‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 14 sur 171 · Uf. p. 148, note · texte numérisé non relu

Uf. p. 148, note

XX INTRODUCTION

d'appui, un port très sûr où l'on pouvait redouter que Ruyter ne vînt s'abriter'.

Sur ces entrefaites, Vivonne fut promu par le roi raaréciial de France. Il devait cette dignité, au dire unanime dos contemporains, à sa sœur, la maîtresse du roi, mais la pensée de donner au vice-roi une autorité plus grande encore à l'égard de ses subordonnés, qui ne se faisaient pas faute de le critiquer sévèrement dans leurs lettres à la cour, ne lut peut-être pas sans influer sur Louis XIV.

Or, à cette époque, Vivonne, en proie à de vives préoccupai ions, harcelait Louis XIV et ses ministres de demandes. Il lui fallait des troupes ; celles dont il disposait étant trop peu nombreuses, décimées en outre par la maladie et la désertion. Il lui fallait du blé à tout prix, sinon c'était la famine et la révolte contre les Français. Ce souci du pain quotidien le hantait à juste titre. Le roi, habitué à voir ses armées se nourrir aux dépens des contrées où elles séjournaient, faisait les plus grandes difficultés à envoyer du blé. à Messine, et, d'autre pari, les marchands, malgré les invitations pressantes qu'on leur adressait, hésitaient à en transporter. Le commerce du blé à Messine n'étant pas libre, leur intérêt dans cette opération leur apparaissait d'autant moins considérable qu'ils avaient grand'peine à se faire payer.

Le roi ne songeait plus à conquérir la Sicile par les armes. Après avoir souhaité que Vivonne « entreprît quelque chose de considérable'^ », il lui faisait notifier par Louvois de se servir du corps expéditionnaire pour conserver Messine, de prendre « de bonnes précautions pour la sûreté des troupes, que, si les Messinois venaient à changer

i. Lettre n" CXII.

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