‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 67 sur 171 · Korza d'Agro · texte numérisé non relu

Korza d'Agro

3. « Il y avoit sur la montagne près de l'Escalette un village nommé Fiunie Denisi, qui a toujours été compté pour le plus ennemi de Messine. Les .Messinois, pour se venger, résolurent de ralla(|U(r, le piller et le brûler, sans écouter aucune proposition; mais, ayant voulu tenter un assaut, ils furent repoussés avec perle considérable des leurs. M. le duc de Vivonne étant arrivé, ce village là se rendit sans peine » (Lettre d'Argone citée plus haut).

Preuilly, de son côté, allant reconnoitre où il feroit la sienne, fut attaqué par une sortie des ennemis, lesquels turent si vigoureusement repoussés que, pour mieux se sauver, ils jetèrent leurs armes. Du nôtre, on en fit promptement une de deux pièces, dont le sieur du Buisson, commissaire de l'artillerie, eut le soin. Le major des galères se chargea de la conduite du canon, et quoiciue le lieu fût prodigieusement haut et rapide, il ne laissa pas que de faire monter deux pièces, l'une de 18 et l'autre de 12, au heu de la dite batterie.

Le 29, M. de Montastruc, capitaine au régiment de Piémont! et qui gardoit un poste voisin de celui de M. de Preuilly, voulut attaquer les ennemis, mais ayant été mal soutenu de ses soldats, il fut battu et repoussé. Vingt et un de ses soldats y furent faits prisonniers et environ dix autres de tués ou blessés.

La nuit du 1"' au 2 novembre, on attaqua une redoute des ennemis, appelée de San Antonio, après l'avoir fait battre par le canon de la batterie de du Buisson, et elle fut prise sans beaucoup de résistance de leur part. Les troupes des galères, commandées par M. le commandeur d'Oppède, ayant fait pendant cette nuit et le lendemain un logement fort avancé et qui voyoït dans Scaletta, ceux de la garnison firent une sortie en plein jour et, venant par deux endroits, montèrent jusqu'auprès du poste des nôtres et les surprirent en quelque façon, parce que la plupart des officiers dormoient pour avoir eu la pluie toute la nuit sur le dos outre le travail du logement; M. d'Oppède, voyant que d'avoir recours aux armes à feu il y auroit eu du désavantage, mit l'épée à la main et, ayant été suivi de ses soldats et de ses officiers, repoussa les ennemis et

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les mena battant jusqu'au bas d'une ravine, par où ils étoient venus, et tout cela se fit ainsi nonobstant un grand feu continuel de tiiousqueterie de la place et de canon.

Le quatrième, M. de Chàteauneuf, commandant le vaisseau le Sans Pareil, vint faire une furieuse canonnade contre Scaletta avec le Saint Michel que commande M. de Preuilly, le Vermandois que commande M. de La Porte, le Cheval Marin que commande M. de Saint Amant et le Brusque conmiaiidé par M. de La Mothe. Cette canonnade dura longtemps et porta une très grande ruine aux ennemis. Ces derniers, ayant abandonné les maisons de la marine par la peur du canon, plusieurs Messinois, commandés par Don Joseph Marchese, et parmi lesquels étoit Don Bernardo Caffaro ensemble plusieurs François, s'avancèrent jusque dans ces maisons et les brûlèrent. Il y en avoit une entre autres ([ui appartenoit à ce Joseph Marchese, laquelle il ne vouloit pas que l'on brûlât. Mais quand M. de Vallavoire lui eut dit qu'il s'agissoit du service de Votre Majesté, il ne fît plus de difficulté et ne voulut pas même que personne y mit le feu que lui.

La nuit du 7 au 8, le régiment de Picardie a attaqué le couvent de Saint François de Paule, qui est un poste qui commande Scaletta du coté de terre, et le prit, et les chaloupes qui gardoient la marine ont pris trois felouques ennemies chargées de munitions de guerre et de bouche qui vouloi(>nt entrer dans la place et en ont chassé deux autres chargées d'infanterie'.

1. C'est cette nuit-là que Vallavoire eut une attaque d'hémiplégie. Vallavoire, le 13 noverabrc, s'excusait de n'avoir pas plus iM rendu compte des actions de l'armée depuis la prise Il 8

Le jour précédent, M. de Brégy étoit allé sommer le ffouverneur de ma part, avec lequel étant tombé d'accord qu'il retourneroit le lendemain dans sa place à condition qu'il ne monteroit pas s'il ne vouloit composer, il arriva (ju'y étant retourné la capitulation fut résolue et ensuite la nuit du 9 la capitulation de Scaletta fut signée, avec cette condition que le lendemain après midi le gouverneur remettroit es mains du roi le fortin de la marine et les maisons qui y touchent et que le mardi la garnison ennemie sortiroit tout à fait si elle n'étoit secourue. Tout cela fut exécuté ponctuellement le 1 0. Ensemble la composition de San Placido ; de sorte que ce jour finit tous nos travaux de la campagne*.

de Taormina et ajoutait : « J'ai été atteint d'une maladie qui ne me laisse pas toute la liberté que je voudrais bien de vous entretenir.

« Cette maladie m'attaqua la nuit du 7 au 8 de ce mois dans le temps que je visitois nos postes et fut causée par un grand froid qui me saisit et par quelques fatigues qui avoient précédé » (Arch. de la Guerre, vol. 511, n" 50).

Vallavoire ne parlait pas de son retour et entretenait Louvois des intérêts de l'armée « à travers son mal », mais comme s'il avait été en bonne santé.

11 fallut le ramener en France. A cette occasion, le Sénat de Messine écrivit à Louis XIV une lettre de condoléance et de regret (2 décembre 1676) : « La grave indisposizione del marchese di Vallavoire, il quale se ne viene a curarsi in Francia ne fa sentira un'estrema alîlizione perche perdiamo un gran ministre di V. M'% prudente, generoso ed amorevole verso questo publiée e tuUo zelo nel suo real servizio... Stimiamo nostra obligazione di gratitudine accompagnarlo appresso di V. M. con riverenti attestati del suo merito e del nostro debbito... » (Arch. de la Guerre, vol. 511, n" 57).

Vallavoire fut embarqué sur un des vaisseaux qui partirent avec Du Quesne pour Toulon, le 31 janvier 1677.

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