‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 2 sur 171 · Ci. la lettre n» I · texte numérisé non relu

Ci. la lettre n» I

VI INTRODUCTION

compagnon à joindre en tout premier lieu le général des galères là où il se trouverait.

Le duc d'Estrées songeait assurément à l'influence dont Vivonne jouissait à la cour grâce à ses sœurs, M""* de Montespan et de Thianges, et à ses relations personnelles avec le roi, en vue de faire appuj'er la démarche des Siciliens, mais il espérait surtout que Vivonne dètaclierait quelques vaisseaux de son escadre pour les envoyer aussitôt à Messine. L'intendant Pierre Arnoul le dit expressément (29 août) : « Il n'y a pas longtemps qu'ils [les Messinois] avoient dépêché deux gentilshommes à M. le duc de Vivonne pour l'obliger à en détacher quelques-uns [des vaisseaux] de l'armée qu'il commande'. » Il iin])ortait, en effet, d'agir sans retard et d'arriver à Messine avant que les Espagnols eussent accablé la révolte. Celle-ci produisait déjà ses premiers effets et contraignait la régente d'Espagne à faire passer en Sicile une partie des troupes du duc de San Germano, obligé de se replier sur la Catalogne, bien que vainqueur du général français Le Bret dans deux rencontres importantes.

Aux lettres qu'ils envoyaient à la cour, les d'Estrées ajoutèrent un mémoire composé par un Génois, l'abbé Scarlatti, fort bien vu au palais Farnèse, et destiné à exposer à Louis XIV la faiblesse extrême des Espagnols en Sicile, tandis qu'il ne manquait aux Messinois pourvus d'armes et do vivres que des munitions et des officiers capables et expérimentés.

La nouvelle de la révolution de Messine avait précédé en France l'arrivée des deux députés-, mais l'idée d'une inter-

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