‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 3 sur 171 · Cf. p. 5, note · texte numérisé non relu

Cf. p. 5, note

2. Cf. la lettre du ? août envoyée par le duc d'Estrées au roi (Eug. Sue, Histoire de la maririe, t. III, ]>. 111).

INTHOIJUCTIOM- ^■"

vention ne fut d'abonl accueiUie par Louis XIV qu'avec méfiance et froideur. Malgré l'avantage certain qu'il avait à favoriser la sédition sicilienne contre l'Espagne, il redoutait de s'engager dans une entreprise que le caractère versatile et la mauvaise foi des Siciliens pouvaient rendre des plus hasardeuses. Le roi et Pomponne avaient, en effet, des Italiens du Sud l'opinion la plus fâcheuse, la plus défavorable. Le vieux souvenir des Vêpres siciliennes, qui demeurera présent à la mémoire des Français pendant toute la campagne depuis le premier jour jusqu'au dernier, s'imposait déjà à leurs esprits. L'ambassadeur vénitien Ascanio Giustinian rapporte dans ses dépêches que Pomponne ne parlait que de la « luala natura » des Siciliens, de l'ineffaçable impression produite par leur ancienne mauvaise foi et de l'impossibilité de leur faire confiance'.

En outre, Louis XIV ne croyait pas la révolte sérieuse et durable. Il ne voulait pas s'engager avant d'être certain que les Messinois auraient assef d'esprit de suite pour persister <lans leur volonté de secouer le joug de l'Espagne. Il attendait donc avec une prudente et sage réserve la suite des événements. Le 10 août, U écrivait à d'Estrées : * Bien que ces commencements puissent paraître assez favorables pour causer un embarras à l'Espagne, il semble important d'en attendre les suites avant que je puisse reprendre la pensée de m'y engager... Enfin, quelque résolution que je puisse prendre sur ce sujet, il importeroit de voir que cette affaire prit un établissement plus solide et que je fusse même convié de m'y intéresser par les habi-

1 « LVlla iiideU'bile impressioue ilella niala fede pralicata nei tompi passati, délia mala procedura di quel popoli, che uoa vi si poieva presiare alcuna fwle » (Galalli, la. Rivoluzione di Messina, S" éd., p. l-20-121|.

Viu INTUODUCTION.

taiits de Messine que l'on vous a assuré me devoir être députés'. »

Pour trouver la cause de ce scepticisme quant au succès d'une expédition en Sicile, il faut remonter jusqu'aux premières années du règne de Louis XIV et se souvenir des diverses campagnes organisées au temps de Mazarin contre les possessions des Espagnols en Italie. Toutes avaient abouti à un échec, à une déception.

En 1646, une première expédition, qui avait pour objectif Orbetello et ensuite Naples, échoua par suite de la mort de son chef, le duc de Brézé; la seconde n'eut que des résultats éphémères, Piombino et Portolongone, dont s'était emparé le lieutenant général de La iMeiUeraye, ayant dû être évacués pendant la Fronde après quatre mois d'occupation.

En 1647, la révolution de Naples éclata. Sollicité par les Napolitains d'intervenir, pressé par le marquis de Fontenay-Mareuil, qui exposait dans ses lettres à la cour les avantages et les facilités d'une expédition, Mazarin se décida à agir après une longue attente et des hésitations, bien que le candidat à la couronne de Naples ne lui inspirât qu'une médiocre confiance. Le duc de Richelieu, qui commandait la flotte, manqua de décision, agit mollement, et l'expédition fut nianquée.

En 1654, Mazarin revint à sou idée de conquérir le royaume de Naples. Le chevalier Paul, à la tête d'une flotte nombreuse, fut chargé de conduire à Naples le duc de Guise. Mais les Français ne purent rester à terre qu'une dizaine de jours et à la fin de l'année rentrèrent à Toulon.

Ainsi, soit parla faute des circonstances, les vicissitudes de la politique intérieure, l'insuffisance du commande-

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