‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 132 sur 171 · DXXXI · texte numérisé non relu

DXXXI

La Villedieu au duc de Vivonxe.

[Taormina,] 10 juin 1677.

La Viilediou rend compte du transport de canons à Mola et de ses négociations à l'égard des agents qu'il se ménage dans le pays ennemi des environs. — (Ms. de Polignac, année IGll, n» 173.)

Suivant vos ordres. Monseigneur, notre cavalerie décampera avec les dragons pour prendre la route que vous ordonnerez. Toute riiilanterie qui étoit ici depuis longtemps en garnison comme aussi celle de Mola, à

d'Arnoul à Seignelay, du il mai l(î77 (Bibl. nat., nouv. acq. fr. 21323, fol. '»79), et Jal, op. cit., t. II, p. 301.

la rt'serve de la compEignie du sieur Duchesne, suivra la cavalerie. Mais trouvez bon que je vous dise, Monseigneur, que vous avez oublié de mander quelque chose comme vous l'aviez dit sur le chapitre du major qui demeure ici, n'ayant aucun ordre d'en partir et y étant major pourvu par brevet de vous. Cependant sa compagnie part avec le reste. Le major du régiment de Stoppa dit qu'il ne demeurera point ici si l'autre y demeure. Vous aurez la bonté, s'il vous plaît, d'ordonner sur cela et de foire écrire, s'il vous plaît, vous môme au sieur de Bombelle ce que vous aurez résolu. Vous serez, je m'assure, content de moi, Monseigneur, quand vous apprendrez que les six pièces de canon que vous avez fait apporter ici sont à l'heure qu'il est au pied du degré de Mola. Demain et après demain j'espère les faire entrer dans la place, après quoi, j'y ferai conduire, s'il est possible, les deux pièces de 1 8 fjui sont aux Dominicains, mais je crains ((u'elles nous donneront bien de la peine *. L'on pourra vous

1. Hisser depuis la mer jusqu'à Taorraina, puis jusqu'à Mola, huit pièces de canon par des sentiers de montagne étroits et des plus escarpés, c'était en effet un travail à peine possible. A ce sujet, La Villedieu écrivait à Louvois, le 30 juin 1677 : « Il [Vivonne] ordonna de même temps qu'on fit monter six pièces de canon à Mola, qu'il fit laisser en bas au bord de la mer, dont il y a deux pièces de 18 et les autres quatre de 10 et de 8. Cela a été exécuté depuis son départ avec bien de la peine, à force d'hommes et de machines. Il a fallu les faire passer par de terribles endroits. L'on a aussi destiné deux autres pièces pour le château qui est au-dessous de Mola et au-dessus de cette ville. L'on doit nous l'envoyer au premier jour. Ce canon dans Mola et dans le château est à mon gré la meilleure forlificalion qu'on puisse faire ici. Il ne sera pas possilile que les ennemis, quand même on tournrroil d'un autre

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dire avec quelle application j'ai travaillé moi même à ce qui s'est l'ait sans (luoi nous n'en serions jamais venus à bout.

Los Suisses étoient iorl mutinés; ils se sont mis à la raison quand ils ont vu (jue je les laissois là pour nous servir de nos soldats franrois. J'espère que dans trois ou quatre jours la chose [sera] bien avancée, mais il en coûtera beaucoup plus que nous n'avions comi.té. M. l'intendant en partant d'ici avoit fort promis de nous envoyer promplement une ancre et des câbles, mais il ne nous paroît pas (ju'il y ait sonj^é depuis, cependant nous serons Tort embarrassés pour nos pièces de 1 8 .

Je crois aussi (jue vous serez bien aise d'apprendre (|ue je suis dans im -raiid commei'ce avec don Pietro l'aolino, (jui veut se donner à nous. Il m'a déjà écrit deux lois. Je viens de recevoir sa dernière lettre par où il mande qu'il veut être assuré de votre parole et de (luelque chose de réel et de positif. Je lui mande de me faire savoir à peu près cjuelles sont ses intentions, afin ([u'on puisse voir de quelle manière on y satisfera.

côl.', se saisir (sic) de Taormina iiour y subjournei- [sic] sous cette artillerie. Outre cela, on doit travailler à deux ou trois redoutes sur les avenues de cette ville et achever de la renfermer de murailles, du coté de notre montagne, par où elle est toute ouverte. Il faut y envelopper la montagne, car elle est dans la ville » (Arch. de la Guerre, vol. 010, n» 20).

i. Vivonne envoya aussitôt à La Villedieu plein pouvoir pour traiter avec jiroinesse de ratifier le contrat (Ms. de Poligiiac, (innée 1611, n» 172; Bibl. nat., Fr. 8033, fol. 215).

Le 24 juin, par une lettre en italien, Vivonne ratifia le traité fait par La \ illedieu, promit que le régiment sollicité par Paolino serait payé comme il le désire et l'assura de la protection du roi [Ihid.^n" 108, .1 Ril.l. nat., Fr. 8033, fol. 23'i).

?8i rORRESPONOANCE [1677]

Je vous prie, Monsei(;;n(Hir, de in(> faire savoir an plus tôt comment vous voulez que je traite avec lui et ce qu'il vous plaît que je lui promette quand j'aurai su SCS prétentions.

Mandez moi, s'il vous plaît, si je lui promettrai (jueUiue somme d'argent au cas qu'il en demande et jus(|ues à quelle somme je puis lui promettre en prenant toutes les précautions nécessaires atîn (|u'il ne nous dupe pas. Mais il faut, s'il vous plaît, que j'aie votre réponse samedi ou dimanche au soir au plus tard parce que je dois avoir de ses nouvelles lundi prochain et conclure avec lui.

Il y a aussi un autre prêtre avec lui qui est son confident et celui ([u'il m'envoie ici pour qui il faudra faire quelque chose. Je crois, Monseigneur, que ce sera une fort bonne affaire si nous pouvons attirer cet homme de notre côté, car c'est lui qui maintient plus de (|uinze villages les plus voisins d'ici sous l'obéissance des Espagnols. Il pourra nous attirer toutes ces terres avec le temps et nous rendre d'ailleurs d'autres services considérables. Je veux l'engager à quitter les Espagnols d'une manière à n'oser plus jamais retourner avec eux. Je lui ai déjà proposé d'enlever toute la soie et tout le bétail des terres voisines qu'il voudra parmi nous pour son compte et dont il pourra faire une grande somme d'argent. Il me paroît qu'il écoute volontiers cette proposition. Je vous envoierai demain par M. de Cazaux la dernière lettre qu'il a écrite au Père Thomas car c'est par ce moyen que je traite cette affaire là.

Je ne partirai point d'ici (]ue je ne sache l'issue et que d'ailleurs je n'aie mis toutes vos huit pièces de

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canon dans Mola. Cela (•tant oxpédié, trouvez bon, Monseij^neur, que j'aille faire un tour à Messine pour plusieurs affaires où ma présence est absolument nécessaire.

Je vous envoie une lettre ([u'oii vient de m'adresser pour vous la l'aire tenir en dilij^ence pour cet effet. Je fais re[)artir le garde que vous m'avez envoyé pour marcher toute la nuit. Je suis, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Je vous supplie, Monseigneur, (\ue j'aie votre ré|>onse dimanch(> au soir au plus tard sur l'alTaire (|U(! je viens de vous écrire.

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