‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 65 sur 171 · Ingénieurs des lortilications · texte numérisé non relu

Ingénieurs des lortilications

100 CORRKSPONDANCE flSII'l

velles et votre résolution, car sur cela je prendrai mon parti. Ne voyant pas que vous envoyez les troupes, je prendrai le parti d'aller au devant des ennemis plutôt que de me renfermer dans une ville où je ne saurois éviter d'être prisonnier de guerre six heures après. Il sera plus avantageux pour la nation et pour votre gloire de prendre ce premier parti. Si vous me mandez que vous allez incessamment faire marcher, je me ménagerai davantage pour donner le temps aux troupes de venir. Je signe cela hardiment. .. — (Ms. de Polignac, année 1616, n" 208.)

La VllXEDlEU AU DUC DE VnO?WE.

Taormina, 13 novembre 1676.

La place est insuffisamment défendue, le danger augmente

autour d'elle. - (Ms. de Polignac, année 1616, n" 209.)

Je ne crovois pas, Monseigneur, après la longue lettre que je vous ai écrite tantôt, avoir plus rien oublie. Cependant, je ne vous ai pas envoyé, comme je vous ai mandé, l'état en détail et le nombre des soldats qui sont ici. Vous le verrez dans cette lettre. Il en faudroit, de bonne foi, presqu'autant qu'il y en a en tout pour monter une garde régulière chaque jour dans 1 état qu'est la place, car il faut garder bien des avenues et bien loin, lesquelles on ne peut pas gai^der avec si peu

de monde. ,

J'ai reçu votre dernière lettre. Vous me mandez en -rros caractère que vous aviez cru que c|uarante deux compagnies étoient non seulement suffisantes pour se crarantir de l'insulte dans Taormina, mais même que t nouvois fort bien avec cela soutenir un s.ege. Cela seroit bon si l'on avoit non pas seulement des bastions

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devant soi, mais si l'on rtoit renfermé en manière de se pouvoir défendre. Vous en savez trop, Monseigneur, pour croire que vous ayez seulement considéré cette place. Parce que vous avez eu de la peine à y monter, vous croyez donc (ju'il est difficile à y aborder. Cela seroit bon à (jui y auroil une armée ou au moins un grand corps pour en défendre les avenues. Si je vous en parle tant, ce n'est que pour vous en faire connoitre la vérité. Je ne dis pas que vous devriez abandonner tout le reste, mais pendant que les ennemis sont de de(;à et qu'ils se préparent d'y faire un effort, je croirois (|ue vous ne saunez mieux faire que de leur faire tête oii ils se présentent sans danger. L'on peut dégarnir le reste. Cela de même temps vous donnera le moyen de fortifier dans peu de jours ce poste ici pour le mettre hors d'insulte, en état de vous en pouvoir servir à l'avenir et de le pouvoir conserver avec moins de monde. Vous n'avez assurément rien de plus précis ni de plus grande conséquence. Voilà, Monseigneur, ce que j'ai cru encore vous devoir dire pour le service du roi et pour l'intérêt que je prends à votre gloire. Vous y donnerez l'ordre que vous jugerez à propos.

Je serai exact de vous avertir de ce qui se passera si j'en ai les commodités. Car je vous donne avis qu'il commence à y avoir déjà des bandits sur le chemin de Messine et qu'il ne fait pas trop sûr d'envoyer des messagers. J'ai bien peur que dans peu de temps il n'y en ait davantage de tous ces villages qui crient à la faim. Ceux de Forza disent déjà tout haut(]u'ils ont donné rexein|)le aux autres avec beaucoup d'atTection, (jue vous leur avez promis le passage libre pour avoir du blé, que cependant ils ne voient qu'on s'en mette

en peine ni en devoir de l'aire. Us me l'ont dit à moi même aujourd'hui et d'un ton plaintif. Voilà encore une raison qui doit obliger de tenir un corps considérable àTaormiiia pour maintenir ces gens là.

