Voir aussi n° CCCLXXXII
|IC,7t;] [)U MARÉCHAL 1)K VIVONNE. 89
lilessé ilans celte dernière iilUiquc, qu'il faut ([u'il meure |)iiree(|u'on n';i j);is (rinslruinenl pour lui couper la jambe. J'avois eiivové aujourd'hui au camp des ennemis el M. de (licinelli avoil écrit pour faire venir ceux de son chirurgien, mais ils ne s'v sont pas trouvés. Il y a plusieurs soldats <iu'il faut qu'ils meurent par cette nécessite. lùi vérité cela doit faire trop de compassion! Je ne vois [)ourlant pas (ju'on y soit trop sensible.
« Ayez la bonté d'exhorter M. l'intendant pour nous envoyer secourir dans les choses qui sont de son ministère. J'ai tant de choses h vous représenter que j'oubliois le plus nécessaire, qui est d'ordonner, s'il vous plaît, à M. de lîoirvaux qu'il nous envoie présentement mille ou douze cents outils pour le moins de toutes les façons. Nous n'en avons ici que trois cents. Vous voyez bien que cela est de la dernière conséquence, et qu'ils nous viennent sans perdre de temps ! » — (Ms. de Polignac, année 1616, n" 200.)
Le duc de Vrs'OxxE a La Vilt.edieu.
[Messine,] 12 novembre 1676.
Vivonne annonce à La Villedieu qu'il lui envoie du renfort par les galères et ne négligera rien pour le secourir. Il a fort à faire de son cMv. — (Ms. de Polignac, année 1616, n° 201.)
Je viens de recevoir votre lettre écrite de ce jourd'hiii, et pour réponse je vous dirai (|ue sur ce que vous me représentez sur l'état où est votre place, je ne veu.x rien omettre de ce qui peut dépendre de moi pour vous donner satisfaction. Pour cet effet, je vous diiai que je ferai partir demain matin des galères, si le temps le pcrmcl, pour vous porter on/e compagnies
du régiment de Normaiulie pour fortifier votre garnison et voti-e place que vous représentez si misérable. J'écris aussi à Boirvaux pour charger de la munition sur les dites galères, afin que vous n'en manquiez point, aussi bien que des outils pour vous couvrir de la façon que vous les demandez. Nous ne manquons pas d'embarras ici. Il faut rembarquer notre canon. Il faut renvoyer en France des galères et des vaisseaux. Il faut écrire et rendre compte de toute notre campagne, et tout cela n'est pas peu d'affaires* ; ainsi vous excuserez si je ne peux pas vous satisfaire sur tous les autres articles de votre lettre. J'y répondrai quand je serai sorti de tout ce que je viens de vous dire.
Le duc de VivoNNE au coalmissauie de Bouwaux.
[Messine,] 12 novembre l(i70.
Ordre d'embarquer sur les galères sans délai des munitions et des outils pour la défense de Taormina. — (Ms. de Polignac, année 1616, n" 202.)
Il est ordonné au s" de Boirvaux, commissaire général de l'artillerie, aussitôt le présent ordre reçu, de faire embarquer sur les galères qui iront demain à la marine de Scaletta la quantité de poudre et de plomb que M. de Mornas estimera nécessaire pour la munition de la place de Taormina et ses châteaux, à proportion de sa garnison, ensemble six cents outils de
1. On trouvera plus loin, n<" CCCCXII et suivants, les lettres que Vivonne écrivait au roi, à Seignelav et à Louvois.
(1676] nL- MAIIÉCIUI. OE VIVONNE. 91
toute litron . (il inoyeiiniuil le présent onJre il en (Jenieuiera bien et valablement décharj,'é. Fait à Messine, le 12 novembre 1G7G.
Le duc de Vivoxxe au commandeuii d'Oppède.
Messine, 12 novembre 1676.
Ordre de partir avec cinq galères pour charger des troupes et des outils à Scaletta et de les débarquer à Taorrnina. — (Ms. de Polignac, année 1616, n° 203.)
11 est ordonné à M. le commandeur d'Oppède de partir, aussitôt qu'il pourra, avec cinq galères, pour aller à Scaletta embaniuer des troupes, des outils et des munitions de guerre et les aller débarquer à Taorrnina, ensuite de quoi il reviendra incessanuiient.
Fait à Messine, le 12 novembre 1676.
Le duc de Vivo>7Œ a Morxas.
Messine, 12 novembre 1676.
Vivonne avise .Mornas de toutes les mesures qu'il prend pour secourir La Villedicu à Taorrnina. — (.Ms. de Polignac, année 1676, n" 20A.)
