‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 7 sur 171 · Lettre a" XL · texte numérisé non relu

Lettre a" XL

XII INTItOUUCTION.

cardinal fl'Estrées, ceux de A'albelle ' et de Vivonne, non moins ardent partisan d'une intervention considérable'.

A cette époque, 1' « état des affaires » ne permettait guère d'autres dépenses que celles de la guerre continentale, mais le désir de profiter de l'occasion offerte de faire une diversion dans la Méditerranée, d'occuper Messine, qui se donnait à lui, et de profiter des troubles très graves qui venaient d'éclater dans le royaume de Naples'' l'emportait dans l'esprit du roi sur toute autre considération. Il ne s'agissait toujours que d'une diversion. Dans le Conseil, Louvois, Le Tellier et Pomponne ne pensaient pas qu'on pût raisonnablement songer à davantage ; et Colbert, craignant un surcroît de dépenses, se ralliait à leur avis. Néanmoins, peu à peu l'espérance de conquêtes et de victoires navales germait dans l'esprit du roi, « bien résolu, écrivait Le Tellier à Turenne le 2 novembre, à faire tout ce qui dépendra de lui pour maintenir ceux de Messine contre l'Espagne et de donner occasion au roi catholique d'em-plo3'er une partie de ses forces inutilement de ce côté là ». Et il ajoutait : « 11 seroit bon que pendant cette guerre ci l'Espagne perdît Messine et le reste de la Sicile, comme il pourra bien arriver, pourvu que l'armement naval que Sa Majesté emploiera de ce coté là puisse avoir d'heureux succès^. »

C'est ainsi qu'à l'expédition du chevalier de Valbelle, chef d'escadre, qui était allé en quelque sorte tàter le terrain à Messine (27 septembre-14 octobre 1674) et avait apporté un secours momentané et un réconfort moral aux

1. Valbelle lui conseillait de prendre pied à Messine pour s'agrandir en Italie quaud il lui plairait. Cf. p. 26, note 2.

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