‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 19 sur 171 · Lettre n» CCLXVIL · texte numérisé non relu

Lettre n» CCLXVIL

XXVI I.MUODUCÏIDN.

nombreuses et valeureuses qu'ea théorie. Venues de Catalogue, où elles se considéraient comme en disgrâce, elles se révoltèrent lorsqu'elles apprirent qu'on allait les embarquer pour Messine. Leur état physique était aussi défectueux que leur état moral, et les compagnies qui n'avaient au départ qu'un effectif dérisoire fondirent encore au cours de la traversée, décimées par la dysenterie. A peine lurentelles débarquées que l'hôpital de Messine se trouva comble. Comment, dans ces conditions, Vivonne allait-il pouvoir, comme il le souhaitait, « délivrer Messine du blocus où elle est par terre, en chasser les ennemis bien loin, afin que, cette ville rentrant dans la possession de ses biens, elle voie une fois la fin de ses maux et établisse le rejjos de ses iiabitants'? »

La déception du vice-roi fut extrême et Vivonne écrivit une nouvelle lettre à M""' de Montespan, lettre qui est connue. Il priait sa sœur d'intervenir auprès du roi en sa faveur et de lui faire connaître combien Louvois montrait . de « répugnance pour la conquête de la Sicile », puisqu'il le laissait manquer de tout argent, n'envoyait jamais les troupes « que le plus tard qu'il le peut, les choisissant les plus nouvelles et en si petit nombre » que leur présence était plus une source d'embarras qu'un moyen de faire utilement « quelque chose-. » Puis Vivonne adressa directement au roi une lettre pleine de supplications'' et exposa à nouveau ses doléances aux ministres, leur exposant ses « embarras, ses chagrins, les douleurs » que lui causait l'état où il se trouvait. Louvoisi lui répondit : « Il est sans doute, et Sa Majesté le connaît mieux que personne, que

Page 1