Je vous envoie. Monsieur, la lettre ci jointe de M. de La Villeilieu, afin que vous voyiez tout ce qu'il me demande. J'ai résolu de lui envoyer les onze compagnies de Normandie qui sont à San Placido, en la place descjuclles vous mettrez les quatre de Cliampagne
et les trois de Pi-ovence (jui sont à Giampileri. Sur ce qu'il me demande des munitions, j'ordonne à Boirvaux de lui en faire tenir ce qu'il jugera nécessaire avec six cents outils de toutes les laçons. Pour cela, je ferai partir demain (juatre galères que j'envoierai à la marine de Scalctta, lesfjuelles, après que vous aurez changé votre camp, embarqueront les onze compagnies ci dessus pour les porter à Taormina. Sinon elles s'y en iront par terre si le temps ne permettoit pas qu'on les y portât. Je suis ici retenu pour écrire en France ; après cela, je vous irai voir. Je vous prie cependant, Monsieur, de faire exécuter, le plus diligemment que vous pourrez, les résolutions ci dessus. Je suis tout à vous et de tout mon cœur.
Ordre du duc de Vivonne.
Messine, 12 novembre 1676.
Ordre au commandant des onze compagnies du régiment de Normandie qui sont à San Placido de se rendre à Taormina par les galères ou, si le temps s'y oppose, par terre pour y tenir garnison. — (Ms. de Polignac, année 1616, n" 205.)
Il est ordonné au commandant des onze compagnies de Normandie, qui sont présentement à San Placido, aussitôt le présent ordre reçu, de sortir dudit lieu de San Placido et de s'embar(|uer le plus diligemment qu'il pourra avec les dites onze compagnies sur les galères que nous envoyons pour les recevoir et de s'en aller à Taormina pour y tenir garnison jusqu'à nouvel ordre de notre part. Que si le temps ne per-
[1676] 1)1' MAnÉCHAI. DE VIVONNE. 93
mcltoit [las aux dilcs galères do les embarquer, elles iront par terre a Taorinina pour ne pas retarder l'exécution du présent ordre.
Fait à Messine, le 12 novembre 1670.
CCCCVUI.
Le duc de Vivo>îxe a Cabaret.
Messine, 13 novembre 167G.
Ordre de partir pour Toulon avec les vaisseaux qui doivent rentrer en France et de passer par le cap Corse pour donner au besoin assistance au convoi envoyé par le roi. — (Ms. de Polignac, année 1616, n° 206.)
Il est ordonné à M. Cabaret, ehel' d'escadre, etc., de s'en aller incessamment avec les navires du i^oi qui sont ordonnés pour s'en aller en France et de les mener à Toulon, où il trouvera les ordres de Sa Majesté en arrivant de ce qu'il aura à l'aire avec les dits vaisseaux, après que les dits vaisseaux auront laissé dans les maj^asins de Messine ce qui a été trouvé nécessaire, suivant l'état (juc nous en avons fait (aire pour le service de Sa Majesté, et les hommes qu'on aura trouvé devoir rester pour le remplacement des équipages des vaisseaux qui doivent demeurer ici. Il prendra aussi garde dans sa route de passer par le cap Corse, quand même il passeroit par le sud, attendu le convoi ([ue Sa Majesté envoie ici, auquel il donnera les avis (ju'il aura appris dans sa route et les secours dont il pourroit avoir besoin, autant f|ue le peu de vivres qu'il y a dans les bords le peut permettre ; à cause de quoi il les fera retranclier dès aujourd'hui autant qu'il le jugera
nécessaire pour ramener les dits vaisseaux à Toulon. Fait à Messine, le 13 novembre 1676.
La Villedieu au duc de Vivon?œ.
[Taormina,] 13 novembre 1676.
La Villedieu répond aux observations de Vivonne par un exposé de la situation précaire de Taormina et de sa garnison. Les ennemis s'assemblent et préparent une attaque. La garnison ennemie de Scaletta, forte de 650 hommes, a passé sans encombre. La Villedieu recommande de soutenir Taormina. — (Ms. de Polignac, année 1676, n° 207.)
Je viens de recevoir, Monseigneur, votre réponse datée d'aujourd'hui à la lettre que je vous avois écrite hier et envoyée par un officier exprès. Vous êtes surpris, dites vous, qu'avec quarante compagnies je ne me trouve pas en état de soutenir Taormina. Le mot de quarante deux compagnies remplit la bouche. Vous savez qu'il y en a cinq à Mola*, qui ne peuvent être d'aucun secours pour secourir Taormina quand il sera attaqué. Je vois bien. Monseigneur, que vous croyez sans doute que les trente sept autres sont plus nombreuses et en meilleur état qu'elles ne le sont pas. Je les ai comptées ce matin que toute la garnison a pris les armes jusqu'aux valets. Il y a en tout en état de servir que sept cent cinquante hommes, dont je vous envoie le mémoire en détail. Quand je dis en état de servir, je veux dire de gens (jui se promènent. Mais il y en a presque le tiers (jui n'ont point d'armes ou qui