‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 17 sur 171 · Lettre n» CLXVIIl · texte numérisé non relu

Lettre n» CLXVIIl

3. Les frères Lipari. Cf. lettre n° CXCIV. \. Lettre n» CXCIX.

5. Lettre n° CLXXXVI. — « Je n'ai pu résister à l'impulsion que i'ai ressentie de vous écrire pour vous éclaireir l'esprit sur

INTRODUCTION. "*'

de Louvois, accusa même Colbert et Seignelay de le trahir ou, tout au moms, de rabandonner. Colbert et Seignelay s'en défendirent sur-le-champ, prolestèrent de leur amitié et de leur dévouement', et le roi ne manqua pas de soutenir le maréchal contre les médisants et les intrigants. Colbert de Terron fut rappelé rt un important renfort de troupes promis h bref délai à Vivonne.

Cependant Du Quesne api-rochait. 11 rencontra la flotte de Ruyter au large des Ues Lipari, le 8 janvier 1676, et, dans un combat qui fut rude, battit l'amiral hollandais-'. Ruyter, quand il eut réparé ses forces, tenta avec les Espagnols une attaque générale de Messine par terre et par mer, le 28 mars, mais sa flotte ne put approcher et soutenir les troupes espagnoles. Celles-ci étaient parvenues à s'emparer un moment d'un couvent sur la cote, aux portes mêmes de Messine, mais durent bientôt s'enfuir, poursuivies par les Messinois et les Français. Ruyter aUa mouiller ensuite devant Augusta. C'est là que pour la seconde fois Du Quesne le rencontra, et l'on sait queUe importante victoire remporta le lieutenant général français (22 avrU), Ruyter morteUeraent blessé et la flotte hoUaudaise désemparée obligée de chercher refuge dans le port de Syracuse, où son chef ne tarda pas à mourir^.

La victoire de Du Quesne fut complétée par celle, non

cet excès de médisance qui s'est, dit-on, répandu à la cour au retour des vaisseaux et des galères en Provence. » Cf. Roussel, t. II, p. 415.

1 Louvois les imita. Lettre n" CCXXIX.

2 Ce fut le combat d'Alicuri. Cf. la lettre n» CLXXI et Ch. de la lioiiciore, //isfoire de lu marine française, t. V, p. 606 et

3. Sur la bataille d'Au^îUSta ou du mont Gibel (l'Etna), cf. p. 295, note, et Cb. de la Uoncièrc, op. cil., i. V, p. Ùil et suiv.

XXIV INTRODUCTION

moins brillante, de Vivoime devant Palerme'. Le 2 juin, le maréchal, en coulant douze vaisseaux et six galères, porta un coup décisif à la puissance navale des Hollandais et des Espagnols. Le retentissement de cette victoire fut considérable. Le roi fit frapper une médaille; Le Brun peignit aux angles du plafond qui dominait le grand degré au château de Versailles des proues de navires j)our commémorer cette gloire navale-, et Vivonne fut comblé d'éloges. Mais le maréchal ne put, faute de troupes suffisantes, exploiter sa victoire en attaquant Palerme elle-même. Aucun mouvement populaire, soit en Sicile, soit en Calabre, ne vint, malgré la conviction du duc d'Estrées^, attester le désir réel et sincère des populations des Deux-Siciles de secouer le joug de l'Espagne. Et, pour la conquête de la Sicile ou simplement pour la situation des Français à Messine, la victoire de Palerme n'eut pas les conséquences qu'on eiît pu en attendre. Les Espagnols, qui avaient, après la bataille d'Augusta, renouvelé leurs attaques contre un faubourg de Messine, ne tentèrent plus aucune attaque et n'in(|uiétèrent plus la ville par les armes tout au moins. Ils essayèrent de fomenter un complot, qui fut découvert à temps ^.

Vivonne, qui aurait dû sentir son autorité accrue par le succès qu'il venait de remporter, se crut au contraire, à tort ou à raison, en but au mauvais vouloir de certains subordonnés et se plaignit très vivement à ses sœurs, M""* de Thianges et de Montespan, des procédés de Vallavoire et de l'intendant d'Oppède à son égard-'.

1. Cf. la lettre n» CCXXXVII, et Ch. de la Roncière, op. cit., t. V, p. G27 et suiv.

2. Cf. 1*. rie Nolhac, La création du château de Versailles (19011, p. 116.

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