Lettre n» CCLIL Cf. C. Uousset, t. H, p. 340 et suiv
INTRODUCTION
Ainsi, faute de troupes, faute d'argent, faute de blé, Yivonne se voyait non seulement hors d'état d'exploiter sa victoire, mais se trouvait à Messine même dans une situation fort difficile. Il écrivait à Louvois le 16 juillet : « Tous ces mouvemeuts sont les effets que produit la faiblesse de nos troupes, le voisinage de l'ennemi et l'absence des vaisseaux, les gens du pays ne pouvant croire sérieusement ([ue le roi veuille les soustraire absolument de la domination d'Espagne pendant que Sa Majesté ne tient pas ici continueUement des forces en état de faire tles conquêtes, mais iiu'elles y viennent séparément...'. » Ces remarques ne manquaient pas de justesse. Néanmoins, malgré la pénurie des troupes, Vivonne essaya d'améliorer cette situation. Il tenta, le 16 juillet 1676, d'eidever par surprise la petite viUe de Taormina, si pittoresquement perchée sur un contrefort escarpé de l'Etna, et que sa position incomparable, son climat, les ruines illustres de son théâtre grec ont rendue de nos jours célèbre. Pour Vivonne et ses contemporains, elle n'était qu'une place importante sur la route de Catane, à l'entrée d'un riche pays fertUe en blé et en fourrage, denrées que la campagne messinoise ne produisait qu'insuffisamment. De longue main, écrivait-il, il avait dans cette localité « quelque pratique », et U pouvait espérer que, grâce à la trahison d'un noble sicilien, seigneur du pays, il pourrait par surprise et avec très peu de monde prendre la ville. Mallieureusement, le secret fut divulgué et l'affaire fut manquée*.
Depuis plusieurs mois, le roi faisait préparer en Provence l'embarquement d'un important renfort qu'il songeait à envoyer à Vivonne. Ce renfort ne fut pour Vivonne que l'occasion d'une nouvelle déception. Les troupes n'étaient