Vous me dites encore, Monseigneur, dans votre lettre que vous ne savez pas de quel côtt- peut tomber l'orage. Je vous ai déjà donné (comme j'ai cru le devoir faire)* de fréquents avis que le tonnerre grondoit de ce côté ci. Gesso, à la vérité, doit être gardé, mais il me paroit que, tenant cette tête là et celle ci, il n'y a rien à craindre pour le reste, au moins pour cette

heure ici.

Si l'on n'y donne bientôt ordre, les farines nous vont manquer dans peu de jours. Je vous ai déjà demandé des moulins à cheval. Nous n'avons qu'un moulin à eau qui aille, qui ne fait qu'une salme de farine par jour et (lue nous ne conservons (^'autant qu'il plaira aux ennemis de nous le laisser. Envoyez nous, s'il vous plaît, des outils et quelques uns de ces Messieurs pour faire travailler, ou Lavigne ou Léonard. J'ai eu quatre ou cinq cavaliers rendus hier au soir qui m'ont averti que les ennemis avoient grande correspondance dans cette ville, que je me donnasse garde d'une trahison et cju'on leur faisoit force signaux. J'avois déjà eu cet avis 'd'un autre côté, mais comment parer cela dans l'étendue de cette ville et des hauteurs? Comme il y a un peuple nombreux, je crois que j'en chasserai la 'moitié quand vous m'aurez envoyé des troupes, sous prétexte du logement.

En vérité. Monseigneur, mon inquiétude devroit être pardonnable quand on a un bon cœur bien zélé, bien tourné et bien intentionné. Il est sensible, quelque réso-

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lulii)ii('l(|iiel(|U('ciiviL'(|iroiiail(lel)ieii liiirc son devoir, de se liouvei' diins un [)()sle d;ins Télal où est celui ci, en vue et à la portée d'un camp des ennemis. Je suis bien fâché de troubler si souvent votre repos. Mais aussi, de bonne foi, je crois être obligé de vous faire connoitre l'état où nous sommes. Vous en devez ôtre instruit à l'heure qu'il est. Il ne me reste plus (jue je sache (|u';i vous assurer (|u'en (|uel(|ue lieu et en (|uel(|ue étal c|ue je sois et (|uoiciu'il puisse ai-river (|ue je suis toujours plus ([u'homme du monde votre très humble et très obéissant serviteur.

Lk Dire DK VivoxxE A Seigxelav.

Messine, 13 novembre 1676.

Vivonno iiiiiionco le retour des vaisseaux et galères, commcnle leur uiilitc pendant la campagne de Scaletta. Il demande des recrues et des troupes nouvelles, recommande Preuilly et divers officiers.

« Faisant au roi un détail de tout ce qui s'est passé dans noire campagne et de tout ce que ses vaisseaux et ses galères ont opéré depuis deux mois pendant lesquels ces deux corps ont si utilement servi, je n'en répéterai rien dans celle lettre pour ne vous pas ennuvcr.

« Je vous dirai seulement, Monsieur, (ju'il ne m'a pas été possible d'envoyer M. Cabaret croiser vers Livourne, comme Sa Majesté me l'avoil ordonné, parce que tous les vaisseaux m'ont été nécessaires [)our faire les divers mouvements que j'ai faits, elsans lesquels rien n'auroit réussi; outre cela, les troupes de terre étoicnt en très petit nombre, de sorte que, ne les pouvant montrer devant celles de l'ennemi, il a fallu par nécessilé (jue je me sois aidé de celles

des vaisseaux ei des galères. Je me suis trouvé dans une grande extrémilé. Je ne pouvois rien entreprendre que sur des places maritimes: ainsi toute la marine m'étoit d'autant plus nécessaire que tous les vaisseaux n'étoient pas toujours en état d'agir, la plupart carennoient et les plus gros pendant que les autres étoient dehors.

« Je n'avois résolu de garder que cinq galères, mais j'en ai fait rester quatorze, puisque Sa Majesté l'a ordonné de nouveau en cette manière par sa dernière dépèche du 22 septembre que mon laquais m'a apportée. Je n'ai point voulu toucher aux équipages des galères pour ne les pomt affoiblir, et vous pouvez être en repos pour celles qui resteront ici, car j'en aurai tout le soin possible. Je suis d'opinion qu'elles n'y empireront point. A l'égard du restant des galères qui s'en retournent, elles sont parties cette nuit, savoir dix galères et l'équipage de la onzième répandu sur les autres, le corps de la galère de M. de Foresta n'ayant pas été jugé navigable'. » — (Ms. de Polignac, année 1676, n" 214.)

