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sible de s'y défendre, n'y ayant pas d'endroit où l'on puisse poster les mousquetaires en état de tirer. Ne croyez pas, Monseigneur, que je vous paiMe avec trop d'exagération. Je crois que vous me faites l'honneur d'être persuadé que je n'ai d'autre inquiétude que celle qu'un galant homme doit avoir. Je vous ai déjà mandé que toutes mes démarches justifieroient tout mon procédé.
Si vous me permettez de vous dire mon avis, je ne crois pas que vous puissiez prendre un autre parti que celui d'envoyer promptement ici toutes les troupes que vous pourrez, non seulement parce que les ennemis sont assemblés et s'assemblent incessamment à une lieue d'ici, dont je vous donne encore l'avis pour assuré et qu'ils en veulent à Taormina, mais encore pour pouvoir mettre ceci en état et le pourvoir des choses nécessaires. A moins que de cela, je ne crois pas. Monseigneur, je vous le dis tout net, que vous puissiez soutenir Taormina. Les autres endroits dont vous me parlez n'en sont pas menacés à l'heure qu'il est comme celui-ci, et quand même les ennemis auroient tourné leurs démarches d'un autre côté, vous seriez plus en état de secourir d'ici tous vos postes que d'aucun autre endroit.
Voilà les ennemis à l'heure qu'il est en état de nous attaquer, voyant que nous sommes dispersés et hors d'état que nous leur puissions plus faire aucun mal. Votre dessein , m'avez vous dit et mandé plusieurs fois, étoit, après la prise de Scaletta, de marcher avec toutes vos troupes à Taormina pour de là entrer dans la plaine et ouvrir les passages; sans cela, non seulement vous ne pouvez soutenir Taormina, mais encore
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ce VOUS scroit un poste fort a cliar;^e. Mola et le château do ïaoniiina, où il ne liuil (|ue peu de garnison, suffiroienl après les avoir bien munis, et la ville de Taormina ne peut être bonne qu'à ruiner et raser.
Je vous envoie encore une fois cet officier exprès pour vous informer de la vérité. Je vous ai assez mandé l'extrême nécessité que nous étions de toutes choses pour notre défense. C'est à vous d'y Iture donner l'ordre qu'il vous plaira. Je ne doute pas que vous m'envoyiez promptement ici des troupes. Je ne crois pas que vous ayez un moment à perdre, mais il nous faut aussi envoyer, peu do temps après, de la poudre, du plomb, dos outils pour travailler, un petit fonds d'argent pour cola. Si M. l'intendant n'en a pas, je ferai boursiller nos officiers. Il nous faut aussi des ouvriers maréchaux, maçons, serruriers et charpentiers avec leurs outils. Car si nous avions des outils, nous aurions |)u trouver ici ou aux environs quelques ouvriers. Si vous aviez pierriers do reste, ils nous seroient d'une grande utilité.
La garnison de Scaletta est passée par cette ville il y a environ deux heures. Je vous avoue encore. Monseigneur, que j'ai été fort surpris de la voir arriver sans avoir aucun avis ni aucun ordre de vous. J'ai eu ce matin une cruelle inquiétude dans le temps que la dite garnison étoit à cintj cents pas des portes de cette ville, à venir du côté de la plaine, de la môme manière qu'ils avoient fait quand ils sont venus pour nous attaquer. Heureusement, ils se sont contentés de se piomenor. J'ai l'ait compter, on passant aux deux portos lie cette ville, la garnison par trois différents officiers. Il a passé six cent cinquante sept soldats ou 11 7
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sergents, sans compter les officiers. Cependant, vous me dites qu'il ne devoit y avoir que environ quatre cents hommes! Le lieutenant de cavalerie qui les a escortés n'avoit aucun ordre ni aucun passeport de vous. Il ne savoit du tout ce qu'il avoit à faire. J'ai cru qu'il étoit dangereux, plutôt pour la désertion des cavaliers que par une autre raison, que ces vingt cinq maîtres passassent tout outre. Je me suis contenté d'envoyer un maréchal des logis avec six cavaliers. Cela fera le même effet que si tout le détachement y avoit été. J'ai fait concevoir à l'officier qui commande la dite garnison de Scaletta qu'il étoit obligé d'aller jusque dans Catane sans faire aucune démarche d'hostilité, puisque sa capitulation le portoit ainsi. J'ai envoyé le dit maréchal des logis pour les voir aller jusques à Catane. J'ai été bien aise de leur ôter ce moyen de se fortifier et de venir rien entreprendre devant que vous ayez le temps d'envoyer ici du secours que vous jugerez à propos. Je ne vous en parlerai pas davantage et je voudrois bien à l'avenir n'avoir que des choses agréables à vous entretenir.
Je vous ai déjà prié bien des fois d'ordonner à tous les officiers qui sont à Messine de ce bataillon ici de se rendre incessamment à leur charge ; cependant, je n'en vois pas arriver un seul. On dit qu'il y a beaucoup de soldats. Vous croyez bien. Monseigneur, que je vais bien être alerte, puisqu'il vous plait ainsi. Il est juste que vous jouissiez de la gloire de votre triomphe, mais cependant ne nous oubliez pas et songez encore une fois que Taormina doit être votre tête. Je ne vous ai rien dit sur l'état de cette ville qui ne soit au pied de la lettre, et si j'avois à choisir, je préférerois, comme je vous l'ai déjà mandé, de l'attaquer avec
mille hommes, plutôt (|ue de la détendre avec quinze cents dans la situation où elle est.
Envoyez nous, s'il vous plait, au plus tôt, Lavigne ou Léonard' pour faire incessamment travailler. Si j'oublie quekjue chose, je vous supplie de suppléer à mon manquement de mémoire. Il est aisé d'oublier quand on a tant de choses à demander.
Je suis, avec tout le respect possible...
La Villedieu au duc de Vivon'mî.
Taormina, 13 novembre l(i76.
« Je vous avois promis, Monseigneur, de ne vous plus rompre la tête tie l'étal de Taormina. Mais comment se taire, découvrant de moment à autre plus de défauts que je ne vous saurois dire! » La Villedieu, rétabli, a inspecté la place et la déclare indéfendable si Vivonne n'y met 'une très nombreuse garnison. Il faut qu'il envoie sur-le-champ toutes ses troupes s'il veut conserver Taormina. Les ennemis se rassemblent pour l'attaquer.
« Je suis assuré quand vous aurez bien examiné ce poste ici, vous serez de mon même avis et que vous vous contenterez de conserver Mola, si vous le jugez h propos, et ruinerez absolument Taormina. Vous remettrez au moins des troupes ensemble et les rapprocherez. »
La Villedieu expose combien un échec a Taormina serait regrettable. Les villages environnants se tourneraient contre les Français. Il propose de marcher contre les ennemis, bien (ju'ils se fortifient, car il trouve la situation intenable.
« Je vous prie de me faire savoir au plus toi de vos nou-