. votre frère. »

« J'écris h M. de Manse les raisons pour lesquelles les galères qui sont ici ne sont pas encore parties pour l'aller joindre'-. L'arrivée de M. Du Quesne avec tout le convoi composé de cinquante voiles en est la cause, n'ayant pas

1. Le ciiiulc Jean d'Estrées, né en 1028, servit d'abord dans rarnicu de terre; il fut nommé maréchal de camp en 1649 et lieutenant général en 1G55. En 1(568, le roi, voulant « rétablir sa marine », le choisit corarae lieutenant général des armées navales. Il devint vicc-arairal en 1669. En février 1677, il quitta la Martinique, où il se trouvait, pour aller combattre la (lotte hollandaise (ju'il rencontra et battit à Tabago le 23 février (voir, sur toute cette expédition, Ch. de la Roncière, histoire de la marine française, t. V, p. 652 cl suiv.). Il devint maréchal de France en 1681, vice-roi de l'Amérique en 1686 et chevalier des ordres en 1688. Il mourut en 1707.

2. Vivonne expliquait en effet à Manse que le carénage des galères n'était pas achevé et qu'elles attendaient l'arrivée du convoi conduit par Du Quesne. Ce convoi était à la hauteur de ïaormina et comptait environ soixante-dix voiles. Dés qu'il sera à Messine, disait-il, les galères partiront. Il est prudent d'attendre jusque-là [Minute : Uibl. nat., l'r. 8033, fol. 213; Ms. de l'oliguac, année 1011, n° 170).

voulu exposer beaucoup de bâtiments qui le composent au hasard d'être pris par les galères des ennemis, ce qui auroit pu arriver facilement si le Phare et le port de Messine s'étoienl trouvés privés de nos galères <lans le temps qu'un si grand nombre de bâtinienls seroient arrivés.

« Il y a quelques jours que je fus à Taormina pour voir l'état de la place et examiner la manière dont on le peut fortifier pour la garder avec une moindre garnison que celle qui y est. Je menai avec moi le régiment des Suisses pour le laisser en garnison au dit lieu jusqu'à la campagne et ramenai ici toute la garnison françoise qui y a demeuré depuis que cette ville est dans la possession du roi. Par ce moyen j'ai fait deux choses utiles, l'une que j'ai tiré de Messine des troupes qui y feroient quelques petits désordres, et l'autre qu'en ramenant ici les François je donnai moyen au.x officiers d'habiller et raccomoder leurs compagnies pour être en état de mieux faire la campagne. J'ai mené aussi avec moi toute la cavalerie parce que, y ayant un excellent pâturage auprès de Taormina, ce qui nous manquoit ici aux environs de Messine, j'ai donné lieu aux cavaliers de remettre leurs chevaux en les rafraîchissant par de bonnes herbes. C'est, Monsieur, tout ce qu'il y a de nouveau dans ce pays; à quoi, n'ayant rien h ajouter, je finirai en vous prolestant de nouveau que je suis le véritable... « — {Minute : Bibi. nat., Fr. 8033, fol. 210; Ms. de Polignac, année 1611, n" 169.)

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