CCCCXIII.

Le duc de Vn'ONNE a Louis XIV.

Messine, 13-14 novembre 1676".

Vivonne expose au roi ses entreprises pendant le mois écoulé depuis l'arrivée de Gaharet, la tentative de surprise de Syracuse, la prise de Melilli par Mornas, l'assaut et la prise de

1. « Dix de nos galères sont heureusement arrivées de Sicile sur nos côtes en neuf jours et vingt quatre vaisseaux sont arrivés à Toulon pour se mettre en état de porter en Sicile le mois d'avril prochain des troupes et des munitions » [Gazette du 5 janvier 1677. De Marseille, le 14 décembre 1676).

2. L'original aux Arch. de la Marine est du 14 novembre. E. Sue publie cette lettre à la date du 4 novembre.

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Taorinina par l.a Villedieu, le siège de Scalelta el la reddition de plusieurs villages. — (Ms. de Polignac, année 1676, n» 215; Arcli. nat., Marine, h* 7, fol. I'i6; publié par E. Sue, op. cit., t. m, p. 402.)

Sire,

Comtiie je dois un compte exact à Votre Majesté de ce que son armée navale a tait en ce pays, je ne me contenterai pas de lui dépêcher le major de ses galères qui a été témoin de tous ces progrès qui se sont faits, mais j'aurai l'honneur encore de lui expliquer (luelle a été ma conduite pendant cette campagne.

Je dirai donc à Votre Majesté que mon premier dessein fut d'emporter la ville de Syracuse brusquement en faisant entrer dans son port les vaisseaux et les galères et débar(|uant des troupes en terre pour se jeter dans la ville par un endroit où les murailles ne sont pas hautes. La chose étoit possible dans la situation où se trouvoit cette ville lorscjuc la cavalerie de Votre Majesté arriva portée par M . Cabaret ; car, ayant fait toutes les démarches nécessaires pour faire croire aux ennemis (]ue j'en voulois à Milazzo, ils avoient réuni dans ce lieu là toutes leurs forces de manière que les places plus éloignées demeuroient peu pourvues, et celle là |)arliculièrement, sur laquelle ils ne se figuroient pas ([ue je pusse avoir aucune pensée. Ce qui troubla toute ma bonne disposition fut que, quand toute l'infanterie fut embarquée et (pie nous voulûmes faire voile vers Augusta, le vent se rendit tout à fait contraire, de manière que les galères furent obligées de venir dans le port. Pour les vaisseaux, ils ne rentrèrent pas, mais ils ne purent arriver à Augusta c[ue quatre ou cimi jours après.

106 COURKSPONDANCE (1676]

Ce coiitretonips cruel lit coiiiioilreauxciiiieinis noire dessein, aussi ne perdirenl ils j)as un moment de temps de courir à Lentini et Carlentini et à Syracuse et eurent d'autant plus de lieu de s'y l'ortifier de monde que je ne pus me rendre en ces quartiers là que dix ou douze jours après l'arrivée des vaisseaux, à cause que je m'étois trouvé sur les galères quand le mauvais temps nous prit.

Comme je n'avois pas une corde seule en mon arc, comme l'on dit ordinairement, voyant que ce premier dessein ne pouvoit avoir aucun effet, je songeai d'en faire réussir un second, qui étoit d'insulter Taormina, et pour tromper les ennemis sur ce sujet, comme je l'avois fait sur le précédent, je me tins quelques jours à Augusta pour faire du pain et mettre en état (juclque petit équipage pour faire porter de la munition de guerre, et puis je me rendis au camp de Melilli, où M. de Mornas s'étoit arrêté après avoir forcé, comme il fit, l'épée à la main, le village de ce nom, qui est voisin d'Augusta. Cette bicoque avoit beaucoup incommodé Augusta depuis qu'il est à Votre Majesté; de sorte (jue M. de Mornas, voulant la châtier, ne donna point de capitulation à la garnison qui étoit dedans ; partie fut passée au fil de l'épée, le reste fut fait prisonnier de guerre.

Après avoir resté quelques jours dans ce camp, je m'avançai jusqu'à San Calogero, qui est plus voisin de Catane sur le bord de la mer, pour donner plus à penser aux ennemis que j'en voulois à Lentini ; aussi, crurent-ils tout de bon que c'étoit mon unique but ' .

1. En effet, le marquis de Castol Rodrigo, pensant que Vivonne allait se jeter sur Catane, fit venir dans cette ville les

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Pour lus coiitiitner tia\aiil;i';i' dans celle vue, je restai |)lusieurs jours dans ce ruètiie lieu, mais non pas sans ne faire qu'une seule chose; je lis embarquer sur vinj,'t galères, le soir du 4 au 5 octobre, M. de La Villedieu avec un détachement des troupes de terre de douze cents hommes, celui de rinranterie des j^alères, qui ctoit dans le camp, et leur doimois ordre d'aller faire une descente à Taormina ; elles furent jus(iucs à mi golfe de Catane, et puis elles furent obligées de revenir par le mauvais temps.

Ce mouvement se passa durant la nuit, de sorte que les ennemis, ne s'en étant point aperçus, ne changèrent rien dans leur conduite. Ce peu de séjour que je fis à San Calogero me convainquit, Sire, de l'impossibilité oii j'étois de faire avancer l'armée jusques à Lentini seulement et par conséquent de rien faire en la menant dans le pays sans avoir un équipage de munition, parce que, y ayant ici un peu de mauvais temps, les troupes se Irouveroient sans pain. Or, si cela arrive quand on est campé sur le bord de la mer, ijue ne nous seroit il point arrivé s'il nous en avoit fallu éloigner?

Cette raison, jointe à mon premier dessein, me fit retourner le (5 au cam[) d'où j'étois parti. Je choisis un lieu pourtant |)lus voisin de la marine, afin de pouvoir faire cmbaniuer les troupes plus facilement dès c|ue le temps, s'étanl montré favorable, le 1 1 , M. de La Villetroupes allemandes qui foriiiaienl la plus grande partie de la garnison de Taormina. Cette place se trouva ainsi considérablement démunie, grâce à la ruse de Vivonne cl A la faute de Caslel Rodrigo, et sa prise en fut grandement facilitée. Voir plus haut, p. y, n. i.

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dieu se rembarqua de nouveau avec les mêmes détachements de terre et des galères, et, s'étant voulu approcher de Taormina, la mer se trouva grosse ; ainsi ils jugèrent à propos de ne rien hasarder et continuèrent leur route jusques à Messine, où les galères demeurèrent quatre jours. Beaucoup de personnes, qui avoient passé d'Augusta à Messine, publièrent le dessein des galères dans la ville, et néanmoins on fut si heureux que les ennemis n'en pénétrèrent rien, car le 16 les mêmes galères, commandées par M. de La Brossardière, étant sorties de Messine, l'entreprise se fît et réussit très avantageusement.

La chose se passa de cette manière. On débarqua douze cents hommes de troupes de terre et quatre bataillons de l'infanterie des galères de trois cents hommes chacun, commandés, le premier, par M. le commandeur d'Oppède et M. le chevalier de Pennes, le deuxième par M. de La Bretèche, le troisième par MM. de Béthomas et de Mareuil, et le quatrième par M. de Montaulieu. M. de La Villedieu ordonna si bien toutes choses que les détachements de terre et des galères, l'un commandé par M. de Saint Cla, qui fut blessé de deux coups de mousquet, et l'autre par M. le chevalier de Pennes, forcèrent les retranchements que les ennemis avoient faits au delà des faubourgs.

Ensuite, on arriva à la porte du faubourg que l'on força, après avoir mis la palissade à bas à coups de haches, et les ennemis l'ayant abandonnée, on les poussa vivement jusqu'à la porte de la ville, à laquelle M. de La Villedieu fut blessé; les ennemis, ayant tiré à l'heure même pour dernière ressource un canon à tra-

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vers la porlc, ils (Idiiiicrcnl par lii iiicilité d'y entrer*. Le nombre de troupes (lui l'aisoient cette entreprise n'ayant pas été sulïisant pour fournir la ville de Taormina et son château et pour investir le château de Mola, les ennemis eurent moyen d'y jeter quelque monde; cela m'ayant été rapporté le 17 par M. de Bre-^y, je partis du cam[) d'Alcantara et me mis en chemin pour Taormina. Kii y arrivant le 20, on ine dit ([ue les ennemis avoient lait un ellort en plein jour pour y jeter un secours considérable, mais que M. de Vallavoire, qui étoit venu de Messine deux jours aupa-

1. I>a Villedieu à Louvois, 13 novembre 1676 (Arch. de la Guerre, vol. 511, n" 49) : « J'avois avec le détachement que je viens de vous dire douze cents hommes de Tinfanterie des galères et trois cents Messinois. Je fus assez heureux de réussir dans ce qui m'étoit ordonné et d'enii)orler cette ville presque l'épce à la main, après avoir monté une terrible montagne. J'y perdis très peu de monde, parce que ceux qui la défendoient nous virent marcher à eux jusques à leurs portes avec assez d'ordre et de rigueur. Mais par cette malheureuse habitude d'être presque toujours blessé, je reçus un grand coup de mousquet à la cuisse, qui ne m'empèrha pas d'agir jusques à ce que la ville fût rendue. Ce qui un moment après me causa une grande douleur sans pouvoir plus me mouvoir. Ce qui fut cause que, ne pouvant donner mes ordres, cette pauvre ville fut terriblement saccagée à qui mieux mieux de notre infanterie, de celle des galères, de leurs matelots et des Messinois. Ce qui fut encore cause que je n'emportai pas de même temps un village et un château de la plus extraordinaire situation du monde sur une pointe de rocher qui est au dessus de cette ville et qui se nomme Mola. Mais .M. le maréchal de Vivonne étant venu quelques jours après avec le reste de l'infanterie, étant déjà bloqués, n'ayant ni vivres, ni munitions de guerre, ceux qui otoient dedans se rendirent. On leur accorda la composition ([u'ils voulurent.

tt Taormina est une espèce de ville ou, pour mieux dire, un

ilO CORRESPONDANCE [ir.7f.l

ravant, ayant appris le dessein des ennemis dès le matin, fit marcher au devant d'eux une partie des troupes jusque sur le haut des montagnes. Les ennemis forcèrent d'abord et firent plier (luelques gens détaches; mais le bataillon de Crussol, commandé par M. de Chàtenay, se jeta sur eux l'épée à la main si vigoureusement qu'on les rechassa jusque dans la plaine. Le commandant des ennemis, nommé le prince Cicinelli*, Napolitain, fut blessé dans cette occasion et ensuite fait prisonnier. Les ennemis firent encore des tentatives les jours suivants pour jeter du secours par d'autres endroits, mais les troupes des galères qui défendoient le poste les repoussèrent vigoureusement 2. J'arrivai, comme j'ai dit, le 20, et le 21 Mola se rendit et j'en signai la capitulation.

village fermé en partie d'une très légère et méchante muraille. Il y a deux faubourgs aux deux bouts tout ouverts. Le tout est posté le long et au dessous d'une montagne au bord de la mer, mais fort escarpé et fort haut, de sorte qu'il ne laisse pas d'y avoir un chemin considérable pour monter de la marine à la ville. Elle esta dix lieues ou environ de Messine, au bord d'une espèce de plaine qu'on nomme la plaine de Mascali, au bas du mont Gibet. Le poste pourroit être considérable si l'on s'en veut bien servir pour faire des courses et établir des contributions jusques vers Catane, qui est le pays abondant et le meilleur de la Sicile. Il me paroît qu'on devroit en faire une tête et le bien garnir... »

La Villedieu se plaint ensuite de n'avoir que sept cents hommes de mauvaises troupes pour garder Taormina (le tiers de ce qu'il faudrait). Il reprit cet argument dans une lettre du 28 novembre (fhid.. n° 56).

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